André Téchiné s’empare d’un fait réel de la Première Guerre Mondiale, relaté dans le roman La garçonne et l'assassin de Fabrice Virgili et Danièle Voldman. Après deux années au front, Paul Grapp se mutile pour échapper au massacre. Rapidement démasqué, il va déserter pour vivre caché avec sa femme. Celle-ci va alors l’inciter à se travestir pour sortir du sous-sol et ainsi être libre dans le Paris des Années Folles. Le poilu va alors enfiler robe et perruque et se découvrir une nouvelle identité jusqu’à prendre goût à la prostitution. C’est un sujet fort que nous offre le grand cinéaste. Malheureusement le scénario semble mal construit et laisse un sentiment perplexe. En effet, Téchiné use abondamment des ellipses et nous surprend à chacun des changements de Paul devenu Suzanne. Au départ troublés, c’est la confusion qui nous guette au fur et à mesure que le film avance, pour finir par nous déranger. Est-ce que Pierre Deladonchamps n’avait pas la carrure pour interpréter un tel rôle, comme l’avait fait Romain Duris dans Une nouvelle amie par exemple ? Où est-ce le manque de place laissé à Céline Salette dans le rôle de sa femme, qui d’ailleurs est incroyablement bouleversante. En tout cas, nous ne citerons pas Grégoire Leprince Ringuet, qui comme à son habitude, se caricature trop dans une expression théâtrale. Nos années folles aurait pu dresser le portrait d’un homme perdu dans sa propre identité. Au lieu de cela, le film nous impose une lâcheté tragiquement égoïste. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Histoire de départ très originale. Mais réalisation et montage très brouillons. Tout se mélange ce qui ne permet jamais à l'émotion de nous toucher. Joli jeu des 2 acteurs mais ça ne suffit pas
Le sujet du film a tout pour intéresser, entre histoire vraie et dénonciation d'un système conformiste sur l'identité de chacun. Mais on se perd rapidement dans les propos de son réalisateur, qui ne manque pas de talent, car on est baladés entre des pièces de théâtres qui retracent la vie de cet homme malheureux, les prises de vue directes de la guerre, les romances atypiques avec l'homme rencontré après son habillage en "dame", les déboires de la vie de famille avec sa femme enceinte (puis avec le bébé lui-même)... Beaucoup trop de thèmes en même temps, qu'on confond, qu'on se prend à ne plus suivre, la longueur n'aidant pas (des baisses ponctuelles de rythme qui sont assez désagréables) et la fin arrivant comme un cheveu sur la soupe (très dynamique et dramatique, elle dénote complètement des thèmes lents proposés jusque-là). Dommage, car les acteurs sont investis, l'histoire vraie semble vouloir s'offrir d'elle-même à son spectateur, et quelques scènes de danse ou musicales sont bien menées. Cependant, la nudité des protagonistes n'est pas si importante que cela dans le film, et l'affiche du film paraît alors un peu racoleuse... Un film qui a les meilleures intentions, qui souhaite vraiment tout nous apprendre sur le destin tragique de ce soldat, mais se disperse un peu en chemin pour nous offrir un rendu bancal et long, mais l'intention était louable.
Une version excessivement romancée des péripéties du célèbre déserteur Paul Grappe. '' Nos années folles '' souffre d'un nombre incalculable de longueurs et d'illogismes. On est ainsi en droit de se demander comment notre bonhomme, anti-héros par excellence, a pu se métamorphoser si rapidement en travesti lubrique. Ou encore comment Valentine, l'amie de Louis Grappe, a pu témoigner si aisément de son homosexualité (rappelons que nous sommes en 1918). Dans tout cela, ce n'est pas tant les acteurs qu'il faut blâmer mais bien André Téchiné. Le scénario est longuet, parfois fade... Pierre Deladonchamps et Céline Sallette tentent ardemment de sauver les meubles mais ça ne suffit pas toujours. Un film réservé aux motivés en somme. Les autres peuvent passer leur chemin.
quel ennuis même ce qui aurait pu avoir du piquant traine sur des longueurs on s 'embête de bout en bout . certes l 'affaire n 'est pas banale mais les acteurs et la réalisation en sont tout autrement . on voudrait bien y croire mais la mise en scène est absente il est possible qu'un jour cette histoire soit reprise per une une équipe talentueuse ..... on verra
le film est mal fait, on s'embrouille un peu car l'ordre chronologique n'est pas respect, il y a beaucoup de longueurs et les personnages ne sont pas attachants
J'ai un faible pour les travestis. Quand un homme se transforme en femme, il se dépouille de ses acquis sociaux, son lourd manteau de bure, et timidement revêt la soie et la crêpe légère et fleurie des codes féminins. ce moment innocent de celui qui, malgré son age redevient l'enfant, ce moment où le champ des possibles est immense, ce moment ou on a le droit de jouer de se tromper. Ce moment où il se soulage du poids de sa vie de son identité, ou il recommence vierge. Ce moment fragile et éphémère avant l'abime... Mais je m'égare. Les questions très contemporaines des genres, des sexes, des normes de sexualités et des charges sociales qui leur incombent, sont bien présentes dans cette fresque-fable historique. une jolie façon d'interroger ses spectateurs sans imposer un point de vue. ça manque d'engagement à mon gout mais ce n'est que mon gout. Malgré un montage alambiqué qui, en mêlant époque, réalité et représentation -mélanges chers à mon cœur- devrait semer le trouble, ce fameux flou entre les identités qui se cherchent, les émotions y sont traitées très simplement... très platement même. Une reconstitution théâtrale où les décors sont flamboyants mais étriqués, où on devine le bout de la feuille décors juste en dehors du cadre, où on sait que derrière la porte il y a le XXe siècle. Ce cadre qui d'ailleurs ne cesse de gigoter comme dans un film avec Jason bourne mais dans 4m carré. Ce cadre qui nous rappelle constamment que dans la piece il y a un cadreur, une camera, et surement 12 techniciens qui retiennent leurs respirations . Des comédiens plats ou grincheux, qui n'ont pas choisit entre naturalisme ou grandiloquence dramatique. A trop raconter, on ne dit rien. Ce film ne prends pas le temps des émois.
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3,0
Publiée le 9 mai 2022
A 74 ans, Andrè Tèchinè nous entraîne dans une histoire vraie assez ètonnante, celle d'un dèserteur (Pierre Deladonchamps) qui, pendant la Grande Guerre, et avec l'aide de son èpouse (Cèline Sallette), s'est travesti en femme pour èchapper à une condamnation à mort! Paul Grapp, qui est devenu Suzanne, aura du coup beaucoup de mal à redevenir cet homme mariè parce qu'il a aimè cette nouvelle peau! Le tout se dèroule dans le Paris libertin des annèes folles où le cinèaste de "Hôtel des Amèriques" esquisse une rèflexion dèlicate sur la quête d'identitè sexuelle jusqu'à l'ambiguïtè! D'où se dègage, cependant, une tenace impression de malaise car "Nos annèes folles" (2017) s'apparente aussi comme la descente aux enfers d'un homme et d'une femme qui se sont aimès avant et pendant la guerre! Performance remarquable de Pierre Deladonchamps, à la dèroutante prèsence, face à la toujours excellente Cèline Sallette! La reconstitution d'èpoque mèrite aussi les èloges! Le seul point noir, c'est le jeu inexpressif de Grègoire Leprince-Ringuet! Au fait que vient aussi faire Philippe Lellouche dans ce film ?
Techine prend une distance avec les représentations théâtrales qui décrivent aussi l'avancement du personnage. On a du mal à comprendre l'attachement qu'il porte au travestissement mais c'est très délicat et beau dans sa forme
Avec cette histoire (vraie) d’un homme qui s’est fait passer pour une femme avec l’aide de son épouse pour éviter de retourner au front pendant la première guerre mondiale, Techniné fait un film sur l’identité de l’individu difficile à trouver surtout lorsque celle ci se heurte aux conventions et à la morale. Mais il faut dire ce qui est, ce film m’a franchement ennuyé et il n’y a bien que Céline Sallette et la reconstitution de l’après guerre que j’ai trouvé intéressantes. En dehors de cela c’est du cinéma plan plan sur un sujet qui est pourtant d’actualité.
Une histoire complètement folle. Un soldat déserteur durant 14/18 se travesti en femme pour échapper à cette guerre. Durant 10 ans il va vivre avec son épouse et même avoir un enfant. Sa vie sera jalonnée de débauche sexuelle jusqu'à en perdre son couple. Le couple d'acteur ou d'actrice est sur la même longueur d'onde. On a du mal à croire à cette histoire et pourtant elle est vraie. Une belle couleur à noter
On comprend ce qui a intéressé Téchiné dans cette histoire inspirée de faits réels, c’est le trouble érotique du travestissement et de la recherche de sa sexualité, thèmes récurrents dans l’œuvre du cinéaste. Peu intéressé par le soin de la reconstitution d’époque comme l’aurait fait la plupart des cinéastes, Téchiné s’attarde sur la relation trouble et de plus en plus difficile du couple. Céline Sallette, toujours excellente, incarne cette jeune femme audacieuse, aimante, dépassée par les événements ; Pierre Deladonchamps, déjà remarquable dans « L’inconnu du lac », joue ici encore avec justesse ce personnage en quête d’identité sexuelle. On appréciera aussi dans ce film fort bien réalisé et interprété les évidents clins d’œil, lors des scènes avec Michel Fau, au mythique « Lola Montès » de Max Ophuls, Michel Fau en Peter Ustinov, Pierre Deladonchamps en Martine Carol ! C’est tout Téchiné, l’audace de filmer avec intelligence la confusion des genres.
Malgré un excellent sujet, le film ne décolle pas, ce n’est pas du bon Téchiné, des incoherences, un manque d’unité, des effets kitsch, une façon de filmer plus proche du téléfilm que du vrai cinéma, je me suis ennuyé , bref je n’ai pas aimé
Téchiné ne s'est intéressé qu'à l'aspect intimiste et n'a consacré que le minimum syndical à la reconstitution historique. En dépit du talent des comédiens, on entre difficilement dans la psychologie du principal protagoniste. Le réalisateur pratique aussi beaucoup l'ellipse, de sorte qu'on ne sait rien de ce qui a amené le personnage principal à se prostituer en travesti. On notera d'ailleurs une invraisemblance bizarre. Comment un condamné à mort pour désertion prendrait-il ainsi le risque d'être pris dans une rafle policière ? On ne nous dit rien non plus du procès qui a lui a accordé l'amnistie. C'est un choix, certes, mais on reste un peu sur sa faim.
Je dois l'avouer, cela m'a paru terriblement long. Bon, il faut rentrer dans l'histoire et admettre un scénario déconstruit et un sujet ô combien à la mode, le transgenre... C'est une romance, voire un mélodrame qu'on aimerait visualiser, mais qu'on supporte, à cause surtout des acteurs que je ne trouve pas à la hauteur et à une réalisation sans grand intérêt cinématographique. Banalité des dialogues, les décors par contre sont soignés (années 1920/1930), et il y a des longueurs...