Ce film est à la fois remarquable, bouleversant et très dur à visionner. Un véritable choc qui dépeint bien ce que vivent et ce qu'on vécu malheureusement beaucoup de couples avec enfants. spoiler: La toute fin est particulièrement terrible.
Xavier Legrand, avec ce premier film récompensé doublement à Venise, et encensé par la critique, signe une entrée retentissante dans le cinéma français.
Il reprend approximativement les deux personnages de son précédent court-métrage (Avant que de tout perdre) là où il les avaient laissé. Denis Ménochet et Léa Drucker jouent toujours Miriam et Antoine. Le divorce a maintenant eu lieu, et il s'agit d'organiser la garde des enfants.
Ceux qui connaissent le court-métrage seront probablement moins surpris par l'évolution de l'histoire que ceux qui découvrent cette famille classique - et infernale.
La grande force du film est de revisiter intégralement le naturalisme à la française. Si la première scène au tribunal est de facture relativement classique (champ/contrechamp, montage ordinaire bien que millimétré) Xavier Legrand enchaîne ensuite avec une mise en scène étouffante, originale et très maîtrisée. L'attention portée aux sons est par exemple incroyable : le bruit de la ceinture de sécurité ou celui de l'interphone sont des personnages de l'histoire. La scène de la fête d'anniversaire, filmée en condition réelle par de longs mouvements de caméra, est de toute beauté.
La densité du jeu des acteurs, le dépouillement spartiate des péripéties, le travail sur la banalisation des décors : beaucoup d'éléments dans le film contribuent à en faire une oeuvre d'exception dans le paysage du cinéma français actuel, qui n'avait encore jamais montré avec cette acuité l'emprise psychologique d'un homme violent sur sa famille.
Il ne manque pas grand-chose pour la note maximale : peut-être le besoin de ressentir un peu plus le film, plutôt que de l'admirer.
Je ne comprends pas l'engouement pour ce film , que j'ai trouvé tellement "fake" , tellement glauque, tout est sur-joué, les acteurs sont dans le drama perpétuel, C'est tout sauf réaliste.Est-ce que la vie est la tension extrême 24/24. Les personnages sont caricaturaux , manichéens , on y croit pas une seconde , et surtout on ne comprend rien, quel degré de méchanceté, pourquoi est-il un monstre ? même le rôle de l'enfant n'est pas clair , pourquoi se positionne-il ainsi.? Des plans fixes très long inintéressant ne font que renforcer le malaise , tout cela fait une mauvaise dramatique télé, mal jouée, sur un thème néo-politiquement correct. Un film torturé et tortueux.
"Jusqu'à la garde", voilà un titre magnifique ! Un terme d'escrime qui signifie "jusqu'à la protection du poignet", quand l'épée s'enfonce totalement dans l'adversaire... L'adversaire, il s'agit bien de cela. "L'autre", autrement dit, celui qu'on n'ose plus nommer pendant un divorce. Des divorces saignants, c'est monnaie courante. C'est ce à quoi s'attache ce film dans une composition quasi documentaire. La première scène - point de fioritures ! - se passe chez le juge pour apprécier le principe d'une garde partagée. Les avocats parlent et débobinent les arguments de chaque camp. On ne se parle plus directement. La tension est latente. Le spectateur est englué dans cette histoire lourde dont on devine, dès le départ, que cela finira mal. Ce film est une vraie réussite par son interprétation hors pair et par un casting bien trouvé. La pauvre Lea Drucker paraît fluette et fragile face au profil lourd, menaçant et à la personnalité monolithique de Denis Menochet. Et l'enfant qui est l'enjeu du conflit joue merveilleusement bien, notamment dans les scènes de tension familiale où on lit l'épouvante sur son visage. Le film est lourd, ancré dans une réalité qu'on ne voudrait pas partager. C'est d'une humanité cuisante... "Jusqu'à la garde" n'est pas uniquement le porte-drapeau des violences conjugales. Certes, il dénonce la chose avec un réalisme brutal. Il est hautement nécessaire de ce point de vue. Mais j'ai trouvé tout aussi pertinent de comprendre les motivations de l'agresseur, ce père en quête de reconnaissance, qui ne sait pas exprimer ses sentiments, et qui cède à la violence par désespoir. L'incapacité d'aimer est un mal contagieux. De ce point de vue, les positions intransigeantes du grand-père et le mutisme de la grand-mère donnent quelques clefs d'explication à la personnalité du père. Ce père qu'on déteste dès le départ, mais pour lequel on éprouve par moments des bouffées de pitié. Il se bat contre sa nature brutale, s'accroche désespérément à un semblant de normalité, mais trouve nulle part de quoi lisser ses accès de colère. Ce père aime sa femme jusqu'à la garde pour la toucher au coeur d'une façon ou d'une autre. Ce film mérite le déplacement par sa sobriété et par le jeu exceptionnel des acteurs. Il est le récit d'une réalité inadmissible, la violence faite aux femmes. Il doit être vu, en mémoire des 123 femmes tombées en 2016 sous les coups de leur compagnon...( calembredaines.fr )
Prix de la mise en scène et du premier film au festival de Berlin cette année, critiques dithyrambiques, excellente rumeur après les avant-premières, j’attendais donc ce film avec impatience. Et puis j’adore les deux acteurs principaux. Denis Ménochet est assez impressionnant ici (et même physiquement, mais va falloir faire attention, il commence à ressembler à Depardieu). Très inquiétant, il est parfait dans le rôle. J’ai une tendresse particulière pour Léa Drucker (qui n’a pas, pour l’instant, la carrière qu’elle mérite). Quelque que soit le film, elle est toujours impeccable, convaincante, juste. C’est encore le cas ici mais je trouve que le rôle est quelque peu sacrifié par rapport à celui du père. La direction d’acteur est donc une des principales réussites. Le jeune acteur Thomas Gioria est vraiment très bien. Pour en revenir au film en lui-même, j’ai trouvé l’ensemble bien fait. Pour un premier long métrage, la mise en scène est solide, tendue, puissante. Le scénario est assez malin même si l’on assiste là à rien de bien vraiment nouveau. Mais il impose une certaine ambiance dès le départ. La première scène (très forte) chez le juge donne le ton. Jamais on ne saura vraiment ce qui c’est passé entre les époux pour en arriver là. On ne sait pas vraiment ce qui se passe dans les têtes des protagonistes non plus. Aucun n’est vraiment attachant mais ce n’est pas un problème. L'attitude du petit garçon est souvent très ambiguë. Un certain malaise et une angoisse palpable montent crescendo jusqu'à une terrible scène finale digne de Shining. On ressort alors de là assez ébranlé et quelque peu soulagé. Jusqu’à la garde est donc est un thriller familial réussi qui fait froid dans le dos mais qui manque peut être d’un petit quelque chose pour en faire un très grand film. A voir tout de même...
C'est un thriller étouffant et stupéfiant de maîtrise. La peur et la violence vont crescendo jusqu'à spoiler: un final terrifiant . Tout cela est réaliste malheureusement.
Ce que j’aime dans le cinéma c’est l’évasion, l’aventure, le rêve. C’est pour cela qu’en temps normal j’ai du mal avec les films très « quotidien » très en rapport avec des situations sociales « banales » ou très terre à terre. Jusqu’à la garde est l’exception qui confirme la règle car c’est un film fait avec un grand talent et une grande maitrise. C’est un pur thriller qui se déroule dans une cellule familiale qui a explosé et ou le père devient un véritable ennemi. La tension est incroyable dès la première scène du jugement et j’ai été mal à l’aise du début à la fin avec en plus une graduation dans cette tension. Les trois acteurs principaux (les deux parents et le jeune garçon) sont formidables. Léa Drucker toute en retenue dégage une force intérieure qui menace de s’écrouler au fur et à mesure des attaques du personnage du trop rare Denis Menochet. Le César du meilleur film est amplement mérité.
Une histoire casse gueule traitée avec énormément de finesse. Jusqu’à la Garde évite tout pathos, tout cliché, grâce à des portraits passionnants de protagonistes ambigus.
Il n'y a finalement pas grand chose à dire sur "Jusqu'à la garde" tant le film est parfait et s'apparente même à un chef d'oeuvre moderne. La mise en scène de Xavier Legrand est absolument grandiose, le jeune cinéaste parvient à installer dès les premiers instants une ambiance malsaine qui ne s'estompe jamais. Chaque plan a un sens et contribue à illustrer l'intelligence du scénario. Xavier Legrand ne se contente pas en effet d'être un réalisateur prometteur, il s'impose également comme un scénariste de grand talent. Legrand propose ici une histoire à première vue peu originale mais qu'il arrive à rendre unique par un subtil mélange des genres. Le long-métrage flirt entre le thriller, le drame familial et même le film social, embarquant le spectateur dans une expérience unique où chaque scène parvient à nous surprendre. En plus de cela, Legrand a l'intelligence de maintenir jusqu'à la fin le doute sur les véritables intentions des personnages à l'image d'un superbe dernier plan qui montre bien que la mère n'est pas aussi innocente que l'on pourrait le croire. Si on rajoute à cela l’interprétation magistrale de Denis Ménochet, Léa Drucker et surtout du très jeune Julien Besson qui livre une performance extraordinaire de justesse, on se dit qu'on a véritablement affaire à un très grand film qui risque de marquer durablement de son empreinte le cinéma français.
Le thème du film est certes un sujet d'actualité, puisque la garde partagée fait l'objet actuellement d'un débat sociétal. Malheureusement le scénario est très mal construit. Les scènes sont souvent trop longues, du coup on a des difficultés à entrer pleinement dans le film, de plus les acteurs ont tendance à surjouer et en deviennent plus crédibles.La dernière séquence du film pourrait nous rappeler éventuellement "Shining" mais est loin d'être aussi bien traitée.
Film plombant qui n'est surtout pas destiné à ceux qui ont déjà le moral dans les chaussettes... Denis Ménochet - Léa Drucker & le jeune Thomas Gioria sont parfaits, mais tout ici reste un un peu prévisible avec ce scénario malheureusement sans véritable grande surprise. spoiler: La femme qui veut absolument protéger ses enfants d'un père bipolaire et violent.
Un type dérangé qui pense faire pour le mieux et un justice qui ne fonctionne que sur des faits avérés.
Un parcours inéluctable - long - trop même vers le pétage de plomb et on se dit que tout ceci ferait un bon téléfilm sur France 3. Bref, pas vraiment ce que je souhaitais absolument voir cette après-midi au cinéma.
Tout ce que touche Xavier Legrand semble se transformer en or. César du meilleur court-métrage et nommé aux Oscars, doublement récompensé à Venise pour son premier long, l'impressionnant Jusqu'à la garde. Un film qui commence comme Kramer contre Kramer et se termine comme Shining. En gros, et sans vouloir trop en dire sur les dernières scènes du film, vraiment terrifiantes. Comédien de théâtre, au départ, Xavier Legrand a eu l'ambition de retranscrire les thèmes de la tragédie grecque dans une oeuvre contemporaine, avec une lente montée des périls. Son sujet, pas si souvent abordé, ou alors de manière psychologique, est celui des violences conjugales. Il le traite avec subtilité puis avec une tension de plus en plus prégnante au fil des minutes mais sans rien qui puisse laisser présager un dénouement aussi frontal, proche de l'horreur pure. Contrairement à la plupart des films d'aujourd'hui, Jusqu'à la garde est composé de longues scènes qui s'étirent, quitte à provoquer le malaise, mais qui ont le mérite de donner de la chair et de la densité. Une façon aussi d'impliquer le spectateur, en lui donnant des clés, mais sans juger outre mesure. Un film marquant, dont on doit aussi saluer l'ensemble de l'interprétation et notamment celle de l'époustouflant Denis Ménochet.
Film formidable. Scénario impeccable. Acteurs magnifiques dont tous les seconds rôles ce qui est trop rare. Une forme cinématographique parfaite pour un premier long-métrage. Aucune ambiguïté sur les rôles de chacun pour un sujet très délicat. Dès la première scène, le film nous place en juge et la tension monte inexorablement. Il faudrait faire un bundle avec les Tuches. Voir ce film est de salubrité publique. Courez au cinéma.
A ne pas lire si vous n'avez pas vu le film. Je répète, à ne pas lire si vous n'avez pas vu le film. Avant, je jouais avec la balise"spoiler". Dans les lignes qui suivent, je risque vraiment de vous ruiner le film. Ça commençait bien pourtant, quand les protagonistes s'affrontaient par avocates interposées, quand à hauteur de juge, nous étions plongé-e-s dans les ambiguïtés de la "situation" sans en connaître les tenants et les aboutissants. Mais ça c'était avant. Avant que spoiler: l'histoire ne prenne partie, attribuant tous les torts à l'un des protagonistes. Pshitt la "situation", il n'y avait pas d’ambiguïtés finalement, regardez plutôt mon monstre de douleur, un monstre plein d'humanité mais sans explication (à ne pas confondre avec justification, merci.)
Je crois bien que c'est la définition du manichéisme que de séparer tout le bien d'un côté et tout le mal de l'autre.
Le cinéma n'a-t-il pas quelque chose à révéler dans les profondeurs de la psyché humaine plutôt que d'illustrer des statistiques ? Le cinéma peut-être. Jusqu'à la garde, non.
le film de xavier legrand nous montre le combat d ' une mère qui veut éloigner ses enfants ( surtout le fils ) de son ex qu ' elle dit violent , en accord avec le fils buté contre son père ! curieusement , le film fait la part belle aux deux rôles masculins interprétés magnifiquement par denis ménochet et thomasgioria .les rôles féminins sont plus effacés ( si l ' on excepte la scène finale pour léa drucker ) le film est un peu répétitif avec des séquences incongrues , la fête d ' anniversaire , le passage de la fille dans les toilettes ( incompréhensible ) . le film se termine par un moment très violent mais magistralement interprété !