Les Harmonies Werckmeister
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Aboulafia
Aboulafia

1 abonné 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Je ne sais pas comment exprimer ce que j'ai ressenti en visionnant ce film, c'est au délà des mots. Puissant ? Beau ? Emouvant ? Troublant ?
La force qui s'en dégage m'a fait comprendre qu'il y avait une vie en dehors du cinéma commercial. C'est comme une expo photo qui serait en mouvement et sonorisée. Sans doute est-ce de l'Art ? Mais en fait je m'en fous, à ce stade ça n'a plus aucune importance.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 novembre 2023
Sans doute un des titres majeurs de la filmographie du hongrois Béla Tarr, un des plus éminents représentant du slow cinéma ( suite de longs plans séquence, aux effets quasi hypnotiques, dotés de peu de dialogues).

Tarr, sans doute un des cinéastes les plus Schopenhaueriens du septième art, convoque ici la figure du prophète Jonas ( on retrouve sa présence dans les textes sacrés des trois monothéismes) pour porter un regard désespéré ( le réalisateur dirait " tragique" ) sur la condition humaine.

L'esprit des Lumières, le poids de la beauté et de ses subtilités, de la culture haut de gamme ( un intellectuel étudie les théories musicologiques complexes du théoricien allemand du XVII e siècle Werckmeister) ne pèseront pas lourd face à la négativité et la barbarie des Hommes et du monde.

Ce serait commettre une erreur d'interprétation que de penser que ce regard serait cantonné à celui du camp socialiste soviétique.

Pour Tarr, il n'y a rien à espérer. Même l'observateur bon et serviable ne pourra pas se sauver et sera gagné par la folie, la sidération..

Témoin de la désespérance absolue ; même la baleine figure allégorique biblique envoyée par Dieu pour punir Jonas fuyant sa mission ( convertir Ninive où règne le chaos) a été capturée par le mal et en meurt.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 octobre 2007
Je découvre enfin l'univers unique de Béla Tarr. Sachant de prime abord qu'il avait inspiré le grand Gus Van Sant, je ne pouvais qu'adorer. Les Harmonies Werckmeister est un véritable OVNI du cinéma contemplatif, un chef d'oeuvre de l'hypnose. Le destin pathétique de Janos, être idéaliste qui croit encore à la bonté de l'Homme, est absolument sidérant. Ce qui est particulièrement beau, c'est que ce personnage conserve son optimisme en dépit du chaos qui s'installe autour de lui. L'ouverture est un moment de poésie fabuleux : on y voit des comédiens d'un soir, à l'ivresse de toujours, littéralement transportés sur orbite par le magicien Janos. L'Oeuvre d'art de Béla Tarr est composée de plans séquences tous plus beaux les uns que les autres : travellings épousant les corps des personnages déambulant dans cette cité déchue ( on voit le style qui a inspiré Van Sant pour Last Days ou encore Gerry ), noir et blanc charbonneux qui confine à la grâce, panoramiques envoûtants, etc...Une pièce maîtresse dans le cinéma de ce début de siècle. Long mais tellement beau : un direct au coeur.
Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2007
Quelle joie rare de pouvoir porter au pinacle un film récent! «Les harmonies Werckmeister» (2000) de Béla Tarr constitue à ce jour le chef-d'oeuvre de son auteur, supérieur même, car plus dense et concis, à «Satantango» pourtant déjà très remarquable. On y observe deux hommes qui gardent leur espérance intacte au coeur d'une ville livrée au chaos et à la violence du communisme hongrois. Le premier, simple d'esprit, s'émerveille des beautés de la création et de l'harmonie du cosmos. Le second, musicologue d'occasion, proclame sa nostalgie de l'harmonie des sphères et d'une musique idéale basée sur la gamme pythagoricienne. Il maudit d'ailleurs Andreas Werckmeister d'avoir compromis son idéal par ses spéculations sur le tempérament. Nos deux «héros» s'accordent bien sûr dans leur commune contemplation de la musique inaudible de l'univers et ils vont de la sorte tenter de survivre au chaos. Celui-ci sera proche de les anéantir mais ils en réchapperont de justesse. Et la douloureuse scène finale laisse poindre au coeur de la désolation une petite mais poignante ouverture vers la lumière. On ne sait ce qu'il faut le plus louer dans ce film richissime et en tous points remarquable: la photographie merveilleuse qui renoue sans complexes avec le noir et blanc, l'incroyable pouvoir de suggestion du style inimitable de Tarr (cfr les rythmes obsessionnels des marches) ou encore la divine lenteur des plans-séquences qui épousent le rythme même de la vie! On n'évoquera qu'une seule scène, merveilleuse: la première, qui suggère le thème central du film! Tarr y chorégraphie une danse d'ivrognes qui miment la mécanique céleste. Mais ce n'est là que le premier coup d'éclat d'une oeuvre parmi les plus puissantes de ces dernières années!
Tanezir
Tanezir

44 abonnés 583 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 janvier 2010
Ce film est tout simplement sublime du début à la fin. La scène d'ouverte est superbe et celle de fin aussi même si elle n'a pas exactement la même intensité. Tarr a une maitrîse d'enfer. Ce contemplatif est vraiment merveilleux, la photographie m'a beaucoup plu. L'enchaînement des scènes, tous les plans contemplatifs, surtout la scène dans l'hôpital que j'ai trouvé très bien.
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 janvier 2014
Malgré quelques longueurs, "les harmonies Werckmeister" s'avère être un véritable chef-d'oeuvre surréaliste. Superbe, des plans captivants, une musique magnifique, une ambiance apocalyptique de fin du monde. Béla Tarr est un génie du 7ème Art.
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 septembre 2007
Béla Tarr est un génie et "Les harmonies Werckmeister" représente sûrement le plus grand film de ce début de 21ème siècle. Point. C'est du jamais vu. Ce film est certes très exigeant pour le spectateur lambda en cela qu'il demande de voir du cinéma comme on en a jamais regardé, de regarder le cinéma comme on scrute la vie (les impatients abandonneront vite). "Les harmonies Werckmeister" se construit comme une succession de plans séquences tous plus remarquables les uns que les autres. Les mouvements de caméra, fonctionnant comme un regard d'accompagnement, sont absolument sublimes d'évidence nous offrant une chorégraphie de la mise en scène extraordinaire. Impossible de raconter objectivement l'histoire (ou alors en détaillant plan par plan ce qui se passe à l'écran) tant le film est construit sur l'ouverture, interagissant en permanence avec le spectateur en attisant sa curiosité et en développant son imaginaire. C'est un cinéma de la contemplation, de la rêverie, de l'abstraction, débouchant sur une foultitude d'interrogations, de réflexions, de sensations, variables selon la sensibilité du spectateur. Celui-ci se retrouve comme hypnotisé devant tant de beauté, oubliant par la même qu'il regarde un film. Du grand art. Si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'admirer les oeuvres de Tarr, réparez vite cette lacune. Je crois qu'il est impossible de parler du cinéma d'art d'aujourd'hui si on n'a pas vu "Les harmonies Werckmeister".
Daniel Schettino
Daniel Schettino

31 abonnés 241 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mars 2017
L'histoire se déroule dans une ville terne et sinistre avec son froid qui nous envahi. Il n'y a aucune échappatoire. Des centaines d'hommes ventripotents, vieux, silencieux, sont réunis sur la place principale de la ville, et forment une masse menaçante "sans visage". Le film se compose de plans-séquences alternant lenteur et rapidité. Le gros plan sur le feu du poêle est annonciateur d'un sinistre présage avec les troubles qui vont envahir la ville. Le film met en lumière le déclin des idées. Il est vrai qu'on peut se demander pourquoi Bach et Mozart ? Alors que la fin du monde aura lieu irrémédiablement dans environ 500 millions d'années. D'où l'harmonie archaïque, reconnaissance silencieuse de la destinée de la Terre. Les prémonitions de Béla Tarr sont saisissantes avec le climat délétère du film on pense à la dérive conservatrice de Viktor Orbán et avec le vandalisme de l'hôpital on se souvient de l'hôpital pour enfants Necker à Paris, visé par les actes de vandalisme de casseurs.
Iloonoyeil
Iloonoyeil

88 abonnés 367 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 octobre 2024
Bonjour tout le monde,


Les mots manquent pour écrire au sujet de cette œuvre cinématographique irréductible, poétique, chaotique, magnétique, historique et polyphonique.


Ainsi " parle" Béla Tarr par les images, les paysages réels et mentaux, les sons polyphoniques ou naturels vers une symphonie mystique, onirique et cosmique...........

La musique de Mihály Vig est un vrai personnage et sublime le propos visuel de ce cinéaste austère, lucide, atypique, précis et probablement philosophe ............

Des lents plans séquences, méditatifs et philosophiques, se dégagent, peu à peu , une réflexion sur les humains, sur le macro - cosmos et le micro - cosmos autour d ' une baleine et d 'un mystérieux prince, nous suivons le protagoniste principale dans ces parages métaphoriques et si magistralement filmés et mises en lumière par Béla Tarr, le maître du temps cinématographique évidemment.
Bien à vous.
Gérard Michel
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 septembre 2010
Certes, la critique que porte cet objet pourrait se résumer à un simple refus, à un « retour en arrière » face aux valeurs en place depuis trop longtemps déjà. Il va bien plus loin… et nous aussi. Le voyage au néant n’est pas sans « sacrifice ».
Rien ne se paie.

Voyez, si ce n'est pas déjà fait
Fodé C.
Fodé C.

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 novembre 2023
Je ne sais pas le mérite que d'autres ont vu dans ce film qui en fait en film qui mérite d'être vu.

Il est plus incompréhensible qu'abstrait
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juin 2007
Sublime tout simplement....
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 juin 2007
Difficile de faire différent après toutes les louanges tressées par les autres spectateurs. Les Harmonies Werckmeister, c'est l'un des films les plus étranges que j'ai jamais vus. Etrange un peu dans son histoire, mais surtout dans sa beauté, à la fois insaisissable et tellement proche, intime. C'est un film qui laisse totalement libre dans les analyses que l'on voudra faire, à tel point que l'on se sent presque orphelin à cause de tout ce qu'il apporte et que l'on ne peut lui rendre. Et pourtant ! Ceci dit, il serait par trop réducteur de vouloir en faire un film à clé car il n'y a pas une clé, mais dix, vingt ... Et leurs portes s'ouvrent chaque fois différemment, selon que l'on a commencé de réfléchir sur le début, sur la fin, ou sur telle ou telle scène. Dans les autres films étranges et beaux que j'ai en mémoire, il y a par exemple Les Ailes du désir, de Wim Wenders, La légende de la Forteresse Surami, de Serguei Paradjanov, Les aventures de Dieu, d'Eliseo Subiela... Aucun d'eux ne se ressemble. Mais tous partagent l'urgence de créer, la fragilité de la vie et de la beauté, l'indifférence aux exigences commerciales et aux règles de tournage convenues. Cinéma exigeant ? oui, sans doute, mais pas inutile, au contraire indispensable ! On trouvera ailleurs sur la toile un commentaire d'une spectatrice qui avoue avoir décroché après un quart d'heure et être partie se coucher, pendant que son mari restait, soufflé par la force du film. Je comprends très bien ça. Autant le dire : on ne regarde pas les Harmonies Werckmeister sans être un peu prêt, reposé et motivé. Mais les films extraordinaires sont à ce prix.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 août 2008
(Vu en DVD) Ce qu'il ne faudrait pas faire, car la durée d'un film est toujours plus délicate à appréhender en DVD, on a toujours mille choses à faire qui nous rendent plus impatient devant un film lent.
Cette réserve idiote faite, le film de Bela Tarr est d'une densité immense, quelque chose là fait sens sans s'épuiser à l'allégorie, les plans s'impriment en nous durablement, le visage des acteurs, la scène de l'hôpital... Un grand film, n'en doutons pas.
Lamia Iddouche
Lamia Iddouche

7 abonnés 211 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 avril 2026
Ce film m’a donné une sensation étrange, presque inconfortable.
Comme si j’étais dans un monde où tout est lent, silencieux, mais en même temps sur le point de basculer.
J’ai eu l’impression que les gens dans le film cherchent quelque chose… mais sans savoir quoi.
Ils suivent un mouvement, une rumeur, une présence, sans vraiment comprendre. Ça m’a fait penser à la façon dont les gens peuvent être influencés facilement.
La baleine m’a marquée, mais pas comme quelque chose de vivant.
Au contraire, elle m’a donné une sensation de vide.
Comme si tout le monde venait la voir pour donner un sens à quelque chose… mais qu’au fond, il n’y avait rien.
Le personnage de János m’a semblé très pur, presque trop pour ce monde.
Il regarde tout avec innocence, mais il est entouré de quelque chose de plus sombre, comme si le monde autour de lui ne pouvait pas rester calme longtemps.
Ce qui m’a le plus touchée, c’est que la violence arrive sans vraie explication.
Et ça fait peur, parce que ça donne l’impression que ça pourrait arriver n’importe où, à n’importe quel moment.
Le film ne cherche pas à expliquer, mais à nous faire ressentir un malaise.
Et pour moi, c’est ce malaise qui reste après.
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