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Lucas C
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5,0
Publiée le 8 février 2020
Un film sublime par sa mise en scène époustouflante et par son histoire simple mais émouvante malgré sa longeur. Alfonso Cuarón réalise avec Roma un chef-d'oeuvre regorgeant de beauté et d'émotions.
Très beau film! Simple pure et coulant de source ; ressourçant. C'est un film qui fait du bien, procurant de sincères émotions. La réalisation est élégante et les acteurs sont criants de naturel. C'est vraiment très réussi et un très beau témoignage d'antan. A recommander.
D’une beauté plastique époustouflante, bénéficiant d’une sublime photographie en noir & blanc et de mouvements de caméra magistraux, ce film soigné gagne en puissance visuelle ce qu’il perd en force scénaristique, tant Alfonso Cuarón semble se désintéresser des personnages qu’il décrit. Inspiré de la propre enfance mexicaine du cinéaste, dans les années 70, Roma nous fait suivre le parcours parallèle de deux femmes délaissées, une domestique et sa patronne, dont les potentiels conflits de classe sont entièrement gommés par leurs déconvenues personnelles respectives, vidant pour l’occasion le long-métrage de sa substance politique. Uniquement diffusé sur la plateforme Netflix où le long-métrage fait office de produit d’appel pour les cinéphiles, le film est aussi connu pour avoir bouleversé la chronologie des médias si chère à la France ; non sélectionné pour cette raison au Festival de Cannes, Roma remporta le Lion d’or à la Mostra de Venise 2018 et pas moins de trois Oscars.
C'est un film très polémique il y a des personnes qu'il l'aime, il y a des personnes qui le déteste, ça dépend beaucoup de la personne. L'image est belle et la recréation est très fidèle de l'époque. Les acteurs sont bons parce que réelle mais il y a de longueur pendant le film. C'est un film a voir!
Après le space opera (Gravity), Alfonso Cuarón fait le grand écart avec cette chronique familiale, intimiste, en noir et blanc. Chronique d'inspiration autobiographique. Le réalisateur y revisite ses souvenirs d'enfance sans pour autant centrer le récit sur l'enfant qu'il était. Le film est davantage focalisé sur le personnage d'une servante, Cleo, dont il n'a toutefois pas la prétention d'exprimer, à sa place, le point de vue. Il y a donc une certaine distance dans le regard du cinéaste, respectueuse et affectueuse à la fois, qui lui permet d'embrasser dans un même mouvement l'histoire de cette servante qui l'a marquée, mais aussi l'histoire de sa famille à un moment d'équilibre rompu, dans un contexte sociopolitique par ailleurs chaotique. La qualité de ce regard est l'un des intérêts du film. Narrativement parlant, le scénario avance en mode minimaliste, égrenant les choses du quotidien, esquissant par petites touches un tableau familial et social où il est question de démission masculine, de solidarité féminine, d'un lien qui transcende les classes sociales. Sans éviter quelques longueurs, le film évite tout pathos superflu. La sobriété de ton est subtilement émouvante, soutenue par une mise en scène savamment pensée en termes de compositions signifiantes, de détails symboliques. Quelle maîtrise esthétique ! Il y a beaucoup de cinéma dans ce film d'une merveilleuse fluidité (avec ses plans-séquence, ses travellings, ses panoramiques) et d'une grande beauté (avec son noir et blanc très lumineux). Un film qui dégage une impression de simplicité alors qu'il est extrêmement sophistiqué.
Une fresque quasi documentaire suivant le destin de Cléo, la servante d'une riche famille mexicaine. Si le noir et blanc est somptueux, la reconstitution du Mexique des années 70 incroyable, la virtuosité de Cuaron vire à l'obsession (tout est travellings et plans séquences) au détriment de l'humanité.
"Roma" n'a rien à voir avec l'Italie, mais son esthétisme étudié voudrait (sans doute) entretenir quelque familiarité cinématographique avec le néo-réalisme transalpin, dans le ressenti du spectateur - en fait, ce titre fait référence au quartier de Mexico où se passe le plus clair de l'affaire (pour 2 h 15 à l'écran - de pas grand chose...), "Colonia Roma", là où Cuarón passa son enfance. Suffit-il de filmer en noir et blanc, et de multiplier les plans fixes, souvent pour d'interminables séquences contemplatives, pour faire dans le génie (comme le proclament un palmarès flatteur et les critiques pros enthousiastes) ? Franchement pas, selon moi ! Cette énième histoire articulée sur le haut et le bas de la société, ici la classe moyenne supérieure de la capitale mexicaine du tout début des années 70 (la famille d'origine européenne), et le prolétariat indigène (les servantes à demeure) ne brille ni par l'originalité de fond, ni par la vivacité et l'à-propos du traitement qui en est fait. C'est académique, froid, étiré, languissant..... seules une ou deux scènes frappent et émeuvent spoiler: (dont le pathétique accouchement de Cleo) . En résumé, très surfait.
Décidément les Oscars avancent dans une direction pour le moins inquiétante pour le cinéma. Une pléthore de nominations pour ce film misérabiliste dépeignant la vie de tous les jours, qui ne raconte strictement rien et, pire, est froid comme une pierre (pas de musique, pas d’émotion, rien que la réalité brute, une tendance détestable des films « auteurisants » actuels). La seule nomination méritée selon moi est la photographie magnifique. Quant aux acteurs ils sont convaincants, mais n’est ce pas « facile » d’etre convaincant dans un film qui enchaîne de petites scènes de vie quotidienne, quand il n’y a pas de scénario « artificiel » à construire, à développer? Entre ça et les nominations pour une énième variation de la formule Marvel, qui se situe à l’autre extrémité du spectre cinématographique (également froid et sans émotion, non pas à cause d’une volonté auteurisante mais d’une volonté mercantile de faire du léger, du vide, du facile à consommer en se reposant sur des effets spéciaux et un scénario le plus lisse possible), ça pose de réelles questions sur le message que l’Academie est en train d’envoyer. Comme la politique, les tendances cinématographiques se déplacent de plus en plus vers les extrêmes (vacuité de la sobriété toujours plus extrême vs. vacuité du spectaculaire toujours plus abrutissant): maladie de notre époque?
Roma est avant tout une histoire humaine, une histoire d'une famille et de sa domestique Cléo. Alfonso Cuaron à superbement réussi à donner une ambiance et un style à son film. C'est très artistique, très beau et quelques plans séquence sont juste magistral. Malgré tout le métrage n'as pas réussi à me faire sentir complètement concerné par Cléo, la famille et de ses problèmes spoiler: (je pense à la scène de l'accouchement) et ça c'est vraiment dommage.
Beaucoup de mal à regarder, les personnages sont peu attachants et l'histoire est peu intéressante. Cependant, quelques décors sont beaux et certaines scènes font sourire.
Oui le film est attachant, visuellement beau...mais pourquoi un tel emballement ? Le film multiplie les plans qui se traînent, rendant le film ennuyeux au possible au démarrage, sans rythme ni vie. Le film s'achève sans avoir l'impression d'entendre quelque chose d'original spoiler: (la recomposition de la cellule familiale entre une servante et une famille bourgeoise mexicaine dans les années 70, suivant les déboires que les hommes décident par égoïsme de faire subir à leurs compagnes) ni voir quelque chose d'incroyable, car si le visuel noir et blanc pour un pays ensoleillé est maîtrisé, le rythme, lui, fait à mes yeux un brin cliché du film d'auteur, le génie de l'audace en moins.
Il est difficile de nier la virtuosité de la mise en scène et la maîtrise des plans-séquences. Malheureusement, elles sont ici au service de... pas grand chose. Sans enjeux, les 2 h 15 narrant le quotidien d’une famille du point de vue de la servante finissent par paraître bien longue.
Le film a mis du temps à démarrer, une ambiance très soporifique, le film commence enfin, j'ai pu constater qu'il est profondément triste et je pense que l'histoire aurait pu être approfondi, c'est dommage.
Je suis un peu embarrassé par mon relatif manque d’enthousiasme vis-à-vis de ce ‘Roma’, détenteur d’un Lion d’or à Venise et de deux Golden Globe, et qui est sans doute la production Netflix dont on parle le plus dans les milieux qui comptent depuis ‘Okja’ en 2017. En dehors de mon ressenti instinctif que je ne m’aviserais jamais de contredire, je comprends parfaitement en quoi ‘Roma’ peut être considéré comme un très grand film, au point de vue intellectuel et au point de vue artistique. D’abord parce qu’il s’agit d’un travail très personnel pour Alfonso Cuarón, totalement éloigné des blockbusters qui l’ont fait entrer dans la cour des grands depuis une vingtaine d’années. Le cinéaste y puise dans les souvenirs de son enfance mexicaine durant les années 70 pour rendre hommage aux domestiques que sa famille employait, figures à la fois invisibles et essentielles, qui faisaient partie de la famille sans en faire tout à fait partie et dont on s’inquiétait sans vraiment s’en inquiéter. Sans misérabilisme, sans volonté de dénoncer l’inégalité mais sans davantage d’intention d’idéaliser ses souvenirs, il les dépeint comme des personnalités vouées à l’oubli de soi et à une forme de souffrance silencieuse, car tel est leur statut. Outre le nom du quartier de la capitale où la famille réside, ‘Roma’, c’est aussi l’anagramme du mot “Amour’ et il est beaucoup question dans le film d’amour, qu’il soit contrarié, trahi, brisé ou au contraire indéfectible selon ceux qu’il touche...et c’est sans doute aussi un clin d’oeil à Fellini, dont Cuaron reconnaît la double-influence, à la fois néo-réaliste et baroque, dans une réalisation qui expose parfois la vie telle qu’elle est, alors qu’il se perd dans la contemplation et la rêverie à d’autres moments, en jouant sur le contraste implicite entre le mouvement et l’immobilité, comprenez entre la vie et la mort. C’est un film qui prend le pouls d’une période agitée de l’histoire du Mexique, pays à la modernité hésitante gangréné par une violence d’état et des rapports sociaux complexes et plutôt que de raconter une histoire, procède par apposition de couches mémorielles successives, où la temporalité serait sans grande importance. C’est surtout un film visuellement magnifique, tourné dans un noir et blanc somptueux, avec des plans-séquences époustouflants et un génie du cadrage qui sublime la banalité du décor et transforme chaque plan en tableau vivant, à la façon des moments les plus éblouissants du cinéma de Béla Tarr. Pourtant, et j’en suis le premier désolé, si je n’ai aucun mal à lui reconnaître ces qualités dont on fait effectivement les chef d’oeuvre, je dois avouer avoir eu beaucoup de mal à entrer dans le film et à me passionner pour les heurs et malheurs de cette famille joyeusement désordonnée de la classe moyenne. Peut-être parce que ‘Roma’ n’entre jamais tout à fait dans l’onirisme, et se raccroche toujours à son schéma et à son rôle d’hommage et d’auto-psychanalyse ? Je n’ai pas d’explications. Tout de même, je peux au moins lui concéder qu’il s’agit d’une des rares productions Netflix à ce jour, qui a les épaules et les moyens de faire date dans l’histoire du cinéma...