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Agnes L.
231 abonnés
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3,5
Publiée le 7 mai 2024
Voilà un coupable que l'on connaît dès le début et pourtant il y a pas mal d'incertitudes. Tout l'art d'Hitchcock consiste à inventer une intrigue qui entremêle un interdit déontologique avec une passion amoureuse. Surtout, ce sont les dialogues qui impressionnent par leur qualité, tellement il est rare dans les films actuels, d'atteindre un tel niveau. Si la fin n'est pas forcément le plus réussi de l’œuvre, l'ensemble reste de très bonne facture pour ce film peu connu du maître du suspense.
Le père Logan est vraiment un type bien. D'abord, il est curé et, ensuite, le monde peut s'écrouler, il ne trahira jamais le secret de la confession, quitte à se mettre lui-même en danger. En l'occurrence, le sobre Montgomery Clift ne veut rien révéler à l'enquêteur Karl Malden -le meilleur comédien de ce film un peu surjoué- de ce qu'il a appris dans le confessionnal à propos du meurtre d'un obscur avocat. Tourné à Québec pour le côté catholique de la chose, ce sujet criminel d'Hitchcock prend un peu trop les accents du mélo. C'est un cas de figure qui repose sur le silence obstiné du prêtre, que pour ma part, je juge plus stupide que loyal. Car, par bigoterie peut-être, Hitchcock n'est pas critique et ne semble pas gêné par le dogme du curé, dont le jusqu'au-boutisme et le mutisme lui paraissent de bien belles qualités -à en juger par le dénouement- alors même qu'ils déterminent de graves dommages collatéraux. Le cinéaste fait du père Logan un héros plutôt qu'un irresponsable. Mais, bon, c'était une époque où l'homme d'Eglise figurait le Bien sans contestation. Consécutivement, la fin du film, même si Hitchcock a rarement fait dans la mesure et le réalisme dans ce domaine, est assez complaisante, grotesque et théâtrale. "La loi du silence" est un film mineur de son auteur, et on peut le voir, si besoin, dans le recours à des flashback médiocres et prosaïques. L'idée centrale du secret de la confession produit ici un film sans grand relief - ni bon suspense d'ailleurs- pas plus sur le fond que sur la forme.
bon c'est vrai qu'il à vieilli. comme beaucoup de films de hitchcock. mais le film peu devenir un excellent divertissemant. le suspence est bien la , la mise en scène reste correct, et le scénario pas mauvais. reste un bon film
Ce film sur un prêtre qui reçoit en confession les aveux d'un meurtrier et devient lui-même suspect n°1 a tout d'une histoire passionnante. Néanmoins, et ce malgré un meurtre dans les premières secondes du film, n'a pas réussi a me passionner. Cela aurait pu être une belle réflexion sur les secrets de la confession, mais malgré le talent de Clift, je n'ai pas été emballé plus que ça.
C'est du Hitchcock donc du cinéma de qualité, mais ça n'atteint pas le niveau de ses plus grands films. Certains rôles sont un peu trop caricaturaux, notamment celui d'Otto Keller. C'est dommage car le scénario est riche de plusieurs thématiques, or il ne parvient pas à les exploiter de manière réellement efficace.
Culpabilité. Coincé entre L’inconnu du Nord-Express et Le Crime était presque Parfait, La Loi du Silence est un petit Hitchcock. Nous sommes dans le début des années 1950 à Québec. Un soir, le curé du coin recueille en urgence la confession de son homme à tout faire. Celui-ci a commis un meurtre. Rapidement, le prêtre sera suspecté par les autorités. Il est contraint au silence … et pas que par le secret de la confession. Montgomery Clift est nickel dans ce rôle de prêtre muet même si sa belle gueule ne colle pas trop au rôle de prime abord. Son regard fragile de pénitent est attendrissant. Les autres rôles aussi sont très bons. Le récit se déroule sans accroc et sans temps mort et ce bien que l’intrigue ne repose pas sur l’identité du meurtrier. Au cœur de l’histoire, c’est le dilemme moral. Tant que le véritable coupable n’est pas identifié, ce sont tous les autres qui portent le poids de la faute. Et en réalité, le coupable est probablement celui qui ressent le moins le sentiment de culpabilité. Bon, c’est avant tout un regard de protestant. On sait à quel point le prêtre catholique est un personnage facile quand il s’agit de dessiner le portrait d’un personnage qui porte le poids des fautes. Reste que cette vision idéalisée du prêtre sert parfaitement l’intrigue et le propos. En toile de fond, c’est aussi une étude des mœurs de la société bourgeoise de Québec, chacun ayant quelque chose à cacher. Du côté de la mise en scène, c’est à la fois sobre et dans le même temps chargé des symboles de la grammaire hitchcockienne (l’utilisation des ombres par exemple). On pourra regretter une scène de procès à charge un peu convenue mais c’est là la seule véritable critique qu’on aura à formuler tant le reste coule naturellement et avec force. En bref, un très bon moment de cinéma et un film tout à fait conseillé.
Alfred Hitchcock réalise ici une brillante et remarquable adaptation de la pièce de théâtre écrite par Paul Anthelme en 1902. Il situe l'intrigue principale à Québec (le film oscille donc entre la VO et la VF) et nous amène à la rencontre de deux hommes, le père Michael Loganun et un homme qui s'accuse d'un meurtre. Ce dernier souhaite se confesser et comme l'église catholique interdit à un prêtre de révéler ce qu'il entend lors d'une confession, le meurtrier est assuré que son secret sera bien gardé. Mais hélas, tout ne va pas se passer comme prévu, le meurtrier ayant revêtit une soutane lors de son passage à l'acte, c'est évidemment un prêtre qui sera accusé du meurtre et comme par hasard, il a fallut que cela tombe sur le père Michael Loganun (interprété tout en finesse par l'excellent Montgomery Clift). Mais comment prouver sa bonne foi lorsque l'on doit cacher la vérité ? C'est bien là que tout repose le film. Ajoutez à cela une histoire d'adultère et vous obtenez ici un trépident polar, brillamment orchestré par Alfred Hitchcock. La Loi du silence (1953) est un énième chef d'oeuvre du "Maître du suspens", un véritable régale !
"La loi du silence"(1952)est un Alfred Hitchcock assez décevant,qui montre très vite ses limites.Un jeune prêtre entend la confession d'un assassin.Dans l'impossibilité de le dénonçer,il voit les soupçons de la police se porter sur lui.Montgomery Clift,acteur que j'ai toujours eu du mal à situer,semble un peu perdu,et pour cause,Hitchcock ne lui donnait aucune indication sur le jeu à adopter!Un coup sentencieux,l'autre mystérieux,ou encore l'air absent,il ne parvient pas à retranscrire les émotions refoulées d'un personnage partagé entre la vérité et les lois sacrées de sa fonction.Frustration sexuelle,ambitions contraires,transfert de culpabilité...Des thèmes dont Hitchcock raffole,mais filmés ici avec la distance de la routine,et un cheminement trop mécanique.De plus,la fin prévue était autrement plus noire que celle-ci,tiède et discutable.Pour le reste,la qualité générale surpasse aisément le tout venant de l'époque,entre un noir et blanc opaque,des cadres aux petits oignons,et une psychologie détaillée de la question.
Hitchcock maître du suspens s’offre avec ce film une sorte d’exercice inversé. En effet il nous montre dès le départ qui est l’assassin ce dernier allant confesser son crime auprès d’un prêtre. Mais il va s amuser à critiquer le puritanisme mêlée au goût du scandale de la société américaine (bien que le film se passe au Québec) avec justement ce prêtre qui se retrouve rapidement principal suspect du crime ce dernier ayant entretenu une relation avec une femme dorénavant marié. Il détourne tellement bien l’attention qu’on finit rapidement par oublier l’assassin comme l’inspecteur qui mène l’enquête et l’opinion publique d’ailleurs. C’est techniquement très bien fait j’ai seulement regretté le fait qu’on sente fortement que Hitch aurait aimé aller bien plus loin dans l’immoral et le subversif avec avec cette histoire. C’est loin d’être le meilleur film mais c’est très bon.
En voulant hisser la réflexion à un des thèmes qui lui tenait à cœur, ( jusqu'à quel point doit on tenir sa parole et respecter son serment ?) le catholique anglais Alfred Hitchcock perdit une partie de son public et le film ne remporta pas de succès.
Peu souvent cité parmi les titres majeurs du maître du suspens, " la loi du silence" (1953) est pourtant ( selon moi) une des grandes réussites de son auteur.
Le casting est de premier ordre et même si ce n'est pas Ann Baxter qui aurait dû interpréter le rôle, cette actrice de grand talent est ( de mon point de vue) absolument remarquable.
Ce n'est certes pas l'avis de certains critiques fameux qui, au contraire, voient en Baxter le défaut principal. La première heure est pourtant magnifique et laisse supposer qu'on va avoir affaire à un très grand film.
Il est vrai que les deus ex machina, utilisés pour sortir de façon positive de l'impasse de l'intrigue, ne sont pas formidables et plombent finalement la dernière demi-heure.
On est ici au coeur du conflit entre l'idée d'un côté et ses conséquences de l'autre pour estimer la valeur d'un acte.
Le compatriote du cinéaste, le philosophe Jérémy Bentham et la philosophie anglaise, ont popularisé le consequencialisme. On juge un acte bon ou mauvais en fonction de ses conséquences. Je serais pour ma part, dans le cas d'espèce, tenté de me ranger de leur côté.
La qualité du film est largement au-dessus de certain film d'époque et surtout actuel. Dans la filmographie de Hitchcock, malgré son relatif échec, il reste une œuvre extrêmement bien finie et peaufinée, n'ayant rien à envier à ses soi-disant classiques.
Méconnu parmi sa filmographie, ce thriller de Hitchcock est une réussite, du fait qu'il contient une mise en scène excellente et surtout un scénario très bien ficelé, renversant les modes du film policier et de l'intrigue psychologique, devenant, au lieu d'une histoire à suspense, une intrigue émouvante, avec des personnages très travaillés. Le vrai meurtrier est complètement mis de côté, tout en restant l'ennemi principal, se comportant comme le diable harceleur, au profit de l'erreur judiciaire à laquelle s'ajoute une histoire personnelle entre un prêtre et une jeune citadine. Il reste tout de même une oeuvre d'exception chez Hitchcock, traitant de la relation entre loi et religion.
Un Hitchock pas mal car déjà il est tourné au Québec et qu'il a pour thème l'omerta dans le monde de l'Eglise,quant bien même un crime à été confessé ce qui est la clef de l'intrigue. On ne peut que féliciter le jeu de Montgomery Clift dans la peau de ce prêtre qui n'aura jamais rien dévoilé jusqu'à ce que le confesseur se confesse en public. La photographie en noir et blanc est belle, on a droit à d'agréables jeux d'ombres. Maintenant le film est un peu long dans sa moitié, il faut vraiment attendre la fin pour voir arriver du suspense. De même on a connu Hitchock plus inspiré dans sa mise en scène qui reste ici trop modeste. Les personnages secondaires ne sont pas assez exploités également, on voit trop la femme infidèle (Anne Baxter) et pas assez l'inspecteur (Karl Malden) menant l'enquête. Enfin je pense que la fin voulue par Hitchock aurait eu plus de piment (on découvre l'innocence du prêtre après sa mort) mais la pression de Warner est passé là et la fin est plus conventionnelle. Pour tous ces éléments on ne peut pas dire que ça soit un grand Hitchock mais il reste intéressant pour le sujet abordé.
Scénario plus que capillotracté, rattrapé par la mise en scène de Hitchcock et le bon jeu des acteurs (Clift, Baxter, Malden). On peut alors savourer la perversité de Hitchcock à mettre sur le grill un innocent.
Hitchcock alterne vraiment des hauts et des bas dans ses films, et cette « Loi du silence » fait partie de la deuxième catégorie. Le thème du conflit moral que vit le prêtre Logan est traité de façon trop grossière, et finalement tout est « lourd » dans ce film : les répétitions sur le dilemme vécu, les comportements excessifs et injustifiés des personnages (les « cachoteries » du prêtre vis-à-vis de la police, hors celle qui tient au secret de la confession ; les agissement de Keller dans la dernière partie du film), et une musique pompeuse et envahissante. Il m’est difficile de penser que le « maître du suspense » s’investissait de la même manière dans tous ses films, tant on est loin ici de l’admirable leçon de cinéma qu’est « L’ombre d’un doute » ou de la délicieuse finesse symbolique de « Fenêtre sur cour ».