Je ne sais pas si j'ai bien saisi la fin, car Harding (par la voix de Robbie) nous dit qu'il n'y a "aucune vérité et que c'est ça la vérité", alors que le film nous propose bien une lecture de l'événement qui l'innocenterait, et que si les gens la déteste c'est parce qu'elle est à la fois antipathique, chouineuse et qu'ils ne leur en fallait pas plus que le genou bousillé de Kerrigan pour l'inculper directement, où on envoie valdinguer la présomption d'innocence pour en faire un souffre douleur, un punching-ball médiatique, l'idole que l'on aime haïr, etc. Remarque, le personnage de Tonya est vraiment passionnant, la petite redneck qui ne récoltera que des coups, de sa mère jusqu'au ring de boxe en passant par son mari, mais jamais de médaille olympique, où contrairement à un biopic traditionnel ici il n'y a pas de réel pic d'ascension (si ce n'est son triple axel), elle reste constamment dans l'ombre de ses rivales, et que si elle se foire c'est toujours de la faute des juges, de son lacet ou de ses fréquentations, j'ai aimé ce côté torturé. Elle se retrouve au milieu d'un imbroglio invraisemblable qui n'est pas sans rappeler les plus cocasses traits de scénario des frères Coen, tout en étant filmé avec la palette des gimmicks scorsesiens (travellings, voix off et autres éclats du quatrième mur), sans parler du jukebox 70s-80s qui tourne à plein régime. Cinématographiquement c'est donc plutôt pas mal bien qu'assez impersonnel de la part de Gillespie, à l'instar d'un David O'Russell, mais il y a des moments bien rendus, une reconstitution honorable et Margot Robbie trouve sans aucun doute le meilleur rôle de sa récente carrière, loin de son image de mannequin 3 Suisses, le reste du casting est également sans reproche.
Sympathique.