Le Disciple
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btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2016
Le film aborde bien le sujet de la foi et de la place de la religion dans la société russe, après, ça commence comme une prise de conscience d'un adolescent pour la foi (ici chrétienne) et ça se termine un peu comme une farce où la rationalité est absente et la crédibilité de l'histoire en pâtit. Que ce nouveau disciple de Dieu soit assez illuminé pour penser pouvoir guérir une jambe malade par la prière, soit, mais que la majeure partie de son entourage et du personnel enseignant le laissent agir en toute impunité et en viennent à remettre en cause toutes pensées cartésiennes, c'est plus dur à avaler. Le film garde un côté théâtral, mais le réalisateur, par l'utilisation de plans séquences, lors des scènes de dialogues les plus importantes, ajoute de l'intensité et renforce l'effet des extraits de la Bible déblatérés en continu par le jeune Veniamin, qui par contre, mais c'est l'effet voulu, finissent par transformer toute discussion en monologue.
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2016
Dans un lycée de Russie, Veniamine est un élève à problèmes. Il sèche les cours, insulte ses professeurs, se bat avec ses camarades. La cause ? Une profonde crise de mysticisme et une lecture littérale de la Bible qui le pousse à condamner la société qui l’entoure : les filles en bikini à la piscine, le darwinisme enseigné en cours de biologie, l’homosexualité d’un de ses camarades…

Une fois encore le cinéma russe frappe fort. Deux ans après « Léviathan », un an après « Classe à part » – qui avait déjà le lycée pour cadre – c’est à la Russie qu’ont doit l’un des films les plus dérangeants de l’année. On n’oubliera pas de sitôt le personnage de Veniamine. Il rappelle inévitablement l’exaltation des héros dostoïevskiens. Une lueur de folie brille dans ses yeux. La Bible à la main, ses versets à la bouche, il crache sa haine à la société, à sa mère, à ses enseignants. Son obnubilation illustre l’aveuglement que le fondamentalisme religieux peut faire naître.

Mais ce qui est plus glaçant encore est la réaction de son entourage. Un seul personnage se dresse face à lui : sa professeur de biologie qui essaie de retourner ses propres armes contre lui, citant, comme il le fait, la Bible pour en montrer l’ambiguïté et la polysémie. Le reste de son entourage brille par sa lâcheté sinon par sa veulerie : sa mère est dépassée par les événements, son professeur de sports préfère draguer les filles en bikini et la directrice de l’école veut éviter les drames.

Le dénouement du drame est particulièrement édifiant. Ce qu’il révèle de la société russe n’incite pas à l’optimisme.
keser
keser

24 abonnés 56 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2016
Film très intéressant qui démontre que le fanatisme existe au sein de toutes les religions. Ici un jeune a une lecture stricte de la religion orthodoxe, dont il interprète les psaumes à la lettre. On se rend compte aussi à quel point en Russie la religion a un impact très fort au sein du système éducatif, cela voulu par le gouvernement. Différents thèmes sont abordés notamment la sexualité et ses pratiques qui restent encore très taboues en Russie. Une belle découverte !
Marilou M.
Marilou M.

5 abonnés 42 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 28 novembre 2016
Quand on a vu ce film, on comprend qu'il n'y ait pas de critique. Il laisse en effet le spectateur très sceptique. Ce film a été primé à Cannes mais on peut se demander sur quels critères. On ne peut pas considérer qu'il illustre le phénomène actuel de radicalisation religieuse (peu importe la religion, ici chrétienne), la situation ét
ant celle d'un individu illuminé on ne sait pas pourquoi, et sans aucune influence extérieure. La seule correspondance avec ce qui se passe actuellement est la lâcheté et l'ignorance érigée en règle du système"normal", et encore .... il s'agit surtout de caricature. On peut soupçonner ce film de vouloir "faire peur" et ça peut marcher. On n'a vraiment pas besoin de ça.
beautifulfreak
beautifulfreak

131 abonnés 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 décembre 2016
Quelques jours auparavant, je me faisais la réflexion que peu de films russes actuels sont projetés sur nos écrans. Quand j'ai vu que sortait "Le Disciple" et de quoi ça parlait, je n'ai pas hésité longtemps. Et j'ai bien fait. Les fous de la Bible ne sont pas tous américains. Depuis l'avènement du capitalisme mafieux, certains russes succombent à une fièvre mystique qui va des sectes "new age" à l'orthodoxie la plus bas de plafond. Le lycéen du film ne s'exprime quasi exclusivement qu'avec des citations bibliques contradictoires, et le rapprochement avec des versets du Coran saignant peut aisément s'établir. Avec vigueur et ironie, "Le Disciple" se veut un acte de résistance contre l'obscurantisme religieux et tous les maux qu'il charrie: la peur de la femme et de la liberté, l'ignorance, l'homophobie, le racisme, l'aveuglement des institutions, les propos irrationnels légitimés par des contes de fées pour adultes... A noter qu'on retrouve les slovènes de Laibach dans la BO (ce qui n'est pas pour me déplaire), dont le titre "God is God" colle parfaitement à la description du fanatisme et de son refus des remises en question. Ce film me donne envie de porter un toast (à la vodka) à la libre pensée et de vomir sur l'hypocrisie des inquisiteurs de toutes sortes.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 novembre 2016
Les films russes ne courent pas les salles. Celui-ci avait l’air très intriguant. Je l’ai trouvé plutôt bien fait. Une mise en scène assez puissante, un scénario bien écrit (dans l’actualité mais quelque peu prévisible) et une interprétation solide. L’ensemble brasse beaucoup de thèmes, mysticisme, antisémitisme, homophobie, etc. et peut être parfois un peu lourd. J’attendais tout de même que ce soit un peu plus fort, un peu plus dérangeant. Le disciple, à l’instar de Le ciel attendra, ne nous rassure pas sur le fanatisme religieux, quelque que soit la religion, et sur le retour vers le Moyen-âge. Et ne fait que confirmer mon idée sur la question. De belles qualités pour un bon film tout de même...
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 novembre 2016
Vienamine ne veut plus aller à la piscine. Non pas qu'il ait froid ou qu'il ne sache pas nager, mais parce qu'il a un problème de religion ! Et sa religion à lui, c'est le catholicisme. Il récite à tout va des extraits de la Bible, tous aussi monstrueux les uns que les autres, s'agissant du rapport des hommes à Dieu, de la guerre, des femmes, de l'homosexualité, du pouvoir etc. Le réalisateur est malin. Il aurait évidemment été plus d'actualité que de raconter la radicalisation d'un adolescent russe à l'Islam fondamental, ce qu'il évite brillamment, même si personne n'est dupe de l'analogie. Sous des dehors très ironiques, souvent grinçants, Kirill Serebrennikov raconte avec brio et tact l'illumination religieuse de cet adolescent, qui finit par confondre le réel de sa vie aux symboles des écritures. En quelque sorte, le réalisateur décrit la trajectoire qui peut conduire des jeunes au pire. Pour autant, le film met parfaitement en scène la complicité des adultes qui à leur insu ou pas, facilitent ce cheminement pervers et criminel vers le radicalisme. Le propos est très théâtral. Les personnages sont grotesques ou fantasques, ce qui permet de ne pas céder à la facilité sociologique. Il s'agit bien d'une sorte de fable cruelle sur le risque de la radicalité, tant laïque que religieuse d'ailleurs , avec ses relents d'antisémitisme, de terrorisme, de mensonge et de désespoir. Toutefois, le film souffre peut-être d'une absence d'empathie ou d'une froideur qui laisse le spectateur sur sa faim. On ressort de cette histoire, suffoqué, mais finalement pas vraiment convaincu.
LeMagduCiné
LeMagduCiné

71 abonnés 626 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 novembre 2016
Le Disciple du russe Kirill Serebrennikov est adapté de la pièce de l'allemand Marius von Mayenburg. Programmatique dans sa dénonciation de la société russe contemporaine, gangrenée par une présence trop forte de la religion, et gardant ses origines théâtrales, le film s'appuie sur des dialogues en très grande partie composés de versets de la bible, et le rythme comme l'émotion s'en ressentent.
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 novembre 2016
Un film intéressant qui démonte, à travers la crise mystique d'un adolescent, la folie du fanatisme religieux et ses contradictions ...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 novembre 2016
« Adultère ! » sa mère divorcée ; « impudique ! » la nudité des filles en bikini à la piscine ; « abominable ! » l’homosexualité de son copain handicapé ; « lâches ! » les prêtres qui préfèrent le confort du pardon au martyr ; « hérétique et juive ! » sa prof de biologie qui épouse les thèses Darwiniennes… Venia est un lycéen russe qui passe son temps à apprendre par cœur la Bible, puis convoque à tout bout de champ les prophètes pour dénoncer son entourage. Crise mystique ou diabolique provocation d’un adolescent solitaire et idéaliste ?
En tout cas, en s’intéressant au double sens de certains versets de la Bible, Venia parvient à les retourner pour servir sa lecture très radicale des Ecritures. A force de glissements successifs, sa dénonciation finit par engendrer les monstres du fondamentalisme. Le film de Kirill Serebrennikov est une magnifique parabole de l’intégrisme et du fanatisme religieux. Par les temps qui courent, sa démonstration prend encore plus de force. Et effectivement, « le problème, souligne le réalisateur, c’est que des Vénia, il y en a désormais des hordes… »
La religion et ses rapports au pouvoir, comme sujet d’engagement et de manipulation. Cela pourrait faire un beau sujet de philo. C’est déjà un très beau film, tiré d’une pièce de théâtre réalisée par le même auteur. Un film original et ambitieux, puissant et fort, avec quelques superbes scènes tournées en plans-séquences - la croix dans la classe, ou Vénia déguisé en singe -. Tout juste peut-on déplorer le procédé narratif un peu répétitif et parfois trop démonstratif qui jettent sur ce Disciple une ombre assez pesante.
desiles ben
desiles ben

32 abonnés 204 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 novembre 2016
Consternant. Je m'attendais à un drame psychologique sur les tourments d'un jeune homme enivré par sa foi dans un monde ayant perdu le sens du sacré... Que nenni !
On assiste pendant deux heures à un théâtre de Guignol dans lequel des personnages se tapent dessus en poussant des cris. Ce ne sont d'ailleurs pas même des "personnages" avec une épaisseur psychologique mais des caricatures qui s'agitent.
Il y a là la mère débordée qui bêtifie, le pope bedonnant, antisémite sur les bords, qui chasse le démon avec une espèce de balayette plongée dans l'eau bénite, une proviseur bornée, tyrannique et qui a le vin triste, un professeur de sport idiot, une professeur de biologie qui distribue des capotes et pense que Jésus et ses disciples étaient une communauté homosexuelle... et, cerise sur le gâteau, un adolescent chrétien fanatique qui, caricature oblige, est antisémite, homophobe - et comme si la charge n'était pas suffisante - assassin pour couronner le tout.
N'est pas Voltaire qui veut. Le réalisateur se veut irréligieux, il n'est que grotesque.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 novembre 2016
Un film sidérant sur le fanatisme religieux mais aussi un état des lieux du nouveau conservatisme qui règne en Russie.

LA SUITE :
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 novembre 2016
Ce film russe est un sacré uppercut moral pour qui n’accepte pas d’être chamboulé dans ses convictions les plus profondes car il remet en question des fondements à la fois théologiques, scientifiques et sociaux de notre monde en nous obligeant à nous interroger sur nos propres croyances. Tout cela par le biais d’un lycéen en pleine crise de foi. Adaptation d’une pièce de théâtre, ce qui se ressent de par les nombreuses logorrhées verbales qui illustrent les arguments des protagonistes, la mise en scène s’en éloigne cependant adroitement en suivant de manière frontale les personnages grâce à de longs plan-séquences agressifs et mobiles. En évitant le champ/contre-champ, la nature du récit très volubile est dynamisée et on prend mieux conscience de la dramaturgie en cours.

Les thèmes abordés sont lourds et passionnants rendant ainsi « Le Disciple » particulièrement propice aux débats en sortant de la projection. La lecture au premier degré de la Bible et son interprétation la plus littérale permettent ici des échanges vifs sur la théorie de l’évolution, l’homosexualité et les mœurs, l’antisémitisme, la chrétienté, la façon de vivre sa foi et la religion en général. La manière dont le jeune protagoniste principal se plonge dans le radicalisme religieux le plus extrême (mais pertinent dans la manière dont c’est montré) permet de cerner les différentes lectures que l’on peut avoir de la Bible et donc de la manière dont on peut traduire un livre Saint. Et cela fait dangereusement écho à l’actualité. L’intelligence du long-métrage est d’opposer différents points de vue à celui du jeune Veniamin. De sa professeur de biologie, contestatrice logique la plus farouche, à l’incompréhension d’une mère en passant par le prêtre ou à celui qui pourrait être son disciple parce que plus faible et donc plus crédule, ses seconds rôles enrichissent le propos. Encore une fois, les résonances en rapport à ce qui se déroule dans notre monde actuel sont flagrantes.

Bien sûr il faut savoir que ce genre de film porte davantage à une réflexion profonde qu’à du pur divertissement bien que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Mais « Le Disciple » n’est pas exempt de défauts. On regrette que l’origine de la crise du jeune homme ne soit pas expliquée, elle intervient trop subitement, d’emblée, et nous prive de clés de compréhension psychologique du personnage qui nous apparait juste comme un fanatique. Difficile dans ces conditions de s’identifier ou d’avoir une quelconque empathie envers lui. Et parfois le trop est l’ennemi du bien. Ses actes sont parfois trop extrêmes voire ridicules (la scène de la jambe). Ils manquent ainsi de nuances et de crédibilité et nous opposent fatalement à Iui de facto. Il n’empêche, on ressort de la projection fasciné et secoué par un film dont chaque morceau nous assène de questions et nous pousse dans nos propres retranchements. Car certaines choses semblent nous être acquises et sures, mais c’est aussi le propre de l’art et donc du cinéma de pouvoir bousculer nos certitudes. Excessif mais fort, du cinéma intelligent !
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2016
Un grand adolescent qui reste à la maison au lieu de rejoindre ses camarades de classe à la piscine puis qui, contraint de s'y rendre, fulmine contre l'indécence des filles qui s'y exposent en bikini ! A qui a-t-on affaire ? A un extrémiste musulman ? Pas du tout ! Nous sommes dans la Russie d'aujourd'hui, le garçon a pour prénom Veniamin (Petr Skvortsov) et il ne rate pas une occasion d'affirmer qu'il est chrétien ! Le metteur en scène de théâtre Kirill Serebrennikov, honni par les autorités russes à cause de ses prises de position avant-gardistes et de sa défense des minorités, passe aujourd'hui derrière la caméra pour nous brosser le portrait d'un fanatique religieux de son pays. Et n'imaginons pas que ce jeune homme soit un cas ou une rareté : « le problème, prévient le réalisateur dans une interview, c'est que des Veniamin, il y en a, désormais, des flopées, des hordes... ».
L'adolescent, tel qu'il se présente dans le film, paraît pourtant très isolé, mais c'est sans doute parce qu'il se refuse à faire partie d'une communauté, quelle qu'elle soit, et parce qu'il s'oppose à tout le monde. On n'a affaire ni à un garçon obtus ni à un nigaud, bien au contraire, on le devine malin, rusé, capable d'apprendre par cœur des dizaines et des dizaines de versets de la Bible et de les réciter en fonction des circonstances. Mais cet intégriste est si convaincu d'être dans la vérité et il est si enfermé dans ses convictions religieuses qu'il ne ressent plus que du mépris pour tous ceux qui sont différents de lui.
Tout est suspect à ses yeux et chacun de ceux qu'il côtoie lui semble dévoyé : les filles à cause de leur prétendue impudicité et parce qu'elles apparaissent comme des tentatrices, les homosexuels parce qu'ils s'adonnent à ce qu'il considère comme un vice abominable, les prêtres orthodoxes parce qu'ils ne songent qu'à s'enrichir et transmettent une religion de pardon, les professeurs parce que leurs enseignements ne s'accordent pas avec la Bible. Même sa mère ne trouve pas grâce à ses yeux à cause de son divorce. Pour accréditer la condamnation de tout ce monde, il suffit à Veniamin de puiser dans le catalogue de citations bibliques qu'il a apprises et qu'il se fait un plaisir d'assener (et dont le réalisateur indique chacune des références sur l'écran). L'adolescent fait ce que font tous les intégristes, tous les fondamentalistes religieux, tous les fanatiques : il utilise les textes, il en isole soigneusement les passages qui servent ses intérêts et semblent conforter ses convictions et les martèle à la figure de ses « ennemis ». Les textes bibliques, tels qu'il les énonce, ne sont plus rien d'autre que des instruments sélectionnés et mis au service de sa haine des autres.
Celle contre qui il s'oppose le plus brutalement, c'est sa professeure de biologie car son enseignement darwinien le révulse au plus haut point. Et l'affrontement entre les deux personnages donne lieu à des scènes atterrantes, voire effrayantes, et qui mettent aussi en lumière les peurs et les lâchetés de la directrice de l'établissement scolaire et des autres professeurs.
En fait, ce que montre parfaitement la mise en scène efficace de Kirill Serebrennikov, c'est que la folie de l'adolescent est telle que tout dialogue avec lui semble impossible. La professeure de biologie s'y prend très mal en essayant de le contredire sur son propre terrain, c'est-à-dire en cherchant à son tour à argumenter à coups de citations bibliques. La mère de Veniamin, de son côté, s'efforce d'établir un dialogue avec son fils mais sans jamais vraiment y parvenir. Le garçon s'est enfermé dans sa terrfiante solitude, il n'a personne à qui parler en vérité, si ce n'est, peut-être, le seul camarade de sa classe avec qui il noue une sorte d'amitié, un infirme qu'il cherche à entraîner dans son sillage et à qui il fait des promesses insensées.
En réalité, en focalisant sa caméra sur ce personnage rempli non seulement de la haine des autres mais aussi de lui-même (car, on le comprend à la fin du film, il ne s'accepte pas tel qu'il est), le metteur en scène révèle avec habileté les mensonges et les bassesses qui gangrènent son pays. Il n'y a pas besoin de grand chose pour qu'apparaissent sur les visages des uns et des autres les affligeants rictus qui accompagnent les propos homophobes ou les insinuations hideusement antisémites. Ce film « coup de poing » nous interpelle vivement, qui que nous soyons, quel que soit notre pays, Russie, Etats-Unis, France, à l'heure où se répandent de plus en plus les tentations intégristes, les replis identitaires et les professions de foi réactionnaires. Même quelqu'un qui se réclame du Christ et ne cesse de citer la Bible peut prêcher une religion de violence et de haine, plutôt que d'amour et de pardon. 8/10
Sylvain P

387 abonnés 1 430 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 novembre 2016
Une fois n'est pas coutume, on suit ici le parcours d'un jeune radicalisé... catholique. Ce qui n'est pas moins effrayant. L'absence de réflexion et le retrait de la vie sont les mêmes que dans n'importe quel endoctrinement. Là où l'intelligence est mise de côté, le pire advient. Si le film est un peu longuet et mériterait quelques coupes, il est plutôt bien mené dans une seconde partie affolante, et un brin frustrante.
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