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poet75
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3,5
Publiée le 2 août 2018
Au garçon qui lui demande comment il faut l’appeler, Fiona Maye (Emma Thompson), une magistrate, répond qu’elle ne veut pas de « Votre Honneur » ou de tout autre titre ronflant mais simplement de « My Lady ». Cela étant, elle n’en exerce pas moins son métier en femme qui sait ce qu’elle veut. Du caractère, elle n’en manque pas, y compris à la maison, lorsqu’il s’agit de faire face à son époux pour qui elle n’éprouve plus grand-chose. Quant à ce qui concerne les jugements qu’elle doit rendre, elle sait faire la part des choses : « je suis là pour exercer la justice et non pas pour me préoccuper de questions morales », rappelle-t-elle après avoir rendu sa décision concernant l’affaire de frères siamois qu’il fallait séparer l’un de l’autre au prix de la vie d’un des deux enfants. Des affaires familiales de toutes sortes, elle a dû en régler un grand nombre, peut-être en se protégeant, en quelque sorte, par l’application stricte des procédures prévues pour chaque cas. Son métier est éreintant, les décisions qu’elle a prises ont pu parfois susciter des tollés, mais elle a tenu bon. Jusqu’au jour où elle estime que l’affaire qu’elle a à juger ne peut se résoudre uniquement sur la base des cas prévus par la loi. Un être humain n’est-il rien d’autre qu’un cas à résoudre ? En l’occurrence, il s’agit d’un garçon de 17 ans atteint de leucémie et refusant toute transfusion sanguine parce qu’il est Témoin de Jéhovah. Comme il est encore mineur, et même s’il a le soutien de ses parents, la décision revient à la justice. Or, plutôt que de rendre un jugement expéditif et arbitraire, Fiona Maye provoque la surprise de tous en souhaitant d’abord aller à l’hôpital rencontrer le malade et s’entretenir avec lui. Pour la première fois de sa carrière probablement, la magistrate décide de ne pas se contenter de suivre une procédure sans rien de plus. Rencontrer un mineur impliqué dans une telle affaire n’est pas prévu par les règlements judiciaires, elle pourrait s’en passer en statuant sur son cas. Mais Fiona Maye veut aller au chevet du malade, elle prend le risque de la rencontre. C’est un risque, en effet, car personne ne sait ce qu’il peut surgir d’un tête-à-tête, quels peuvent en être les effets. Ce serait tellement plus simple et plus sécurisant de rester à l’abri du prétoire. L’entrevue entre la magistrate et le malade qui ne veut pas de transfusion a donc lieu et, de fait, elle ouvre à de l’inattendu. Et les conséquences en sont totalement imprévisibles. Rencontrer quelqu’un n’est jamais anodin et ce l’est moins encore quand il est question de vie et de mort. Touché, bouleversé par cette magistrate qui vient à son chevet de malade, se mettant à son écoute, allant jusqu’à lui faire jouer à la guitare un air dont elle chante les paroles (qui sont de Yeats), le garçon est transformé. Quant à Fiona Maye qui, une fois revenue au tribunal, rend sa décision, elle ne soupçonne pas encore à quel point le garçon a été chamboulé. Elle n’est pas au bout de ses surprises. C’est le romancier Ian McEwan qui a lui-même adapté l’un de ses romans (« L’intérêt de l’enfant ») pour le cinéaste Richard Eyre qui signe une réalisation honnête. On peut trouver convenues les scènes de ménage entre la magistrate et son époux et assez peu inspirés certains interludes qui se veulent humoristiques. Si le film néanmoins séduit, c’est, en grande partie, à cause de la prestation sans faille d’Emma Thompson. Elle est remarquable et, comme elle est omniprésente, on a de quoi être captivé du début à la fin du film.
Dans « My lady », le principal atout est sans conteste son actrice principale, Emma Thompson. La comédienne anglaise y montre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent en juge des affaires familiales qui doit prendre des décisions morales pour la plupart très difficiles en vertu des lois et de sa propre conscience. Un métier qui l’absorbe à tel point qu’elle en néglige sa vie de couple. A la fois digne et majestueuse, forte et pleine de failles, brillante et investie, elle incarne ce personnage de magistrate fort mais tout à la fois sensible et empathique avec le brio indéniable qu’on lui connait. Elle ajoute un rôle important, l’un de ces meilleurs, à une carrière déjà bien fournie qui ne connait que très peu de ratés. En la choisissant, Richard Eyre met tous les curseurs de la réussite de son côté et rend son film prenant grâce à toutes les nuances de jeu de cette interprète de haut vol. Et le final, rempli d’émotion, finit d’achever cette impression d’avoir face à nous l’une des actrices les plus magistrales de sa génération.
Dommage en revanche que « My lady » soit de facture si classique. Le metteur en scène anglais filme en effet son récit adapté du roman « The Children Act » de la manière la plus pantouflarde qui soit. Un peu à la manière d’un téléfilm du dimanche-après midi, sans passion ni emphase. On croirait parfois son long-métrage sorti des années 90 avec une image délavée et terne et très peu d’idées de mise en scène. Ensuite, le film a le tort de ne pas assez creuser la relation entre cette femme prise par son travail et son mari délaissé, impeccablement joué par Stanley Tucci. Ce sujet revient par intermittences comme pour diversifier le propos du film ou le rendre plus touffu. A y regarder de plus près, ce sujet aurait mérité un film à lui tout seul tant il paraissait digne d’intérêt. Quant au sujet principal, l’affaire de la transfusion de sang sur un témoin de Jéhovah (joué par un Fionn Whitehead un peu dans l’excès), il donne lieu à des débats intérieurs passionnants pour le spectateur mais se voit accolé d’autres cas à plusieurs moments du film. Des cas traités rapidement qui laissent une impression trop sommaire et synthétique. Une série télévisée sur la vie professionnelle de cette magistrate aurait d’ailleurs pu voir le jour tant son métier et les affaires traitées sont passionnants au niveau de l’éthique et de la déontologie.
Ce qui fait aussi le sel de « My Lady », c’est cette plongée dans les rouages de la justice anglaise et du fonctionnement d’un tribunal. C’est instructif. On y voit à quoi ressemble la journée d’une juge de cette trempe tout comme on assiste à des réquisitoires et des jugements sur des affaires sensibles. On a même un goût de trop peu qui corrobore encore l’idée qu’une série sur le sujet (ou un film plus dense) aurait été de bon augure. Enfin, on apprécie que « My lady » puisse nous faire réfléchir sur ce fameux cas en nous bousculant moralement. Le film provoque en nous un débat intérieur intense sur ce qu’il faut faire, sur ce qui est bien ou mal, sur le bien-fondé des lois ou encore sur la pertinence de la foi sur des sujets délicats comme celui mis en branle par « The Children Act ». On est donc face à un film pertinent et intelligent qui souffre d’une forme laxiste et d’une adaptation du roman au scénario pas toujours habile. Des défauts que la prestation de son actrice principale rendent la plupart du temps caduques.
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Film qui m'a attiré rien qu'en voyant la bande annonce! J'ai adoré ce film parce qu'il est extrêmement intéressant d'un point de vue religieux (témoin de jehovah), amoureux (difficulté au sein du couple), et psychologique ( relation entre Fiona et Adam). Cette juge qui parait froide et inaccessible m'a captivé et passionné. Adam voit en elle une idole ou même une mère tandis que Fiona peut éventuellement voir un fils qu'elle n'a pas eu la chance d'avoir parce que sa vie professionnelle a pris le dessus sur sa vie amoureuse. Ce film rappel qu'il ne faut pas que la vie professionnelle prenne le dessus sur la vie sentimentale. Ce jeune homme est fasciné par cette femme, c'est un rêveur plein d'ambitions qui les voient a travers celle ci. Cette relation jeune homme et juge rend le film très intéressant , j'ai vraiment adoré. C'est tout a fait mon genre de film , à la fois triste, captivant et très psychologique. Je le conseille vivement!!
L'auteur britannique Ina McEwan est doublement à l'honneur ce mois-ci dans les salles françaises avec l'adaptation de ses romans On Chesil beach et, auparavant, celle de The Children Act. Pour l'exploitation hexagonale, ce dernier film a d'ailleurs pris le titre de My Lady, décision logique car il est plus que tout centré sur le personnage de juge de Haute Cour interprétée avec toute la subtilité que l'on lui connait par Emma Thompson. Ce portrait de femme fragilisée par une vie privée qui part en lambeaux et un métier où elle tente de faire ce qu'elle peut pour éviter d'être juge et partie est le principal intérêt du film du vétéran britannique Richard Eyre. Le passage par les arcanes de la justice britannique aurait été passionnant s'il avait été approfondi mais ce n'est pas le cas et le scénario s'intéresse à tout autre chose dans sa deuxième partie, plus sentimentale et censée faire monter l'émotion, sans y parvenir vraiment. Le film aborde aussi les questions d'éthique et de foi religieuse sans pour donner vraiment corps à ces sujets si ce n'est en les ramenant, une fois encore, à sa protagoniste principale et en s'attachant à essayer de fouiller sa psychologie (avec plus ou moins de bonheur). Outre l'interprétation d'Emma et du jeune Fionn Whitehead, plus que correcte en ce qui concerne ce dernier, on était en droit d'espérer une mise en scène un peu plus audacieuse alors qu'elle n'est que purement fonctionnelle. My Lady laisse avec pas mal de frustrations quant à son potentiel largement inexploité.
Fiona May est une juge londonienne de la Haute Cour. Son métier est toute sa vie et avec les affaires vraiment délicates qu'elle doit arbitrer, son coeur et son émotivité se sont endurcis terriblement au fil des ans. Son mariage en subit d'ailleurs les conséquences et lorsqu'elle se retrouve à devoir trancher dans un conflit entre un hôpital et un adolescent refusant toute transfusion sanguine, certains paramètres vont alors se bousculer en elle... J'ai trouvé l'idée du scénario intéressante avec une Emma Thompson vraiment formidable dans ce rôle, mais je suis resté un peu sur ma faim côté émotion. J'ai également peut-être été un peu dérangé par une dernière partie de film assez perturbante. Pas mal dans l'ensemble, sans plus. --> Site CINEMADOURG <--
Film Britannique d'un réal dont je n'ais pas connaissance, on va dire que j'y suis allé à tâton.. A la fin du film on se rends évidemment conte de la biographie mais également la thèse sur l'intime et sur l'éthique. Ou un suspens reigne (déontologie oblige^^). Les acteurs jouent quant à eux relativement bien, Emma Thompson y joue un de ses meilleurs rôles. On amène donc une biographie "dramatique" porté par un fond de justice et en même d'attirance, de sentiments…. Une alliance qui peut être dangereux. Donc oui, cela reste une biographie et donc parfois un peu plat;... Mais l'actrice principale se veut tellement captivante que l'on est autant à ses cotés qui travaille sous ses airs. Car son choix, es t un choix délicat ; peut importe son choix. Les conséquences peuvent en être tout autre. NE connaissant pas le roman éponyme, mais dont je vais m'y mettre^^. Le film repose en majorité sur Emma M et sa prestation magique .Dans l'ensemble on sent une femme blessée, toujours en action…. proche du burn out je pense. où la musique la repose et réussissant ce qu'elle compose. L'emmène à toujours vouloir en faire plus. Et c'est le cas au travail ou sa passion pour le droit en faire parfois de trop. Après toute l'intrigue prenante, y compris par la prestation des acteurs. LE dénouement n'en ait pas moins réussi.. Une brillante actrice dans un fabuleux film ou la satire politique colle parfaitement avec d'autres points (sans vouloir spoiler)
Emma Thompson est époustouflante dans ce film dramatique et si humain. Surprenant à mesure que l'on avance dans l'histoire, et une fin bouleversante. Un synopsis qui sort de l'ordinaire. À voir !
Si la réalisation rappelle un peu trop un téléfilm vieillot de la BBC, l'interprétation toute en nuances d'Emma Thompson ainsi que de seconds rôles tous parfaits (Stanley Tucci, Fionn Whitehead, Jason Watkins) retiennent l'attention.
Tres britanique old school dans le style. Doublage pas terrible. Pour le reste on suit le parcours assez dure du metier de magistrat et celui de la vie privee parfois chaotique sans deplaisir avec certains cas assez prenant mais ce n'est pas non plus toujours passionnant.
J'imaginais un rôle offrant de la pugnacité à Emma Thomson. Eh bien, non. Je m'attendais à un film articulé sur la réponse juridique qu'oppose la société des Hommes à la folie du diktat confessionnel dans le cas d'un enfant mineur (refus des transfusions chez les témoins de Jéhovah .. ne pas souiller son sang avec celui de l'autre ! ... est-ce qu'un enfant a la pleine conscience de "ce" choix ?). Eh bien, pas vraiment au final. Las, le réalisateur cherche plus à nous emmener, assez pesamment, sur le terrain psychologique (son personnage principal - la Juge - n'a pas eu d'enfant par choix professionnel, et du coup, le cas du môme Adam - témoin de Jéhovah - fera que ce manque résonnera en elle ...). J'oubliais, on a en prime la déconfiture du couple de la Juge à se mettre sous la dent, mais quel intérêt ? Allez, je mets 2,5 pour Emma Thomson.
Alors que dans sa vie personnelle tout part en morceaux un juge pour enfant doit prendre des décisions difficiles qui vont jusqu'à sauver ou enlever des vies .Emma Thompson livre ici un de ses meilleurs rôles a la fois juste et intense dans les moindres gestes et sublime le film .La relation qui s'instaure entre elle et le jeune témoin de Jéhovah va devenir complexe et même troublante .
Beau film, avec des acteurs touchants et un bon scénario... mais je suis un peut resté sur ma fin. Mais ça reste un film à voir que j'aurais plaisir d'ailleurs à revoir.
"My Lady" est le type même de film à qui il manque un petit plus pour nous faire vibrer réellement. Cette œuvre s'appuie trop sur l'excellente performance d'Emma Thompson, au détriment d'une intrigue assez minimaliste. En effet, celle-ci est tiraillée entre sa vie de couple qui bat de l'aile et son travail de Juge à la Haute Cour. 'apparition du jeune Témoin de Jéhovah et la question de la transfusion sanguine amènent une réflexion intéressante au film, avec ce jeune ado bouleversant campé par Fionn Whitehead. L'ensemble vaut surtout pour le charisme d'Emma Thompson et la façon de vivre sa foi.
Sans doute à aller voir en version originale , je l’ai vu en version française et l’émotion passe rarement . La construction du film est plate , le film est parasité par la relation de la juge avec son mari falot ( l’acteur n’y peut rien ) au détriment donc de celle avec son « fils adoptif « au final peu fouillée . La relation de la juge avec son greffier est ( presque ) plus intéressante ...un comble ! Le potentiel du sujet est sous utilise. Dommage pour Emma Thomson