Tully
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cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 juillet 2018
Pour son septième long-métrage, Jason Reitman renouvelle sa collaboration avec Diablo Cody pour une nouvelle exploration des affres de la féminité et c'est ici la maternité qui en prend pour son grade. Une maternité que le film égratigne et éloigne des images de bonheur habituelles du cinéma américain pour nous montrer en Marlo, mère de trois enfants dont un nouveau-né, une femme épuisée ayant perdue de sa vitalité au fil des ans. L'arrivée de Tully, nounou de nuit, dans la vie de Marlo va alors changer les choses. Si l'idée de casser certaines idées reçues sur la maternité est bienvenue (à l'instar du traitement de la grossesse dans "Juno"), le fait est que "Tully" déroule un récit bien trop classique pour être pleinement apprécié. Diablo Cody, dont la fantaisie et le ton frais disparaissait déjà dans "Young Adult" semble être beaucoup plus sage, en témoigne ce film indépendant exhibant fièrement toutes ses ficelles de film indépendant en cochant les cases qu'il faut là où il faut. Reposant sur une ficelle narrative prévisible, "Tully" ménage cependant quelques séquences réussies, notamment grâce à Charlize Theron. L'actrice, portant le film sur ses épaules, livre une prestation touchante, prouvant une fois de plus qu'elle a une sacrée palette de jeu. Rien que pour elle, "Tully" mérite le coup d’œil.
titicaca120

432 abonnés 2 179 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juillet 2018
Charlize Theron quadragénaire et maman de 3 jeunes enfants dont un singulier
ne s'en sors plus et est au bout du rouleau.
son frère lui propose d'engager une nounou de nuit interprétée par la brillantissime et
pétillante Mackenzie Davis pour la soulager. Cette rencontre et cette aide miraculeuse
vont transformer à jamais l'héroïne qui semble retrouver une vie harmonieuse.
les deux actrices principales sont extraordinaires et sont en adéquation totale.
le film vu en V-O-S-T est rempli de fortes émotions sans jamais tomber dans la facilité ni les clichés.
une très très belle oeuvre.
Clémentine K.
Clémentine K.

243 abonnés 1 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juin 2018
Tout simplement l’histoire d’une vie de maman. Avec, pour une fois, ses inconvénients. On n’y voit pas uniquement les bons côtés de la maternité et de la vie d’un couple parent de 3 enfants, au contraire. Le dénouement est surprenant et apporte au film un angle particulier.
Requiemovies
Requiemovies

240 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juin 2018
Depuis quelques films Jason Reitman a délaissé l’empreinte grinçante d’un cinéma qui avait un peu fait son succès (Juno, Thank you for smoking, Young Adult et Up in the air) pour se tourner vers quelque chose de plus drama, de moins mordant, et plus conventionnel (Last Days of Summer et Men, Women and Children) mais avec d’autres qualités. Entre temps, ses talents de réalisateur/producteur s’exerçaient à travers l’excellente série Casual. Quatre ans donc après son dernier long-métrage, Jason Reitman retrouve Diablo Cody, déjà scénariste de Juno et Young Adult, pour reformer avec Charlize Theron un trio gagnant. Comme dans ses précédents films, à l’identique du travail du duo Reitman/Cody, la magie opère de la simplicité d’un scénario, certes convenu, mais dont émane au fur et à mesure du récit une composition touchante et émouvante de deux femmes. Finesse des profils dépeint, interprétations émouvantes et touchantes, permettent au récit de prendre son envol, qui après un démarrage en douceur finit par amener le spectateur loin des films du genre. Jason Reitman se détache avec facilité des productions familiales qui ont déjà vu le jour jusqu’ici et y apporte, bien aidé par Diablo Cody, un soupçon de tendresse, point inhabituel chez le réalisateur, mais qui fait tout le cachet du film. Là où Tully aurait pu couler, proche d’une morale conformiste par son regard sur la famille et les doutes et obligations parentales, Reitman y déverse au contraire une touche assez surprenante de douceur (l’inverse d’une bonne partie de sa filmographie) et touche le spectateur sur un point inattendu. C’est parfaitement exécuté et très bien amené. La musique est, comme souvent dans ses films, un élément important dans la qualité du récit et la composition de Rob Simonsen est la compagne parfaite de cette histoire. Charlize Theron à qui incombe de porter principalement le film sur ses épaules trouve ici un de ses plus beaux rôles, transformée physiquement, impliquée profondément dans le jeu qu’elle déploie, elle donne à ce personnage de mère dépassée, une hauteur nécessaire sans jamais tomber dans des facilités de réactions par rapport à tout ce qu’elle doit traverser. Bien accompagnée par Mackenzie Davis, au talent de plus en plus confirmé depuis la série Halt and Catch Fire, ce duo de femmes exprime à elles seules tout une expression de ce que la gent féminine tente d’être à travers leur vie de femmes, comme celles de mères.
Empreint de nostalgie, Tully trouve sa pleine efficacité à travers son histoire, simple, concise, aux ressorts dramatiques humains et touchants, pour finir dans un climax émouvant, celui qui se vêtit de nostalgie et qui parle autant aux femmes qu’aux hommes, évoque la personne comme le parent, le soit comme le nous. Simple, peut-être trop sentimentaliste pour certains commentateurs, mais finalement Tully est film rare pour d’autres et presque générationnel.requiemovies.over-blog.com
Shinny
Shinny

42 abonnés 248 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2018
Une histoire banale, une vie de famille qui a tout pr être heureuse et pourtant le bonheur n'est pas si simple à fleurir. La mélancolie ressentie par la mère de sa jeunesse parlera à toutes les femmes de trente ans. Des scènes justes. Pas d'exploit en terme de réalisation mais la simplicité favorise l'attachement. Par contre dommage qu'il n'y ait pas une remise en question plus forte du modèle patriarcal... on dirait que les femmes se voulant être de bonnes mères n'ont pas vraiment de choix de vie. Qu'il n'existe qu'une méthode.
blacktide
blacktide

79 abonnés 795 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2018
Hier encore... Avoir vingt ans, c’est voir la vie de l’avant, en rose et sans bleus, un idéalisme qui te pousse à croire, à rêver, du moins encore un peu. Puis le temps passe. Ton corps s’épuise, ton corps se tasse. Il accouche de ses rêves de jadis, de ces jeunes pousses à faire grandir. Le corps déformé, les mains dans la terre, tu creuses, tu te crèves en jardinage. Tes illusions s’écaillent, se cassent, pour ne te laisser qu’avec des regrets. Tu aimerais que nous puissions revenir en arrière, au bon vieux temps, mais il est trop tard. Le temps court, oui qu’il est court. Tout le monde te le dit : les plus jolies fleurs ternissent et se fanent. Alors tu fermes les yeux et dans tes rêves, tu pars. Loin des couches et des biberons, jolie petite histoire. Dors maintenant. Dors et fais pas ch... maman.

Balavoine avait-il tort ? A-ya a-ya a-ya, le bébé crie, le sommeil de sa mère tremble et se fend. Dieu que c’est beau, pas vraiment. Tully, le nouveau-né de Jason Reitman, semble en explorer l’envers du berceau, de ces nuits sans sommeil et de ces mères abîmées par la fatigue. Dans ce quotidien d’hyper activité, de pipi et pas de lit, d’épuisement dans le bonheur, il y a cette tension permanente, cet Enfer où rien ne semble avoir une fin. Femme au bord de la crise de nerfs, il y a de quoi. Car derrière les difficultés et les instants magiques qui s’en suivent, le cinéma s’est toujours contenté de lisser les choses, de les simplifier, d’élever la naissance comme un simple accomplissement, sans jamais véritablement évoquer cette peur dans la maternité. Tully s’y confronte, à ce mal-être, à cette sensation d’impossible, à cet épuisement devenu dépression. L’enfant, Problemos. La solution : la sous-traitance de la tutute.

Mais Tully est avant tout une œuvre sur ce temps perdu, cette jeunesse disparue. Une histoire de rêve coulé : devenir une sirène, épouser la forme de l’eau et de nos rêves, ou se noyer, sans nageoires, dans cette eau-de-vie journalière. Comme si le fait de donner la vie engendrait irrémédiablement un sacrifice personnel ; l’abandon de la nôtre en tant que parents. Tully agit comme un rappel, un acte de nostalgie. De mélancolie plutôt. Tully est un miroir, une introspection, un souvenir qui t’enlace pour te faire avancer, et accepter ta réalité. Une remise en question où la femme questionne son état de mère, et où le passé questionne le présent : qu’es-tu devenu ? Puisque Tully est construit sur une confrontation, celle entre cette jouvence passée, de fraîcheur et de volontés, et cet âge « défloré », fané, de crises et d’angoisses.

Et pourtant, avec le temps, tout s’en va, y compris les doutes et les regrets. Tully est cette nounou embryonnaire, cette transition nécessaire (par le complémentaire), vers l’épanouissement, le pardon et l’acceptation de soi. Car chez Jason Reitman, outre cette bienveillance innée, tout n’est qu’une question de phases : de l’adolescence sacrifiée dans Juno à l’adulte infantilisé dans Young Adult (« adulescence »), Tully englobe une maternité « rejetée », et toutes les joies qu’induit la naissance d’un rejeton tout mignon. Seule constante, une Femme forte comme pilier à réparer.

Charlize Theron y insuffle ainsi une sincérité à toute épreuve, élevant son personnage dans la banalité du quotidien : ne baissant jamais les bras, elle est cette mère dépassée par la cadence des jours. Et une étape de vie à franchir, d’un âge à l’autre : grandir un peu, vieillir, faire ses adieux au passé et voir la vie du bon côté. Celui où le magnifique sourire et le regard illuminé de Mackenzie Davis apaisent et font guise de berceuse pour bébé. Oui, Brille, brille petite étoile/ Dans la nuit qui se dévoile/ Tout là-haut au firmament/ Tu scintilles comme un diamant/ Brille, brille petite étoile. Et il faut dire que la sublime photographie fait quant à elle une parfaite « protection » pour des nuits pleines de douceurs.

La mise à nu a quelque chose ici d’universel. Une simplicité si commune qu’elle parvient à nous percer à jour, à nous émouvoir sans sa pyrotechnie de larmes. Tully est beaucoup de choses à la fois : un visage mouvant, réaliste et sans artifice, sur lequel s’inscrivent les cicatrices du temps, et la tragi-comédie de la vie. Et pourtant, au cœur de ces échecs et imperfections naturelles, subsiste la grâce de quelques instants : des enfants qu’on brosse pour de l’affection, un câlin et un « Je t’aime maman ». Le regard en sourire, la tendresse au coin de l’œil, les êtres se rapprochent. Puisqu’au final, rien ne vaut la banale beauté d’un écouteur partagé.

Où sont-ils à présent?
À présent
Mes vingt ans

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The Claw
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71 abonnés 727 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2018
Je dois dire qu'en lisant ce début d'histoire, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Un thriller ? Avec une baby-sitter qui kidnappe le bébé ? Une comédie ? Genre Mary Poppins ? Un drame ? Un film triste qui fout le cafard ? (...) Rien de tout ça en fait. Le film brasse un peu les genres, même s'il se situerait plus dans un style dramatique, mais sans jamais être triste. Il y a des passages légèrement humoristiques, d'autres plutôt graves, quelques touches de fantastique et du psychologique. Et tout ça parait naturel, c'est toujours très juste.
En fait, si je devais dire ce que raconte ce film, je dirais que c'est la suite d'un conte de fées. Vous savez, quand le conte se termine : "et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants..." Et ben c'est la suite. Et ça donne envie! ... ou pas... Tout dépend.
Bref, plusieurs éléments font de ce film un très bon film. Tout d'abord, je me suis aperçu que quelqu'un qui regarde le film pendant 1 heure et le coupe, ne verra pas le même film que quelqu'un qui le coupe au bout d'1h20, de même que celui-ci ne verra pas le même film que celui qui le regarde en entier! Donc regardez le en entier s'il vous plaît, ça dure 1h35, c'est pas long, et c'est bien rythmé donc on ne s'ennuie pas.
En effet, cette fin fait tout le sel du film. On revoit tout le film rétrospectivement. Et on y repense, encore et encore. Et on se dit "mais c'est bien sûr, c'était évident pourtant!".
Mais point de spoil. Regardez ce film, il vaut largement le coup!
Charlize Theron est excellente une fois de plus, et elle donne la réplique à une actrice, Mackenzie Davis, dont le nom ne me disait rien, mais en la voyant à l'écran, j'ai le sentiment de l'avoir déjà vue dans d'autres films.
Bon j'arrête là, allez me regarder ça tout de suite, c'est un ordre.
Hélène D.
Hélène D.

37 abonnés 100 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juillet 2018
Enorme surprise ce film! Tres bien construit. Une fin epoustouflante. Excellente charlize theron ( dans sa transformation et son jeu d’actrice). À voir absolument.
HawkMan
HawkMan

220 abonnés 1 316 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 avril 2019
Nombreux sont ceux qui ont aimé ce film mais personnellement, ce film me laisse un goût amer. Charlize Theron incarne une mère au bout du rouleau qui va avoir un 3ème enfant et qui va par miracle recevoir l'aide d'une jeune garde d'enfant. Cette nourrice va lui redonner goût à la vie.
Au temps la performance de Charlize est magnifique, elle incarne parfaitement cette mère dépressive mais l'humour censé nous divertir ne s'y trouve pas. Je pense même classer plutôt ce film dans la catégorie "drame".
Bref : mère, épouse, super héroïne, sont le quotidien de toutes ces femmes merveilleuses de la planète.
bendelette
bendelette

34 abonnés 281 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 juin 2018
Le début,formidable,les personnages sonnent vrais mais la suite moins intéressante. spoiler: J'aurais préféré une véritabl
e spoiler: nounou et non un rêve éveillé
.Le sujet de la mère débordée était pourtant un sujet en or.Ce n'est pas le film que j'attendais.
Laurette S
Laurette S

33 abonnés 156 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2018
Voilà un film qui cache habilement son jeu, grâce à une construction et à une sorte de fantastique diffus dont on ne comprend le sens qu'au moment du virage final. On croit d'abord à un énième évocation de cette condition féminine à l'ancienne: mère de famille éreintée par les grossesses, mari indisponible, monotonie d'un quotidien mortellement répétitif . Marlo, belle femme usée, mère dévouée mais au bord de la crise de nerfs n'a guère de solution devant elle. Et pourtant son frère qui l'a connue au temps de son éclat voudrait qu'elle le retrouve et lui offre pour cela l'aide d'une nounou de nuit. Entre ces deux femmes si semblables et si différentes dans leur physique, leur mode de vie, une complicité se noue qui semble redonner à Marlo l'énergie nécessaire pour continuer. Mais qui est réellement cette Tully ? Le dénouement est ambigu et tant mieux. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il donne au film une profondeur à laquelle on ne s'attendait pas. Actrices parfaites.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2018
Au vu du résumé, on se demande s’il y a matière à faire un film de plus d’1h30 sur une maman débordée et sa nounou de nuit (je ne sais pas si ça existe dans la réalité mais si ce n’est pas le cas, c’est peut-être une idée à creuser !) mais c’est mal connaitre Jason Reitman qui, avec « Juno » ou « Yong Adult », avait déjà prouvé qu’il n’est nul besoin d’aller chercher des histoires compliquées ou improbables pur faire des bons films. Il nous offre avec « Tully » un film bien réalisé, bien scénarisé et qui n’a pas besoin de plus d’une minute pour nous faire entrer de plein pied dans le sujet. Après un générique plein de tendresse, on entre au cœur d’une famille très classique, avec juste un enfant un peu différent, un peu « particulier » comme le disent pudiquement tous ceux qui l’entourent. Montage dynamique, bonne utilisation des sons (les cris de bébés deviennent une agression dés qu’on les pousse un petit peu en volume !), bande originale discrète (à part un best of ultra rapide et saccadé de Cindy Lauper, très réussi). Par la répétition infinie des gestes quotidiens, filmés et montés de façon rapide, le ton est donné et l’épuisement de Marlo devient très vite très concret aux yeux (et aux oreilles) des spectateurs. Rien à redire, dans le genre sobre et efficace, Reitman fait le job. Les seconds rôles sont très bien tenus et très crédibles, notamment Ron Livingston parfait en père lui aussi épuisé, mais qui a trouvé comme échappatoire la boulot et les jeux vidéos. Il campe un mari aimant, visiblement soucieux de bien faire mais qui, en quelques phrases, dit tout du décalage qui est le sien vis-à-vis du burn-out qui guette son épouse. spoiler: Dés qu’il rentre du travail, devant une maman épuisée il remarque que les enfants ont leur portable à table, comme un tout petit reproche de rien du tout. Ou, s’il reste seul avec ses enfants, il déclare que sa femme les avait laissés « sans surveillance » avant de se reprendre.
Il y a quelque chose de touchant dans cette maladresse masculine et qui sonne juste. Mackenzie Davis est une nounou de 26 ans qui représente tout ce que Marlo voudrait être, ou redevenir : mince, optimisme, un peu délurée, efficace, jamais fatiguée, adorable avec le bébé. Ce personnage intrigue, on ne sait rien d’elle, elle semble presque trop belle pour être vraie et c’est en partie ce qui me mettait un peu mal à l’aise pendant le film, mais avec le recul, je comprend mieux ce parti-pris et Mackenzie Davis est très juste, très bien. Mais honnêtement, c’est surtout Charlize Theron qui m’a impressionné, et bouleversé aussi. La mine défaite, avec 10kg en plus (par rapport à la pub Dior, j’entends !), épuisée et au bout du rouleau, elle m’a serré le cœur à plusieurs reprise tant sa détresse à l’écran était palpable. Sa fatigue, ses nerfs en pelote, on pourrait presque les toucher du doigt en tendant la main vers l’écran ! Une vraie performance que d’incarner une femme si ordinaire, pétrie de sentiments si ordinaires, et d’en faire un rôle presque extraordinaire ! Le scénario de « Tully » est bien plus lourd de sens que ce qu’on imagine au départ. Au vu du résumé on se dit que c’est une sorte de « Mary Poppins » post moderne (les chansons en moins !) mais on se trompe lourdement. spoiler: La dépression post-partum (sujet de moins en moins tabou, fort heureusement),
le burn-out maternel et ce qu’on appelle « la charge mentale », c’est ça le cœur de « Tully ». Cette nounou qui débarque et tente de soulager une mère qui n’en peux plus, c’est un trompe l’œil, une solution temporaire, un sparadrap sur un membre gangréné, ça ne règle rien du tout, ça soulage juste un peu, juste quelques temps mais le problème est toujours là et finit par rattraper Marlo, de façon terriblement douloureuse. spoiler: Le rebondissement final, que j’avoue n’avoir deviné que très tard, nous force à relire le film à postériori et à y trouver après coup tout le sens que Jason Reitman à voulu y mettre. Ce film n’est pas ce qu’il parait être, c’est une sorte de bombe à retardement et c’est une fois la séance finie qu’il prend tout son sens et suscite la réflexion.
Et c’est une réflexion essentielle que « Tully » suscite, elle nous interroge sur nous, que nous soyons des femmes ou non, que nous soyons des mères ou non. Là où le scénario apparait un petit peu excessif, c’est qu’il a cru bon d’ajouter à la fratrie un petit garçon difficile, différent, qui a du mal à s’adapter à la vie en société, qui pique des crises et cela ajoute à l’épuisement maternel. On pourrait penser que c’est l’élément déclencheur du burn-out, et que peut-être, avec un enfant moins difficile les choses auraient pu mieux tourner. Le message de Reitman aurait été tout aussi fort et crédible avec une famille sans cette particularité, qui n’était pas nécessaire et qui peut brouiller un peu son message. Mais c’est à peu près le seul bémol que je mets à « Tully », un film très réussi sur un sujet aussi banal qu’essentiel.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juin 2018
Tully où la nouvelle Mary Poppins du 21ème siècle. L'histoire n'est pas avare de caricatures faciles ! Néanmoins l'actrice offre une belle performance évolutive pour un magnifique portrait de femme, et de maman. Il y a une scène surtout qui laisse perplexe, qui parait peu compréhensible (LA scène d'amour du film) mais qui prend toute son ampleur quand arrive le dernier acte. Le côté comédie est peu marquante, voir absente d'une histoire qui devait pourtant assumer un minimum de drôlerie. Néanmoins, le trio Reitman-Cody-Theron offre un film précieux, juste et plein d'acuité.
Site : Selenie
vincentasc
vincentasc

35 abonnés 148 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 juin 2018
Joli film sans plus et assez conventionnel. Une Charlize Theron qui s’enlaidie a plaisir mais le trait reste gros malgré quelques réjouissantes vérités sur la grossesse et la maternité.
Nyns
Nyns

247 abonnés 749 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 août 2018
Jason Reitman et Diablo Cody concluent leur trilogie sur la maternité sous toutes ses formes. La scénariste se revendique d'une école moderne et réaliste en proposant des portraits loin de l'image trop lisse que l'on peut se faire de la femme. Cette-fois le duo s'attaque à une mère de famille exténuée, à 40 ans celle-ci donne naissance à son troisième enfant qu'elle ne parvient plus à gérer. Mari absent et peu impliqué, dépassée par les événement elle suit à contre-cœur les conseils de son frère et embauche une nanny de nuit. D'abord réticente, notre héroïne Marlowe finit par trouver une ressource salvatrice chez sa nounou des temps moderne, Tully. Se retrouvant à son âge, une amitié sincère nait rapidement entre les deux femmes, qui s'apporte l'une l'autre, et Marlowe semble aller mieux. Ce n'est pas parce que la démarche est honnête qu'elle apporte forcément quelque chose, chez cette maman moderne épuisée j'ai que trop rarement trouvé une finesse d'écrite ou de situation, pourtant bien éloquentes. La scène du jogging en est une preuve, tant que cela ne nous ai pas arrivé on a toujours du mal avec le corps de la femme post-accouchement. Finalement Tully se complet dans sa banalité si ce n'est cette petite introduction du concept (venu des US) de baby-sitter de nuit. Sauf que Tully est là pour offrir un twist-ending que je n'avais pas senti venir (contrairement à d'autres, sûrement que je n'y ai pas trouvé les codes habituels). On comprend à la fin de façon éclairé, avec en témoin le mari et père perdu, un pan de l'histoire non suggéré. La fin est pas mal donc, mais je ne suis pas sûre d'être d'accord avec la façon trop facile dont le père s'en sort, on esquive le schéma classique pour finalement retomber fatalement dedans? OK. Bon tout ça pour dire que les vérités échangées dans ce film ne m'ont pas éclairées, on a tous entendu une mère éreinté tenir ce genre de propos, même si elles refusaient encore il y a quelques années de l'admettre. Charlize Theron est quand même dans le genre de rôle que je préfère d'elle, et elle excelle comme prévu. Reste à admettre que le petit challenge final de ce film est selon moi réussi.
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