Mauvaise adaptation d’un livre que je n’ai pas lu, certes, mais il est clair et évident que l’idée a mal été dépeinte. Retranscrire un roman à l’écran n’est jamais chose aisée, et se contenter de reproduire tel quel l’écrit en images n’est sûrement pas la bonne méthode. Ça a été malheureusement le procédé utilisé dans « American Psycho ». On a une succession de scènes de la vie de Patrick Bateman avec une voix off, qui se suivent sans toujours de lien tangible nous mettant dans le contexte d’une histoire en train de progresser. On passe d’un lieu à l’autre, d’un contexte à l’autre, de manière bien trop radicale. Dans une narration ça peut marcher car l’auteur prend le temps de nous expliquer, de nous décrire telle ou telle situation, mais pas dans un film et c’est là où il aurait fallu tout réadapter. Surtout, ce qui est rédhibitoire pour un film de ce type, c’est la psychologie du tueur qui n’est pas assez travaillée. Son hypocrisie sociale n’est pas du tout efficacement mise en évidence, le contraste entre ses différentes personnalités n’est pas assez saisissant et enfin on se lasse rapidement d’une évolution peu choquante dans sa soif de tuer. Quand on compare le rendu à du « Fight Club » ou bien du « Shining », on remarque bien comment un travail remarquable autour d’un personnage peut déterminer le degré de passion qui va nous faire suivre des faits étranges, peut être décisif sur l’aspect captivant du personnage et l’éveil de notre curiosité. On en est très loin ici. Je ne blâme pas Christian Bale, ce n’est pas de sa faute il fait simplement son job, mais ce seraient surtout le scénariste et le réalisateur qui ont gravement failli, en manquant d’originalité et d’audace dans le style. On n’arrive finalement ni à cerner le point de vue du psychopathe narcissique antisocial, continuellement obsédé par son image et l’importance du rang social, ni à être séduit par la critique de la société mondaine et l’arrivisme. On ne comprends pas non plus ces tirades inintéressantes autour de morceaux de musique pendant les meurtres. Peut-être là encore ça avait du sens dans le livre, mais telles qu’introduites ici elle sont superflues, peu pertinentes, gâchant même le spectacle sanguinaire effarant qui lui, peut nous donner davantage de frissons avec une meilleure mise en scène. Le titre est finalemen trop lourd à porter pour ce film au vu de ce qu’il a à proposer. Il n’aura su ni représenter dignement les torts de la société américaine, ni la remettre en question, ni exploiter intelligemment un profil psychologique à même de nous en dégoûter, les noms de marques « Christian Bale » et « Jared Leto » à eux seuls ne peuvent suffire à cela.