Une variation étonnante et audacieuse sur l'affaire Rodney King et les émeutes qui ensanglantèrent L.A. en 1992. Second film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, auteur de "Mustang", un brûlot à la fois intime et politique, curieusement parsemé de scènes tendres et cocasses, une œuvre étonnante mais imparfaite, où l'histoire d'une mère qui cherche à protéger les siens rejoint l'Histoire américaine.
Après Mustang, un projet mêlant comédie et drame sur fond historique porté par des stars hollywoodiennes. C'est dire l'ambition d'un tel film. Le résultat ne sera guère à la hauteur mais réservera de bons moments. Si Halle Berry et Daniel Craig peinent à convaincre dans leurs rôles trop exagérés, le parcours des deux adolescents paraît en revanche plus intéressant. La durée du film, alors que tant de films dépassent maintenant les deux heures, est également un bon point. Pour les mauvais points on signalera une trop grande séparation entre le côté comédie et le côté drame, qui sonne bien trop artificielle pour nous laisser prendre.
Kings n’est clairement pas le grand film sur les émeutes de 1992 que l’on aurait pu croire. Malgré les difficultés dans la vie de cette famille, on a l’impression malgré tout que la réalisatrice Deniz Gamez Ergüven a voulu faire un feel good movie en imaginant beaucoup de scène d’humour et de joie. Le drame ne sera pourtant jamais très loin et le film laisse tout de même à réfléchir sur les problèmes que peuvent vivre les plus démunis qui vivent pourtant si proche d’Hollywood et sur la cause noire qui a toujours autant de mal à être respectée. [lire la critique complète sur FreakinGeek.com]
Après avoir fais sensation avec son premier long-métrage prénommé "Mustang", Deniz Gamze Ergüven revient avec un nouveau film au sujet tout aussi fort mais finalement moins abouti que son prédécesseur. Pourtant "Kings" commençait bien, très bien même pour ce qui est de ces trois premiers quarts d'heure qui sont à la fois intenses et poétiques. L’atmosphère hyper tendue exacerbée par les tensions raciales qui régnait dans le Los Angeles des années 90 est excellemment bien retranscrite par la cinéaste turque qui propose une fresque sociale saisissante de réalisme et d'humanisme. On s'attache rapidement aux personnages mais, dès que le verdict du procès est rendu et que les émeutes démarrent, le film part dans tous les sens pour finalement ne plus rien raconter. On se perd parmi une multitude de sous intrigues de qualité inégale et l'on a du mal à s'immerger au sein de l'histoire tant celle ci se disperse. Comme dans "Mustang", les plus belles scènes sont les scènes de calme, sans aucun dialogue, où Deniz Gamze Ergüven transmet par un simple plan ou mouvement de caméra des émotions d'une grande intensité capables de submerger le spectateur. Les scènes d'émeute sont malheureusement trop brouillonnes et le mélange entre drame et comédie passe mal et nuit à la cohésion du récit. "Kings" reste un film fort qui offre des scènes intimistes remarquables et qui aborde avec beaucoup de courage d'un sujet difficile mais, au contraire de "Detroit" de Bigelow sorti l'année dernière, Gamze Ergüven ne parvient pas à maîtriser pleinement son sujet et offre un film imparfait, inégal mais néanmoins marquant.
Docu, drame, burlesque, violence, le mélange des genres aura tendance à dérouter.On suit les scènes qui se succèdent sans désintérêt mais des questions se font jour auxquelles les réponses ne sont pas délivrées par manque d'approfondissement délibéré. Par exemple des précisions sur le choix de ce voisin pour résider dans un quartier délicat ou les motivations de cette mère nounou multiple...
J'ai hésite avec "mauvais" tant le film part à la dérive, à en devenir très agaçant au fur et à mesure. C'est très bien filmé ce qui laisse toujours le plaisir d'assister à un beau spectacle au moins. Le thème pourtant est poignant et malheureusement, toujours d'actualité. La réalisatrice de Mustang en fait un meltingpot de n'importe quoi, principalement quand elle suit les "aventures" presque pathétiques de Daniel Craig et Halle Berry, décidément piteuse actrice. Comme bcp d'autres, son oscar est plus un hasard de rôle et d'un "one-shot" qu'une consécration méritée. Elle ici vite excessive, hurlant la plupart du temps ou complètement déplacée vis à vis de ces enfants paumés (ce n'est pas que le rôle lui-même qui est "too much", quoique très limite aussi, mais bien comment elle l'interprète). L'image des familles d'accueil en prend un coup! La réalisatrice enchaîne les stéréotypes et les clichés, comme si l'amour pourrait suffire à aider ces gamins à la dérive (et encore, il semblerait qu'il s'agisse d'un amour disproportionné et inadapté). Que dire du rôle de Craig qui passe d'un véritable fou armé et alcoolique, hurlant lui aussi sur la terre entière, au doux agneau sauvant sa belle et ses bébés. Peu crédible. Le seul intérêt pour le film est l'intrigue des adolescents, plus matures que ces 2 adultes "zinzins". La réalisatrice montre ici son savoir faire avec des scènes assez prenantes et dramatiques, avec une touche de poésie dans la douleur et la détresse. L'incursion de véritables scènes du procès de Rodney King, des émeutes est également un autre intérêt mais qui ne semble pas finalement rattaché à l'histoire de ces personnes que l'on perd donc en route. Car le film part dans tous les sens, avec un final même ridicule. "Tout ça pour ça" en conclusion. On ne comprend pas parfois le montage, lui aussi de plus en plus hystérique. Usant!
Kings est un drame sur le racisme et une guerre civile en 1992 qui est très bien raconté par l'histoire comportant des rebondissements et de l'inattendu tout en restant claire et cohérent . Le scénario est bon et logique . Un bon dialogue . Halle Berry ,Daniel Craig ,... sont très crédibles .
Il y a du désespoir qui règne lorsqu'un climat d'émeutes s'installe. L'injustice orchestrée par le pouvoir en est généralement le déclencheur. La police se voit menacée et réagit outrancièrement. Une bavure survient ou un acte inacceptable est commis par les forces de l'ordre, mais non condamnée par le pouvoir. Aussitôt les opprimés ressentent cette injustice de façon décuplée. En fait, il s'agit juste d'un révélateur, d'un déclencheur face à une situation depuis bien longtemps intolérable, mais jusqu'alors supportée. Quand la justice ne rend plus la justice, mais qu'elle innocente des coupables, alors la survenue d'une révolte en devient la conséquence logique. Je n'ai pas trouvé que les images de fumées et les reportages troubles, possibles images d'archives (?) soient très utiles. Le précédent film de la cinéaste "Mustang" m'avait bien plus impressionné.
J'ai été tout d'abord attirée par cette superbe affiche pleine de tendresse, mais passé les quelques secondes de cette scène, ce que violence, et extrèmement bruyant, epuisant. Au bout d'une heure je n'y tenais plus, je suis partie. Très décevant!!!
à part l' histoire d'amour improbable entre Berry et Craig ,on s'intéresse à cette famille et on s'attache à cet ado qui par amour s'embarque dans les émeutes de L.A. . l'atmosphère ou l'ambiance des évènements au procès de Rodney king est moins émouvant qu'instructif.
Film raté. J'ai beaucoup aimé Mustang; mais, ici, il y a vraiment de quoi se demander si ce n'est pas la réalisatrice d'un seul film. Répétitions par rapport à Mustang, caricatures en tous genres et, au bout du compte, un film ennuyeux et sans intérêt.
2,2 - bruyant et sans répit !!... ok, l'immersion dans le contexte du film est totale... mais trop "anxiogène" pour un divertissement.. trop de cris... ça donne une impression de brouillon et manque des éléments au scénario. dommage !
Qu'a-t-il bien pu arriver à Deniz Gamze Ergüven depuis son très bon Mustang ? Elle qui avait su mettre tout le monde d'accord en 2015 avec un premier film percutant, touchant et d'une finesse rare pour une première oeuvre. Son avenir s'annonçait radieux mais avec ce deuxième film se voit encombrer d'une déplaisant nuage orageux. Muni de grandes ambitions, celui de raconter une histoire intimiste d'une famille recomposée prenant place dans la grande Histoire. Les événements se déroulant avec en toile de fond les émeutes qui ont suivis le verdict de l'affaire Rodney King. Un drame adolescent sous fond de racisme et de violences policières, de quoi donner le champ libre à la réalisatrice pour offrir une oeuvre sociale aussi pertinente que son Mustang.
Malheureusement Kings est une amère déception. Un bordel sans nom qui part dans tout les sens et qui finit par n'avoir plus aucun sens justement. Alors qu'avec Mustang, Deniz Gamze Ergüven avait réussi à offrir un film très resserré et qui allait droit au but, son Kings cumule toute les erreurs d'un premier film. Il ne sait pas vraiment où il va et empile les thématiques et les directions du récit sans véritable logique et perd très vite son focus. Les événements historiques ont une approche trop documentaire et cela tranche avec les trop nombreuses ruptures de tons, le film jouant souvent la carte de la légèreté voire même de l'humour puéril ce qui donne parfois des enchaînements assez ridicules d'une scène à l'autre. Car mêlé à ça, on va suivre trois storylines assez distinctes entre celle de l'adolescent de la famille qui va se confronter à un amour chaotique rongé par la jalousie et qui va s’imbriquer à la grande Histoire lorsqu'il se mêlera à un groupe qui tente directement de faire part aux émeutes, mais aussi celle de ses petits frères puis de sa mère et de leur voisin qui font vivre aussi leur romance.
Suivre l'ensemble devient assez épuisant surtout que les tonalités varient selon l'intrigue et que certaines se montrent franchement peu nécessaire. Surtout la romance des deux adultes où le voisin blanc et excentrique apparaît presque en trop même si Daniel Craig se montre excellent dans sa manière de l'incarner. Il apporte une couche d'humour supplémentaire à un film qui en avait peut-être déjà trop.Pourtant l'humour en lui-même est souvent réussi mais il ne se mélange que très mal avec le côté sérieux de l'histoire vraie et des tournants dramatiques de l'histoire. Pourtant le film arrive aussi à viser juste, notamment dans le parcours du jeune adolescent qui fait office de personnage principal. Non seulement il se montre attachant, devant prendre des responsabilités qui ne devrait normalement pas lui incomber, il en ressort avec une certaine noblesse. Il apparaît comme plus mature que beaucoup des personnages et se retrouve en victime d’événements et d'une époque qui le dépasse. Son parcours se révèle être le plus intéressant et offre de vraies fulgurances au film, ce qui montre que Deniz Gamze Ergüven vise encore juste lorsqu'elle filme les adolescents et l'amour fraternelle.
Pourtant on s'avère aussi déçu en terme de réalisation et de mise en scène. Même si la volonté d'imposer une atmosphère chaotique et oppressante sur le récit se montre louable, notamment dans cette aspect très inévitable de la menace qui pèse sur L.A. Deniz Gamze Ergüven filmant souvent la ville sous des plans zénithaux, elle foire totalement en raison d'un montage catastrophique. Les scènes s'enchaînent comme des bribes de vie de la famille mais sans liens logiques, les ellipses deviennent confuses et les morceaux que l'on nous montre paraissent artificielles. Le film étant très court, il ne développe ni son contexte ni ses personnages et tombent dans des artifices tire-larmes ou trop forcés pour nous faire nous attacher à la famille. Quelques scènes de tensions arrivent tout de même à persister, comme certains gags visuelles bien pensés mais Kings manque d'un regard clair sur son récit. Surtout lorsqu'il tente des plages oniriques plus que ridicule, comme une séquence de rêve qui tient du malaise nanardesque, et qu'il tombe dans une fin qui n'en est pas une et qui se montre même gênante. Reste un très bon casting, même si Halle Berry offre une prestation un peu trop superficielle.
Kings est un film bien étrange. Il part dans tout les sens, manque de focus et offre des ruptures de tons aberrante surtout dû à un montage catastrophique. On dirait presque que Deniz Gamze Ergüven a oublié tout le savoir-faire mis dans Mustang et tombe dans tout les pièges d'un premier film qu'elle avait pourtant su habilement éviter avec son premier long métrage. On a aussi parfois l'impression qu'on lui a imposé des têtes d'affiches comme Daniel Craig et Halle Berry à mettre en avant, car elle ne semble jamais trop savoir quoi faire avec eux et tombent dans des situations au ridicule assez encombrant. Reste qu'elle sait encore faire un drame adolescent assez touchant, grâce surtout à un personnage principal des plus touchants. On retrouve par quelques fulgurances la réalisatrice de Mustang qui parvient encore à faire rire bêtement mais aussi à toucher au cœur, quand bien même elle gère son contexte historique avec beaucoup de maladresse. Par ces aspects, Kings arrive à éviter d'être un cuisant ratage et montre ici et là quelques belles qualités. Pas de quoi totalement le sauver, mais pas de quoi le condamner non plus. Juste assez pour faire de lui, une bien étrange curiosité.