Le Redoutable
Note moyenne
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187 critiques spectateurs

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Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2020
Dans ce film-pastiche drôle, cruel et jamais trop sérieux, Michel Hazanavicius nous raconte l’histoire d’amour à partir de 1967 entre un Jean-Luc Godard au sommet de sa gloire et Anne Wiazemsky, sa deuxième épouse de 17 ans sa cadette. Inspiré du roman Un an après (2015) de cette dernière, Le redoutable réalise en 1h45 plusieurs tours de force, toujours en toute légèreté. Tout d’abord il rend hommage au génie de JLG à travers de nombreux clins d’œil à son cinéma (chapitres, intertitres, noir & blanc, etc.), sans rien nous cacher de ses grosses contradictions et de ses petites bassesses d’homme et de mari. Ensuite le film dissèque avec une progression remarquable un couple qui va s’aimer, puis s’éloigner avant de se détester, miné par ses excès à lui (rappelons que le long-métrage adapte Wiazemsky et donc adopte son point de vue). Enfin, Le redoutable est le magnifique portrait d’une époque où les facs étaient occupées, où les utopies étaient reines et où la révolution maoïste allait supposément renverser l’ordre bourgeois et conservateur incarné dans le pouvoir gaulliste. Le film parvient parfaitement à illustrer les limites flagrantes des aspérités contestataires des uns et des autres : le comportement toujours plus radical de Godard lui-même, à la recherche d’une forme de pureté révolutionnaire chimérique, en est l’illustration ultime. Il finira par détester tout le monde et se brouiller avec la terre entière. Louis Garrel et Stacy Martin sont bluffants. Une réussite.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2018
Un film surtout pour cinéphile... Une histoire simple, les rapports de couple entre un cinéaste suisse (très surestimé) Godard et son égérie d'un moment : Anne Wiazemski. Un document aussi sur une époque : les jours de mai 1968 chez les intellectuels parisiens. C'est très bien fait, le cinéaste nous croque ici un Godard plus vrai que nature, des dialogues souvent bien envoyés à son encontre tapent juste, et nous présentent un homme fat, méprisant, égocentrique, un vrai idiot utile pour ces faux révolutionnaires. J'ai rarement apprécié les films de Godard, (sauf Alphaville) et ce film ne va pas me faire changer d'avis.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 9 novembre 2018
L’aspect est séduisant sur la vie du cinéaste Jean Luc Godard, les slogans muraux sont intrigants, c’est aussi un film drôle pour des moments coquins sans pudeur. L’approche de la fin me laisse frustrer, dans le geste motivé par un écart amoureux, il aurait quand même survécu.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2017
Lorsque j'avais entendu les critiques assassines du film au Masque et la Plume, cela m'avait agacé. Maintenant que j'ai vu le film, c'est le personnage de Jean-Luc Godard, qui m'agace. Rien de son génie ne transparaît à l'écran. C'est plutôt sous un jour polémiste, qu'il apparaît et tout cela manque un peu d'envergure. Sa suffisance intellectuelle affichée fait de lui un être sans compromis et finalement assez méprisant. Qu'un spectateur vienne lui témoigner de son admiration l'irrite, il en devient odieux, mais ce que je ne lui pardonne pas, c'est de se montrer aussi rustre avec la magnifique Anne, sa bienaimée. Sa jalousie, lorsqu'elle lui résiste en partant tourner en Italie, est médiocre, puisqu'il s'en réfère aux valeurs bourgeoises du mariage. Et puis,je crois que je déteste le contraste en la beauté et la candeur d'Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette, et les propos odieux que lui adresse JLG. L'hermétisme et le paradoxe affirmés et revendiqués ne font pas le génie. Je ne sais auquel des deux cinéastes je dois en vouloir, l'auteur du "Redoutable" ou celui auquel le film est consacré.
Gfa Cro
Gfa Cro

60 abonnés 576 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2017
Vu et avis le 20171010

Bien, permet une approche de jlg qui semble honnête et intéressante.

Je connais peu jlg et j ai peu envie de le découvrir, la seule chose qui m intéresse personnellement c est pourquoi les autres s y intéressent. Le redoutable est pas mal. On découvre autant jlg que pourquoi il fascine que pourquoi il est important pour beaucoup.

Le film montre bien comme jlg peut manier l humour, tordre des phrases pour le plaisir de la contradiction, peut se perdre dans des idées absconses, peut être agaçant comme attachant.

Le redoutable est un film qui m a l air très très réussi sur l aspect "jlg aurait pu le faire, à la manière de jlg". Les gens qui parlent de jlg louent très souvent son humour, ce film en est très emprunt, ne serait ce que le titre, mélange de mélancolie, d absurde, de blague privée, de pensée finalement plus profonde qu elle ne paraît, ... l exemple le plus parlant de cet humour est la mise en abime de la discussion sur l inutilité de certaines scènes filmées.

Le film me semble très réussi pour qui est réceptif à jlg.
Reverdy
Reverdy

27 abonnés 92 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 janvier 2018
Film drôle, un peu burlesque. Hazanavicius, le réalisateur, fait la peinture d'un Godard qui se perd complétement dans le dogmatisme, et finit par s'isoler totalement. Cette perdition est intéressante autant au niveau psychologique qu'au niveau intellectuel et politique. L'univers et l'époque de 68 sont reconstitués : difficile de juger si cela est réaliste, mais cela a le mérite d’interroger cette période. Louis Garrel réalise une très bonne performance d'acteur en incarnant ce Godard qui creuse sa tombe tout seul, comme un grand (enfant).
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 mars 2018
J'ai trouvé ce film excellent... !
Louis Garrel est impeccable dans son interprétation... L'atmosphère de Mai 68 est brillamment restituée par Michel Hazanavicius.
Godard nous est présenté sous différentes facettes, mettant en exergue la complexité du personnage : tour à tour drôle attendrissant mais aussi terriblement agaçant dans ses excès notamment dans l'omniprésence voire son obsession pour une approche idéologique de l'existence.
Une grande réussite...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 octobre 2017
C’est un film assez divertissant, qui se laisse voir et fait bien rire. Louis Garrel est impeccable, pas loin d’être un acteur comique. Les dialogues et les situations sont parfois tellement drôles que l’on se demande si le personnage Jean-Luc Godard n’est pas en train de rejoindre celui d’Hubert Bonisseur de La Bath, avec ces jeux de mots délicieusement pourris (ou réussis) dont Godard était coutumier. Mais ce film est loin d’être un chef-d’œuvre et comporte même un gros défaut dans sa logique générale : la première heure fonctionne très bien mais ensuite plus on avance, plus le film semble se tourner vers une imitation à la lettre de certains coups d’éclat de Godard. On se dit qu’il aurait mieux valu mettre la vraie voix de Godard plutôt que de singer celui-ci. C’est un peu vain. Je trouve que le film est bon dans les scènes qui justement ne renvoient pas mot pour mot aux déclarations de Godard. En plus, Hazanavicius reproduit littéralement certains tics cinématographiques de Godard. D’accord, l’hommage est intéressant, avec la division du film en chapitres, les couleurs primaires, les collages, etc. ; mais au bout d’un certain temps, le film va au-delà du simple hommage pour tomber dans un travail de copiste faisant pâle figure par rapport à l’original. Car en fin de compte, c’est dans la stylisation que réside l’intérêt du film, dans ces passages où l’on sent que Hazanavicius a pris un malin plaisir à imaginer Godard en privé. Mais ça reste un film intéressant avec quelques moments mémorables, et qui évoque plutôt bien la radicalisation politique de Godard. Vous pouvez lire ma critique-interprétation complète (et illustrée) ainsi que d’autres critiques et articles sur le cinéma ainsi que des extraits de films sur mon blog : 7emeart.wordpress
Marc L.
Marc L.

69 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mai 2018
Je connais très peu la filmographie de Jean-Luc Godard, et les quelques films que j’en ai vu m’ont laissé une impression d’ennui assez insoutenable. Dans le même ordre d’idée, Godard ne constitue pas pour moi une figure médiatique familière et ma connaissance de sa biographie doit ressembler à une version simplifiée de l’introduction de sa fiche Wikipedia. Enfin, de toute façon, il n’est pas besoin de posséder une grande expertise sur le sujet pour apprécier ce biopic sélectif qui s’attarde sur la période 67-69, années charnières plus ou moins délimitées par la liaison du réalisateur avec Anne Wiazemski et qui vit la rupture de Godard, pour motifs politiques, avec le milieu du cinéma français et avec sa propre carrière antérieure, et la formation du collectif expérimental Dziga Vertov. Cet exercice biographique d’un genre nouveau est singulier par bien des aspects : Louis Garrel ne ressemble à Godard que d’assez loin, et force l’accent traînant et chuintant jusqu’à provoquer une sorte de permanence du ridicule. Si on repère des procédés visuels et sonores qui rendent hommage à la façon dont le réalisateur était parvenu à dynamiter les codes et le langage du cinéma dans les années 50 et 60, comme les slogans d’arrière-plan qui portent plus de sens que les dialogues qui se déroulent au premier plan, ou le sous-titrage qui décrypte les réelles intentions des personnages, on retrouve aussi des running-gags burlesques, comme le fait que Godard casse ses lunettes à répétition, effet dont le slapstick éclipse nettement la symbolique. La première impression est que Hazanavicius saccage méthodiquement l’image, sans doute encore iconique pour beaucoup de vieux cinéphiles, de Jean-Luc Godard, et qu’il transforme ce dernier en personnage de cartoon. Au terme du film, il sera nécessaire de ré-évaluer ce jugement trop hâtif et convenir qu’il serait plus juste de dire qu’il la désacralise en pointant toutes les contradictions d’un personnage que ses défauts et ses postures parfois ridicules rendent très humains : le cinéaste adulé de la jeunesse pour ses films avant-gardistes se fait incendier lorsqu’il intervient à la tribune des révoltés soixantehuitards tant il comprend peu les objectifs qu’ils poursuivent ; L’homme qui rêve de révolution et de maoïsme fait preuve d’une possessivité carrément petite-bourgeoise dès qu’il est question de sa femme ; celui qui se brouille avec ses amis et prend ses admirateurs de haut pour se construire une carrure intransigeante se sent finalement très seul dans sa tour d’ivoire. Le résultat, voué à être perçu très différemment selon les sensibilités politiques et la proximité avec l’oeuvre de Godard, n’en offre pas moins une vision assez exhaustive du parcours personnel du réalisateur à cette époque. Comme je l’ai déjà dit, il n’y a pas vraiment d’irrespect dans ce portrait iconoclaste : on pourrait plutôt comparer le procédé à la liberté qu’on peut prendre de charrier un vieux pote, justement parce que c’est un vieux pote. En tout cas, ‘Le Redoutable’ témoigne qu’il n’est pas toujours nécessaire d’être scolaire ou rigide quand on brosse le portrait d’une personnalité, et même pas quand on lui taille un costard.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 23 octobre 2017
Un film divertissant, reprenant l’esthétique des films de Jean-luc Godard. Pourquoi pas ! Après le naufrage de“The search“, Hazanavicius a voulu reprendre la recette de “The artist“ et des OSS, à savoir, celle du pastiche, qui lui a tant réussit. Mais ici, tout semble riquiqui, sans panache. Ça se laisse regarder, mais franchement, ça ne va pas très loin.
Sylvain M.
Sylvain M.

13 abonnés 169 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2017
On était en droit de s'attendre à mieux, notamment au niveau de l'écriture, dont le punch ne tient pas dans la durée. Le personnage est intéressant mais on y reste étrangers. Bien néanmoins.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 septembre 2017
Un mauvais film pas désagréable à regarder. Mauvais parce que le parti pris du réalisateur consistant à s’emparer du témoignage d’une éphémère épouse de Godard en 1967-68 pour lyncher le réalisateur n’est pas d’une grande élégance. On peut s’interroger sur le message contenu dans « La chinoise », film dont Godard semble mal digérer le mauvais accueil en 1967. Mais pour démontrer que le réalisateur s’est fourvoyé, il aurait fallu essayer de comprendre comment ce maoïsme délirant s’est installé dans les milieux intellectuels que fréquentait celui-ci à l’époque. En lieu et place, Hazanavicius verse au dossier des parties de jambes en l’air et des scènes dans lesquels le maoïste suisse se comporte comme un butor. Quant il se moquait d’OSS 117, il était tordant parce qu’il n’y avait pas de cible désignée (à part René Coty); ici, tenter de refaire du Godard en se moquant de Godard, n’est pas du tout drôle, y compris pour ceux ne vouent pas un culte à l’étoile de la Nouvelle Vague. Pourtant, cela se regarde sans ennui. Peut-être à cause du côté reconstitution historique qui sert de prime de rattrapage à une création incapable de saisir l’air de ce temps. Les décors, les costumes, des voitures d'époque à la pelle, les affiches, tout cela est superbe. La villa de Lazareff sur la côte d’Azur est un must de la déco années 60. Les acteurs sont très bien et les seconds rôles surprenants (Romain Goupil en flic, Mocky en « vieux con »…). Mais ce qui est à retenir et qui sauve le film, c’est l’histoire d’amour de cette pauvre Anne trimballée d’un bout à l’autre du film et qui lui donne ce côté regardable ; une histoire conventionnelle bourgeoise, juste ce que Godard détestait. Mauriac aurait apprécié.
PMarino
PMarino

2 abonnés 108 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2018
Pas mal, on suit la décomposition d'un couple via le cinéma, le cinéaste et les troubles des années 60. tres non Louis Garrel, bluffant en J.L.Godard
L'AlsacienParisien

687 abonnés 1 432 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 septembre 2017
"Le Redoutable" retrace un pan de vie du célèbre réalisateur de la nouvelle vague, Jean-Luc Godard. Michel Hazanavicius rentre avant tout dans son intimité et raconte une histoire d'amour dans une société en plein changement soit la période de mai 68. Il ne s'agit pas d'un biopic conventionnel et le nom de Godard n'est pas mis sur un piédestal ; en effet, il est représenté comme une personne antipathique, grognon, désagréable et dur. Le jeu maitrisé de Louis Garrel vient humaniser le réalisateur, le complexifier grâce à un humour subtil et un franc-parler cassant. Personnellement, je ne connais pas le cinéma de Godard et encore moins la personne et je trouve que "Le redoutable" est un juste milieu qui ne cherche ni à glorifier ni à critiquer ; il s'inspire de faits réels et en découle l'imagination et les rêveries du réalisateur et de l'acteur. Dans cette rêverie, on retrouve un second degré omniprésent qui constitue toute la force et le charisme du film : on se moque ouvertement des techniques cinématographiques courantes (sous-titres, effets) mais aussi de ce que l'on voit souvent dans les films (et je pense ceux de Godard) : scène de nu, adresse face caméra,... Ce sont des passages réussis et cocasses ! Mis à part ça, la photographie est très belle, avec un grain dans l'image, mettant l'accent sur les couleurs primaires et vives. Le début est très séduisant entre cette ambiance années 60 et cette auto-dérision mais je me suis un peu emmêlé les pinceaux historiquement parlant : on parle de de Mao, on parle de Révolution, que rien ne sera plus jamais comme avant et je manquais surement d'une base historique car je ne saisissais pas tous les éléments et les réactions. Mais le portrait dressé du Godard révolutionnaire est juste et fidèle à tous ceux qu'on côtoient encore aujourd'hui : toujours protestataire et toujours le dernier le mot, jamais content et dès qu'on creuse un peu, on remarque qu'ils n'ont pas vraiment d'arguments. L'histoire d'amour qu'il entretient avec la jeune actrice bat de l'aile et je trouve qu'il y a quelques longueurs qui nous font décrocher et qui auraient pu être raccourcies. Heureusement, la beauté simple et temporellement parfaite de Stacy Martin nous scotche et elle apporte un contre-balancier intéressant face au réalisateur. Leur histoire d'amour est sans surprises, prévisible et similaire à de nombreuses autres et cette banalité de la relation peine parfois à être sauver par l'excentricité de ses personnages. On retiendra cet humour aiguisé et une atmosphère politique et sociale où plane une incertitude planante, similaire à ce que l'on vit de nos jours.
Jessie23
Jessie23

34 abonnés 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 octobre 2017
Hazanavicius se sort très bien du piège qu'il s'était peut-être lui-même posé; car quel sujet plus casse-gueule que celui d'une période sans inspiration d'un des plus grands metteurs en scène de ces derniers 50 ans ? Cette période maoiste indigeste, frigide et impuissante de Godard.
Hazanavicus, avec l'aide de ses comédiens épatants, recrée une ambiance, une atmosphère avec humour et détachement. Les décors et costumes sont parfaits, c'est à noter.
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