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Domnique T
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4,0
Publiée le 20 octobre 2017
Un film militant a la virtuosité évidente. Peut-être est-ce pour faire écho aux assassinats de Trayvon Martin ou Michael Brown que la réalisatrice a voulu sortir la société américaine d’une amnésie coupable. Cela débute par un résumé historique – genre histoire des USA « pour les nuls » - pour enclencher très vite sur une description au scalpel des émeutes à Détroit en 1967. Servi par des archives pertinentes nous sommes plongés dans l’incertitude puis la peur étouffante de l’arbitraire des oppressés chassés par les oppresseurs. La deuxième partie est encore plus grandiose ! Un huis clos hallucinant entre victimes innocentes et bourreaux. L’universalité du discours illustre tous les conflits où la bestialité des dominants est force de loi. A ce moment du récit, je savais que j’étais face à un chef-d’œuvre ! Hélas, il y a une 3ème partie ! Une partie « tribunal » parce que les américains adorent ça, avec son cortège de « objection votre honneur », de « objection rejetée », d’effets de manche des avocats … On en attend rien et nous ne sommes pas déçu ! Mais c’est insuffisant ! Il y a aussi une 4ème partie ! Le salut de l’âme en se tournant vers la religion … catholique, évidement ! C'est très américain et donc aussi obligatoire que pénible. Jusqu’à la fin de la deuxième partie, le film est époustouflant et permet de véhiculer un message – certes universel – da façon extrêmement pertinente. Et puis, ces deux mauvaises dernières parties montrent alors le film plus qu’un moyen honorable, devient une fin en soi … Dommage, à 25 minutes près, c’était un chef-d’œuvre !
Détroit est un film profondément humaniste qui rappelle comment les noirs ont été traité par leur paire blanc. Quelque part entre Menace 2 Society dans la violence et Do the Right Thing dans le sujet, Détroit est une claque à ne pas rater.
Detroit est probablement l’un des films les plus puissants de l’année, en partie grâce à sa réalisation nerveuse, atténué par le mélange d’images d’archives et de d’images filmées. La séquence (presque tout le film en l’occurence) dans le motel est incroyablement réussi, brillant tant dans sa mise en scène que dans son incroyable intensité. L’ambiance des années 60 est agréablement reconstituée. La distribution est quant à elle excellente, le jeune Will Poulter brille avec sa performance de policier raciste et implacable. Un film au message fort et inoubliable.
Excellent, brutal, immersif, inspirant la révolte, ce film nous plonge dans les émeutes de l'été 1967 à Détroit, Michigan. La bande son du film, très Motown, est elle aussi excellente. C'est la guerre, pas celle du Vietnam qui se déroule pourtant au même moment, mais une guerre civile teintée de racisme qui mêle la population jeunes ou non, noire et blanche, la police de la ville, la police d'état et la garde civile (l'armée). Devant tant d'injustice et de violence si bien illustrée on en a la nausée, j'en suis sortie bouleversée.
Déception. On a connu la réalisatrice plus pugnace et engagée. Le thème est porteur et aurait nécessité un traitement moins manichéen et classique presque. Pas de caméra brute comme dans ses précédents films (malgré le mode "caméra à l'épaule", RAS pour moi). Bcp de scènes d'introduction à rallonge, même si cette première partie "historique" est à utiliser pour mettre en place le contexte sociétal et politique. Les personnages s'éparpillent et ils dégagent peu d'empathie. Quand la 2ème partie narrant les faits dans l'hôtel arrive, on est déjà peu passionné. Cette dernière s'étire là aussi pour démontrer toute la violence subie. A quoi bon ? La troisième est pour moi la meilleure. On souffle à moitié mais le cadre juridique ne laisse pour autant pas le spectateur en paix et démontre, autrement, toute l'absurdité et hypocrisie du système (pourri) américain. Le plus dramatique c'est que le film est tout à fait transposable de nos jours. Les USA ne sont décidément pas un pays qui s'est libéré de son passé esclavagiste. Pathétique. Il demeure malgré tout des moments grandioses avec un souffle dramatique poignant. Trop rare au final. La scène d'animation départ qui explique l'évolution du contacte racial dans le pays, est quant à elle une jolie trouvaille. Le casting est très bon. Comme toujours, la direction d'acteurs/ices de Kathryn Bigelow est forte. Comment aller au bout de certaines scènes pour les acteurs qu'elle entraîne loin encore une fois ? Je reste donc septique quand à sa maîtrise du sujet et son choix de traitement, sans apport nuancé. Son message semble si évident : les méchants blancs et les gentils noirs dans un pays sans justice. Simpliste à mon sens. On en sort assez violenté, un peu amer, mais plus par une impression assez moyenne de l'ensemble que par le sujet (fort! Inadmissible ! Odieux!) qui ne propose pas une lecture adéquate et à sa hauteur. Reste une femme qui a du cran, du courage et de la volonté et rien que pour cela, tous ses films méritent d'être vus.
Virtuose de bout en bout, DETROIT est parfois très proche d’une expérience sensorielle dans laquelle tout va vite, tout s’enchaîne mais avec la rigueur et la précision chirurgicale d’un métronome. Sans précipitation aucune. Une expérience qui ne peut laisser indifférent, surtout lorsqu’elle est racontée avec autant de justesse et de vérité.
Un choc aussi bien physique que moral. Comme à son habitude, la mise en scène de Kathryn Bigelow et sa direction d'acteurs magistrales plongent littéralement le spectateur dans les émeutes de 1967 à Détroit (c'est d'ailleurs là la meilleure partie du film) non sans abuser à plusieurs reprises de fausses mises au point ou de cadrages hasardeux pour donner des allures de reportage sur le vif. Mais ce sont finalement le manichéisme et la complaisance du scénario qui affaiblissent la portée de la dénonciation du racisme ordinaire et ne permettent pas au film de dresser un vrai portrait de la société américaine contemporaine. Cela n'empêche pas à Algee Smith, charismatique et Will Poulter effrayant de violence, de s'imposer par leur jeu physique et troublant.
Un très bon film tourné avec beaucoup de réalisme. Très bien rythmé, le film est long, mais ne lasse pas. La violence de l'événement tourné est parfois un peu longue, et devient écoeurante, mais cela reste juste, mesuré. La dernière demi-heure du film permet de souffler tout en découvrant l'injuste de la justice américaine lors du procès lié à cette affaire. C'est un film à voir, mais sans les plus jeunes, il faut quand même avoir le coeur solide. A souligner aussi le superbe jeu des acteurs qui parviennent à nous transmettre leurs émotions, et aux seconds rôles qui n'en sont pas vraiment, tant chaque personnage concourre à la réussite du film. A voir. Vraiment.
Une bonne accroche, crédibilité zéro. L'Amérique des années 60 était violente, côté policier comme côté afro-américains. Les uns comme les autres semblaient se haïr et se chercher mutuellement querelle. Pillage et casse de boutiques et de milliers de dollars de marchandises, côté afro-américain. Violence et meurtre injustifié côté policier. Tantôt cool, tantôt insupportable. Je trouve le film inutile, prenant tantôt le parti des uns, tantôt le parti des autres, sans ne rien montrer de réellement intéressant ni d'intrigue justifiant un film. Tout le monde semble coupable de ce qu'il lui arrive. Rien n'est réellement établi et le générique de fin n'apporte encore une fois que du flou. spoiler: Oui, il y avait un pistolet. Un pistolet de départ qui a tiré sur des forces de l'ordre sans que personne n'en dénonce le fait. Totalement absurde !
Bigelow poursuit sa route avec toujours la même recette : superbe image montage décors costumes acteurs histoire mais les rôles sont sans nuance. Il y a toujours les bons et les méchants et c’est insupportable... difficile de faire un film plus manichéen.
J'avais adoré "Zero dark thirty" sorti en 2013. Je suis un peu moins enthousiaste concernant celui-ci, même s'il recèle d'indéniables qualités, notamment l'incroyable sens de la mise en scène de la réalisatrice. Détroit donc, en 1967. La ville est en plein chaos, une descente de police dans une fête afro-américaine a mis le feu aux poudres. Les Noirs se révoltent, les forces de l'ordre chargent à qui mieux mieux, les vitrines explosent, les magasins sont pillés : c'est une véritable guerre civile, voire de civilisation, qui se joue ici. À la suite de quelques détonations provenant de l'Algiers Motel (et d'un pistolet en plastique !), trois policiers zélés font irruption dans l'établissement pour rendre justice à leur manière. Commence alors un huit-clos presque filmé en temps réel où toutes les méthodes les plus ignobles, les plus dégradantes, les plus violentes seront utilisées pour extorquer à ces touristes innocents des aveux imaginaires. C'est là que la maestria de Bigelow s'exerce et impressionne. La tension est à son paroxysme, l'atmosphère étouffante est insoutenable. Cette démonstration de force n'a rien de gratuit. Au contraire, elle explore avec acuité les ressorts du racisme le plus primaire, de la bêtise, de la haine viscérale en prenant soin d'éviter tout manichéisme. Il n'y a pas de "gentils" Noirs ni de "méchants" Blancs, tout est évidemment bien plus complexe que cela. Je trouve en revanche que l'enjeu du film se dilue un peu dans des digressions qui nuisent à son rythme, à son efficacité et à sa puissance. Le scénario est long à mettre en place son véritable sujet et perd beaucoup de temps à expliquer ce que le prologue animé avait suffisamment bien décrit.
Kathryn Bigelow s'est imposée dans le très machiste système hollywoodien avec les armes de ses congénères masculins, les dépassant même sur ce terrain : efficacité maximale et subtilité parfois (souvent ?) accessoire. Detroit ne déroge pas à son credo cinématographique, elle pousse la démonstration à fond et se moque bien qu'on l'accuse de manquer de finesse. spoiler: Ce film est un réquisitoire, une reconstitution haletante des événements de 1967 en focalisant au fil des minutes sur une "bavure" policière avérée. Mais qu'elle reconstitue pour une grande part, ce qui n'est avoué qu'au générique de fin. En insistant beaucoup sur l'un des personnages de flic, une bête immonde qui sue le racisme par tous les pores, la réalisatrice sacrifie les enjeux d'une véritable cause (les brutalités policières de l'époque à l'encontre des noirs sont là pour rappeler une triste actualité) sur l'autel d'une représentation sinon caricaturale du moins balourde et épaisse. Le huis-clos qui occupe une grande partie du film est certes oppressant et tendu comme un arc mais il est aussi trop appuyé, sadique et à la limite de la complaisance (on pouvait faire le même reproche à Zero Dark Thirty). L'Amérique avait bien besoin d'un film salutaire sur la question du racisme qui fait tâche sur pratiquement toute son histoire mais Detroit prête trop le flan à la critique pour que l'on en fasse un étendard totalement satisfaisant.
Film sous haute tension , bouleversant de réalisme , parsemé de documents d'époque , le racisme nous explose en pleine face, et le sentiment d'injustice perdure bien après la projection . on frôle le chef d'oeuvre !!!
Je n'ai pas été emballé par ce film. Parmis les films sur les questions raciales des noirs aux Etats-Unis je trouve que Twelve years a slave, Django Unchained et le Majordome, sont mieux construit et plus intéressants. Le film est redondant, tout tourne autour de la scène interminable et dérangeante de l'arrestation des jeunes afro-américains, la réalisatrice a voulu insister sur l'injustice des noirs américains et les abus et l'impunité des blancs envers eux mais au travers d'une seule dimension, un évènement (aussi effroyable soit-il).Je trouve dommage qu'il n'y ait pas plus de "vie" dans ce film. De plus l'histoire du groupe "the dramatics" n'est absolument pas exploitée La mise en scène est loin d'être exemplaire, les rues sont vides... Reste que les acteurs sont bons et que le film met en lumière cet évènement historique tragique des Etats-Unis,