Vivre le réel d'une mère précoce et de sa fille, à l'inverse, mature et indépendante pour son âge. C'est le projet de Baker – ou le projet Floride, à traduire littéralement le titre. Et il faut dire qu'il parvient à écrire des personnages à la fois antipathiques et attachants.
La mise en scène ne porte pas de jugement sur les attitudes braillardes ni ne verse dans le misérabilisme. On voit dans quelle pauvreté invisible subsistent les habitants du motel de Kissimmee, à deux pas d'une des figures de proue du capitalisme : Disney World.
Baker maintient un ton mi-léger, mi-grave. Les enfants se livrent à des facéties de plus en plus gênantes. On pense d'abord que la précarité les éloigne des centres éducatifs, comme les écoles, mais on apprend par la suite que le récit se déroule pendant les vacances scolaires.
De son côté, Halley vivote à travers spoiler: des jobs frauduleux, d'abord en vendant des contrefaçons, puis en tapinant. Sa précarité se mesure au jour le jour : elle n'anticipe pas les échéances du loyer, ne sollicite d'aide financière qu'en dernière instance et se prive d'amitiés sincères en raison de son tempérament impétueux. Au prix d'une stabilité émotionnelle, elle survie à ses conditions misérables. Jusqu'à ce que sa violence ressurgisse .
En bon film critiquant la misère sociale, The Florida Project n'échappe passpoiler: au dénouement déchirant, quoique la conclusion, filmée avec une fréquence d'images différente, semble projeter une uchronie teintée d'espoir. Et si, finalement, on ne laissait pas ces deux enfants profiter du parc d'attraction immoral qui flanque leur motel ?
Placer Moonee dans un nouveau foyer est un cataplasme sur une jambe de bois : Halley croupit toujours dans la misère, à la différence qu'elle n'a plus sa fille pour la soutenir. On ne l'aide pas à se réinsérer dans la société ; on la prive de son enfant .
Chez Baker, malgré quelques lourdeurs, l'innocence côtoie l’âpreté quotidienne.
Nuancier de couleurs grandioses, la photo est magnifique. Scénario assez contemplatif qui peut sembler long parfois mais qui amène à des réflexions très intéressantes concernant notamment la thématique de l’éducation. Je trouve également que ce film nous amène à nous interroger sur la notion de traumatisme. Ce qui peut sembler traumatogène et choquant pour les spectateurs dans l’histoire vécue par la petite fille, et dans ce que l’on projette sur elle, l’est peut-être moins pour elle que d’être séparée de force, de sa mère dysfonctionnelle, par des « inconnus ». La question se pose ou devrais-je dire la question devrait impérativement se poser pour pouvoir la penser. Cette thématique montre, encore une fois, combien les choses ne sont pas noires ou blanches, mais extrêmement nuancées, relatives et donc finalement aussi colorées que l’esthétique du film.
Moonee a 6 ans et un sacré caractère.Lâchée en toute liberté dans un motel de la banlieue de Disney world, elle y fait les 400 coups avec sa petite bande de gamins insolents.Ses incartades ne semblent pas trop inquiéter Halley, sa très jeune mère.En situation précaire comme tous les habitants du motel, celle-ci est en effet trop concentrée sur des plans plus ou moins honnêtes pour assurer leur quotidien…
Ici, Moonee, gueule d’ange effrontée, insupportable et terriblement libre, nous fait habiter poétiquement un motel miteux. On traite ici de la réalité de l’enchantement américain, camouflé par les couleurs vibrantes et acidulée de Disney. Une petite pépite dans le sens où l’actrice principale est une enfant (Brooklynn Prince), et qu’elle interprète son rôle remarquablement bien. A voir en v.o absolument!
Une bouffée d'oxygène, empreinte d'une liberté enfantine et de son innocence, saupoudré d'une réalité sociale difficile. Moonsee mon vrai coup de cœur!
Il y a une certaine beauté de l'image, un charme particulier à filmer un motel violet dans une Floride ensoleillée. Le scénario peut sembler minimal, mais l'endroit en lui-même amène son lot de surprises quotidiennes qui découlent pourtant de la totale banalité de cet endroit fréquent aux Etats-unis. L'histoire de fond évolue lentement entre une jeune adulte qui enchaine les petits larcins pour nourrir sa fille, et un William Defoe, gardien des lieux, désabusé mais quelque peu compatissant. Les enfants omniprésents jouent remarquablement. Pourtant, si le thème porte sur la misère de certains Américains, au milieu de la richesse et du luxe, on peut toutefois se poser une question légitime : cette femme est-elle responsable de son sort ou faut-il accuser la société ? Dommage que jusqu'à la fin, on ne sache pas vraiment quel parti prend l'auteur. Rien n'est clair, d'autant que la police et les services sociaux sont présentés comme assez bienveillants. En outre, voir Disneyland dans les dernières images résonne comme une ambiguité : le capitalisme semble devenir la réponse à ses propres maux.
The Florida Project est une belle découverte pour moi. Le film arrive parfaitement à capter l'innocence des enfants et la beauté des moments qu'ils passent ensemble à faire toutes les bêtises possibles et inimaginables, ce qui donne un film beaucoup plus divertissant que ce à quoi je m'y attendais. Les acteurs font aussi un super boulot pour des enfants, on oublie rapidement être devant un film. Le seul gros hic pour moi est que j'ai eu le ressenti que Florida Project tournait en rond assez rapidement, et que le film est beaucoup moins passionnant quand il se concentre moins sur les enfants. Ça a beaucoup réduit mon appréciation de l'oeuvre mais ça reste une belle découverte, je recommande.
Ça aurait pu être extrêmement triste mais vu par les yeux de Moonie, c'est de la magie ce film. La photographie est magnifique. On évolue dans la Floride des motels, avec ce groupe d'enfant un peu laissés sur le côté par leurs parents peu présents, Bobby, le "concierge" veille sur eux avec beaucoup de douceur malgré son apparence un peu brute. À voir. Vraiment.
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3,0
Publiée le 13 avril 2023
On sent clairement l'influence de Ken Loach et Mike Leigh à travers le rèalisme de la mise en scène de Sean Baker! On retire de "The Florida Project" (2017) l'envie de remettre en question certaines choses, d'en savoir un peu plus sur la vie de ces gens dans la banlieue de Disney World! On s'attache à ces personnes sans argent qui vivent avec leurs gamins dans un motel miteux alors que le plus grand complexe de loisirs de Walt Disney est à côtè! On adhère aux acteurs (toux excellents) et on croient surtout aux personnages qu'ils incarnent : le gèrant du motel, la fille camèe qui ne prend pas ses responsabiltès de mère, les enfants lâchès en toute libertè! Le film est drôle et triste en même temps, très colorè aussi, sublimè par le chef op' Alexis Zabe! L'arc-en-ciel prèvu dans le scènario devait être rajoutè en post-production, le fait qu'il soit naturel à l'ècran ajoute une vraie fascination à l'histoire! Pas mal du tout...
Comme souvent, je suis un peu surpris de la critique qui porte aux nues certains films et plus particulièrement celui-là. Bien sûr, celui-ci est accrocheur et visuellement très beau... Mais doit-on pour autant le qualifier de merveille absolue ? Non, enfin pas pour moi. J’ai effectivement pris du plaisir à le regarder malgré quelques longueurs. Ce conte désenchanté dépeint la misère sociale entretenue par des dialogues assez basiques, les frasques des gamins font rire mais leur répétition devient quelque peu lassante. On n’est pas dans l’émotion mais dans une approche mélancolique qui nous emporte et l’empathie n’est pas loin. Le film repose essentiellement sur la qualité du jeu de la jeune actrice principale, maman incapable d'élever sa fille, toxicomane, prostituée et violente. La vie du motel du Château magique, à une encablure du DisneyWorld nous fait quelque peu réfléchir sur la précarité. Willem Dafoe est excellent comme souvent, dans son rôle de gardien et de régulateur de tensions dans ce microcosme qui ne nous fait pas rêver.
Sean Baker nous livre une chronique touchante, poétique, mais dure sur les délaissé(e)s du "rêve américain". On y suit tachant de survivre tant bien que mal entre petites arnaques et chambres de motel miteux. Le tout dans l'environnement féérique (et factice) de Dysneyworld. Le duo d'actrices est formidable, accompagnée d'un Willem Dafoe impérial. Un film d'une beauté et d'une pureté incroyables, qui traite avec beaucoup de justesse les thématiques autour de la pauvreté sans misérabilisme. A voir
"The florida project" est une belle coquille vide.
Belle par sa mise en scène et sa photographie. Les images sont soignés. Belle par la tendresse de son histoire avec ses petits moments de poésie.
Vide par un scénario qui trouve vite ses limites, devient redondant et ne raconte finalement pas grand chose. Vide d'intérêt pour cette mère et sa fille dont je n'ai pas réussi à m'attacher car trop insupportables et égoïstes.
Quant à la morale de fin, elle est... disons... discutable...