141 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
21 critiques spectateurs
5
2 critiques
4
2 critiques
3
5 critiques
2
7 critiques
1
4 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
benoitparis
143 abonnés
1 277 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 3 mars 2012
La reprise du thème central de « La prisonnière » de Proust : l’irréductible séparation de l’homme et de la femme, la jalousie obsessionnelle masculine pour l’homosexualité féminine. Le film d’Akerman est paradoxalement dépouillé, malgré sa lenteur et son décorum très bourgeois. Aucune scène n’est décorative ou inutile, tout traduit la tension obsessionnelle. Le dialogue entre l’homme et la femme mêle curieusement le vouvoiement bourgeois et distant avec le tutoiement familier. Le cinéma d’Akerman n’a rien de facile, il ne fait aucune concession à la rapidité, la facilité de lecture. Un peu comme le texte de Proust. La pénombre omniprésente, la musique funèbre, donne une ambiance crépusculaire impressionnante.
Nosferatu. On doit parler d'expressionisme et de romantisme, plutôt que de Proust. Commençons par le langage du corps du vampire Simon - sublime. Sa façon de marcher, de regarder, de prendre, de se coucher sont autant des moyens d'une solitude pour saisir le monde, en faire partie, toute en etant quelque part a coté. Ensuite, la façon de la camera de le suivre, de les suivre - sublime au carré. C'est un des plus beaux travails au cinema ces derniers années sur l'espace, par ailleurs. L'image, elle aussi, porte la marque d'une sensualité ne pouvant sortir des etres, toute en impregnant l'air q'ils respirent. L'ombre d'un doute (AH), la soif d'un mal (OW) et la hantise (GC) sont la, dans chaque plan. Les yeux sont grand fermés (SK), oui, car c'est un regard vers l'intérieur de nous-mêmes, de l'amour et du desir. Nosferatu Phantom der Nacht.
oui je suis jaloux de Sylvie Testud et encore plus maintenant. Je préfère voire ce film que de lire Proust, pas évident quand même! mais quand il y a Sylvie Testud à l'écran, c'est quand son prochain film...jaloux on vous dit!
Chantal Akerman est une réalisatrice au talent cinématographique difficilement contestable. Mais "La captive" (2000) n'en est pas moins un film hautement exaspérant! Inspiré de "La prisonnière" de Proust, il nous conte l'histoire désespérément médiocre d'un couple en crise, en l'élevant artificiellement au rang de grande tragédie. La réalisatrice opère cette transmutation douteuse par l'entremise d'une mise en scène indéniablement magnifique et par l'usage habile du motif initial (le motif de Charon) du superbe poème symphonique "L'île des morts" de Rachmaninov, lequel contribue beaucoup à donner au film sa grandeur factice. Le problème, c'est que Simon et Ariane, les deux protagonistes du "drame", sont de parfaites "têtes à claques" et que, dès les premières minutes du film, on éprouve l'irrésistible envie de les gifler et de les secouer comme des pruniers, tant ils semblent avoir perdu jusqu'à la notion de ce que pourrait être le plus élémentaire bon sens. Ils ont le nez narcissiquement coincé dans le nombril (gare aux torticolis!) au point que leur compréhension de ce qu'est réellement une tragédie humaine ne semble plus pouvoir dépasser l'horizon des replis carnés de leur ombilic. En clair, un drame parfaitement formaté pour le "bobo" qui, sans renoncer à sa caviar-champagne-party hebdomadaire, persisterait à revendiquer le titre de plus grande victime expiatoire sur l'autel de la misère humaine.
Un jeune homme (joué par Stanislas Merhar) est tellement amoureux de sa compagne (Sylvie Testud), quil la suit puis la fait suivre dans chacun de ses faits et gestes. Leurs rapports ont beau être amoureux, ils restent extrêmement froids et distants (ils se vouvoient, font chambre à part) et virent progressivement à la démence, le jeune homme ne supportant pas que son aimée lui échappe. Chantal Ackerman, la plus exigeante des cinéastes belges, voire du monde, livre ici lun des ses meilleurs films. Mais lexigence est telle que lon court le risque de rester à lextérieur, de ne pas être inviter à partager cette ronde de sentiments, tellement glacés, tellement épurés, que lon est à la lisière de labstrait. Dans les meilleurs moments, « La Captive » évoque la fin de carrière des Robert Bresson (« LArgent » par exemple) et son ascétisme qui vire à la profession de foi, ou celle de Gus Van Sant (grand admirateur dAckerman quil considère comme sa cinéaste favorite) de par ses cadrages, ses mouvements de caméra, sa captation des corps mouvants dans un espace déterminé. Dans les pires moments, on se dit quon frôle le nombrilisme, et le non-sens bourgeois, celui quaimant tant décrier Bunuel. Une cinéaste à connaître en tout cas, ne serait-ce que pour son statut unique dans lesthétique contemporaine dominante.