99 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
18 critiques spectateurs
5
6 critiques
4
3 critiques
3
7 critiques
2
2 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Anne CC
14 abonnés
82 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 12 juillet 2024
Film kirghize. (2016) Drame. Fēma - Festival La Rochelle Cinéma, hommage au cinéaste kirghize Aktan Arym Kubat.
L’histoire et le parcours d’un homme, ancien projectionniste, maçon et « voleur »de chevaux, marié à une femme sourde et muette et son petit garçon qui ne parle pas. Traditions ancestrales, vie quotidienne d’un village kirghize et montée de l’intégrisme. De superbes décors naturels dans les steppes au milieu des chevaux.
Quelques scènes très touchantes et une fin bouleversante!
Magnifique film très riche, une vraie réussite et pour la rareté d’un film kirghize. Une très très belle découverte !
Centaure est un film en quête d’une communication qu’il ne trouve et ne restaure que par bribes fantomatiques, le temps d’une chevauchée nocturne magnifique. La femme est sourde-muette, le fils ne parle pas, l’amie et veuve Maripa aimerait combler sa détresse affective dans les bras de l’homme marié, le village ne comprend pas les motivations de ce dernier et le condamne. On parle avec les mains, avec les ombres et les images projetées, on consulte une voyante pour réveiller la parole enfouie en l’enfant, on questionne le cousin sur les raisons du vol de cheval. Ce cheval qui obsède le réalisateur du début à la fin ainsi que le personnage de Centaur dont il constitue un prolongement naturel et ancestral. La fracture de la communication revêt en outre une valeur politique forte, témoignant du bouleversement religieux à l’œuvre dans la société du Kirghizistan. Assez lourdement démonstratif au demeurant, le film vaut donc pour la fuite qu’il met en scène, une fuite en arrière qui raccorde l’être humain à ses racines et à ses ailes, une fuite qui refuse l’ancrage matérialiste et libéral pour prôner un retour au nomadisme et à la poésie de l’émotion primitive.
Le point de départ de "Centaure" est intéressant et le décor est bien planté par le cinéaste et acteur principal (famille aimante, individu marginal dans une communauté conservatrice). Le scénario évolue, hélas, de manière trop attendue et, au fil du récit, le héros passe par toutes les étapes d'une déchéance qui se précise peu à peu. C'est dommage car Aktan Arym Kubat n'est pas sans talent, notamment lorsqu'il s'agit de filmer les personnages féminins (l'épouse, la vendeuse du marché), par ailleurs joliment interprétés.
Touchante histoire que celle de cet homme confronté à la disparition progressive de sa culture avec d’un côté la modernisation et le pouvoir et d’un autre l’islamisation et la radicalisation. A la fois réalisateur et acteur, Aktan Ary Kubat est d’une justesse touchante, reflétant à tout instant la bienveillance et le désarroi de son personnage. Avec une certaine naïveté et désespéré devant la mort de ses traditions, Centaure retrouve un peu de sa culture kirghize en chevauchant des bêtes qui furent élevées au rang de dieux par ses ancêtres et qui aujourd’hui représentent le profit.
Après le très beau "Le voleur de lumière", le réalisateur kirghize continue de faire entendre avec poésie et tendresse la voix d’un peuple pris dans une société en pleine modernisation. "Centaure" magnifie cet être déchiré comme il sublime ces paysages éblouissants.
Retrouvez de chroniques sur mon blog : plumeetpellicule.wordpress.com
Ce film Kirghiz met en scène Centaure, vivant avec sa femme sourde et muette et son fils de 5 ans qui ne parle toujours pas. Cette oeuvre regorge de légendes et de poésie mais dresse un portrait acide du Kirghizistan d'aujourd'hui. A travers cette histoire de vol de chevaux se dresse une opposition du bien et du mal avec la religion comme toile de fond. C'est dans un premier temps difficile d'entrer dans ce film mais cela vaut la peine, spoiler: eu égard à cette fin magnifique (le garçon prononce son premier "papa" à la mort de celui-ci).
Magnifique film Kirghize qui expose, sous forme de conte, la transformation de ce peuple nomade qui a cherché à retrouver ses racines ancestrales et sa langue après la fin de l'URSS et qui dérive vers l'islamisation plus ou moins radicale. J'ai bien retrouvé dans ce film ce que j'ai vu sur place au début des années 2000, la corruption de certains, la pauvreté et un retard économique qui poussent des habitants dans les bras de la religion après avoir été ou - poussés vers la consommation de la vodka durant l'ère soviétique. C'est un pays aux paysages magnifiques et, malgré la pauvreté, les gens sont dignes et les enfants ont de beaux visages aux joues bien colorées, comme dans ce film. Dommage qu'il ne soit projeté que dans quelques salles, mais bravo au réalisateur.
Un drame épuré et émouvant à la fois, qui évite les écueils du « film de festival » aussi bien que les canons du cinéma consensuel international. Une réussite d’autant plus singulière que l’œuvre provient d’un pays peu prolifique en matière de 7e art.
Coup de coeur pour ce film Kirghize aux accents de liberté qui rend hommage au cinéma.
Bichkek surnommé Centaur, la cinquantaine, mariée à une jeune femme sourde et muette et père d’un garçon de 5 ans, qui ne parle toujours pas, vit dans un village kirghize.
C’est un homme attachant, bon, rêveur non dénué d’humour.
Plusieurs histoires constituent ce film, légères et plus graves, racontées finement par touches qui s’entrecroisent :
– L’histoire du couple de Centaur et l’amitié de celui-ci avec Sharapat.
– L’histoire professionnelle de Centaur, qui fut projectionniste de cinéma jusqu’à ce que le cinéma ne soit transformé en mosquée par les islamistes.
– L’histoire des vols de chevaux, par un professionnel hargneux ; et par Centaur qui veut retrouver des sensations d’un autre temps, lorsque les hommes des steppes fusionnaient avec les chevaux.
– L’histoire du peuple des steppes, dans de magnifiques paysages lumineux. Il passe du joug communiste à L’intolérance et au prosélytisme religieux et à la mondialisation et les inégalités qui s’en suivent. Qu’en est-il de l’identité de ce peuple, de ses traditions de fraternité, de son amitié avec les chevaux ?
Centaur tente de retrouver un paradis perdu, tout en cultivant et transmettant son amour pour le cinéma. Parmi les concitoyens du kirghize, certains semblent toutefois résister. Malgré la tristesse de la fin, le film ne laisse pas le spectateur sans espoir.
Centaure s'est marié sur le tard. Sa femme qu'il chérit est sourde et muette. Son fils, âgé de quatre ans seulement, tarde à parler. Projectionniste jusqu'à la fermeture de la salle de cinéma qui l'employait, il est désormais manœuvre sur les chantiers. Centaure nourrit surtout une passion ardente pour les chevaux. En bon Kirghiz qu'il est, il croit aux légendes traditionnelles qui en font l'inséparable compagnon de l'Homme. Ce lien symbiotique est en passe d'être rompue par la vie moderne. Centaure ne supporte pas de les voir en captivité. À la nuit tombée, il se glisse dans les haras pour libérer les pur-sangs que les nouveaux riches achètent à prix d'or pour parader dans les concours.
Vous aimez les chevaux ? Vous êtes en mal d'exotisme ? Le cinéma d'Asie centrale exerce sur vous une fascination cachée ? Courez voir "Centaure", un film où, comme le laisse escompter son affiche, des chevaux montés à cru caracolent sur la steppe kirghize sur fond de montagnes enneigées.
Quant aux autres, ceux qui n'aiment pas les chevaux, ceux que l'exotisme n'excite pas, ceux qui peinent à situer le Kirghizstan sur la carte compliquée de l'Asie centrale, abstenez-vous.
On ne peut pas dire que nos salles soient submergées par des films en provenance du Kirghizistan. Il y a pourtant un réalisateur dont la plupart des films arrivent sur nos rivages, le plus souvent grâce aux festivals auxquels il participe : Son nom : Aktan Arym Kubat. Il y a 8 ans, c'était la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes qui avait contribué à la sortie de "le voleur de lumière". Pour "Centaure", c'est le Festival de Berlin 2017. Un dicton kirghiz affirme que les chevaux sont les ailes des hommes. A l'origine pays de nomades, le Kirghizistan est en pleine mutation, avec le démantèlement de l'Union Soviétique, dont il faisait partie, l'arrivée de la mondialisation et la montée en puissance de la religion. C'est au travers de l'histoire de Centaure, un ancien voleur de chevaux et ancien projectionniste de cinéma, dont la salle a été transformée en mosquée, que Aktan Arym Kubat aborde ces thèmes avec beaucoup de finesse. On sent dans son film l'attachement à la culture et aux traditions de son pays, menacées par la religion et l’égoïsme des gens. Comme dans "Le voleur de lumière", c'est Aktan Arym Kubat qui tient le rôle principal. Autre actrice importante, la magnifique nature du pays, bien mise en valeur par le film. Il est simplement dommage que la narration soit un peu trop décousue !
Je suis allée voir "Centaure" hier au MK2 Beaubourg (décidément quelle belle programmation que cette salle!!) à 22h! j'ai tout simplement été bouleversée par la spendeur des steppes de ce pays si fascinant. Etant moi-même originaire des pays de l'est je me suis sentie si proche de cette culture kirghize. Je me suis évadée avec cet homme épris de liberté et désireux de garder à tout prix sa culture et ses traditions . Une mise en scène à couper le souffle. Un TRÈS beau voyage. Merci d'avoir l'audace et l'intelligence de nous montrer encore des oeuvres aussi brillantes !!
On l'appelle Centaure, cet ancien projectionniste qui semble un peu marginal dans la société kirghize. Le sixième film de Aktan Arym Kubat (aussi connu sous le nom d'Abdykalykov) est une fable sur un pays d'Asie centrale en pleine mutation. Dérives capitalistes et montée de l'intégrisme ont tendance à gommer les traditions ancestrales d'une terre dont les habitants ont de tous temps été reconnus pour leur orgueil et leur bravoure. Et pour leur amour immodéré pour les chevaux, considérés comme "les ailes des hommes." Le réalisateur du Voleur de lumière, également acteur principal de Centaure, n'est heureusement pas un didacticien mais un vrai cinéaste qui utilise la malice, l'humour et un sens lyrique modéré pour tracer le portrait d'un homme déphasé qui croit en certaines valeurs. Fluide et visuellement superbe, son film n'a rien de passéiste, dans le sens où il ne cherche pas à nier les apports de la modernité, cherchant plutôt, partout où il le peut, une dose d'humanité pour résoudre les conflits. Aktan Arym Kubat est le meilleur représentant du cinéma kirghize, dans une Asie centrale dont on ne voit plus guère, hélas, les films kazakhs ou ouzbeks.