Blue Velvet
Note moyenne
3,9
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359 critiques spectateurs

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124 critiques
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Dawasta
Dawasta

77 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2013
Intriguant, perturbant, intense, malsain, imprévisible et bien interprété. (Très bien)
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2025
Blue Velvet explore les abîmes de l’Amérique de banlieue, où l’idylle initiale, cadrée avec symétrie, dissimule un malaise latent. Cette perfection apparente se brise brutalement avec l’apparition d’une oreille putréfiée, comme un signe que la corruption gangrène déjà le cœur de ce décor. Lumberton devient alors le miroir cruel d’une Amérique post-seconde guerre mondiale, aveuglée par ses mythes d’optimisme et de pureté.

Ici, la narration se concentre sur Jeffrey Beaumont, un jeune homme d’une innocence en apparence immaculée, qui est attiré irrésistiblement vers Dorothy Vallens, chanteuse torturée, dont l’appartement baigne dans une lumière âpre et oppressante, contrastant avec la chaleur des autres domestiques.

Quant à l'antagoniste, Frank, avec son masque à oxygène, n’est pas un simple psychopathe, mais une bête humaine, un avatar de ce que Nietzsche et Freud décriraient comme l’explosion incontrôlée du chaos et de l’instinct. À ses côtés, Dorothy subit, résiste et est prisonnière de son emprise violente.

Blue Velvet est une descente dans le conflit entre le principe de plaisir et le principe de réalité, où Jeffrey découvre ses propres désirs, attiré et terrifié à la fois par ce monde de pulsions brutes.

Lynch sublime l'angoisse par la suggestion. La violence, souvent hors champ, devient insupportable dans ce qu'elle laisse entendre : les cris étouffés de Dorothy, entendus depuis le placard où Jeffrey se cache, deviennent insoutenables précisément parce qu’ils sont invisibles.

Lorsqu’elle est montrée, cette violence s'impose, nue et implacable, emprisonnant le spectateur dans une passivité terrifiée. La caméra fixe lors de l’agression de Dorothy ne coupe pas, ne bouge pas : elle contraint le spectateur à endurer, à ressentir l’impuissance brute face à l’horreur.

Blue Velvet joue avec les codes du film noir pour les tordre en une vision hallucinée. La quête du jeune détective amateur devient une plongée psychosexuelle dans une noirceur qui engloutit toute naïveté. Lynch ne raconte pas : il suggère, distille et laisse éclater. L’oreille décomposée devient le motif central de l’écoute d’un monde qu’on préfère ignorer, une plongée dans le bruit du refoulé.
Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 août 2020
Un film qui ne peut laisser indifférent.
Un vrai film de cinéma qui arpente les méandres et les affres de notre condition humaine à travers un rêve ( cauchemar ? ) au cours duquel on visite cette condition humaine, qui, derrière ses masques et ses plumes, dissimule l'ancestral animalité qui nous habite encore, malgré les stratégies que nous développons pour la marginaliser...
Un film talentueux conçu par un personnage au talent cinématographique indiscutable...

domi...
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 janvier 2024
On ne reste pas indifférent généralement aux films de Lynch.
Ici, on ne fait exception à la règle, avec ce film noir qui flirte avec le concept des series B, plutôt gore.
On retrouve l'acteur fétiche de Lynch, McLachlan encore tout jeune ou presque, qui forme un joli couple avec L. Dern qu'on retrouvera plus tard dans Jurassic Park notamment.
Le début est sympa, avec une ambiance très américaine des années 80, qu'on retrouve beaucoup dans les films de Lynch.
Ensuite on plonge dans le film noir, gore, qui m'a un peu moins plus malgré un D. Hopper qui fait très peur.
L'enquête policière est le fil rouge du film mais le réalisateur se focalise sur d'autres thèmes, la sexualité, la séduction, la peur etc...
Gautier Delapierre
Gautier Delapierre

25 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2025
Autant, il y'a ce travail sur les couleurs qui éclate aux yeux, autant nous ne pouvons pas dire c'est Lynch qui a réussi ça plutôt que son décorateur. Eclat de rouge et de bleu, c'est sympathique mais ça n'avait rien d'innovant. Lynch influencé par Kubrick, l'élève inspiré par le maître et l'élève qui inspirera le maître. Dans les films de Lynch et dans l'atmosphère de Blue Velvett notamment, je sens une vrai similarité avec celle de Eye White Shot.

Blue Velvett, c'est clairement un film basé sur une chanson. L'ambiance du film c'est à la fois la mélodie et les paroles de la chanson, vous regardez la dernière séquence au club, Franck Booth pleure avec un morceau de soie bleu dans la main, un amoureux insatisfait, c'est exactement ce que raconte la chanson et en l'espèce on pourrait faire de cette séquence un vidéo-clip.

La chanson en elle même, est parfaite pour illustrer le message principal de Lynch au travers de toute sa filmographie. C'est une chanson qui parle de la vie de manière innocente, on ne sentira jamais rien de troublant au premier abord et c'est justement ça qui créer l'inquiétude Lynchéene. Quand tout semble aller pour le mieux, il faut s'attendre au pire, derrière une chanson d'amour peuvent se cacher des appels à l'aide. etc

L'interprétation de la chanson n'est pas particulièrement émouvante à mon goût, bien qu'elle soit réussie et qu'elle captive. Ce film est malsain, dans la veine des autres films de Lynch. Ces thématiques malsaines ne sont pas innovantes non plus, ce que nous accordons à Lynch c'est de les avoir popularisées. Malheureusement les petits gens qui font leurs affaires en cachettes ne s'arrenteront pas parce qu'ils auront vu un film de Lynch.
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 août 2018
Excellent suspense digne d'Hitchcock.
Personnages frappés à tous les sens du terme dans une petite ville américaine en apparence tranquille.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juillet 2012
Bon film mais rien d'exceptionnel en vue. L'intrigue est rondement menée et rythmée mais reste classique. La qualité est également de mise chez les acteurs avec une mention spéciale pour Dennis Hopper qui terrifie dans son rôle de malfrat.
videoman29

315 abonnés 1 921 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 janvier 2019
David Lynch (« Dune », « Elephant man », « Twin Peaks » etc...) est sans doute le réalisateur contemporain le plus « perché » de l'histoire du cinéma US. Son univers est tellement sombre qu'il se révèle bien difficile à appréhender par le commun des mortels, moi y compris. A ce titre « Blue velvet », est d'ailleurs une pièce majeure de l'improbable puzzle qui mène aux méandres de son esprit torturé. En effet, dès les premières images du film, on comprend qu'on va être plongé dans une œuvre compliquée dont le visionnage sera de toute façon douloureux... L'histoire part dans tous les sens et on perd rapidement pied dans cet étrange « marécage » cinématographique. Pourtant, si l'on accepte « vraiment » de tenter l'aventure, l'ensemble se met peu à peu à devenir cohérent et on entre (bien plus loin qu'on voudrait) dans cette obscure enquête policière, fortement teintée de violence et d'érotisme. La qualité de la distribution fait le reste et les acteurs parviennent, presque malgré eux, à nous garder ancré dans une certaine réalité. Le résultat est particulièrement décalé mais d'un très haut niveau professionnel et artistique. Ce n'est pas trop ma « came », mais je sais reconnaître un bon film et « Blue velvet » joue indéniablement un rôle important dans l'histoire du cinéma, alors... pourquoi pas ?
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 janvier 2019
Bien plus que son climax, c’est l’anormalité de son intrigue qui donne à « Blue Velvet » toute sa sordidité et son étrangeté. La B.O. est envoûtante, la mise en scène est léchée, l’interprétation de qualité mais, comme souvent avec Lynch, son cinéma exerce sur moi une attirance cinéphile agrémentée d’une certaine curiosité qui m’emballe que rarement au final.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 août 2012
On le sait quand on lance un film de David Lynch, on part pour une expérience intrigante - parfois passionnante -, un moment de cinéma loin des sentiers battus.
Dans Blue Velvet, on suit le personnage de Jeffrey - assez pâle Kyle MacLachlan - qui, aidé par son amie Sandy - Laura Dern, moyenne - s'intéresse à une chanteuse de cabaret qui pourrait être mêlé à un meurtre - Isabellla Rosselini, plus convaincante que ses partenaires -. Le début du film est particulièrement bien réussi, avec David Lynch qui parvient très rapidement à nous enfermer dans une suburbs classiquement bourgeoise et classiquement irrespirable.
La seconde partie m'a un peu moins parlé, peut-être car Lynch part dans ses obsessions qui ne sont pas forcément les miennes et qu'il me surprend moins, là où il voudrait surprendre probablement, il faut dire qu'il a fait mieux depuis Blue Velvet.
Au final, il ressort un film maîtrisé et soigné mais qui n'atteint pas les meilleurs du réalisateur;
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 septembre 2024
L'univers de David Lynch est fascinant ! La manière dont il construit ses récits, sont digne d'un des plus grands de son temps. C'est un réalisateur avec une vision clair et magnifique. Entre le thriller perturbant, et la beauté de ces plans, Blue Velvet est le "Commencement" de son univers ! Avec un casting prometteur et jeune pour l'époque, Lynch nous apporte, l'ère d'un changement dans le cinéma des années 80.

Un visionnaire exceptionnelle ! Blue Velvet est un film exceptionnelle !
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 août 2015
Avec Blue Velvet, le monde de David Lynch achevait pour de bon de se mettre en place, dans son alchimie si particulière entre onirisme dérangé, errements psycho-sexuels ou fascination pour différents degrés du réel. Si sa structure narrative est très simple, très éloignée par exemple du labyrinthe d'un Mulholland Drive, dont la complexité du récit venait se sur-imprimer aux dédales mentaux de ses personnages, Blue Velvet déploie la même force très lynchienne, le même sens inné de percevoir quel leviers actionner pour marquer durablement l'esprit du spectateur. Ce quatrième film de Lynch fonctionne en fait sur un plan légèrement différent, par exemple en déjouant les codes du film noir et en déformant la vision d'un genre très typé pour s'inscrire dans une réalité bien à lui, une diégèse propre et absolument tangible. J'ai cru à cet univers, à ces exagérations constantes - qu'elles versent dans le mièvre comme dans la perversion, et chacune d'elles m'a inspiré un sentiment profond, de beauté, de trouble ou de vérité. Par exemple, comment nier le quasi-kitch de l'épilogue et de ses images ultra-colorées, de son score aérien au point de surfer avec la mièvrerie. On voit bien la fausseté du tableau idyllique peint en guise de conclusion, son peu de poids face à la descente progressive dans un monde absurde connue par les personnages tout au long du récit. L'ultime réalité de Blue Velvet semble être ce monde intérieur et grouillant, caché derrière les façades proprettes et les fleurs éclatantes. Pourtant, ce décor de suburb trop idéalisé pour qu'on le pense pris au sérieux dégage encore une beauté puissante, charnelle et inépuisable. La réalité, le cauchemar et le rêve se mélangent, unis en une fragrance unique et incroyablement stimulante. Au final, je sors de Blue Velvet comme trop rarement désormais, avec la certitude d'avoir fructifié deux heures de mon temps et de m'être un peu enrichi. C'est comme ça, et pas autrement, que l'on reconnaît les grands films.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 novembre 2014
Blue Velvet est surprenant par rapport au reste de la filmographie lynchienne. Il se trouve être un film relativement classique dans sa mise en scène et sa narration, il n'en reste pas moins une oeuvre unique que seul l'ami David peut offrir. Le scénario est excellent, on n'en sort pas une seule seconde tant l'intrigue est prenante et inattendue. Les acteurs sont excellents. Mais c'est surtout l'ambiance que Badalamenti et Lynch instaurent qui fait de ce film un quasi chef d'oeuvre. C'est assez difficile de critiquer un film de Lynch tant les mots sont difficiles à trouver pour caractériser notre ressenti par rapport à lui. La seule chose que je peux faire, c'est d'inciter quiconque ne l'a pas vu à se jeter dessus car il s'agit indubitablement d'un très grand film !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 15 mars 2014
Derrière un scénario certes bien écrit, et habilement ficelé, c'est finalement le naturalisme de Lynch qui nous reste en bouche. Une belle démonstration de cinéma derrière ce qui aurait pu sembler, et le semble peut-être parfois trop, être un énième film policier américain, avec son intrigue, ses passions et son vide. Le défi est surmonté, et avec beaucoup de classe. Lynch réinvente et émeut en partant de si peu, la marque des grands (13.8/20).
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 29 juillet 2018
Le 4e film de Lynch, mais le premier à mettre en place son univers de façon aussi exhaustive. On trouve même des scènes, plans ou décors qui seront repris dans les films suivants. On retrouve surtout le thème de prédilection de Lynch: la lutte de l’amour contre les forces du néant. Ici ça prend la forme du passage de l’adolescence (« it’s a strange world) à l’âge adulte (« where is my dream? »). La signature de Lynch (à partir de ce film justement), c’est de rendre concrètes et matérielles les manifestations de l’inconscient qui d’habitude restent sous-jacentes, en créant un système de signes qui fait le lien entre le réel et le rêve /cauchemar. Malheureusement ici, le système de signes est moins sophistiqué et plus statique que dans Twin Peaks ou Mulholland drive, du coup certaines excentricités passent moins bien. Ça reste un très bon film, ambitieux et très personnel.
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