Dépoussiérer Knock ? Ça coule de source. La pièce de Jules Romains, en plus d'être une date majeure dans l'Histoire du théâtre français est en plus un pan de notre patrimoine littéraire. Et, on a tout le loisir de constater que, près de cent ans après sa parution, le propos véhiculé est toujours d'actualité. Faire jouer le rôle du docteur par un acteur noir ? Pourquoi pas ? Après tout, dans la pièce, rien n'indique les origines du docteur. Bien. On a ça. Maintenant, les choses commencent. On a déjà un premier problème : le film se passe dans les années 50, d'accord. Le docteur est noir, c'est entendu. Mais, comment se fait-il qu'il ne soit pas plus embut à la ségrégation ? Je n'encourage pas ça, pas du tout. C'est juste que, dans les années 50, surtout dans les campagnes, le racisme primitif était monnaie courante. Là, le docteur Knock arrive pépouze dans le village comme si c'était un campagnard du coin. Désolé, mais ça, ça me pose souci. Je ne peux pas y croire. Mais bon, ça n'engage que moi. Ensuite, et ça crève les yeux : Lévy propose une relecture. Rien ne lui interdit, mais il y a deux problèmes : le premier est que Knock tombe amoureux. Or, le personnage est normalement un homme incapable d'éprouver le moindre sentiment. Et le deuxième, par amour, il agit comme un bienfaiteur, alors que Knock est censé être un personnage profondément repoussant. Apporter sa touche personnelle n'est pas gênant, mais sacrifier le ton ultra cynique originel sur l'autel de la bienséance, ce n'est pas acceptable. On ne peut pas dénaturer l'esprit de cette façon. Et, il apparaît comme évident que Lévy n'avait en fait aucune idée de ce que représente la pièce. Dès que le docteur en pince pour la petite Adèle, c'est fini, le film est tué. Tout ce qui vient après n'est qu'une longue descente vers le ridicule et l'ennui. Le point culminant étant atteint lorsque resurgit un des acteurs du passé trouble du docteur. Lévy croit bon de nous imposer une séquence scatologique où rien ne nous est épargné: gargouillements du ventre, bruits de pets et de selles liquides qui tombent dans la cuvette... Génial... C'est avec ça que l'on fait rire ? Touché, coulé. Et pour ne rien arranger, on se tape une scène d'obsèques absolument ridicule tant elle est forcée. La réalisation ? Est-ce vraiment utile d'en parler ? Pour rester cool, on dira seulement qu'elle est d'une indigence totale. En présence d'une telle catastrophe, on peut parfois se raccrocher au jeu des acteurs. C'est peine perdue également. Sabine Azéma, Rufus, Hélène Vincent, Christian Hecq, Nicolas Marié (bien qu'il soit le docteur Parpalaid) et Andréa Ferréol n'ont aucune utilité. Michel Vuillermoz est complètement sous-exploité. Audrey Dana en fait trois tonnes. Pascal Elbé, tout comme la charmante Ana Girardot, est transparent. Quant à notre pote Omar, sa bonhomie le dessert. S'il semble prendre du plaisir, il n'est pas crédible un seul instant. Un critique avait écrit que lui proposer pareil rôle, c'était lui foutre un grand coup de couteau dans le dos. Ça n'a pas loupé. Finalement, il n'y a qu'Alex Lutz qui surnage. Le constat est sans appel : c'est un échec sur toute la ligne, en plus d'être parfaitement désolant.
Je n'ai pas vu la pièce originale. Le film en lui-même est plutôt bien réalisé avec des acteurs bien dans leur rôle : chacun à sa personnalité et chacun fait rire à sa manière, ce qui donne un atout certain au film. L'histoire est plutôt bien rodée, on ne s'ennuie pas. Omar Sy incarne bien son rôle, comme tous les autres acteurs du film. On rit et on s'attache au personnage malgré son manque d'éthique.
Se faire passer pour un médecin en temps normal c'est déjà difficile, alors se faire passer pour un médecin noir dans la France encore colonialiste des années 50, ça tient du miracle ! Voilà pourquoi ce film sonne faux ou qu'Omar Sy paraît si peu crédible pour incarner Knock de Jules Romains, autant que toute la mise en scène autour de lui, même si ça se laisse voir et qu'on sourit parfois.
Travailler plus pour gagner plus, appliqué à la médecine de ville. Omar Sy est bon dans son interprétation de ce médecin qui voit la médecine comme une activité économique comme une autre. Avec le recul, on peut constater que cette approche a largement été développée vu le business de la santé de nos jours. Les décors, les images, les costumes, projettent le spectateur quelque part dans la première moitié du XXe siècle dans le sud de la France. On s'y croirait ! Une belle comédie bien servie par des acteurs en pleine forme.
J'attends, mais sans trop d'impatience à vrai dire, un rimèque de Corneille par Madame Levy qui nous montrerait les Horaces et les Curiaces réconciliés, trinquant fraternellement en mangeant une bonne pizza dans une trattoria romaine reconstituée.
Adapter un classique est une chose compliquée quand on cherche à s’en éloigner car il faut inventer de nouvelles scènes qui soient au niveau de l’œuvre originale. C’est ce que l’on se dit face à l’adaptation de Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romain par Lorraine Lévy. En effet, on se demande sérieusement pourquoi elle a été greffer de nouvelles intriguesspoiler: (le passé criminel de Knock et le personnage de Lansky, l’histoire d’amour avec Adèle et la maladie de celle-ci, la détestation du curé envers Knock…) et des clins d’œil contemporainsspoiler: (la phrase disant que la devise du docteur est "Travailler plus pour gagner plus") . On ne comprend pas non plus comment cela se fait-il que la thématique du racisme ne soit quasiment pas évoquée (à l’exception d’une ou deux répliques pouvant très vaguement y faire songer) alors que le personnage du médecin a été transformé en homme noir (Omar Sy qui, malgré tout son talent, ne tient pas la comparaison avec un Louis Jouvet qui avait interprété par deux fois le docteur sur le grand écran) et que l’action se situe dans la campagne française des années 50 (une époque où les clichés racistes étaient tout de même encore très répandus). Dès lors, même si c’est une comédie (au final peu drôle), il est difficile d’y croire réellement. Si on ajoute à cela des décors et des costumes trop propres pour être vrais (qui a déjà vu un tracteur aussi propre qu’ici quand on est à la campagne ?), il est clair que l’ensemble manque de crédibilité. Ainsi, même si l’ensemble reste divertissant, on regrette les libertés que la cinéaste a prises avec son matériel d’origine (qui, étant une pièce de théâtre, comportait suffisamment de dialogues et d’actions visuelles pour être adaptée fidèlement) car elles l’ont amenée à affadir l’ensemble (alors que le potentiel d’origine se ressent même pour quelqu’un ne connaissant pas la pièce d’origine), à en changer la morale et à rendre le tout moyen et très oubliable. Dommage.
oui, en effet il s'est écarté de l'original tout en gardant une bonne partie du scénario. c'est un film tout à fait plaisant à regarder et avec de l'humour et du sentiment.
Vraiment mitigé sur ce film... Ça aurait pu être 1 bon film à suspense avec des rebondissements mais au final il dérive trop vers la comédie par moment surtout a cause d'Omar Sy, on a l'impression qu'il joue tout le temps Le rôle du comique et quand il fait de l'humour Et parait serein fasse au maître chanteur puis â peur de lui ben désolé mais c'est pas Du tout crédible! Tout comme Le soit-disant jeune diplômé médecin qui en fait est 1 escroc qui ne pense qu'à l'argent...
un film agréable à visionner que cette adaptation de la pièce de Jules Romains, avec, jolie trouvaille, un docteur noir dans un village de la France profonde. Omar Sy dans le rôle titre s'en sort plutôt bien en personnage à la fois roublard et plein d'humanisme. Les seconds rôles sont eux aussi tout à fait à la hauteur, dont Sabine Azéma en paysanne autoritaire
Contrairement à la majorité des critiques que j'ai pu lire, je me suis laissé emporter par le film : une histoire plaisante à suivre, de beaux paysages.
Film pas extraordinaire en soi mais il est tout de même bon. Le jeu des acteurs est très théâtrale et donc peu naturel. Je ne connais pas l'histoire originelle mais çà passe quand même. Après cela aurait pu être mieux côté scénario. Film à voir.
Adaptation pseudo moderne de la pièce de Jules Romains n’ayant comme but que de mettre en avant le très bankable Omar Sy, derrière les dialogues et les scènes sont teintées d’une certaine naïveté pour ne pas dire niai*series. La satire sociale, le pamphlet politique et anti-religieux tout comme le côté gredin de Knock ne sont pas assez aboutis.