C'est vrai que Godard devrait rester là. Sinon, continuer à faire du cinéma juste pour prouver qu'il est libre, n'a aucun sens, puisqu'il est peut-être libre, mais il impose son cinéma au spectateur qui n'a rien demandé. Dans ce film formidablement réalisé on voit parfaitement l'homme difficilement supportable qu'un aucun talent ne peut justifier.
Un film d'hazanavicius qui égratigne quelque peu Jean Luc Godard durant sa période soixante-huitarde. Nous découvrons à travers "Le Redoutable", ce cinéaste égocentrique, insupportable, imbuvable, antipathique et capable de renier sa vision du cinéma après Mai 68. Louis Garrel et Stacy martin sont excellents dans leur rôle respectif. Un film convenable.
Je ne pensais pas en le mettant et je me suis bien amusé avec cet hommage teinté d’acide d’Hazanavicius à Jean Luc Godard. C’est passionné, drôle, bien filmé et bien écrit, Godard y est décrit comme un cinéaste engagé mais par moment à côté de la plaque, imbus de lui même persuadé de détenir la vérité ultime et en même temps incapable de l’exprimer convenablement. Louis Garrel est excellent dans le rôle titre et la aussi j’ai été surpris. A voir que l’on aime Godard ou pas.
Jean-Luc Godard avec le regard d'Hazanavicius, cela promettait un film si ce n'est intéressant, au moins qui valait le coup d'œil. Et je n'ai pas été déçu. "Le redoutable" est un portrait tendre de Godard sur sa période soixante-huitarde, mais loin de le glorifier. On y voit les aspects les plus burlesques de ce personnage atypique. Ainsi, le film navigue entre biopic et comédie légère, car si le réalisateur emblématique de la Nouvelle Vague est bien tel que décrit ici, c'est un sacré personnage ! Louis Garrel est très convaincant, complètement investi dans son personnage comique. Même si la plupart du temps on sourit plus qu'on ne rit, je recommande ce film qui retrace l'esprit d'une époque plus libérée, en plein mai 68.
Ce n’est sans doute pas un portrait de Godard, mais la vision qu’en avait son épouse Anne Wiazemsky qui le rend attachant dans ses paradoxes, dans sa quête de ne pas devenir le genre d’individu qu’il déteste.
« Le redoutable » rime avec insupportable, imbuvable, abominable, désagréable voire détestable, méprisable, minable. Je ne parle pas du film mais de Jean-Luc Godard. Le fameux, le grand Jean-Luc Godard, « the » référence ! En ce qui me concerne, il n’a jamais été ma tasse de thé. Beaucoup d’ennui dans l’ensemble. Sans doute, ai-je un esprit peu prédisposé à apprécier ce soi-disant maître. Si je n’estime pas Godard, je ne suis pas un vrai cinéphile ! C’est comme en littérature, il faut avoir lu les textes fondateurs. Godard, cinéaste fondateur ! Godard est un Auteur avec un grand « A ». Pas touche ! En parlant d’auteur, je préfère Peter Jackson à Godard : « Je n’ai jamais compris le terme d’auteur parce qu’un film c’est un énorme travail d’équipe. J’encourage l’équipe à contribuer au film autant que possible. Je crois que c’est ça le boulot d’un réalisateur, une sorte d’entonnoir pour que toutes les idées créatrices soient centralisées en un seul point de vue. » Dans ma jeunesse, je trouvais ça snob d’aimer Godard. Puis avec l’âge, je me suis aperçu que c’était plutôt snob de ne pas l’aimer. J’assume mon snobisme. Et encore ! Avec l’âge, je me suis aperçu qu’il n’était pas toujours apprécié dans son entourage professionnel. De quoi vous sentir un peu moins coupable ! Et un peu moins snob !! Par exemple, Truffaut (tiens un autre auteur !), compagnon de route de Godard au festival de Cannes 68 s’est fâché avec le Jean-Luc. Celui-ci aurait tenu des propos déplaisants sur « La nuit américaine » tout en lui demandant de l’argent au passage. Truffaut aurait rompu les ponts invectivant Godard de « n'aimer les gens que théoriquement et de se comporter comme une diva ». Il suffit de fouiller sur Internet pour s’apercevoir que ce soi-disant géant du cinéma a été toute sa vie déplaisant. On se souvient de ses propos envers Quentin Tarantino (tiens, tiens, un autre auteur !) : « un faquin ». J’ai comme l’impression qu’il a toujours dénigré ses fans. Surtout ceux qui ne font pas le même cinéma que lui ou ne partagent pas sa philosophie radicale du cinéma ; ceux soi-disant dénués d’imagination ou installés dans un cinéma de confort. Lui est au-dessus du confort, au-dessus de l’imagination, c’est le Robespierre du cinéma, c’est l’Être Suprême du cinéma ! Il crédite ce culte par les nombreux hommages consécutifs à cette époque dorée où toutes les récompenses lui souriaient. Bref, il est au-dessus des autres ! Je lui reconnais ce trait de caractère : doit-il nécessairement dire du bien envers ceux qui disent du bien de lui ? Son honnêteté peut passer pour de l’arrogance. Est-ce vraiment de l’honnêteté ? De l’arrogance ? Il est comme ça Godard et on a le droit de ne pas l’aimer. Et lui s’en fout du quand dira-t-on ! Et quelque part il a bien raison. Et je lui reconnais également sa soif de vouloir sans cesse trouver d’autres expressions cinématographiques. De maltraiter l’image, de torturer un scénario, si scénario il y a ! Le grand miracle du film de Michel Hazanavicius c’est que je n’ai jamais été irrité de voir Godard à l’écran. Au contraire ! J’ai vraiment apprécié le point de vue du réalisateur, je parle de Michel Hazanavicius. « Le redoutable » est une comédie légère, ce qui ne signifie pas superficielle. Son Godard passe bien. Les propos, certainement nourris du livre de sa compagne Anna Wasiemsky, confirment mon opinion sur ce cinéaste pompeusement prétentieux et restent digestes. Le ton employé permet de sourire ou d’arracher quelques brefs rires. La direction d’acteurs y est pour beaucoup et l’interprétation de Louis Garrel est remarquable. On sait que les deux hommes avaient une vision différente du personnage. Celle optée par le réalisateur fonctionne bien. A cela s’ajoute Stacy Martin, d’une fraîcheur roborative, émouvante aussi. Ses silences parfois en disaient long sur son ressenti. Il en est de même pour Bérénice Béjo dans le rôle de Michèle Rosier que j’ai trouvée juste dans ses regards. Sa colère dans la voiture qui ramenait la troupe de Cannes à Paris était réjouissante tant elle était vraie. Ca faisait un bien fou d’entendre sa rage. Cette scène cacophonique m’a touché, parce que réussie. D’autres séquences sont excellentes comme le sous-titrage des pensées de Godard et d’Anna. La mise en abîme de la scène de nu : Godard, nu, s’interroge sur la justification de la nudité à l’écran ; il s’interroge avec Anna également nue ! Avec Michel Hazanavicius, j’ai ri avec (son) Godard. Et c’était vraiment amusant. Comme cette dernière scène sur un énième travelling latéral, on entend un désaccord entre l’équipe du film de Godard et Godard lui-même lequel pris au piège sur la méthode adoptée Dziga Vertov ! Voilà un film étonnement plaisant sur un personnage déplaisant. Voilà la force de Michel Hazanavicius. Le réalisateur aurait pu nous pondre un film conventionnel. Il aurait pu en faire un brûlot ou un hommage angélique. Non, il nous conte un récit ponctuel, un moment de vie du cinéaste Nouvelle Vague qui se cherche une nouvelle voie cinématographique ; il ne nous épargne pas les propos tendancieux du cinéaste franco-suisse au sujet des juifs ; son arrogance envers les petites gens, envers son entourage professionnel, envers ses proches tout en nous en faisant un être lunaire presque sympathique dans sa forme. Pour terminer et pour le plaisir. Godard pas facile d’accès ? Quand on lui posait la question il répondit : « Eh bien, moi, c'est aux films d’Henri Verneuil que je ne comprends rien ! » Godard provocateur, sans doute. Godard arrogant, sans aucun doute. Godard assurément « Redoutable ».
HISTOIRE DE CINEMA. Je vous salue Jean Luc, Godard le fou. L'exception de la culture, la propulsion d'un cinéaste par la passion de Hazanivicius. Une mise en scène pleine de trouvailles et de surprises. Une bande à part, une nouvelle vague, un nouveau souffle, un cinéma de papa, un cinéma qui pense. Tout va bien.
Un film surtout pour cinéphile... Une histoire simple, les rapports de couple entre un cinéaste suisse (très surestimé) Godard et son égérie d'un moment : Anne Wiazemski. Un document aussi sur une époque : les jours de mai 1968 chez les intellectuels parisiens. C'est très bien fait, le cinéaste nous croque ici un Godard plus vrai que nature, des dialogues souvent bien envoyés à son encontre tapent juste, et nous présentent un homme fat, méprisant, égocentrique, un vrai idiot utile pour ces faux révolutionnaires. J'ai rarement apprécié les films de Godard, (sauf Alphaville) et ce film ne va pas me faire changer d'avis.
Contrairement à ce que dit un internaute, nul besoin d'être fan de Godard pour apprécier ce film. Personnellement je ne suis pas du tout fan et pourtant j'ai été charmé par ce très beau film. En effet, la réalisation est particulièrement soignée, les acteurs sont parfaits, il y a de l'humour, de la sensibilité et l'esthétique est vraiment belle avec beaucoup de couleurs. Ce film est particulièrement charmant en tous points.
Ennuyant. Déjà Louis Garrel j'ai toujours eu du mal même si il est vrai que la il fait preuve d'un vrai jeu d'acteur. Il y a ici et la quelques bonnes idées de mise en scène (la scène des sous-entendus sous titrés même si piqué à Woody Allen est géniale). Mais l'ensemble ne m'a pas transcendé et le film m'a paru long... Dommage.
Michel Hazanavicius et Louis Garrel s'amusent visiblement... Tant mieux pour eux ! Le spectateur, au mieux, pouffera deux ou trois fois. Garrel est excellent, l'exercice de style est amusant, le personnage est détestable et fascinant à la fois, mais le film est terriblement ennuyeux.
Film magistral, stylé, servi par des acteurs au top. Très touché par la prestation remarquable de Stacy Martin. MH a insufflé de l'humour dans la vie de l'odieux Jean-Luc Godard (dixit son épouse), c'est très fort et très intelligent. Que l'on aime ou pas JLG, c'est un film à voir.