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Stéphane D
177 abonnés
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4,0
Publiée le 6 mars 2021
Le film est très lent, d'où la longueur finale mais dans le contexte de ce qu'il raconte ce format est approprié. C'est un beau film, visuellement avec des paysages magnifiques (mais utiliser la même focale pour filmer les acteurs est un choix étrange...les gros plans déforment les visages de façon disgracieuse) et sur l'histoire ce ces personnages forts dans le contexte de la montée en puissance de l'Allemagne nazie et comment conserver son intégrité.
Terrence Malick repasse à la narration. L'idée même qu'avec un scénario tangible, son cinéma expérimental ne peut que prendre de l'ampleur. Prolifique lors de cette dernière décennie, le cinéaste américain nous replonge une nouvelle fois dans les affres de la guerre pour sortir du lot un personnage touché par la grâce. Il pose son grand angle sur cette famille autrichienne et en décompose tous ce qui va en faire son quotidien. Du grand baiser lors du retour parmi les siens, aux multiples scènes de lynchage par les villageois, faisant ressentir à quel point à l'époque, l'acte sain de renoncer à quitter sa famille n'est pas une notion envisageable. Cette terreur constante jusqu'au passage du facteur et ses mauvaises nouvelles. Comment la guerre a aussi, de loin, brisé le destin de famille qui ne voulait vivre que très simplement. Encore une fois, chef opérateur, ingé son et metteur en scène font la paire pour une qualité d'image époustouflante. Un maître de notre temps qui, semble t-il depuis ces derniers films, veut nous transmettre un message. Oui, mais lequel ? *TOP 8 FILM 2019*
Ca commence assez bien; on est habitué à Terrence Malick, sa lenteur, son onirisme. C'est ce qui m'a plu dès que j'ai vu la Ligne Rouge il y a 20 ans. Depuis, le réalisateur finit par s'auto-caricaturer. Avec Nouveau Monde et Tree of Life, j'avais commencé à décrocher. Avec une Vie Cachée, j'attendais un retour au Terrence Malick d'il y a 20 ans, inspiré. Or après une première partie où ça se tient, la lenteur devient d'une pesanteur atroce, multipliant les scènes redondantes, l'abus de contre-plongées permanent et l'inexistence de la réflexion psychologique et éthique. La lenteur du film finit par le desservir, en ce que finalement on a du mal à comprendre Jäggerstätter et quel est le message final. Egalement, abus de scènes en allemand et autrichien sans aucune traduction et aucune contradiction rhétorique aux arguments des représentants du Reich et de la Wermacht pour le convaincre de revoir sa position. Il faut de très bon acteurs pour faire ressentir toutes les émotions dans le silence, et c'est parfaitement le cas. Mais l'intégralité du film est d'une pesanteur insupportable et le message se perd complètement. L'esthétisme ne sert pas tous les films.
Peu de gens connaissent le destin de Franz Jägerstätter, qui nous est raconté dans "Une vie cachée" de Terrence Malick. Ce dernier nous propose enfin une œuvre réellement intelligible depuis "The Tree of Life". Mieux, ce film puise probablement dans ce qu'il a fait de mieux dans ses récents films tout en s'en tenant à une véritable histoire. Ainsi, ce film est une immense méditation sur ce personnage, martyr chrétien, figure quasiment christique, qui n'aura jamais accepter de participer aux désastres commis par le régime nazi. Les éblouissants paysages de la montagne autrichienne, accompagnés de musiques particulièrement envoûtantes, nous captive durant ses trois heures. Alors, s'il tire probablement un peu la corde sur la fin, il se clos sur une formidable citation, mettant en perspective l'ensemble de l'œuvre. Sans aucun doute, Terrence Malick revient enfin au premier plan avec "Une vie cachée", film unique qui ne fera probablement pas l'unanimité puisqu'il ne s'accorde aucune légèreté, mais est une véritable expérience.
Ce qui perturbe un peu au début, c'est que les acteurs parlent anglais alors que l'histoire se passe en Autriche. C'est d'autant plus troublant que certaines pensées des personnages sont en allemand (non traduites d'ailleurs). Pour la véracité historique, cela aurait été plus crédible de garder la langue allemande tout au long du film. Le début est un peu trop lisse (situation de famille parfaite, scènes de vie du quotidien idylliques) : le héros est un "gentil". Pour autant, cela reste une belle histoire d'un homme courageux. Le film est un peu trop long, et pendant de longs moments il ne se passe pas grand chose. spoiler: La phrase de fin reste malgré tout très forte et donne tout son sens au film.
D'une beauté renversante, Malick nous offre un chef-d'œuvre inoubliable. Si vous n'avez plus fois en l'humanité, une vie cachée pourrait nous sauver. Le travail sublime et terriblement émouvant sur la bande originale de James Newton Howard achève toute idée de ne pas pouvoir aimé d'amour un pareil film. Boulevardducinema.com
Ce film, bien que trop long à mon avis, est un véritable conte de la vie. C'est la vie dans toutes ses émotions qui nous est racontée ici. La vie cachée, mais aussi la vie simple, celle de la campagne, la vie qui continue, celle qui doit continuer bien que ce soit la guerre, que des gens y meurent voire des proches. On ne peut s'arrêter. C'est aussi une quête de sens pour le personnage principal, celle de sa propre foi, de ses principes et sentiments. Je pourrais s'y facilement arrêter ce qui m'arrive mais je continue car je crois en ce que je fais. C'est fort. Il faut être très fort mentalement pour supporter cette pression. Celle des autorités mais de la famille aussi. Et il y a cette capacité qu'à le personnage principal à entrer en hypnose, soi-même, en tout cas c'est comme ça que je l'ai ressentie, pour s'échapper de sa condition de prisonnier et se rattacher à sa vie de paysan, de villageois, sa vie proche de la nature. Le film est d'ailleurs une ode à la vie simple, la vie des champs, avec des paysages de montagnes magnifiques. A voir.
C'est du Malik dans toute sa splendeur. L'Autriche des 4 saisons est magnifiée et le message chrétien d'amour universel passe en filigrane derrière chaque plan sans être trop lourdement asséné. Les acteurs habitent leur rôle avec conviction mais... la lenteur délibérée du déroulé nuit sans doute à l'émergence de la révolte chez le spectateur ...
" The Tree of Life " fut , pour moi, indigeste ; une purge ! Avec " Une vie cachée " le cinéaste revient à une meilleure lisibilité. Point d'abstraction ici, si ce n'est cette façon de magnifier tous ses décors, comme autant de tableaux. Dès l'introduction l'image est mise en valeur. La nature encore au premier plan, et la montagne comme gardienne souveraine des destinées, accompagnant la violence des hommes. Je retrouve ce grand souffle de La ligne rouge et Du nouveau monde et leurs sentiments exacerbés. La poésie dans chaque geste simple du quotidien, le travail de la terre, et le bruissement de l'herbe qui vient rompre le silence. Mais ce sont aussi les intérieurs parfaitement rendus dans ce qu'ils montrent de simplicité et de joie de vivre, la lumière qui inonde une pièce, le jeu des enfants, les gestes doux ou le soutien indéfectible d'une femme répondant à la quête existentielle de son compagnon. C'est puissant, même si cette abnégation peut secouer. Les étreintes passionnées, pourtant déjà perdues, réveilleront notre romantisme . Malick nous plonge alors dans une guerre sournoise et sans bataille, de ses conséquences psychologiques et de ses dommages collatéraux. e.Il y a Franz , sa femme, leurs enfants et ...Les autrest , les villageois, ceux qui prêtent allégeance et rejettent, qui confondent le devoir d'Etat avec leur propre haine des autres. Le déni des uns et la perplexité des autres devant tant de volonté. Malgré la détention, la maltraitance et l'abandon de l'Eglise, Frantz refusera de se plier. On retrouve cette foi inébranlable et la question du choix que Shūsaku Endō dans son livre Silence met en exergue. A l'instar de ce prêtre préférant la torture plutôt que de fouler du pied l'image du Christ, Frantz choisit de la même manière de lutter pour ses convictions. Malick interroge alors sur le but de nos existences, sur la notion de liberté et sur la Foi quitte à en perdre la raison, mais nous intime aussi la bataille contre la déshumanisation et la servitude. August Diehl dans le rôle de Frantz est d'une sensibilité débordante, et suit physiquement l'évolution de son personnage, pour un rappel à la résistance qui ne peut qu'être salué, quelle que soit la portée. Il peut être facile d'ailleurs de s'approprier la destinée d'un homme dans le cinéma pour servir son propos, mais Malick a le bon goût de pointer les faiblesses de l'Eglise et d'axer son récit sur l'individu, sa conscience et son libre arbitre. Hormis une foi exacerbée, comme toujours, le cinéaste sait ne pas l'imposer, la Foi ici n'étant soumise à aucun détournement ni manipulation. On y voit l'humanisme du cinéaste . La mise en scène fluide et dynamique, alternant les scènes rapides, les coupes dans le temps et les dialogues décalés, renforce le sentiment de continuité et d'universalité, mais l'utilisation à outrance du grand angle, n'est pas du meilleur effet sur les personnages et on pourra être déçu de la version anglaise plutôt qu'allemande dans les dialogues, et d'une alternance de scènes parlées incompréhensibles ! Evidemment la seconde partie peut laisser perplexe sur cette envolée christique et les choix que Frantz s'impose, au détriment de sa propre vie, et de sa famille. S'agissant d'une histoire réellement vécue, Frantz a été béatifié en 2007 , l institution cléricale avalisant ainsi ses propres errements .
Terrence Malick, le cinéaste le plus spiritueux du cinéma Américain, à la fois adulé et critiqué pour son style semi contemplatif, revient en force avec "Une vie cachée", qui retrace un portrait de couple séparé par la guerre et relié par le choix de libre arbitre à travers une oeuvre magnifiée par une photographie grand angle et par sa bande son, beau, mais pompeux par ses surenchères de voix off et son rythme soporifique et répétitif à souhait. Néanmoins, Malick ne se trahit pas en signant une oeuvre tout droit sortie de son univers qui lui est propre.
Ce film est juste tres dure mais magnifique à la fois, il est joué de manière subtile et on voit un coté de la guerre qu'on connait pas bien du tout, tout le monde est pas a mettre dans le meme sac ca nous apporte ca ce film, cette réflexion de se dire il y a eu des gens qui ont dit non et qui sont mort pour ca, tres bon film qui mérite un bon 4/5 ;)
Film d'une extrême lenteur (qui se répercute donc sur la durée du film... 3 heures) ; le film aurait aisément pu durer une heure de moins. Par ailleurs, l'utilisation de l'anglais ne me semble pas appropriée : je doute fort qu'on parlait anglais dans les campagnes autrichiennes ! Dommage également de ne pas s'être donné la peine de sous-titrer les passages en allemand... Le positif est l'histoire, ainsi que le jeu des acteurs.
Long trop long vraiment trop long pour ce film qui devrait être 2 heures mais qui dure 3 heures. La cinématographie comme dans tous les Terence Malick et surtout les derniers par exemple comme dans "Tree of Life" et celui ci sont magnifiques. Paysages de montages et ruisseaux autrichiens , verdure que ce soit en hiver ou été..superbe..Mais l'histoire de ce paysan rebelle mais sans cause ou raison qui ne veut pas donner son allégeance a Hitler laisse à désirer. La période de la prison rappelle au film Papillon. A voir si on aime le réalisateur et son style particulier de narration..
Excellente réflexion sur la condition de martyr conscient qui redonne du noble crédit à l’héroïsme anonyme et inutile, appuyée par une esthétique à couper le souffle. Hélas, un manichéisme assez grotesque vient plomber l'oeuvre, surtout lorsqu'il s'agit d'évoquer (très très longuement...) la vie supposément idyllique de famille paysanne montagnarde. Il n'en reste pas moins indéniable que Mallick sait produire du beau cinéma.