L'action de militants contre le sida. Un film maladroit avec un parti pris et des personnages antipathiques et peu accrocheurs. Les personnages sont presque tous révoltés et se lancent dans des actions de révoltes anti-système. Les scènes de sexe étaient-elles vraiment indispensables ? Un certain malaise et beaucoup d’antipathie ressortent de ce film malgré le sujet qui se veut d'une grande importance encore aujourd'hui. Beaucoup de rabâchage et de débats stériles, pas assez de personnages accrocheurs.
J'y allais un peu à tâtons, je craignais l'effet "Adèle", le film universellement encensé qui se révèle devant mes yeux comme une daube épouvantable. Mais non. "120 battements" est un vrai grand film, captivant, haletant, et surtout très émouvant par la grâce conjuguée de sa réalisation et de ses comédiens. C'est aussi un film de dévoilement, j'ai découvert la réalité derrière le militantisme, et les séquences en amphi sont vraiment exceptionnelles, avec ces techniques de prise de parole, ces claquements de doigts, cette énergie créative qui circule entre Eros et Thanatos, cette folie douce face à la mort qui rode autour. Un film de guerre irrigué d'amour, un vrai récit de résistance, mais cette fois l'ennemi n'est pas une idéologie comme le fascisme qui s'incarnerait en une armée de "méchants", c'est un rétrovirus. Il y a les pesanteurs administratives, le cynisme des laboratoires, l'impuissance parfois coupable des politiques, mais il ne s'agit pas de tuer des envahisseurs, la torture n'est pas prodiguée par des tortionnaires humains, et devant le fléau, le meilleur dans l'Homme peut se déployer, ce que montre Campillo avec justesse et puissance. La fin intimiste du film est extraordinaire et bouleversante, la finesse des dialogues et de la mise en scène s'y déploient comme dans les meilleurs moments de "Easter Boys", son - très réussi - film précédent. Film rare dans le paysage français par la qualité de son écriture - bien que très bavard, "120 battements..." ne tombe jamais dans le "sur-écrit" ou le "trop-improvisé". En sortant de la salle, à la fois ému et exalté, j'ai repensé avec mélancolie à ce passage de l'interview du co-auteur, Philippe Mangeot, dans "Les Inrocks" : "Quand Robin s'est adressé à moi pour 120 battements... je réfléchissais à écrire sur un autre moment, un peu plus tardif : celui de l'indicible "catastrophe", avec tous les guillemets possibles, des trithérapies. Tout à coup, ceux qui étaient encore en vie se sont dit qu'il fallait refermer les tombeaux de ceux qui étaient morts, car ils ne feraient pas partie de la même charrette. Personne n'a encore parlé du sentiment de perte qu'a pu entrainer l'espoir de survie." Survie = perte = catastrophe. Paradoxe effarant de la condition humaine : oui, c'est la catastrophe imminente qui nous unit et peut nous élever, comme le film le montre très bien. Que le danger s'éloigne, et la tension qui nous liait retombe, inexorablement.
On est bien mal barré... Ce film n'est pas mauvais, il est certainement interessant et homogène dans son choix esthétique, de réalisation, de jeu, voir d'outrance... IL est en fait un documentaire de 2h20 pas très joyeux, mais qui semble réel... mais voilà des documentaires du genre "vu de l'intérieur" se regarde à la télé, tranquille, sur France 3, mais ce n'est pas un film de cinéma et c'est pour cela que je dis que l'on est mal barré car il est où le cinéma, l'évasion, le spectacle, l'échappée, le rêve, le moment qui nous fait oublier notre quotidien, qui l'on est et nous donne l'impression d'être plus grand, plus fort ou ailleurs ? Nulle part, et ce film primé et encensé par des critiques très France Inter (dont le logo trone en bonne place sur l'affiche) n'est pas un film de cinéma, il est dans l'air du temps de la bien pensance, du "on donne la parole aux opprimés" mais on oublie de donner du spectacle. Bref, payer pour voir ce film : hors de question, le regarder chez moi devant ma télé pourquoi pas, mais j'ai essayé et 2h25 d'un documentaire plat, démago, peu attachant, informatif, hystérique, ne m'enchante pas et ne m'a donné aucun plaisir. Et je suis très ouvert et très tolérant, mais ça ce n'est pas un film de cinéma, ce n'est pas un film tout court, juste un documentaire pas grand public. Et quand je vois les notes qui sont les mêmes que pour des chefs d'oeuvre du cinéma mondial, je me dis qu'on est mal barré niveau cinéma en France...
Le troisièmme film De Robin CAMPILLO (2017) est exceptionnel à plus d'un titre. Immersif à nous (re) plonger dans une époque pas si lointaine (les années 90) et pourtant vu le chemin parcouru vriement révolue. Toute l'ambiance de cette époque tant au niveau sociologique , qu'historique est d'une rare exactittude! Les médias, l'abandon soujacent des minorités, la peur véhiculée par les médias, le déboussolement des politiques .... L'autre force du film est son côté immersif dans le fonctionnement m^me de l'association ACT-UP et de ses relations avec la communauté "gay" et des autres associations de soutien aux mala des comme "AIDES" . Ceux qui ont vécu de l'intérieur ACT-UP se retrouveront catapulté près de 30 ans en arrière . Un film d'une grande force sur l'amitié certes, mais aussi et surtout sur le Militantisme, le vrai celui qui d'un coup fait bouger les choses et transporte une poignée de personnes. Sans oublier bien sûr l'interprétation d'une grande justesse et d'une grande passion . Bravo notamment bien sûr à : Nahuel PEREZ BISCAYART , Arnaud VALOIS et Adèle HAENEL.
Superbe Scénario sur La Mobilisation et SURTOUT La prevention du Sida dans tous les Contextes différentes, sexualité Homosexualité, hétérosexuelle et qui concerne Tout le monde ! Une seul chose : Mobilisez-Vous pour avancer la recherche et avoir Des Traitement avancé et efficiences et Pas les techniciens (Robots) qui sont Dans leur Bureau et qui patiente à l'attentes d'un Résultats parfait à annoncer ! On nous a enfermé dans une Société où il y a trop de Confort où les Jeunes sont trop livré à Papa et Maman, il faut soulever la Question de parvenir à se libérer de cet enferment médiatique que génère les médias sur beaucoup d'idée reçu; on est influencé ! FILM à Voir absolument une Fois !
Un film important et poignant, dommage qu'il soit pas plus distribué. On découvre une réalité, et c'est important car les jeunes d'aujourd'hui sont malheureusement encore trop peu renseignés sur le sida. De plus, tout le projet est maîtrisé (casting, réalisation, scénario), on s'ennuie pas, c'est vraiment un bon film !
Gros coup de cœur du festival de Cannes 2017, "120 Battements par minute" est effectivement un bon film, un électrochoc, une décharge d'énergie et de vitalité sur un sujet pourtant proche de la mort. Robin Campillo, lui-même ancien militant d'Act Up, revient sur certaines années de militantisme du groupe au début des années 90 alors que l’État français, les assureurs et même les laboratoires pharmaceutiques ne veulent même pas entendre parler du Sida. La prévention est inexistante et les labos tardent à avancer sur de nouveaux remèdes sans communiquer sur leurs résultats. Face à l'indifférence générale, Act Up organise généralement des coups d'éclat pour faire parler d'eux, à grand renfort de faux sang balancé un peu partout, ce cendres dispersées sur des assureurs et de slogans chocs. Mais au sein du groupe, tout le monde n'a pas la même vision des choses et n'a pas la même façon de faire. C'est dans ce tourbillon que débarque Nathan, rapidement électrisé par Sean, militant radical. Parce qu'il a bien connu Act Up et ses militants, Robin Campillo évite de tomber dans l'hagiographie, dans la lourdeur et dans le pathos, prenant assez de recul sur ces années-là pour nous livrer un récit dense, donnant un bel aperçu des actions d'Act Up. Cela permet aussi à Campillo de traiter le sujet de manière frontale sans jamais forcer l'émotion, abordant la sexualité (thème qui n'est pas central mais qui est montré), la maladie et la mort avec un vrai regard, plein de tendresse mais sans insister dessus. Tant pis si parfois cela passe par quelques moments un peu pompeux avec ralentis parfois un peu répétitifs et si certaines scènes traînent en longueur, Campillo capte une énergie, celle des mourants qui semblent plus vivant que jamais. Et quand le film, portrait assez complet d'Act Up et de ses débats, se mue en histoire d'amour passionnée, c'est pour mieux nous bouleverser et ce d'autant plus que tous les acteurs (en particulier Nahuel Perez Biscayart) sont d'une justesse incroyable. Rien de révolutionnaire sur la forme mais sur le fond, c'est aussi passionnant que révoltant. Et c'est profondément émouvant aussi.
J'aurais adoré adorer ce film, mais ce n'a pas été le cas. Les acteurs (et actrices !) sont excellent/es mais leurs rôles sont sans profondeur. Il y a des tensions entre les membres d'Act Up ? Très bien, mais pourquoi ne pas expliquer pourquoi? Le ton général est plutôt plat, il y a bien sûr des moments poignants mais, franchement ce n'est pas un chef d'oeuvre du 7eme art. Peut-être est-ce parceque je connais trop bien cette histoire que tout ceci m'a juste effleuré? Sans doute les personnes qui sont passées à côté du drame du sida en France ont appris quelque chose avec ce film, beaucoup en ont été bouleversées. Tant mieux, il aura au moins servi à ce que ce drame épouvantable ne soit pas trop tôt oublié.
Difficile de ne pas se replonger dans une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et pourtant après la génération SIDA, la génération préservatif et PrEP. Film fort qui montre à quel point l'urgence du combat est contraint par le temps et la vitesse de l 'ultime : la mort. Comment concilier cette recherche insouciante du plaisir ,de la vie sachant que cette jouissance ultime peut conduire à la mort. Quel paradoxe. Un jeu d'acteurs qui facilite le transfert et nous amène au moins pour certains à revivre des moments douloureux. Ce film doit à mon sens être un outil pédagogique au sein du système éducatif. Pour le moins, on ne ressort pas indemne de la salle. La lourdeur du silence dans la salle à la fin du film en atteste.
Amusant que le réalisateur du film "Les Revenants" (une histoire de morts qui reviennent sur Terre et doivent se réinsérer dans la société humaine) ait eu l'initiative de mettre en images le mouvement Act Up Paris, de jeunes homos, séropositifs pour la plupart, qui ont décidé de se lever contre l'inaction d'un gouvernement tolérant face à une maladie qui décime les minorités. Car les membres du mouvement Act Up, à l'inverse de ces morts revenants sur Terre, sont aux bords du gouffre, malades, fébriles mais font preuve aussi d'une force incroyable et d'une volonté de vivre à toute épreuve. Nous ne sommes pourtant pas devant un feel-good movie à la "Pride" mais bien devant l'histoire ultra-réaliste d'un combat parsemé d'amour, d'amitié et de colère. D'une énergie folle dans sa première partie, "120 battements par minute" n'oublie cependant pas la gravité de son sujet en nous présentant (longuement et lourdement parfois, il faut bien le dire), la lente agonie d'un des membres les plus actifs du mouvement. D'une spontanéité merveilleuse, l'oeuvre de Robin Campillo est une sorte de reportage romancé au plus près de ses protagonistes, une lutte idéologique capable de créer du lien à travers la souffrance et l'espoir. Mais Campillo n'est pas seul dans cette entreprise, bien aidé par une galerie de personnages admirables, drôles et irritants qui s'accrochent à la vie de toutes leurs forces face à une opinion publique qui semble les ignorer. C'est peut être aussi ça la faute du film, de ne quasiment jamais s'ouvrir au monde extérieur, au contexte entourant ces jeunes passionnés car si la lutte semble juste, l'adversaire est trop peu visible pour que nous nous sentions réellement concerné. Reste une aventure humaine somptueuse dont les quelques longueurs sont vite rattrapées par des moments d'une intensité nous rappelant un certain film d'Abdellatif Kechiche lui aussi primé au festival de Cannes.
Excellent film, avec deux magnifiques acteurs principaux vraiment très doués. Non seulement il mérite sa palme, mais en plus il est captivant ! A voir de toute urgence !