En vérité, je suis très généreux avec ma note, car c'est un James Bond assez mal écrits, avec de gros raccourcis scénaristiques, des scènes d'actions souvent amenées de façon random et une volonté d'aller toujours plus loin dans l'exagération, quitte à aller dans le n'importe quoi !
MAIS ce film a quelque chose qui rend son visionnage franchement agréable : il est ultra généreux ! Dans ce film, on a tout : combat dans une verrerie où on casse tout, course poursuite à Venise avec une gondole remplie de gadgets, scène d'action en téléphérique, course poursuite en bateau en Amazonie… Toutes ces scènes ne sont pas tous des réussites (notamment celle des téléphériques), mais grâce à elles, on ne s'ennuie juste pas devant le film.
Je blâmerais quand même la promo du film qui a vendu vraiment le film comme étant le James Bond dans l'espace alors que cela arrive juste dans les 30min de fin, et c'est loin d'être la meilleure partie du film, la maquette de la base spatiale étant pas super bien faîte
(notamment lors de sa destruction)
et cet affrontement spatial avec des pistolets lasers étant franchement exagéré et pas crédible.
D'autant que cette péripétie de dernière minute où il faut détruire les capsules de gaz est vraiment en trop.
Mais le plus problématique, c'est qu'étant donné qu'on sait que ça va se finir dans l'espace, le reste du film paraît vraiment être du remplissage.
Il est étonnant mais plaisant de voir autant de français dans ce James Bond : Michael Lonsdale, Corinne Cléry, Blanche Ravalec et une petite apparition improbable de Jean-Pierre Castaldi en début de film.
J'ai rien de spécial à dire sur la prestation de Roger Moore, on sent qu'il commence à prendre ses aises et à s'approprier le personnage.
Holly Goodhead joué par Lois Chiles, est une Bond girl assez intéressante, même si elle sert surtout à compenser le fait que Bond n'ait pas de connaissance en astrophysique et en aérospatial. Donc même si elle est étonnamment très proactive et importante durant le climax, elle ne sert pas à grand-chose avant, même si sa dynamique avec Bond est très cool.
Michael Lonsdale était vraiment pas le meilleur choix pour incarner Hugo Drax, car il n'a jamais l'air très crédible. Mais même sans ça, le méchant accumule les clichés : barbichu, joue du piano lors de son introduction, s'entoure de jolies filles constamment, pratique la chasse, a des dobermans, croit en une race humaine parfaite… En fait, ce qui le rend assez ridicule, c'est qu'il va demander à ce qu'on assassine Bond sur sa propriété (ce qui ne va PAS DU TOUT éveiller les soupçons) avant même qu'il ne soupçonne quoi que ce soit, et c'est à cause de ça qu'il va se faire soupçonner. Le pire, c'est que tout au long du film, il va littéralement abuser des tentatives contre Bond, et le fait qu'elles échouent toutes, ça le rend assez pathétique.
Le retour de Requin est mitigé. C'est toujours un plaisir de revoir Richard Kiel, et il nous offre une scène assez marrante lorsqu'il tente d'assassiner Manuela
(d'ailleurs, plutôt bien joué de la part du film qu'elle s'en sorte finalement, car connaissant le traitement des films précédents pour les personnages de soutient, j'étais sûr qu'elle allait mourir de façon random et forcée).
Malheureusement, malgré son statut de menace toujours aussi indestructible, ses scènes sont pas à la hauteur du personnage. Et puis, s'il n'est recruté par Drax qu'au cours du film, pourquoi il tentait d'assassiner Bond lors de la scène d'intro en avion au début du film ? Bon, le fait qu'il
se retourne contre Drax à la fin est un choix de scénario intéressant et plutôt sympa, mais je pense franchement pas qu'on avait besoin de sa copine pour le justifier.
Le fait qu'il tombe amoureux, je ne suis pas contre sur le principe, mais c'est ultra expédié et traité à la parodie. Et puis, on a aucune explication sur pourquoi sa copine se trouve dans la base spatiale à la fin. On a l'impression d'avoir loupé un chapitre.
Je ne vais pas m'attarder sur les aberrations scénaristiques du film, mais s'il y en a bien une qui m'a marqué, c'est quand à Venise,
Drax réussit manifestement à déplacer toutes ses installations et à refaire toute l'architecture de la pièce en une nuit (en tout cas, rien dans le montage semble dire qu'il s'est écoulé plus de temps).
Le genre de truc qui n'a juste aucun sens.
Oui, ce James Bond est un gros n'importe quoi (rien que l'évocation d'un James Bond dans l'espace devrait faire lever plusieurs sourcils). Mais je ne peux pas m'empêcher de le trouver fun et très divertissant.