Voilà un film magnifique et très émouvant. Alors l'histoire est triste certes mais le film est tellement fort que cela vaut le coup de le voir. Il est distribué uniquement dans les cinémas indépendants (pas dans les grandes chaînes) ce qui est dommage vu le sérieux et le potentiel de l'histoire. Un jeune garçon de 16 ans vit avec son père (il n'a jamais connu sa mère qui est partie quelques jours après sa naissance). Il trouve un boulot par hasard à côté de chez lui, il doit s'occuper de chevaux et il est amené à se prendre d'affection pour un cheval en particulier qui s'appelle "Lean on Pete". Donc dans la première moitié du film, on voit son quotidien entre son père et son travail avec ce cheval. Malheureusement deux drames vont arriver à ce jeune garçon. spoiler: Premièrement, son père va décéder à l'hôpital car il a été gravement blessé par un homme car il a eu une relation avec la femme de cet homme.
Deuxièmement le cheval dont ce jeune garçon s'occupe, qui n'a plus de bonnes performances aux courses, va être vendu à un abattoir.
Notre jeune garçon va décider de s'enfuir avec le cheval afin de trouver refuge chez sa tante dans un autre état des USA. La seconde partie du film commence, on le voit chaque jour avec ce cheval (d'abord avec le moyen de locomotion avec lequel il est parti puis ensuite sans) faire de la route jusqu'au domicile de sa tante. Des péripéties vont se passer, il va rencontrer des gens (de bonnes rencontres mais aussi des mauvaises). On se sent complètement à la place de ce garçon, on comprend parfaitement sa psychologie, ses émotions, ses réactions, ses choix. L'acteur est formidable (il a reçu d'ailleurs un prix d'interprétation), le cheval est magnifique, les coins traversés sont très beaux également. Par ailleurs, cette histoire nous montre la misère sociale intolérable. Je recommande ce très beau et très émouvant film.
Après Week-end et surtout le magnifique 45 ans, Andrew Haigh change de registre et de style pour ce Lean on Pete (La route sauvage en VF...). Pas grand-chose à dire. L’histoire est belle et poignante, les images des grands espaces américains sont superbes, la mise en scène est maitrisée et l’interprétation de qualité. Charlie Plummer (découvert dans le récent Tout l’argent du monde) est une belle révélation, il est très touchant. Steve Buscemi et Chloë Sévigny sont aussi, et comme toujours, très convaincants. On ne s’ennuie pas même si le rythme est lent. Quelques rebondissements et péripéties nous tiennent en haleine, et puis, on a vraiment envie de savoir comment Charley, et ses rêves simples plein la tête, va s’en sortir. Entre vision d’une certaine Amérique, passage à l’âge adulte et road-trip initiatique, on passe un très joli moment, aussi sombre que plein d’espoir. Pas le chef d’oeuvre de l’année mais un beau film, aussi classique sur la forme que sur le fond. On suit donc cette Route sauvage avec un certain plaisir et une belle émotion mais aussi une certaine mélancolie. C’est pas tous les jours, on peut donc en profiter.
Andrew Haigh change radicalement son fusil d’épaule avec « La Route sauvage ». Lui qu’on avait découvert il y a quelques années avec la romance gay très âpre et crue « Week-end » et qui avait ensuite ausculté un couple vieillissant dans « 45 ans » traverse aujourd’hui l’Atlantique et verse dans le film indépendant américain pur jus. Un film du terroir au pays de l’Oncle Sam en somme mais qui parvient à s’extirper de bon nombre de tics propre à ce type de cinéma balisé et de plus en plus formaté. Mais ce dont on peut le remercier le plus grâce à ce film c’est de la révélation d’un comédien. Le jeune Charlie Plummer aperçu dans « Tout l’argent du monde » y livre une prestation épatante qui devrait lui ouvrir encore plus les portes d’Hollywood. D’un naturel confondant et doté d’un charisme équivalent à celui d’un Leonardo DiCaprio jeune, il y crève l’écran avec son visage d’ange et son jeu plus vrai que nature. On risque de le revoir vite et c’est tant mieux.
Si ce jeune acteur porte le film sur ses frêles épaules, on apprécie également le portrait en creux d’une Amérique de la classe moyenne. En outre, les paysages de l’Oregon en plein été sont superbement filmés et cette tranche de vie charme en filmant un décor peu vu au cinéma, celui des champs de course de chevaux. « La Route sauvage » pourrait être le pendant plus accessible de « The Rider » sorti le mois dernier. Moins âpre et plus généreux, ce récit initiatique pourrait plaire à toute la famille avec son histoire d’amitié entre un garçon sans attache et un cheval en fin de vie destiné, à terme, à une mort certaine. On est loin de l’épique « Cheval de guerre » de Steven Spielberg et davantage dans une veine naturaliste plutôt intéressante. La première partie du film on se laisse tranquillement couler dans les flots de cette jolie histoire mais le classique est cependant très loin.
Lors du road-movie qui encadre la deuxième heure du film, quand Charley part à la recherche de sa tante et tente de sauver le cheval, le récit commence à ronronner quelque peu. Le cadre est toujours aussi magnifique et les grands espaces parfaitement mis en valeur, mais le rythme devient plus monotone et « La Route sauvage » a une fâcheuse tendance à s’étirer pour rien. De plus, on aurait aimé que la relation entre l’homme et l’animal soit plus poussée. En résulte un film sympathique avec des seconds rôles qu’on prend plaisir à retrouver au cinéma car trop rares (Steve Buscemi et Chloë Sevigny en tête de liste). Ce parcours d’un jeune garçon vaut donc surtout pour celui qui l’incarne et le côté envoûtant et bucolique qui s’empare du film par intermittences. On a déjà néanmoins vu bien mieux, mais surtout bien pire.
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J’ai adoré ce film ! Une merveille de délicatesse , de beauté , d’intelligence. Le jeune garçon est génial et extrêmement touchant et attachant et son parcours bouleversant sans tomber dans le pathos. Un film sur l’univers des courses de chevaux, sur la souffrance de la solitude, sur une société américaine acculturé , en déliquescence mais aussi solidaire parfois.Pas de manichéisme non plus dans les personnes, ils ont tous un côté attachant , bon et mauvais en même temps : belle galerie intéressante de personnages secondaires.Une ballade magnifique a découvrir avant que ce très beau film ne quitte l’affiche....! Vous ne serez pas déçu !
Au moment de choisir un titre pour Lean on Pete, les distributeurs français ont sans doute pensé au premier film de Terrence Malick, La balade sauvage, qui plongeait également dans l'Amérique profonde même si de façon bien plus mouvementée que chez Andrew Haigh. Après son merveilleux 45 ans, très sous-estimé, le cinéaste britannique n'a en tous cas pas perdu son âme en traversant l'Atlantique signant à nouveau une oeuvre tout en délicatesse et au lyrisme apaisé, lente mais jamais ennuyeuse, avec un adolescent marqué par les contingences de la vie mais bien décidé à entrevoir la lumière. La route sauvage bénéficie d'une esthétique discrète et se caractérise par son empathie pour les marginaux et les losers, ceux qu'on appelle (un peu trop facilement peut-être) les laissés pour compte du rêve américain. Ce n'est pas un hasard si c'est un cheval, en fin de carrière, qui amène le héros du film à entreprendre un road-trip qui a quelque chose d'une émancipation. Comme une mise à l'épreuve en mettant le pied à l'étrier d'une nouvelle vie, possiblement porteuse d'espoirs. Le jeune acteur Charlie Plummer, bien qu'il ne soit pas un débutant, irradie véritablement le film de son charisme tranquille et évident qui rappelle d'autres révélations passées dans l'histoire du cinéma américain. Même quand le film fléchit quelque peu dans sa dernière partie, il tient bon les rênes et impressionne par la justesse de son jeu.
La femme jockey l’avait prévenu : « Contrairement aux chiens, les chevaux ne sont pas des animaux de compagnie. Il ne faut pas s’attacher à eux. » Le problème, c’est que, au moment où elle prononce ces paroles, il est déjà trop tard. Charley Thompson (Charlie Plummer), l’adolescent de 15 ans à qui s’adresse cette mise en garde, n’a pas tardé à se laisser séduire par « Lean on Pete », un des chevaux dont il a la charge depuis que Del (Steve Buscemi), un entraîneur, a accepté de l’employer pour son compte. Outre l’argent que cela rapporte, c’est une bouffée d’air pour un garçon qui vit seul avec un père alcoolique et immature. Au contact des chevaux et, en particulier, de « Lean on Pete », il respire tout en constatant, effaré, les combines douteuses de son patron pour qui seul importe le rendement. Pour ce dernier, tant qu’un cheval est gagnant sur les pistes, cela convient. Mais, dès qu’un cheval perd et ne rapporte plus rien, il s’empresse de le vendre à des Mexicains qui en commercialiseront la viande. Toute cette première partie du film de Andrew Haigh subjugue : on s’attache au personnage de l’adolescent fasciné par le cheval dont il a la charge. Malheureusement, la deuxième partie apparaît beaucoup plus faible, beaucoup moins convaincante.spoiler: À partir du moment où, à la suite de circonstances dramatiques, le garçon est amené à fuguer en compagnie de son animal fétiche, tout se gâte quelque peu. L’impression qui domine, c’est qu’on a affaire à un scénario intéressant sur le papier mais très peu concluant sur l’écran. Les scènes durant lesquelles le garçon parle à haute voix à son cheval, se confie à lui, lui raconte sa vie, semblent totalement contrefaites. De même pour toutes celles où un artifice de mise en scène permet à l’adolescent d’échapper à la menace d’être confié aux services sociaux. De même enfin pour la scène où il parvient, comme par miracle, à retrouver une tante qu’il avait essayé, jusque là vainement, de joindre par téléphone. Tous ces procédés scénaristiques peinent à convaincre. Reste cependant le portrait touchant d’un adolescent à la fois malmené et plein de détermination. 6,5/10
J'ai cru qu'on allait y passer la journée. Une belle idée d'un scénario qui n'en finit pas de ressasser les conventions amicales entre l'homme et l'animal, jusqu'à la candeur lénifiante. Andrew Haigh revenu de ses « 45 ans » mal digérés filme avec originalité l’histoire d’un jeune garçon en quête d’une véritable famille quand la sienne s’est perdue on ne sait trop comment. Un éleveur de chevaux le prend sous sa protection, un gentil bonhomme parfaitement cadré par Steve Buscemi. Mais sans la grâce et la spontanéité du jeune acteur de ce road-movie insensé, Charlie Plummer, on ne peut tenir je pense les deux heures de projection assénées avec insistance. Dans ces centaines de kms parcourus à travers le désert américain, Haigh se laisse prendre à son propre jeu en tirant sur la corde d’un plaisir qui n’est plus forcément partagé. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com