Lucas Belvaux signe ici un film sur l'extrême droite en France dans le Pas De Calais inspiré de la ville d'Hénin-Beaumont. Emilie Dequenne y est une jeune maman célibataire, infirmière à domicile, qui va se retrouver propulsée "tête de gondole" pour l'élection à la mairie de sa ville. Dans l'ensemble, le film n'apporte pas grand chose de nouveau sur le parti et ses adhérents. Il y a quand même certaines scènes intéressantes comme lorsque Pauline annonce à son père, communiste dans l'âme, qu'elle va rejoindre le mouvement. Guillaume Gouix, ancien "gros bras" du parti et vivant une histoire avec la candidate apporte un petit plus au scénario spoiler: avant une fin bâclée à la sortie du stade . Bref, une fiction qui ne vaut pas un reportage approfondi dans les arcanes de la politique française. Une déception.
Œuvre qui a déclenché les foudres d’un certain parti politique dès sa bande-annonce, Chez nous est l’analyse subtile de la manière dont une femme simple peut être manipulée par un parti extrémiste et en devenir une de ses vitrines tout en étant largement dépassée par les évènements et son image médiatique. Le personnage de Pauline rappelle énormément de gens que l’on peut croiser dans la rue qui, à force d’être désespérés et ignorés par les partis traditionnels, cèdent aux sirènes de l’extrémisme sans en partager véritablement les idées : Agnès Dorgelle est considérée comme plus différente de son père uniquement car elle tient des discours plus présentables et tait les idées plus extrémistes qu’elle possède tout autant. De même, le fonctionnement d’un parti extrémiste est très bien décrit : on y voit tous les rouages (sélection d’un candidat issu du peuple et facilement manipulable, jeu sur les peurs et le désespoir des gens…) qui font qu’ils peuvent obtenir des voix a-priori non acquise. Ainsi, le film est extrêmement juste pendant la plus grande partie de son déroulement. Hélas, le film de Lucas Belvaux n’est pas exempt de tous défautsspoiler: : le bar fasciste que fréquente Stéphane Stankowiak est tellement caricatural que l’on se demande comment il peut encore être ouvert, il est surprenant que Pauline tombe amoureuse d’un skinhead juste au moment où le Bloc patriotique se rapproche d’elle, la fin est expédiée trop rapidement et on se demande comment cela se fait-il que Pauline réalise seulement à ce moment-là que Stéphane est capable d’horreurs… Ces petites erreurs, totalement acceptables dans n’importe quel film, peuvent atténuer l’impact du discours de ce film-ci, qui peut ainsi être considéré comme étant caricatural. Malgré ces petits défauts, Chez nous reste une belle réussite du film politique qui hélas ne risque de prêcher qu'auprès de convaincus, les autres ne se déplaçant sûrement pas pour le voir le considérant comme une attaque supplémentaire contre eux.
4 étoiles pour inciter ceux qui ne l'auraient pas encore réalisé quel est le vrai visage de la violence d'extrême droite. Le film à part ça est une très bonne réalisation rondement menée par un scénario simple.
Un film politique, certe, mais qui demontre bien que nous sommes tous manipulables quand on a qu'un son de cloche à entendre, surtout quand cette cloche expurge de son discours les aspérités qui peuvent faire peur. Un humain 'de souche'
Bon film qui transcrit la manipulation d'une personne lambda par un parti politique. Le mélange entre réalité et fiction est très réussi et le jeu des acteurs l'est également. On ne peut que constater que ce film donne beaucoup d'arguments à une réflexion.
Troquant la subtilité de ses précédents films, Lucas Belvaux décide de mettre les pieds dans le plat avec "Chez nous", portrait à peine voilé du FN, de Marine Le Pen et du populisme que ce parti engrange. Dans l'idée, on pouvait se réjouir de voir le cinéaste s'engager sur le terrain politique mais force est de constater qu'il a perdu de sa verve au passage. Certes, Belvaux n'entend pas vraiment dénoncer mais nous faire comprendre ce qui peut pousser les gens vers l'extrême-droite. Mais son portrait, tout juste illustratif, sent le réchauffé. Il y montre des magouilles politiques vieilles comme le monde et fait comme si on les découvrait tandis que ses personnages peinent à exister. Certes, il y a bien la justesse d'Emilie Dequenne et le charisme d'André Dussolier pour maintenir notre intérêt mais ce qui frappe devant "Chez nous", c'est finalement que c'est un film tiède et sans saveurs. Sans véritable intérêt cinématographique, sans scénario bien écrit et même sans volonté politique forte, le film provoque rapidement l'ennui, trop balourd dans l'écriture de ses personnages et dans sa façon d'épouser les clichés sans jamais aller au-delà. C'est dommage car il y avait de l'idée.
Lucas BELVAUX se lance dans un film politique, pour ne pas dire politisé et même militant, c'est son droit mais on est loin de COSTA GAVRAS, spécialiste du genre. L'actrice Catherine JACOB est déjà physiquement à l'opposé de Marine LE PEN et, même si ce n'est pas son biopic, ça n'aide pas à sa crédibilité. Sans doute aussi verrouillée par ses propres convictions, elle n'arrive pas à incarner son personnage. Les trois autres acteurs sont en revanche convaincants dans leurs rôles. Reste l'histoire et ses invraisemblances parfois trop criantes : à vouloir trop convaincre... Ainsi Lucas BELVAUX entremêle t il une histoire de nervis néo-nazis avec l'évidente volonté de vouloir y faire croire. Qu'il y ait eu des brutes épaisses dans le service d'ordre de ce parti, peut être mais c'est l'histoire des services d'ordres de tous les partis quand on veut bien regarder l'actualité ; ceux de la CGT et de l’extrême gauche font des démonstrations de brutalité assez régulières dans les manifestations. Et question violences extrêmes, les "AntiFas" constituent aussi un beau ramassis de brutes auquel Lucas BELVAUX pourrait s'intéresser pour son prochain film. Bref, ce film relève trop du militantisme et s'en est gênant dès le 1er tiers. C'est un metteur en scène de talent aveuglé par sa passion militante qui s'est perdu dans un genre cinématographique qu'il ne maîtrise pas. CHEZ NOUS ne restera pas dans sa filmographie et peut être regrettera t il un jour de s'y être essayé.
Une très belle peinture du populisme à la française, que certains militants d'un parti de la droite très extrême voudraient faire disparaître. La description du trumpisme à la française, de l'ascension du populisme gavé de "réalités alternatives", qui manipule les français désabusés par la politique actuelle... A voir avant de voter.
il est évident que ce genre de film suscite des critiques en fonction des opinions politiques du spectateur , je resterai pour moi dans une optique cinématographique,chez nous est un film remarquablement interprété, en particulier émilie dequenne,andré dussolier et tous les autres ,le scénario est intéressant et ancré dans l'actualité .je reprocherai à lucas belvaux certaines incohérences en particulier dans la scène finale peu vraisemblable .
Nouveau film de Lucas Belvaux, après "Pas son genre" sorti en 2014. Ici, il est question du Front National, de manière juste, sans caricaturer. Comment trouver un candidat candide, exaspéré par la situation de sa région. La candide est une femme infirmière au plus près du peuple, qui soigne les hommes et femmes de sa région, Emilie Dequenne tient parfaitement le rôle, de cette jeune débutante en politique, divorcée et mère de deux enfants.
Des portraits finement ciselés de personnages attachants d'une France désemparée. Le film aurait été plus fort sans le personnage d'Agnès finalement trop décalé.
Un film sincère très bien documenté et qui fait réfléchir en cette période mouvementée. Excellents comédiens. On ne peut pas enlever au cinéma son droit d'expression.