Après l'excellente surprise de "the Lobster", quel plaisir de retrouver un film de Yórgos Lánthimos. Car que l'on rentre ou non dans l'univers du réalisateur grec, force est de constater qu'il possède une vraie identité à l'instar de Michael Haneke ou Alejandro Jodorowsky pour ne citer que ces deux là. Si ce dernier film n'est pas exempt de défauts, l'atmosphère anxiogène et étrange, La présence inquiétante du jeune Barry Keoghan ( vu récemment dans "Dunkerque") ajoute à la fascination horrifique d'un scénario abscons et pourtant assumé jusque dans son final. Quand les réalisateurs sont capables de sortir des sentiers balisés pour offrir de vrais scénarios aussi originaux qu'ambitieux, le spectateur ne peut qu'être séduit.
J'avais adoré The Lobster. Mais j'ai un peu moins accroché à celui-ci. Cependant le casting est impeccable, tout comme la photographie et la musique. L'univers de Yorgos Lanthimos est fascinant et intrigant.
Un film un peu spécial signé Yorgos Lanthimos, dans son style si particulier. La montée en tension est progressive, et le film dramatique prend la forme d'un thriller psychologique. L'ensemble baigne cependant dans une atmosphère un peu malsaine, et c'est ça qui m'a un peu gêné. Ceci dit, les acteurs sont tous excellents, et quelques passages sont de vrais moments de cinéma. Ça mérite le coup d'œil au moins pour se faire sa propre opinion. A noter un Barry Keoghan au top, dans un rôle très particulier.
Esthétiquement très réussi, ce drame fantastique emmène le spectateur dans une spirale infernale, tout en douceur. La force du film réside dans la profondeur de l'histoire, son atmosphère, son essence particulière, avec ses grands acteurs qui réussissent à nous hypnotiser face au sort mystérieux que subit cette famille modèle. Le garçon qui s’immisce de plus en plus dans le cercle familiale est exceptionnel, il représente à lui seul le drame de l'histoire. La réalisation est impeccable, tout comme la bande son, oppressante et pesante, parfaitement synchro avec les événements troubles. Un grand film psychologique aussi ou peu d'actions s'y prêtent mais ce n'est pas ce qu'on lui demande..
« Mise à mort du cerf sacré » : c’est simple, aucune empathie pour les personnages. Le sacrifice est limite risible, toute cette mise en scène est ridicule et inutile à terme. Une fable dramatiquement… dramatique d’ennui et d’interrogations vaines.
C'est un film très Kubrickien dans la forme, les plans, l'utilisation du grand angle dans les lieu clos, la musique, ça peux paraître beaucoup, moi je trouve ça très élégant, très classe pour une fable macabre. Le problème c'est qu'il va jusqu'au bout de sa logique Il pouvait imaginer une bonne dizaine de solutions pour retomber sur ses pieds et ne pas tomber dans le piège tendu par son histoire
Vivement inspiré des films de Kubrick, la réalisation de Yogos Lanthimos et l'atmosphère de ce thriller dramatique est oppressant et bien amené par un Colin Farrell, extraordinaire, un de ses meilleurs rôles à mon sens, méconnaissable en chirurgien barbue et une Nicole Kidman saisissante et de plus en plus violente, qui a prit un coup de vieux et l'inquiétant et très courtois Barry Keoghan qui sème la discorde comme Alicia Silverstone. Sur un scénario malin et malsain, un adolescent veut venger la mort de son père en créant un mauvais sort inexplicable à la famille du chirurgien qui a causer le décès. Épatant par son côté froid et lisse esthétiquement, une touche d'érotisme et de mystère, muni de scènes extrêmement choquantes, séquestration sanglant, difficilement regardable. D'un choix difficilement inavouble pour sauver la famille. Captivant, et dans la psychologie, je me pose des questions sur le dénouement à suivre et une fin plutôt étrange et réaliste ou pas.
Je ne suis pas morte d'ennui, du moins au bout d'un certain laps de temps où je me suis demandée si j'allais poursuivre le visionnage. Parce que les conversations entre les divers protagonistes sont d'une platitude totalement remarquable, et que c'est bien sûr très ennuyeux à suivre, en même temps, on comprend que c'est voulu.. Et il y a cet adolescent que dans un premier temps j'ai pris pour le fils de Colin Farrell, tant leur complicité semblait évidente, mais l'on comprend qu'il est quelqu'un d'autre, pas son amant, mais sans doute un gamin qu'il fréquente par culpabilité, tant ils vont peu ensemble, par l'âge, l'éducation et le statut social. Ma fille m'avait parlé de ce film, c'est pourquoi j'étais curieuse, mais je trouve que c'est davantage une purge auteurisante qu'autre chose. La musique, si l'on peut parler de musique, est assourdissante et casse les oreilles. Il y a des confidences choquantes, comme le secret de Colin Farrell, et des propos incongrus, comme la révélation à des moments peu adaptés des menstruations de la fille.. On a du mal à comprendre la passion de la jeune fille pour un ado laid, sans charme ni grâce aucune, ( et je suis gentille ).J'avoue n'avoir pas saisi la métaphore du film. Mais une chose est sûre, jamais je ne le reverrai.
Dans une famille bourgeoise un jeune homme va faire une entrée progressive. Le film marque dès les premiers plans par la mise en scène, la caméra suit les personnages dans un travelling arrière qui évoque évidemment Stanley Kubrick. L'ambiance est pesante et construite avec maestria. Les ressorts psychologiques et la profondeur des implications des actes sont parfaitement évoqués et ce avec subtilité.Les acteurs jouent tous dans l'intériorité avec un véritable talent. Un film marquant à tous les niveaux. Un chef d'oeuvre !
Dans The Killing of a Sacred Deer, ce n’est plus un oracle qui dicte la sentence, mais un adolescent au regard vide. Lánthimos poursuit ici son entreprise d’auscultation des structures absurdes qui gouvernent nos existences.
Dès les premiers instants, la dissection est littérale : un cœur palpite sous les pinces du chirurgien, viscère exposé. Steven Murphy (Colin Farrell), chirurgien de renom, incarne l’homme rationnel, maître de son domaine, évoluant dans une maison aseptisée où l’ordre conjugal et parental semble verrouillé par des gestes bien réglés. Mais l’irruption de Martin (Barry Keoghan), adolescent orphelin dont le père est mort après une opération pratiquée par Steven, fissure ce vernis d’apparente maîtrise.
Sans haine ni colère, Martin énonce une sentence implacable : un déséquilibre a été créé, et pour le restaurer, Steven doit sacrifier un membre de sa famille. Nul besoin d’arme ni de contrainte : le châtiment s’abat avec une logique divine, transformant peu à peu les enfants du chirurgien en pantins paralysés.
Dans cet univers glacé, la parole n’est qu’un écho vidé de substance. Comme dans The Lobster ou Alps, les dialogues sont livrés d’une voix blanche, monotone, où l’émotion est une donnée obsolète. Lánthimos filme des êtres qui parlent sans jamais communiquer, récitant mécaniquement les codes sociaux sans y croire, comme si chaque phrase n’était qu’un prolongement du silence.
Steven, rationnel jusqu’au bout, tente d’obtenir des explications. Il questionne, argumente, analyse, mais le langage lui oppose son propre vide. Martin ne se justifie pas : il énonce. Ses phrases tombent comme des verdicts, indiscutables. La parole n’a plus de prise sur le réel, elle ne fait qu’illustrer l’inéluctable.
Mais The Killing of a Sacred Deer ne se contente pas d’une relecture mythologique. Lánthimos inverse la dynamique de pouvoir : Steven, patriarche sûr de lui, est peu à peu réduit à un être tremblant, privé d’autorité, humilié dans son couple, supplié par ses enfants. Face à une mécanique qui le dépasse, il n’est plus qu’un homme nu, pathétique dans son impuissance.
En extirpant la tragédie grecque de son lyrisme pour la confronter à la froideur clinique du monde moderne, le cinéaste nous tend un miroir terrifiant : celui d’une humanité qui croit encore au libre arbitre alors qu’elle obéit, docile, à des lois qu’elle ne comprend pas.
Y. Lánthimos n'est pas coutumier d'histoires réalistes. Son précédent "The Lobster" se remarquait par son esprit barré, un peu trop dans sa seconde partie, et faisait basculer le film plutôt vers une déception qu'un coup de génie. A-t'il retenu la leçon dans cette "Mise à Mort du Cerf Sacré"? Oui, sans aucun doute. Même si son sujet n'a rien de charmant et reste tiré par les cheveux, l'ambiance qui s'y dégage est malsaine de bout en bout, et c'est un régal de cinéphile (qui en mettra plus d'un sur l'écart de la route). Filmé à la "Kubrick", l'étau psychologique se resserre et nous étouffe au fur et à mesure que les minutes se passent, sans pour autant qu'aucune justification nous soit livrée: intrigant et troublant de bout en bout. Sous la caméra alambiquée, tout en hauteur et en focale élargie, le couple Kidman-Farrell est parfait de froideur dans leur lente perdition. Mais c'est la prestation du jeune B.Keoghan qui glacera pour longtemps notre mémoire.
Film d'une lenteur extrême, qui pose la question de la repentance d'une faute du passé. les images sont léchées, mais il faut vraiment se torturer l'esprit pour tenter de comprendre un tel film ......
Pour sa deuxième production internationale, après le prometteur et original "Lobster" et avant la consécration de "La Favorite", on reconnaît bien le style de Yorgos Lanthimos, notamment un scénario très caustique et pessimiste. Présentant ici une famille qui se retrouve de plus en plus sous l'emprise psychologique d'un jeune homme lui-même dérangé, le film dérive de plus en plus vers une histoire de vengeance. Toujours filmé avec soin, aussi bien dans les plans-séquences que dans les moments plus violents, où la mise en scène est toujours à la hauteur, le film finit par prendre une tournure déconcertante. Le thriller psychologique se transforme en film semi-fantastique, qui traîne en longueur et se termine par une morale indigeste en mode "un prêté pour un rendu" et par une dernière scène pompeuse, gonflée à l'air d'opéra. L'idée et l'objectif sont bien nets, mais en termes de forme, Lanthimos a mis dans ce film tous ses desiderata formels et se perd en chemin. Il y avait d'autres moyens de parvenir ses fins, surtout des moyens moins longs !
Un petit thriller fantastique, totalement sinistre et extraordinairement bavard ! Les acteurs immobiles passent leur temp à parler et se balancent à la figure des choses terribles en paroles ! La caméra équipée d'un grand angulaire se déplace en lents travellings quasi perpetuels pour créer une ambiance encore plus sinistre ! Bon ! Donc c'est sinistre ! voila ! On a bien compris ! La vie n'est pas facile, ya des secrets ! Musique sinistre, bien sur !