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Manset
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4,5
Publiée le 15 décembre 2019
Après les catastrophiques the three of life et à la merveille, Terence Malick semblait être un cinéaste en état de mort imminente. Une vie cachée est sa résurrection. Son Franz paysan autrichien chrétien refusant de prêter allégeance aux nazis entamera son chemin de croix qui le mènera à être fusillé. Refusant avec obstination toute concession à celui qui n est jamais nommé autrement que l Antechrist en l occurrence Adolf Hitler, fermé à tous discours de ceux qui veulent le sauver contre lui même qui me mènera à un long parcours sacrificiel. Muré dans son refus muet Franz comme le lui fait remarquer un des personnages s enferme dans une souffrance choisie et non une souffrance subie. Franz comme l agneau est mené au sacrifice qui bien qu au fond parfaitement inutile. Sa conscience ne lui permettant aucune concession envers ce qu il croit juste. Un seul regret le recours abusif à des images tournées sous des angles tarabiscotes qui n ajoute rien au propos. Sinon que la montagne est belle et le destin tragique de cet insoumis de la compromission. Terence Malick nous livre avec ce film un des plus beaux films de l année.
Oui, il y a de beaux paysages, des scènes magnifiques de travaux dans les champs...au début car notre héros abandonne tout, sa femme et ses gosses (on en parle peu dans les critiques que j'ai lues) et alors la vie de sa femme devient un enfer. Elle tente tout pourtant pour le faire changer d'avis, fuir avec lui, travailler dans un hôpital mais au moins se sauver . Non, il ne veut même pas faire semblant face au régime, il se sacrifie mais sacrifie aussi sa famille. La plus belle religion n'est-elle pas d'aimer et protéger les siens avant n'importe quel idéal? Ce ne sont pas ces gens qui ont contibué à détruire le monstre, mais ceux qui ont fui ou pris le maquis.
A la fin du film, quand apparaît le générique, personne ne bouge. De longues minutes s'écoulent avant que le premier spectateur ne reprenne son souffle et commence à bouger. Tout est dit. Un film éprouvant mais indispensable, qui évoque comme nul autre, sans image, la violence et l'horreur du nazisme. Un méditation mystique qui touche même les agnostiques comme moi.
Un film époustouflant d'une force incroyable ! Terrence Malick au sommet de son art. La mise en scène et l'image sont magistrales et aussi soignées que dans la ligne rouge. Certainement un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir en salle ces dix dernières années.
Un film absolument sublime, remarquable, exceptionnel. Les images et la musique sont tellement belles… Elles en donnent des frissons ! Les acteurs sont formidables. Tout est beau, fin et d'une élégance sans nom. J'ai été extrêmement émue, j'en avais même les jambes qui tremblaient ! Je n'ai rien à ajouter, il faut le voir !
Cette majestueuse épopée de résistance intime d'un objecteur de conscience autrichien du village de St Radegund contre le Mal nazi au début de la seconde guerre mondiale est embellie par une virtuose mise en scène impressionnante touchée par la grâce (somptueuse photographie). Terrence Malick livre l'une de ses plus éblouissantes offrandes cinématographiques par le biais de cette passionnante narration méditative sur les croyances, incarnée magistralement par les bouleversants August Diehl et Valérie Pachner notamment, couple d'amoureux séparés par l'enfer de la guerre. Une divine quête spirituelle bien accompagné par une lyrique bande sonore émouvante. Terrassant. Christique. Déchirant. Sublime. Magistral.
Sujet intéressant et bien raconté MAIS que de longueurs inutiles !!! C'est lent, on s'ennuie... Et dommage aussi que tous les dialogues ne sont pas sous-titrés, notamment les dialogues en allemand. Sans doute que le traducteur n'était que bilingue anglais... Mais il m'aurait été agréable de comprendre TOUT le film...
C'est probablement le meilleur film de Terrence Malick depuis un bon bout de temps. Le plus lisible. Le moins "mystique à tous crins", même si Dieu et la foi sont questionnés tout au long du film, même si le clocher du village apparaît le plus souvent possible dans le champ de la caméra... D'autres dimensions, humanistes et historiques, entrent heureusement en concurrence dans ce scénario qui trouve un meilleur équilibre entre la terre et le ciel, entre l'humain et le divin. Il y est question de justice, de conscience, de droiture morale, de liberté, de conformisme... Tout cela par le biais de l'histoire (réelle) d'un paysan plutôt taiseux, qui s'arc-boute contre les vents dominants, sans grand discours philosophico-politique, arguant simplement d'une intime conviction. Posture à la fois héroïque, égoïste et fatale, que Malick, en citant George Eliot en conclusion de son récit, célèbre comme l'acte non historique d'une vie cachée dont dépend finalement le bien du monde. Et son salut, d'une certaine manière. Le réalisateur s'engouffre dans le silence buté de son héros et dans les grands espaces autrichiens avec son lyrisme habituel... auquel on ne s'habitue quand même jamais tout à fait, tant il est traversé de fulgurances poétiques, de sensations inouïes, de compositions incroyablement picturales. La caresse du vent dans les blés, un banc de brume sur une vallée, les travaux des champs, un enfant qui court, une lumière qui filtre par la lucarne d'une prison et éclaire une nature morte… On touche parfois au sublime ; la réalisation et la photo sont à tomber par terre. Les espaces apparaissent comme "habités", illustrant un panthéisme de toujours. Et le temps, étiré, est comme "dolorisé", lent chemin de croix méditatif, qui ne cesse heureusement de tutoyer la beauté du monde à mesure que le héros marche vers sa fin. Alors, bien sûr, le film est trop long, un peu répétitif, lourd parfois. Mais il dégage une impression de magnificence et une force émotionnelle (à laquelle contribuent beaucoup les deux acteurs principaux) qui imprègnent durablement l'esprit et la chair. Et qui invitent, cette fois-ci, à une certaine indulgence quant aux travers emphatiques du maître…
Encore une fois poétique, immersif voir submersif, Terrence Malick livre une oeuvre totale et exigeante. Une vie cachée est à la fois l'une de ses oeuvres les plus limpides, sans rien céder sur son langage cinématographique si particulier, auquel on adhère ou non. Il faut en effet avoir la patience d'entrer dans les quasi trois heures de pellicule qu'il nous offre entre les montagnes des Dolomites et la prison berlinoise de Tegel. Une oeuvre forte, bien que n'atteignant pas le sommet de son film culte de 2011 The Tree of life.
Magnifique tout simplement . D une beauté rare pour cette histoire vrai dans laquelle on rentre avec bonheur absolu au départ tant cette histoire d amour entre ces deux êtres est merveilleuse, et qui nous amène lentement vers l incompréhension , la souffrance et la douleur. Mari et femme sont intransigeants sur les valeurs humaines et ne plient jamais devant l’adversité même si leur vie amoureuse doit en dépendre et ce sera le cas. La force de ce film est incontestable, les paysages sont sublimes, les acteurs crèvent l écran’ sans oublier la musique , je crois avoir avoir reconnu la passion selon Saint Mathieu. A voir et revoir sans modération et mille bravos.
A moins de recopier la critique de @poet75, je ne saurais mieux exprimer mon ressenti face à ce film. Nature et foi, beau duo, mais difficile à vivre...
On sort sans voix de cette magnifique fresque de Terrence Malick, relatant la vie d'un paysan autrichien opposé au nazisme. Le film est bouleversant et les images d'archives, les lieux de tournage, ainsi que la justesse du jeu d'acteur viennent renforcer l'impression de réel qui se dégage du récit, tiré dune histoire vraie. Le film baigne dans une poésie et un émerveillement visuel constant. Le style de Malick trouve ici un bon équilibre, le film est moins experimental et plus lineaire que ses 3 précédents. La puissance émotionnelle va crescendo au rythme des lettres que s'échangent le couple, lues en voix off tout au long de ce chemin de croix, véritable leçon de courage, d'amour et de dignité. Le film interroge : jusqu'où serions nous prêt à aller pour défendre nos valeurs morales ? Il rend hommage à ces anonymes qui font l'histoire à leur échelle, souvent dans l'indifférence et l'isolement. Ceux qui mènent une vie cachée, et résistent à l'oppression contre vents et marées, car comme évoqué dans le film, "mieux vaut subir l'injustice que de la commettre".