Émeutes raciales de 1967 à Detroit, bavure policière, injustice... Dans un registre factuel, ce film-enquête est efficace, avec une réalisation et une interprétation sous haute tension. Une limite : l'absence de perspective plus large, sociétale. Pour cela, on peut compléter I'm Not Your Negro, de Raoul Peck.
Detroit est un film particulièrement prenant sur un événement ayant réellement eu lieu (les émeutes de 1967 de la ville éponyme). Kathryn Bigelow réussit parfaitement à installer une tension palpable dès les premières scènes du film, tension qui s’accroît jusqu'à atteindre son apothéose sur les derniers instants de la répression policière. On ne voit pas passer les 2h15. La distribution est très bonne avec notamment Will Polter qui sort du lot et qui n'a pas son pareil pour incarner des personnages dérangeants. A voir
Très bon film. S'il n'y avait pas certaines longueurs lassantes et harassantes, cela aurait pû être un chef d'oeuvre.
Sinon, c'est très bien filmé, bien interprété. Will Poulter est extraordinaire, je n'aurai jamais imaginé qu'il puisse atteindre ce niveau de jeu. Il est même meilleur que John Boyega qui occupe la tête d'affiche.
Bigelow, nous fait vivre une ambiance lourde et apaisante à merveille. Son seul reproche est de traîner un peu dans certaines scènes. On attend qu'elle accélère le rythme, mais non, elle reste dans la même scène trop longtemps. Au bout d'un moment ça lasse.
C'est le seul défaut de ce film qui est une pure merveille.
Alors que “Detroit“ démarre chaudement sur fond d’émeutes raciales dans la ville éponyme, K.Bigelow donne le ton dès les premières images. En introduisant plusieurs personnages évoluant dans une étouffante atmosphère, filmée à l’épaule ou retranscrite à base d’archives, “Detroit“ joue la carte du réalisme cru en exposant le contexte global insurrectionnel, et oscille en zoomant sur ses personnages plongés malgré eux dans ce contexte de ségrégation implacable. Puis l’intrigue se resserre et se concentre dans un motel, le film-chorale se transforme en huis-clos infernal où les personnages comme les spectateurs n’en sortiront pas indemnes. Il n’y a aucun misérabilisme dans le traitement sans concession des évènements relatés par K.Bigelow. La réalisatrice impose un rythme, des cadrages, des images chocs, et instaure un climat asphyxiant nauséabond accentué par la véracité des faits mais « romancés » intelligemment pour éviter l’aspect documentaire et en faire une véritable fiction qui bouscule et dérange. Entre les comédiens qui reçoivent les coups, comme ceux qui les donnent, le casting impressionne, et W.Poulter décroche un rôle de méchant qui marquera longtemps les esprits. K.Bigelow boxe à nouveau dans la cour des grands réalisateurs de ces 20 dernières années, “Detroit“ est d’autant plus percutant que sa réalisatrice donne ses coups sans gants, sans far et sans paillettes, avec suffisamment de recul pour en faire un film lucide et poignant, dont les résonances restent actuelles. “Detroit“ est sans détour, l’uppercut est fatal.
Comme beaucoup d’autres films, j’ignorais cette histoire et j’ai été pris dedans. À la différence qu’il est très très dur : la ségrégation reste dans la mémoire et ça fait beaucoup de peine de constater que les Noirs sont perdants. L’événement à l’Algiers Motel reste la scène la plus mémorable et où la pression nous envahit. Le film se passant pour un film choral, on oscille entre différents personnages : les citoyens noirs, les racistes et le flic prisonnier de cette société. Will Poutner livre une performance très froide et son personnage est détestable. Fred change bien au cours du film et il est très difficile de lui donner tort. Quant à Dismukes, il passe un peu à la trappe même si John Boyega reste bon. Encore une fois, K. Bigelow opte pour des plans caméra à l’épaule comme si on était présent dans les films. Le montage est tout aussi original : parmi ces événements reconstitués, on a droit à de vrais images d’archive tel un J.T et qui confirment cette réalité. Les décors et toute la direction artistique font fidèlement style années 60 favorisant l’immersion du spectateur.
Méconnu, "Detroit" est très difficile à supporter car elle évoque un moment très froid et une ambiance morbide dont on éprouve de la peine pour les victimes. Les événements, basés sur des interviews car jamais achevés, nous oppressent jusqu’au bout et on n’a jamais pu éprouver autant de haine pour la police dans un film.
Kathryn Bigelow confirme son aptitude aux reconstitutions intenses. Elle rend ici tragique un fait social commun et connu en le resserrant en eto autour d'un groupe d'individus, lors de la prise d'assaut d'un hôtel au lendemain des émeutes de 67. Cette insurrection fait de nouveau sens en focalisant les faits autour de la violence exclusivement raciale de certains agents de la police de détroit - Will Poulter a au passage bien fait refuser le maquillage pour se révéler dans ce rôle - et en militarisant l'espace sous injonction pour finalement aboutir à l'une des émeutes les plus violentes qui eut lieu aux États-Unis.
Je suis toujours autant intéressée par cette période, mais également toujours aussi choquée qu'elle est pu exister et prendre de telles proportions... Au travers de ce nouveau film, Kathryn Bigelow nous démontre une fois de plus son talent, mais également sa manie de vouloir sortir les dossiers poussiéreux de l'Amérique. Le scénario de Détroit se décompose en trois points, Les émeutes de Détroit, la descente des forces de l'ordre à l'Algiers Motel et le procès. Si les deux premiers points sont choquants et nous positionnent dans un sentiment d'angoisse, ce n'est rien comparé à l'indignation ressentie face au procès. "L'interrogatoire" aurait fait quelques victimes physiques mais bien plus sur le plan psychologique. Et le procès achève la communauté noir de Détroit quant à sa place dans cette société. Si le scénario est bien construit, nous plaçant dans une angoisse permanente, la réalisation n'a rien à lui enlever. La photographie est magnifique, tout comme les prises de vues. Les plans sont superbes et travaillés, ce qui ne fait qu'aggraver notre état d'angoisse. La bande originale est également superbe, James Newton Howard nous offre encore une belle prestation. Du point de vu du casting, j'ai découvert beaucoup d'acteurs et redécouvert certains dans des rôles dans lesquels je ne les attendaient pas. J'ai beaucoup de plaisir à constater l'évolution de Will Poulter que j'avais découvert dans le troisième volet des aventures de Narnia. Sa filmographie devient vraiment intéressante. Vraiment un très beau film que j'aurais regretté de louper.
Une histoire se déroulant pendant les émeutes raciales de Detroit en 1967.Des coups de feu retentissent du Algiers motel et va s'en suivre un interrogatoire musclé qui va prendre un tournant dramatique et surtout va dépasser toutes légalités.J'ai vraiment accroché!les acteurs jouent très bien,la tension est palpable et on en sort complètement consterné.La réalisation est propre avec une ambiance sixteen particulièrement réussi.Donc voila une histoire de plus qui révulse mais qui est très interessante et qui aborde une problématique toujours présente dans l'actualité américaine moderne malheureusement.4/5
le sujet est essentiel et courageux mais le traitement est, de mon point de vue, quelque peu caricatural et je n'ai pas adhéré au résultat ; trop de longueurs et pas assez de profondeur dans l'approche psychologique des personnages ; dommage les acteurs sont extraordinaires et les références historiques plutôt réussies. mais le tout laisse une impression de violence excessive même si le film a le mérite de remettre en perspective ces évènements de 1967 et de susciter une intense réflexion.
En 1967 eurent lieu dans la ville de Detroit des émeutes raciales qui firent plusieurs dizaines de morts, entraînèrent la proclamation de l'état d'urgence et plongèrent "Motor City" dans une atmosphère de guerre civile. Cinquante ans après ces événements, Kathryn Bigelow choisit de revenir sur un épisode particulièrement sombre de ces cinq jours, spoiler: à savoir l'assassinat par des policiers racistes de trois noirs après un interrogatoire expéditif à la violence inouïe. La cinéaste, qui s'est spécialisée ces dernières années dans les longs-métrages sur les terrain de guerre, retranscrit à merveille l'ambiance quasi-insurrectionnelle régnant dans la ville à ce moment-là. Sa mise en scène nerveuse et proche des corps ne nous épargne rien de la sauvagerie de cet événement, au cours d'une séquence à la longueur impressionnante, parfois à la limite du soutenable, et qui fait un écho terriblement évident aux États-Unis actuels. Les acteurs sont superbes.
scènes très dures à la limite du supportable qui amène facilement à la haine au mépris....et autres émotions négatives.....les scènes de motel après la descente font penser à un huis-clos sous tension et malsain..une vision des évènements et surtout sceux du motel et sans explication.les rôles du méchant flic et du vigile noir un trop conciliant sont bien écrit et superbement interprètės
Oppressant, réaliste, manque un peu de distance - trop littéral.
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Les émeutes de Detroit sont bien rendues, le film est très réussi dans toutes ses scènes de confusion. Je le trouve trop poussif pour tout ce qui est plus calme. En particulier, l interrogatoire un à un des prisonniers du couloir ne m a pas semblé réussi. Trop de violence gratuite, pas assez d enquête, trop de spectateurs impassibles, pas assez de dissensions entre policiers, ces scènes ne m ont pas semblé crédibles. Le film montre bien comment s y est pris l avocat des 3 policiers, mais on ne voit quasi que ca. Le procès est inexistant en dehors de cela. Durant tout le film le personnage du policier noir est prépondérant. Mais il disparaît quasiment pour tout ce qui se passe après. Son témoignage trop court. Pour ce qui est des militaires, cela manque de clarté: on voit les militaires se retirer mais il y en a un qui reste ? Qui est ce militaire qui fait sortir le premier à avoir été isolé dans une pièce, pourquoi ne restent il pas ? ... Les faits n ont pas été établis ok, mais le film nous raconte des événements trop confus, est trop confus.
Detroit 1967, les Noirs sont tirés par la police comme des lapins, d'après une histoire vraie. Cinquante ans plus tard les choses ont-elles vraiment changé ? Ce film montre d'abord les batailles de rue, puis entre en huit clos avec la séquestration et le tabassage de Noirs par les "gardiens de la paix", avant d'aborder la question juridique ou la justice à deux vitesses. En plus de constituer une dénonciation intelligente du racisme aux Etats-Unis, Detroit restitue à merveille l'ambiance des années 60, à un tel point qu'on pourrait croire qu'il a été réalisé pendant.
Ne connaissant pas ce faits US, il est toujours louable qu'un film informe et fait réfléchir.... Pas si manichéen, il pêche au niveau d'une dernière partie trop expéditive...La partie centrale est un véritable huis clos angoissant ancré dans un contexte politique sous tension. Pas de leçon de morale mais une des.c.r.i.p.tion des codes d'une société qui au delà du problème raciale est régi par le rapport de forces dominants-dominé...
Edifiant mais éprouvant, le film touche au coeur dans cette violence frontale et sans concessions. La réalisatrice prouve qu'elle a le sens de l'action et du rythme même si le style est un peu tapageur. Reste une sorte d'ambiguïté, de malaise qui persiste malgré l'intention salutaire d'un tel sujet. Difficile de ne pas percevoir une fascination pour ces hommes qu'elle film, qu'ils soient noirs ou blancs ... Du coup, les acteurs y gagnent beaucoup de charisme et de densité.