Derniers Avis : 120 battements Par Minute - Page 19
120 battements Par Minute
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4,5
Publiée le 2 octobre 2017
La Vie Amor !
Salle sous le choc après la projection, silence de mort et c’est peu dire. Plus qu’un film d’amour, un film militant débordant de rage et d’humanité.
En 1989, Act Up France s’implique d’abord pour sa communauté puis très vite pour les malades exclus de la société, pointés du doigt comme des pestiférés. Le gouvernement panique, les laboratoires se chamaillent et traînent des pieds, la rumeur se répand et la populace s’inquiète.
Une épidémie réservés aux libertins, aux homosexuels et aux droguée ??
Encore plus que AIDS, ACT UP s’emporte, avec violence dans les mots et dans les actes, mais volontaire et déterminé, cela impose le respect. ACT UP s’impatiente, la mort rode et circule trop vite.
C’est ma génération, j »ai vécu l’arrivée du HIV, les regards accusateurs, la peur au ventre et pourtant peu d’entre nous sont montés au créneau, le déni de mes vingts ans, une insouciance et une liberté dont on ne voulait pas se séparer.
Mais il y a l’histoire dans l’histoire, celle d’amour qui au delà du sexe (car le plaisir maintient en vie) nous arrache le coeur et les larmes, Nathan aime Sean. Sean est en colère, puis Sean s’effondre et la peur brille dans ces yeux, c’est une biche effrayée par le spectre du loup. Nathan l’apaise, avec ses mots à lui, sa patience et sa tendresse, une belle histoire d’amour qui finit mal. Alors le poids du chagrin nous étreint et l’on sort fatigué par le mal qui ronge le monde au hasard.
Nahuel Pérez Biscayart est sublime de fébrilité et Arnaud Valois est solide et rassurant.
Robin Campillo aime la vie à mort. Une réalisation nerveuse, passionnée et des acteurs vivants, justes et concernés. Une BO qui sait souligner le film.
Sincèrement, cette note m'attriste un peu. J'ai d'ailleurs longtemps pensé lui accorder une étoile supplémentaire, avant que mes réserves ne soient finalement trop fortes. Elles se situent principalement dans la trop grande crudité de plusieurs scènes, sans que cela ne me paraisse justifié ou opportun, Robin Campillo les étirant parfois jusqu'au malaise me concernant. On pourra me dire ce qu'on veut, il y a d'autres moyens infiniment plus subtils et délicats pour décrire l'intimité entre deux hommes spoiler: qu'une interminable scène de jambes en l'air (leur discussion suffisait largement!) ou une masturbation improvisée : aucune suggestion, juste du sexe pour le sexe ... Heureusement, « 120 battements par minute » ne s'arrête pas à ce simple constat car pour le reste, le film est vraiment réussi. Sur un sujet que je connaissais mal, l'œuvre s'avère éclairante aussi bien dans les idéaux d'Act Up-Paris que ses différentes actions « coup de poing », ne cédant jamais à la démonstration ou au larmoyant. Au contraire (scènes sexuelles exceptées, donc!), il y a beaucoup de pudeur, de recul concernant le combat des uns et des autres, parfois dans une indifférence, voire un mépris en disant long sur le peu d'implication des pouvoirs publics de l'époque. Et beaucoup de moments marquants, principalement le « défilé nocturne » poignant et particulièrement éloquent sur les ravages du Sida, ou les différentes scènes d'assemblée, où l'on mesure l'immense difficulté à trouver un consensus tant les visions pour y parvenir sont parfois radicalement opposées, sans pour autant que l'on cherche à nous expliquer qui a raison ou tort, au contraire, chaque discours tenu pouvant se justifier, les relations entre les différents membres du mouvement comme avec les laboratoires pharmaceutiques étant décrites avec une grande précision. Dommage que le dénouement, aussi sobre soit-il, perdure de façon injustifiée, cette volonté de « réalisme exacerbé dans l'intimité » faisant, décidément, vraiment du tort à l'œuvre... Bref, s'il est (beaucoup) plus réussi dans ses scènes de groupe qu'intimistes, et sans être l'événement absolu décrit au dernier Festival de Cannes, « 120 battements par minute » est de ces titres qui ne laissent en aucun cas indifférent, éclairant un sujet sensible et important : voilà qui est à saluer.
J'imagine que comme moi beaucoup de personnes se sont dit, un film sur le sida dans les années 80 ? Mais en réfléchissant bien, Dallas Buyer Club c'était bien le dernier en date, et il faisait état du triste contrat du début ou dans l'inconscient collectif, seul les homosexuels pouvaient être contaminés par le virus du sida. Ici ça se passe en France, et cela concerne encore que les minorités, avec un groupe d'activiste qui devient le fond et la manière de donner le ton au récit. Le fait d'être d'emblée dans le cœur de l'action fait penser bien à ce qui se fait par chez nous, Polisse m'est venu en tête directement car c'est ma meilleure référence dans le domaine. Finalement 120 battements par minute propose de réels débats face à des scènes plus intimes pour se focaliser sur un personnage en particulier. Et la vient le moment de féliciter le choix de casting. Nahuel Perez Biscayart, retenez bien ce nom (déjà car vous le verrez à la fin du mois dans Aurevoir là-haut et qu'il serait bien dommage de passer à côté), attention grand acteur. Sa présence annihile tout ce qui se passe autour, chaque scènes avec lui (et dieu merci il y en a beaucoup), sont vécues comme des moments d'une intensité émotionnelle similaire à la vraie vie, car il incarne cette vérité avec une facilité déstabilisante. Si l'on aime pas le traitement de type de docu-fiction, cela risque de ne pas passer, sinon l'expérience se révèle fructeuse. Le rythme se perd avec l'envers du record qui permet de découvrir la vie privée qui ne demande qu'à éclore de ces personnages, et plusieurs fois je me suis fais la reflection d'un montage différent dans ma tête, aussi pour amoindrir la longueur excessive du film. C'est courru d'avance et n'apporte pas de clair débat car la question du sida aujourd'hui est certes banalisée mais les avancés médicales bien moins. Celà ouvre une fenêtre dont on imagine bien les préjugés mais qui dans la forme, reste plaisante et intelligente. C'est bien de se rappeler qu'il y a pas si longtemps c'était comme ça. À voir.
Film très pèdagogique, rappelle "l'Histoire" de cette épidémie très médiatique et médiatisée et pour cause elle touche les élites du show biz ... Il n'y a plus de secret : cette maladie est transmissible... Bravo au réalisateur, le thème est très bien traité, toutes les phases de la découverte de cette pandémie, sont abordées. Aujourd'hui le progrès de la science fait que on ne devrait plus voir de nouveaux cas, d'ou ce coté pédago . Film qui devrait servir de support à toute éducation sexuelle ( scolaire ou autre). Film excellent plein d'émotions.
Très touchant. Ce film est transportant, il m’a amené à me poser beaucoup de questions, à prendre du recul sur notre condition. Bref, il a su me toucher. La bande son est aussi à souligner. Un top.
Un film dur mais très réaliste qui met en exergue la différence de perception du temps entre les malades dont le temps était compté et les laboratoires et pouvoirs publics qui ne prenaient pas la mesure de la maladie et agissaient lentement , d’ou La violence de réaction d’Actup.
Sensationnel, formidable, un chef d'œuvre : tout est parfait, on est sous le choc en sortant. Le jeu des acteurs est très bon, la réalisation formidable.
ce film retrace les années sida où les pouvoirs publics et l'état n'ont jamais communiqué sur ce fléau. d'autant plus que les coupables n'ont jamais été punis. et pire y en a qui ont continué à faire de la politique sans scrupules. les acteurs sont extras. bravo !!
Déjà un film qui ne reçoit QUE des critiques officielles dithyrambiques ce n'est pas seulement louche c'est de la propagande qui ne porte pas son nom : en gros, vous êtes obligés d'aimer 120bpm sinon vous ne publiez pas votre critique... dans notre journal. Pour moi ce film est une imposture, où est l'oeuvre de cinéma qui émeut ? Créative ? Bien écrite ? Bien filmée ? Il n'y a rien de tout ça. Même les acteurs n'arrivent pas à le sortir de la fange tellement les dialogues sont consternants." ah le café n'est pas prêt ? Ben j'étais en train de le faire, ah ? alors je reviens dans 10 mn quand le café sera prêt..." Au secours ! C'est pire que la réalité : car dans le réel les dialogues des vrais gens est mille fois plus vivant, plus créatif Juste un message, ok qui a son intérêt... Mais et après ? l'émotion est au niveau zéro Ce film est abject, détestable à souhait, dégueulasse. Attention ! Ne vous faîtes pas trop avoir quand même par les supers critiques ! travaillant parfois dans un cinéma, j'ai pu sauver deux spectateurs qui suivaient juste la critique, au lieu de ça ils ont allés voir "Otez-moi d'un doute" qui porte un vrai message et qui est juste un véritable film.
Une tragédie exceptionnelle qui mêle le drame intime de l'homme trop jeune face à la mort et la lutte politique brutale qu'a menée Act-Up dans les années 80. Une face éclairant l'autre.
Après avoir vu l'avant-première me filer sous le nez, c'est en urgence que je suis allé voir ce film, celui dont tout le monde parle, et que tout le monde voulait voir, en témoigne la salle blindée. Traitant d'une période et d'actions peu connues, "120 battements par minutes" est un vrai film coup de poing, fait de vrais "moments", d'émotions variées transmises par ces personnages qui ont la vie ferrée aux chevilles et au corps. Malgré quelques choix de mise en scène douteux (les molécules au ralenti pour servir de transition entre deux scènes), ce film est une vraie bombe, pleine d'énergie et sur lequel souffle un air de révolte. Difficile de ne pas avoir le ventre noué à la fin du film, qui nous rappelle aussi qu'un tel combat ne se termine jamais et que quand un combat s'achève, un nouveau débute... Sans transition, votre vie reprend...
Ce film est fort! Bon dieu ce qu’il prend aux tripes et vous hante! 120 battements par minute est une oeuvre puissante, que dis-je, essentielle! Démarrant avec un ton très léger et drôle lors des réunions hebdomadaires, s’enchaînant avec des actions musclées; il s’attarde par la suite sur une romance simple et belle. La fureur laissant la place à la douceur. La douceur avant l’horreur et l’agonie… Ce film explore donc beaucoup tout en restant très juste et très beau dans chaque situation qu’il raconte. A la fois perdu dans des scènes évanescentes semblant dénuées d’intérêt où le temps ralentit pour filmer de la poussière et/ou des cellules (scènes prenant tout leur sens à la fin) et ballotté entre les rires et les larmes; nul spectateur ne peut ressortir indemne d’une telle expérience. Le film bouscule nos âmes et finit d’abattre les quelques clichés et/ou préjugés (s’il en reste encore chez certains) sur les séropositifs et autres personnes vivants de près ou de loin la maladie.
J'ai enfin vu le film dont tout le monde parle réalisé par Robin Campillo et sorti en août 2017 et franchement, je m'attendais à mieux. Il faut dire qu'on a vendu ce film comme étant le film de l'année, il a d'excellentes critiques etc., je m'attendais donc à être époustouflé en le voyant et, même si je le trouve bon, ce ne fut malheureusement pas le cas. Le film revient donc sur l'association militante contre le Sida au début des années 90 qui se battait contre l'indifférence générale. Le scénario est donc vraiment très intéressant car personnellement, je n'avais jamais entendu parler de cette association et ce film la fait donc connaître au public actuel et on en apprend également plus sur les conditions des personnes infectées du Sida dans les années 90. Malgré tout, je trouve qu'il y a pas mal de stéréotypes qui me dérangent assez, notamment dans le comportement des gays qui est très cliché car oui, tous les gays ne sont pas efféminés et le film véhicule encore trop cette idée reçu je trouve. Pour ce qui est de la réalisation, elle est très bonne car le film possède de très beaux plans notamment lorsque le réalisateur filme la poussière de très près, ce qui casse un peu le rythme du film mais d'une bonne manière. Je trouve également les longues scènes de réunion intéressantes mais malgré tout un peu trop longues. Pour le caractère dramatique du film, cela n'a pas prit effet sur moi car on voit venir la fin de très loin mais la fin est tout de même bien faite. Le film montre également des scènes de sexe assez crues entre deux garçons et je n'avais jamais vu ça auparavant dans un film grand public et je trouve que c'est une très bonne chose et c'est très osé de la part du réalisateur. La B.O est quant à elle très bonne. Pour ce qui est des acteurs, ce ne sont pas des acteurs réellement connus mais ils jouent vraiment très bien, notamment Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois qui sont à fond dans leur personnage. "120 battements par minute" m'a donc un peu déçu mais il n'empêche que cela reste un bon film et il peut être également un peu éducatif chez les jeunes gays qui ne sont pas vraiment au courant de tout ça, ce qui est une très bonne chose.
Grand film qui a bien mérité son Grand Prix à Cannes et a raté de peu la Palme. L’histoire se déroule au sein de Act Up et commence par le fameux et authentique bombardement du directeur de l’Agence française de lutte contre le sida avec du (faux) sang. Ce film sensible et coup de poing nous apprend de l’intérieur la vie de cette association aux méthodes parfois brutales parce qu’urgentes . Urgence devant la virulence de la maladie prise en compte par les pouvoirs publics avec une grande modération politique et par les labos par une lenteur stratégique. Money before ! Avec une mise en scène époustouflante de dynamisme et de fluidité, des dialogues et une psychologie authentiques, le réalisateur mêle avec brio ce combat d’équipe à une belle histoire d’amour, simple, sobre et émouvante jusqu’à la mort. Film fort, pudique et pédagogique.