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black B.
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3,5
Publiée le 15 février 2018
Je pensais pas être captivé longtemps devant ce film et bien je me suis trompé, on se laisse emporter le long de mises en scènes singulières, dans la vie de ce personnage auto-destructeur. Le cinéma français n'est pas complètement mort. 3.5/5
N'ayant jamais vu de film de la fameuse "Nouvelle vague" et ne connaissant Jean-Luc Godard que de réputation, j'ai longtemps hésité à regarder ce long-métrage et je n'en attendais pas grand-chose pour au final découvrir une personnalité complexe dévoilée par le biais de sa relation amoureuse délétère avec Anne Wiazemsky. Une réalisation de Michel Hazanavicius assez peu novatrice dans le genre du cinéma biographique mais dont la mise en scène est tout de même rehaussée de quelques riches idées. Louis Garrel est excellent, réussissant sans peine à s'effacer devant son rôle et Stacy Martin livre une prestation à la fois subtile et intérieure, très aérienne. Bien mais sans non plus être un grand film.
Ce film propose une réflexion intéressante sur le cinéma et la révolution. Néanmoins, le scènes de nudités m'ont vraiment dérangée. Elles n'ont aucun intérêt et n'apportent rien au film, si ce n'est de la gêne au spectateur qui détourne son regard. Non à la pornographie cinématographique !
"Le Redoutable" n'est pas un film-hommage au premier SNLE français. Ce n'est pas un "biopic" - du cinéaste-phare (restons dans le "maritime") de la Nouvelle vague. Quand le premier est lancé en 1967, et le second commence au même moment sa descente, "politique", en devenant un "mao" béat. Ce dernier film (en date) de Michel Hazanavicius est de l'ordre de l'hagio-comique (expression-valise de mon cru...). Très réussi, car fidèle à sa veine habituelle, sarcastique et cinéphilique à la fois. Ce portrait d'un archétype du bobo "impliqué" (avant la lettre) est saisissant. De vérité, et de cruauté. Godard, nombriliste embranchement masochiste, se voit donc en "révolutionnaire", cristallisant ses fantasmes sur les idoles sanguinaires du moment, au premier rang desquelles le dictateur chinois, faisant SON mai-68. Sous les yeux, d'abord énamourés d'Anne Wiazemsky, fille de prince russe en exil et petite-fille de Mauriac par sa mère (que du très chic....), qu'il déniaise, puis épouse (une génération, ou presque, les séparant en âge), puis de plus en plus critiques, quand la crise monte (le "révolutionnaire" étant fort bourgeoisement jaloux, et obsessionnel). C'est bien filmé (façon Godard "première manière", celle du "Mépris" - avec des trouvailles en pagaille sur le plan visuel, en prime), Louis Garrel faisant, au physique (ingrat), comme dans le jeu, un JLG très présentable ! Et que c'est drôle.... ce portrait, si réaliste, de l'"intello" gauchiste. Dans toute sa splendeur....
Si la composition de Louis Garrel est troublante de vérité tant sur le physique que sur la voix, pour le reste.... Plutôt hermétique au cinéma de Godard, (j'en ai tout de même vu 6 dont celui avec Delon en projection à Cannes qui avait été longuement hué. "A bout de souffle" est le seul que j'ai adoré) et ce n'est pas cette approche de l'homme qui me fera changer d'avis. Prétentieux, nihiliste, égotiste, égoïste, et ici dans la période choisie où tout est politique, où tous les festivals sont annulés avec Mai 68, en petit bourgeois révolutionnaire, maoïste bobo. Loin d'offrir un portrait à la gloire du chantre de la Nouvelle Vague, le réalisateur nous prive de surcroit d'une carrière de plus de 50 ans et se consacre à son engagement politique qui finit juste par ennuyer. Un parti-pris plutôt frustrant. "Le Redoutable", nom d'un sous-marin est donc à présent aussi celui d'un film dispensable.
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3,0
Publiée le 2 février 2018
Le moins que l'on puisse dire, c'est que "Le Redoutable" est vraiment un film atypique que ce soit au niveau du traitement de l'histoire ou de la mise en scène. Michel Hazanavicius s'intéresse à la période de remise en cause de Jean Luc Godard durant laquelle il s'intéresse à tout ce qui touche à toute forme de révolution ce qui l'amène également à renier complètement son travail et à changer totalement. Le réalisateur dresse un portrait peu glorieux de Godard et ne l'épargne absolument pas seulement il n'y a rien de méchant, car tout ou presque est tourné en dérision tandis que le ton du film est très léger. Il y a pas mal de références, notamment visuelles, de bonnes idées de mise en scène et un côté absurde et décalé très appréciable notamment lorsque les dialogues sont à l'opposé de ce que l'on nous montre. Il n'est pas nécessaire de connaître Godard ou ses œuvres pour apprécier ce film qui est pas mal, bien réalisé et parfaitement incarné par Louis Garrel et Stacy Martin.
Sur la forme ce film a pour lui ses quelques moments de pastiches et d'humour (la conférence de presse au début par exemple) ou encore des parenthèses de meta-cinéma (la scène sur la nudité, les travellings), mais dans le fond voir des petits mecs de Canal par la voix d'Hazanavicius venir peindre l'auto-portrait de Godard en prenant bien soin de le faire passer pour un type perclus d'incohérences qu'il fallait faire taire, ça me révulsespoiler: . Rien que ce passage où on le montre prendre position sur la Palestine et les "juifs nazis d'aujourd'hui" il est clairement ridiculisé , quitte à le réduire à l'état de lâche qui n'a plus de répartie confronté à la foule, idem lors de son face à face avec les cinéastes italiens, il fuit, c'est censé nous dire quoi exactement ? Comme son rapport à la bourgeoisie qu'il méprise comme il méprise le prolétaire, tout le monde lui tourne le dos et il ne reste que lui, dans la quasi totalité du film Godard est détestable, et l'ambition de Hazanavicius n'est pas de le réhabiliter mais de montrer un artiste qui a renoncé par la loi du plus grand nombre, comme si il l'avait bien cherché. Mais je pense que le personnage est bien plus complexe que ça, plus tragique, plus torturé, plus touchant, et qu'il y avait justement une synthèse à faire là dessus, à l'image de sa vie de couple avec Wiazemsky, en fait je trouve que le dernier acte aurait dû être le coeur du film, montrer un avant et un après, en gros qu'il y ai un intérêt à cette histoire, et non une accumulation intermittente de petits exercices de styles plus ou moins audacieux pour faire le malin. Ou alors à la limite ne faire que ça du début à la fin et assumer de copier Godard et passer pour un faquin ultime, parce que j'ai du mal à croire que le geste d'Hazanavicius soit sincère, qu'il aime Godard, je ne l'ai vu que mettre la main dans le cul de Garrel pour jouer avec lui comme une marionnette zozotante, à réaliser un film bobo-branchouille sur un cinéaste qui lui aurait bien volontiers craché dessus, bref je ne sais pas si c'est lui faire honneur, et je pense qu'il n'avait rien demandé en plus. Plutôt que de créer on imite, ainsi va la vie au temps du consommable.
Film de fan d'un cinéaste, d'une époque et d'un état d'esprit... Aujourd'hui complétement disparu, au sens propre ou au figuré... C'est drôle, attachant et "chiant" à la fois. Mais attention ! Ce n'est pas un hasard... Le film est complétement maitrisé de bout en bout. Les dialogues sont bon, l'histoire est joli, et les gags potaches mais élégants. Et surtout, la réalisation et la mise en scène sont vraiment superbes. Michel Hazanavicius s'impose vraiment comme un maitre en la matière. Un grand narrateur du cinéma...Et si un jour, on vous demande de quoi parle Le Redoutable, vous n'aurez qu'a dire que c'est un film amusant, où Jean-luc Godard casse ses lunettes... Mais pas que... :) Je serais curieux de savoir ce qu'en ont pensé les véritables protagonistes de l'histoire... Et en particulier Godard, bien sur...
Film drôle, un peu burlesque. Hazanavicius, le réalisateur, fait la peinture d'un Godard qui se perd complétement dans le dogmatisme, et finit par s'isoler totalement. Cette perdition est intéressante autant au niveau psychologique qu'au niveau intellectuel et politique. L'univers et l'époque de 68 sont reconstitués : difficile de juger si cela est réaliste, mais cela a le mérite d’interroger cette période. Louis Garrel réalise une très bonne performance d'acteur en incarnant ce Godard qui creuse sa tombe tout seul, comme un grand (enfant).
On était en droit de s'attendre à mieux, notamment au niveau de l'écriture, dont le punch ne tient pas dans la durée. Le personnage est intéressant mais on y reste étrangers. Bien néanmoins.
Un film divertissant, reprenant l’esthétique des films de Jean-luc Godard. Pourquoi pas ! Après le naufrage de“The search“, Hazanavicius a voulu reprendre la recette de “The artist“ et des OSS, à savoir, celle du pastiche, qui lui a tant réussit. Mais ici, tout semble riquiqui, sans panache. Ça se laisse regarder, mais franchement, ça ne va pas très loin.
Hazanavicius se sort très bien du piège qu'il s'était peut-être lui-même posé; car quel sujet plus casse-gueule que celui d'une période sans inspiration d'un des plus grands metteurs en scène de ces derniers 50 ans ? Cette période maoiste indigeste, frigide et impuissante de Godard. Hazanavicus, avec l'aide de ses comédiens épatants, recrée une ambiance, une atmosphère avec humour et détachement. Les décors et costumes sont parfaits, c'est à noter.
Est-ce une pure parodie ? Un plaisir coupable de cinéphile ? Ou encore un hommage aigre-doux à une figure mythique du Septième Art ? Quand un réalisateur consacre un film à un autre réalisateur, qui plus est un glorieux aîné national, on peut s'attendre à quelques fautes de goûts en chemin, soit par respect trop appuyé envers un maître de son temps soit par une volonté de le dézinguer trop appuyé. Rien de tout cela ici, nous sommes à la frontière entre le Hazanavicius « esprit Canal » (son fameux Grand détournement) et celui de The artist. Autrement dit humour loufoque et hommage font bon ménage pour nous donner un portrait mesuré de ce génie controversé du cinéma français. Godard est successivement présenté comme auteur usé après des années 1960 glorieuses, emballé par le mouvement de mai 1968, excédé par le conformisme de ses contemporains et enfin rattrapé par le fossé entre ses théories et sa pratique de réalisateur. Son couple se déchire au gré de ses humeurs, comme un sempiternel va-et-vient entre ses artifices de provocation et ses ressentis d'éternel insatisfait. Sans pousser la psychanalyse bien loin, voilà un film traitant d'un homme qui ne s'aime pas (ou plus) et se retrouve pris dans une fuite en avant, condamné à créer des formes narratives de plus en plus complexes pour contrecarrer ses déceptions. Sans jamais donner son absolution à son sujet, Hazanavicius consacre ses différentes gimmicks de mise en scène tout au long du récit, retrace fidèlement le contexte et tourne formidablement en dérision les obsessions Godardiennes. L'exploit du processus consiste à pouvoir attirer à la fois les néophytes, les fans ultras et les anti Godard puisque chacun y trouvera son compte. Autant ne pas passer à côté de cet exercice de genre audacieux.
Lorsque j'avais entendu les critiques assassines du film au Masque et la Plume, cela m'avait agacé. Maintenant que j'ai vu le film, c'est le personnage de Jean-Luc Godard, qui m'agace. Rien de son génie ne transparaît à l'écran. C'est plutôt sous un jour polémiste, qu'il apparaît et tout cela manque un peu d'envergure. Sa suffisance intellectuelle affichée fait de lui un être sans compromis et finalement assez méprisant. Qu'un spectateur vienne lui témoigner de son admiration l'irrite, il en devient odieux, mais ce que je ne lui pardonne pas, c'est de se montrer aussi rustre avec la magnifique Anne, sa bienaimée. Sa jalousie, lorsqu'elle lui résiste en partant tourner en Italie, est médiocre, puisqu'il s'en réfère aux valeurs bourgeoises du mariage. Et puis,je crois que je déteste le contraste en la beauté et la candeur d'Anne Wiazemsky, de vingt ans sa cadette, et les propos odieux que lui adresse JLG. L'hermétisme et le paradoxe affirmés et revendiqués ne font pas le génie. Je ne sais auquel des deux cinéastes je dois en vouloir, l'auteur du "Redoutable" ou celui auquel le film est consacré.