Moi, Tonya
Note moyenne
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299 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

63 abonnés 812 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juin 2026
I, Tonya arrive en 2017 porté par un statut hybride qu'il revendique dès son carton d'ouverture : "based on irony free, wildly contradictory, totally true interviews.", énoncé exact du projet de Craig Gillespie — un projet qui se construit à partir de l'absence de vérité, érigée en principe même de la mise en scène. Ainsi le film ne cherche pas à reconstituer ce qui s'est passé le 6 janvier 1994 dans un parking de Detroit ; il cherche à filmer l'impossibilité de jamais le savoir, et plus largement, l'impossibilité de jamais juger Tonya Harding (ayant comme seule ambition de devenir la meilleure patineuse) — victime de classe, victime de violences domestiques répétées, mais aussi, peut-être, complice d'une agression contre une rivale. Ce refus permet d'échapper à la réduction d'une vie complexe à un verdict médiatique binaire, "bad girl" contre "ice princess", comme le fit la presse des années 1990 — mais à quel prix, et jusqu'où ce refus peut-il s'étendre ?

Le dispositif central du film est une rupture du quatrième mur poussée à un degré rarement atteint dans le biopic américain : les personnages ne se contentent pas de témoigner face caméra dans des segments d'interview isolés à la manière classique du mockumentary — ils s'adressent directement au spectateur en plein cœur des scènes reconstituées, suspendant l'action dramatisée pour commenter, contredire, ou désavouer ce qu'on est en train de voir. LaVona Golden nie avoir jamais frappé sa fille pendant que le plan montre sa main qui s'abat ; Tonya et Jeff se contredisent sur l'origine d'un coup de feu tiré dans leur appartement sans que le montage choisisse jamais entre les deux versions.

Ce geste invite la comparaison avec Rashomon, mais chez Kurosawa, la multiplication des points de vue contradictoires produit, au terme du film, une vérité — celle de l'irréductible subjectivité du témoignage humain. Chez Gillespie, chaque version ne s'ajoute pas à la précédente pour construire un sens, elle l'annule. Le dispositif est juste un épuisement actif de la vérité comme catégorie pertinente. La conséquence est qu'il ne reste plus de position de jugement disponible pour le spectateur parce que le film a retiré toutes les pièces qui permettraient de juger.

Là où j'ai du mal, c'est le traitement de la caméra dans les scènes de violence mises en scène pour être appréciée dans son exécution, indépendamment de sa charge morale. En transposant cette grammaire à des scènes de coups conjugaux, Gillespie place littéralement la souffrance de Tonya dans la même position rhétorique qu'une scène d'ascension criminelle glorifiée. Le film ne dénonce pas la fascination spectatorielle pour la violence filmée : il la convoque et en joue, en misant sur le fait que l'inconfort généré vaudrait en lui-même comme critique. Mais une mise en scène ne peut pas simultanément jouir de sa propre virtuosité et prétendre démasquer cette jouissance comme problématique.

La comédie noire, omniprésente — la mythomanie d'espion auto-proclamé de Shawn Eckhardt, les répliques assassines de LaVona Golden — installe le seul espace de pensée critique chez le spectateur. Le rire surgit systématiquement en sortie immédiate d'une scène d'abus, mais loin de simplement dissoudre la charge de ce qu'on vient de voir, il en révèle la mécanique sociale ou les mécanismes de pensées — le grotesque de LaVona, la vanité ridicule de Shawn, ne sont pas des échappatoires au tragique, ils sont la preuve que la violence subie par Tonya s'enracine dans un théâtre de médiocrités humaines aussi comiques que dangereuses. C'est parce qu'on rit de l'absurdité de ces personnages qu'on mesure, par contraste, la disproportion entre la légèreté de leurs motifs et la gravité de leurs actes.

La performance de Margot Robbie porte plutôt, corporellement, l'indécision même que le dispositif narratif refuse de trancher : on ne sait jamais si Tonya est sincère ou en train de fabriquer, pour la caméra, un alibi rétrospectif. Robbie n'ajoute pas une couche de pensée supplémentaire au film ; elle est le lieu où l'absence de cadre stable, construite dès le dispositif du quatrième mur, vient se loger faute d'avoir pu se résoudre ailleurs — y compris, plus prosaïquement, dans les scènes de patinage elles-mêmes, où l'incrustation numérique imparfaite de son visage sur le corps de patineuses professionnelles révèle, par accident technique, l'impossibilité du film à faire véritablement habiter à son actrice le don athlétique qu'il prétend pourtant célébrer comme la vérité centrale de son sujet.

Le résultat est un film qui se regarde avec un plaisir réel (notamment en raison de son montage énergique) — la performance de Robbie, la verve cruelle d'Allison Janney, l'énergie du montage — mais qui laisse, une fois la séance terminée, l'étrange sensation d'avoir traversé une heure quarante de spectacle sans jamais avoir été mis en position de penser quoi que ce soit de son sujet. C'est un symptôme assez juste de ce que produit un certain cinéma biographique contemporain hanté par l'idée d'objectivité impossible, ou au contraire l'idolâtrie.
Florence E.
Florence E.

10 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juin 2026
Excellent, prenant, des caractères tranchés, des personnages écorchés. L’histoire est bien retranscrite.
T-Tiff
T-Tiff

131 abonnés 1 247 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2026
"Moi, Tonya" de Craig Gillespie est un film qui présente l'histoire méconnu en France de la patineuse Tonya Harding qui a participé à l'agression de sa concurrence Nancy Kerrigan avant les JO de 1994. Margot Robbie incarne ce personnage haut en couleur, dans un biopic avec une mise en scène très rythmée et parfois un peu décalée avec son sujet assez sombre qui comporte en arrière-plan des violences conjugales et parentales. Les personnages sont peut-être parfois un peu trop caricaturaux, sans que cela ne serve toujours l'humour noir. "Moi, Tonya" reste un mélange entre drame et comédie assez original qui fonctionne assez bien.
Noah N
Noah N

34 abonnés 215 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2026
Je suis bien surpris de la façon dont le film traite l’histoire : la première moitié raconte la vie de la fameuse Tonya et la deuxième se concentre sur cette affaire. Sauf que le cahier des charges d’un biopic classique est perturbé : tantôt une interview décalée, tantôt des contradictions, le film assume pleinement ses choix scénaristiques en optant pour le point de vue de Tonya, malgré les déclarations des autres intervenants. Cependant, j’ai l’impression que Jeff vole la vedette à Tonya dès la seconde moitié, alors que c’est elle qu’on est sensé suivre.
Margot Robbie est excellente dans le rôle de la fameuse patineuse et parvient à retranscrire tout un tas d’émotions pour éviter d’être unidimensionnelle ; même si j’ai souvent vu Harley Quinn en elle. Petite mention à McKenna Grace, qui aura toujours su jouer les versions enfants de grandes héroïnes (notamment Captain Marvel). Sebastian Stan excelle aussi dans le rôle de Jeff : parfois maladroit, mais se transformant en bouilloire vivante. Sans oublier, la mère de Tonya, détestable à souhait, qui pense agir pour la rendre forte et battante. Et le fait qu’ils brisent le quatrième mur apporte un plus au côté humour.
Craig Gillespie fait preuve d’une certaine originalité : il filme bien les scènes de patinage avec fluidité, les séquences de reportage s’emboîtent bien avec les scènes réelles et offre quelques bonnes idées de mise-en-scène. Même si l’imagine paraît granuleuse à certains moments, c’est pour renforcer le côté vintage du film, comme si quelqu’un d’époque filmait avec sa vieille caméra. Pour ce qui est de la direction artistique, c’est correct et crédible et la musique (dont les originales apparaissent vers la seconde moitié) narre le film d’une belle manière. Quant aux chansons externes, notamment celles du début, collent aux scènes et dont leurs titres racontent aussi le film.

"Moi, Tonya" n’est pas un biopic comme les autres : il a sa propre identité et raconte bien la fameuse affaire avec humour un peu noir, un rythme particulier et une structure intéressante. Le casting est impeccable et pour son premier métrage que je vois, C. Gillespie a fait un très bon boulot. Après le visionnage, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur Tonya (est-ce sa mère responsable de son comportement), jusqu’où peut-on faire mal aux autres, …
Kouto
Kouto

30 abonnés 4 782 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 septembre 2025
Retraçant l’incroyable parcours de la patineuse artistique Tonya Harding dans les années 90 et sa fameuse implication dans l’attaque de sa compétitrice Nancy Kerrigan « Moi, Tonya » est tout simplement l’un des meilleurs biopic de ces dernières années. Inspirée dans sa mise en scène, incisif et mordant dans son écriture et bénéficiant d’une interprétation sans faille de l’intégralité de la distribution avec en particulier une surprenante et saisissante Margot Robbie incarnant cette patineuse au milieu social peu aisé doté et subissant les affronts d’un entourage nocif et violent.
Jix
Jix

19 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 septembre 2025
La réalisation du film est très puissante. Moi, Tonya est un film tourné en documentaire décrivant l'histoire de la patineuse artistique Tonya Harding et de l'affaire médiatisé avec sa rivale Nancy Kerrigan.
On retrouve Margot Robbie dans le rôle de Tonya, qui nous livre une prestation puissante et irréprochable. Tout comme le jeu d'Allison Janney vraiment prenant.

Ce film nous dévoile les difficultés d'avancer avec un entourage néfaste. La mère alcoolique, agressive et dénuée d'empathie; un père fuyant, et pour finir son compagnon de vie, Jeff un homme violent. En ayant grandit entourée de violence et d'agressivité elle en est devenue elle même une figure insolente dans le monde du patinage. On suit son évolution et on veut la voir briller après toute cette injustice. On est loin de la success story mais le réalisateur a su nous la montrer avec légèreté et une pointe d'humour.

L'idée de faire un genre de documentaire en faisant interagir les personnage au fur est a mesure nous plonge encore plus facilement dans l'histoire.
J'ai beaucoup aimé ce film, provocateur et sincère.
Agnès
Agnès

9 abonnés 29 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2025
Margot Robbie est brillante dans ce rôle. Elle crève l’écran et joue avec perfection le rôle. J’ai adoré ce biopic !
christophe o
christophe o

7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juillet 2025
je m'attendais à un petit film et c'est finalement un excellent film, au-dela de l'excente reconstitution, les personnages sont uniques, margot robbie en tête. Humour et émotion, un très très bon film, je conseille ++ j'ai hésité à mettre 5 étoiles parce parce que c'est un biopic et qu'il est passé un peu inaperçu, sans marketing et tout ça, mais en vrai je le met dans la catégorie des Big Lebowski, snatch, etc.. alors pourquoi s'interdire les 5 étoiles ?
Lilali_111
Lilali_111

6 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2025
Ce biopic sur Tonya Harding est très bien construit. Il ne fait ni dans le pathos, ni dans la glorification. On suit donc le parcours hors du commun de cette patineuse avec grand plaisir. Très bon divertissement, très bien interprété.
pentarou
pentarou

5 abonnés 213 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2024
Très bon film retraçant la carrière de Tonya Harding.
J'aime bien le point de vue qui alterne film traditionnel avec du faux documentaire et des passages où les personnages brisent le quatrième mur.
Le film nuance bien son histoire et montre la face cachée de la femme, l'athlète, derrière le fameux incodent.
On y découvre une femme dont la'vie n'a pas ete toujours facile, pleins de rêves en tête mais un entourage qui ne l'aide pas vraiment.
Basé sur une histoire réelle il n'y a donc rien de transcendant et le film ne peut atteindre les sommets mais sinon vraiment très réussi.
Simplement Loïc
Simplement Loïc

31 abonnés 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2024
Découverte du soir
Histoire complètement folle mené par une mise en scène incisive et cash tout comme son humour !
Un casting à la hauteur du récit et un montage juste génial. Toute l'ambiance et le rythme est mené d'une main de maître et réussi parfaitement bien à te prendre par la main et ta te tenir en haleine!
C'était génial !
Ghighi19
Ghighi19

100 abonnés 2 071 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 septembre 2024
Une grande découverte que ce film . La réalisation est très bien faite . Le point de vue de la narration donne immédiatement le ton . Cynique et à la fois tragique le scénario malin nous invite à décortiquer la vie de cette jeune femme rêvant de devenir une icône de l Amérique. Un très bin moment de cinéma avec de bons comédiens.
SB88
SB88

38 abonnés 1 615 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2024
Un personnage déjanté, une histoire vraie, une réalisation réussie ! Super cocktail pour passer un bon moment tout en découvrant l'histoire de cette patineuse, 1ère à réussir le triple saut. Les personnages autour (le chéri, la maman) sont aussi bien brossés !
3,8/5
tisma

360 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 juillet 2024
Moi, Tonya est fort car grâce à la mise en scène et les talents des acteurs, on est emmené à 100km/h dans cette histoire passionnante et qui nous rend passionné !
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juillet 2024
Un excellent drame, déguisé en faux documentaire biographique, où brillent Margot Robbie (Tonya Harding) et sa monstrueuse mère (Allison Janney). Un film original, qui permet de raconter une belle histoire et d’évoquer des points de vue contradictoires qui lui donnent toute sa charpente. On prend plaisir, au passage, avec des scènes de patinage de haut vol ! Un film juste et sans concession.
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