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Tchi Tcha
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4,0
Publiée le 31 octobre 2016
Malgré un début foireux, les 4 jeunes réalisateurs, issus de l’école de Luc Besson signent un premier long original et très réussi, entre rires et pincements au cœur, où Daniel Vannet crève l’écran. La photographie soignée et la musique électronique décalée (signée Hugo P. Thomas et Shakedon) font de ce film une vraie belle surprise. Un vrai coup de cœur.
Un film touchant sur des sujets classiques du cinéma (le deuil, l'exclusion, la misère...) mais qui a le bon gout de le décentraliser des grandes villes pour dépasser certains clichés en rappelant que même modeste chaque rêve brisé fait mal et chaque petite victoire même anecdotique reste courageuse. Des acteurs excellents avec une belle rencontre au sommet, et des traits d'humour bien trouvés !
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5,0
Publiée le 24 août 2020
Dès le début j'ai compris que Willy 1er était un film complètement hors du commun. Grâce à l'acteur Daniel Vannet qui est très touchant avec son propre mode de vie désespéré inspiré par sa propre vie. Cela pourrait être du cinéma vérité. Le film est situé dans un petit village à côté de Rouen (en Normandie, France). Willy est un pauvre diable sans avenir à cause de ses handicaps mentaux et physiques. Il n'a jamais travaillé et a toujours vécu sous les ailes de ses parents. Dans la quarantaine il fuit la maison de ses parents après le suicide de son jumeau, essayant de s'établir et surtout d'avoir des amis. Mais ce qu'il découvre ce ne sont que des horreurs sociales et des gens qui ont un travail pauvre et honteux. Leur seul passe-temps est de boire et de se déchaîner et ce n'est pas le genre de gens qui vont à une exposition de peintures d'Henri Le Sidaner. Si vous aimez les films réalisés par Jean Rouch, Jacques Rozier, George Rouqier, Robert Flaherty ou John Cassavetes alors sautez dessus, c'est pour vous...
Tout sauf une comédie (certaines critiques officielles sont d'ailleurs assez curieuses, se plaignant de ne pas assez rire, bizarre...)...à moins de considérer que le handicap est forcément drôle. Le film vaut la peine d'être vu pour le parcours de Willy, qui perd rapidement son frère jumeau, et qui se retrouve à l'étroit dans une famille exemplairement étouffante. Il va devoir conquérir sa liberté, se faire des amis..pas facile quand on est comme lui. Le sujet est bien traité, avec des acteurs visiblement amateurs pour la plupart, les images sont parfois dérangeantes, mais les rapports des deux Willy (oui, y en a deux)sont intéressants à explorer. L'affiche dit qu'il y a de l'humanité dans ce film, c'est vrai, c'est le côté presque documentaire du film.
Singulier et sensible, Le quatuor de réalisateur tout droit sortit de l'école de Besson frappent juste et fort. Dans ce premier long-métrage on y suit Willy, un campagnard intellectuellement diminué, qui se confronte à spoiler: la mort illogique de son frère jumeau Michel . Celui li ci va donc prendre les choses en main et décider de devenir indépendant petit à petit. spoiler: J'aurai un appart - J'aurai un scooter - J'aurai des amis - et je vous emmerde ! Willy 1er est un film très touchant avec sa quantité satisfaisante d'émotions. On y passe facilement du rire aux larmes. Willy 1er est avant tout un personnage et c'est pour cela que le point positif majeur de ce film est l'attachement au personnage principal. Ce personnage est tellement particulier et original qu'on se sent juste envouté. On a envie de l'aider ce pauvre Willy! On peut aussi noter que la réalisation est efficaces. Pendant les moments de solitudes de Willy on peut remarquer qu'il n'est jamais centré dans le cadre afin de laisser place à spoiler: son frère, toujours dans sa tête.
Mais willy 1er a aussi sa dose de défaut puisque certain personnage ne sont pas assez exploité à mon gout. Je pense notamment à spoiler: Willy 2 . On peut de même remarquer que le scénario n'est pas tout a fait bien ficelé. On peut ressentit quelques vides scenaristiques et c'est dommage! Je pense à la fin, à mon avis, quelque peu "bâclé" mais heureusement pas vide de sens.
Willy 1er reste un bon film, mais ne marquera pas plus que ca le public français,
Un bijou caché du cinéma français. Willy 1er est un très joli film, drôle, émouvant et surtout original et réussi. Le personnage de Willy nous porte dans une belle histoire, suite au décès de son frère. Les plans sont splendides, la photo est esthétique. C'est la pépite qui nous surprend, qui au premiers abords pourrait juste faire penser à un rassemblement de clichés mais qui nous transporte en Normandie et nous émeut au plus profond. La scène entre willy et willy dos a la voiture reste culte avec les deux fantômes de leur membre parti, ou celle dans le grenier où la lumière éclaire Willy et lui redonne l'envie de vivre. Sans oublier la musique techno moderne qui rend le tout unique. Coup de cœur pour ce petit film indépendant.
Un film tendre et violant à la fois. La persévérance de WILLY est un exemple . Tout est toujours possible , Filmé sans concession on est , tous des Willy Bravo au quatre réalisateur.
Nous sommes ici face à un OVNI cinématographique. Willy 1er a d'ailleurs gagné l'amphore d'or au Fifigrot 2016, ça pose le cadre et le style. Mais sous couvert d'une comédie très décalée (les scènes en scooter filmées au ralenti sont un délice) le film aborde des sujets très sérieux et douloureux. Du classique comme l'homo ou le simplet du village victimes de la bêtise quotidienne, et du beaucoup plus original avec la solitude des gens de la campagne et la misère affective des gens "différents" et un peu simplet. La deuxième partie du film est beaucoup moins drôle et beaucoup plus dure. On n'en ressort pas indemne. En résumé il faut saluer la performance pour un premier film, et ce malgré les problèmes inhérent à un premier long métrage (problèmes dans la maîtrise du rythme). Bravo au quatuor de réalisateurs, ils osent et ils sont complétement "mabouls" comme dirait Willy.
La vie fait mal par moments, plus pour certains que pour d'autres, c'est une loterie. Les "gros malins" ont juste eu du bol.
Dans ce film, il ne s'agit pas d'émotion en barquette, annoncée à grand renfort de piano : pas de misérabilisme, pas de pleurs hurlés d'une mère déchirée comme les films américains le font avec tant de facilité et désobligeance.
La simplicité de Willy et autres personnages du film, est là pour rendre cette douleur mieux supportable, pour ajouter un peu de distance (spoiler: Willy est handicapé mental mais parfaitement conscient du regard que le monde porte sur lui, et il a perdu sa boussole dans la vie, son jumeau, celui avec qui il partageait le plus proche sentiment du quotidien ). L'effet "Groland" n'est pas recherché.
La platitude des lieux pour mieux ancrer l'histoire dans la réalité, dans l'ordinaire, pour mieux mettre l'accent sur les personnages. Pas de Villa, pas de City, pas de grosse caisse ni de lumières : c'est tant mieux.
Willy est sans filtre, direct, évident mais juste, pour cracher à la face de ceux qui ressentent si peu. spoiler: La première scène sur sa monture, où Willy crame du pneu devant l’œil noir de ses voisins , jouissif, chaleureux à souhait et bouleversant à la fois : l'instinct de virilité des mâles, par tout moyen, l'incommunicabilité entre les êtres résumée en quelques images, sans un mot.
Et malgré sa ténacité à s'extraire du malheur, il reste fragile, moins futé que la normale, influençable, au point de se faire abuser par certains "valides", les vrais minables ici, et redevenir vilainement ordinaire par leur faute (spoiler: les faux-amis du bar qui le dressent en méchanceté lorsque son véritable ami abîme son scooter ) : c'est fort ça aussi.
5 étoiles Sheba, puisque la presse a réservé un accueil tiédasse à ce film : des défaillants du cœur visiblement (nous aussi "on vous plaint", gniarg-gniarf !), qui donnent quelques points bénis oui-oui pour la compassion de circonstance.
Allez, salut à toi mon frère, salut Willy, salut Daniel. Nous aussi on "les emmerde", et surtout on t'aime.
Film très inconventionnel, mais terriblement touchant. Les partis pris de réalisation et de photographie sont au minimum, ce qui permet de mettre en valeur une situation, une classe sociale, un personnage de manière très crue et réaliste... et c'est réussi. Ce personnage principal, ni beau, ni drôle, ni charismatique, ni intelligent, est tout de même terriblement attachant. Pour moi, c'est une réussite sans prétention, mais magistrale.
La France des gilets jaunes, oublié par l’urbanisation et non irrigué par la république. Il me semble que ce film donne une vision assez juste de cette population. Dans ce décor morose, on se laisse entrainer par la vitalité de l’histoire, avec un personnage principal touchant par sa sincérité et sa spontanéité. Un film qui sonne juste, qui ne cherche pas le manichéisme, les personnages sont habités par leur division et contradiction. Contrairement à Ken Loach, il n’y pas d’arrière-pensée anti capitaliste et moralisatrice, le réalisateur est assez fin pour se concentrer sur la justesse de l’histoire et laisser le spectateur se faire sa propre opinion. Un très bon film, je recommande.