Du point de vue thématique, Steve McQueen a placé la barre très haut dans ses trois premiers longs-métrages et l'on peut s'étonner de le voir diriger un simple film de braquage. Evidemment, celui-ci n'est pas aussi basique que cela, s'attachant à dresser le portrait d'une grande ville américaine dominée par la voracité et la corruption de ses politiciens. Très bien, mais c'est comme si Les veuves contenait deux films en un, avec des intrigues qui s'assemblent mal et manquent d'homogénéité. Par ailleurs, le film est assez froid, s'intéressant plus à ses 4 héroïnes individuellement que collectivement et ne cherchant que peu à les rapprocher. S'ajoutent également quelques grosses ficelles scénaristiques, avec un twist obligatoire, qui montrent que McQueen se préoccupe assez peu du braquage en lui-même y compris à sa préparation. Le cinéaste cherche plutôt l'angle psychologique et le sous-texte féministe, dans un monde où les hommes sont menteurs, manipulateurs et arrogants. Bien asséné de ce point de vue et comme le film est réalisé avec grand style, honnêtement, on ne voit pas le temps passer. L'interprétation, comme toujours chez McQueen, est un point fort indéniable même si certaines de ses comédiennes sont sous-utilisées. Film le moins ambitieux dans la carrière du metteur en scène et bien sûr le moins personnel, Les veuves a quand même quelques bons atouts dans sa manche pour ne pas décevoir tout à fait.
On peut citer deux paramètres que certains pourront qualifier d'"original" ; un twist sympa mais qui arrive beaucoup trop vite et amené de façon trop prévisible et, surtout, le gros coup en en faisant un polar féminin et féministe. Mais surtout on a connu Steve McQueen plus subtil que ce postulat aussi démago que simpliste, à savoir les femmes sont fragiles mais se transforment en combattantes courageuses face aux hommes prêts à tout pour survivre dans un système fait par eux et pour eux. Le film reste un divertissement très efficace grâce à sa dimension politico-mafieuse mais aussi grâce aux performances des actrices. Site : Selenie
Un film intéressant mais mou. Quelques longueurs et quelques incompréhensions. Pas un mauvais film mais manquant de dynamisme. Seul le moment du cambriolage devient palpitant.
Les veuves est annoncé comme un thriller mais il s'agit d'un film très poussif où tout est très lent. On se perd dans des méandres sans fin où les méchants sont vraiment très méchants et les politiciens sont vraiment très véreux, ce qui ne fait pas pour autant avancer cette histoire de hold-up. La mise en scène est prétentieuse et le scénario totalement invraisemblable. Comment croire un instant que ces mères de familles "pépères" se transforment en quelques jours en cambrioleuses quasi-professionnelles ? Le twist final bien qu'abracadabrant est prévisible dès la moitié du film et, au total, on s'ennuie pas mal au cours des 2h10 de ce film... N'est pas Josh Randall ni Thomas Crown qui veut...
pourquoi donc faire ce "polar" ? c'est mou a souhait , ça hurle, ça piaille, ça pleurniche, c'est pas crédible un seul instant, c'est un film de femmes complètement raté, sans aucun intérêt et fort ennuyeux , on aurait aimé de la part du réalisateur un peu plus de punch, plutot que s'attarder sur les minauderies ridicules de ses comédiennes qui ne croient pas un seul instant a ce qu'elles font. tant pis.
Attention cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: ça ne donne pas envie de voter. Un thriller féminin voire féministe ? Juste parce que les personnages principaux sont des femmes ? A peine un thriller d'ailleurs mais plutôt un film de genre, le heist, infiltré par un réal qui a des trucs à raconter. Côté heist, le réal détourne habilement les codes du genre (recrutement de l'équipe, établissement du plan, twist...) et étire une histoire qui progresse par saut de puce, plus proche des états d'âme des perso qu'à la poursuite d'un rythme effréné. Des caractères bouleversés à la recherche d'eux-mêmes plutôt que de l'action ou des événements. Oui, la bande annonce vous a un peu menti : le film reste bien dans le style arty de l'auteur de Shame. Côté analyse, on y apprendra que les relations femmes / hommes sont vouées à l'échec, que les hommes sont cyniques, lâches ou cruels et surtout qu'ils ne font que perpétuer un système. A l'inverse, les femmes s'avèrent fragiles mais courageuses, rusées, prêtes à se ré-inventer et surtout promptes à la révolte contre le dit système. Le réal montre une société machiste en déliquescence que la solidarité féminine pourrait renverser. La révolution s'accomplit dans l'ultime plan, seule trace d'espoir dans ce monde corrompu. C'est naïf mais ça fait bien le boulot.
Je ressors quelque peu déçu par ce thriller divertissant mais qui a tendance à ronronner par moment. En effet, Steve Mc Queen II veut nous montrer la force de caractère de ces quatre jeunes femmes au tempérament affirmé qui veulent récupérer l'argent du braquage de leurs conjoints. Malheureusement ce thriller n'en est pas vraiment un, tant le réalisateur s'efforce de passer des messages comme la corruption politique, le délaissement de la population noire à Chicago, le tout avec une bonne dose de féminisme. C'est intéressant mais pas du tout rythmé et cela donne au final un film quelconque malgré l'apport de Gillian Flynn au scénario. Une petite déception malgré la superbe prestation de Viola Davis.
Steve McQueen signe un thriller précis, féminin et passionnant. Les Veuves est ce qu’aurait du être Ocean’s 8, un long métrage qui dresse des portraits féminins passionnants et non stéréotypés.
Un très bon polar, avec un scénario aussi bon que la mise en scène et le jeu des acteurs. Le film est un peu sec mais pas moins émouvant pour autant. Ce qu'il raconte de l'Amérique en arrière plan n'est peut être pas nouveau mais en tout cas remis à jour, dans les USA d'aujourd'hui. Magistral.
Le film met en scène la mise en oeuvre d'un braquage orchestré par un groupe de femmes veuves dans le but de recouvrir une dette suite au décès du groupe de maris malfaiteurs . Un casting explosif et brillant où Viola Davis assume pleinement et magnifiquement son rôle principal ; la réalisation est soigné , l'intrigue bien ficelé .. Un film assez sombre qui garde son sérieux et son suspense du début à la fin .. un très bon thriller 16.5/20
Un bon thriller plutôt original, et bien qu'il manque totalement de moralité, on se laisse prendre au jeu des personnages qui maintient le suspense de bout en bout.
Une chose est sûre, on n’attendait pas vraiment le réalisateur acclamé et oscarisé Steve McQueen à la tête d’un film mêlant polar, thriller politique, drame et film de braquage. Un film dont la lecture du scénario fait avant tout penser à un film de commande pour gros studio. A priori en tout cas. Au bout du compte, « Les Veuves » n’a peut-être pas la puissance dramatique et narrative de « 12 years a slave » ou « Shame » (néanmoins toute relative selon moi, car trop démonstrative et emphatique mais généralement établie par les professionnels et le public). Cependant, il se révèle être un film carré, sec et racé de toute beauté. Comme si les velléités auteuristes du cinéaste se fondaient parfaitement dans le moule hollywoodien de l’entertainment. Car, à n’en pas douter, le cinéaste engagé parvient à glisser dans son film bien des préoccupations personnelles ou généralement polémiques allant du poids des minorités à la corruption établie des politiques en passant par la domination morale de la femme.
Des sujets en phase totale avec l’actualité que McQueen coule dans un polar aux accents tragiques shakespeariens particulièrement bien négociés. Au final, il y a très peu d’action (voire pas du tout) dans « Les Veuves ». Que ceux qui s’attendent à un film de braquage musclé aillent voir ailleurs, ils seront forcément dépités bien que ledit braquage en fin de film soit un modèle d’efficacité et de concision, haletant comme il faut mais bref au possible. Non, l’intérêt est ailleurs pour le metteur en scène. Il se situe dans les rapports entre les (très) nombreux personnages que comporte le long-métrage. Des rapports de force, de manipulation ou tout simplement des rapports humains qui sondent notre condition à tous (morale comme sociale). Son film est comme un grand échiquier dont la bataille se met en place et se conclue méthodiquement.
Les deux grands axes narratifs du film (la mise en place du braquage des veuves et les magouilles politiques d’élus municipaux en vue d’élections) ont parfois du mal à trouve leur point de jonction mais cette scorie s’avère minorée par la force d’un récit maîtrisé et d’une mise en scène au cordeau. Une exécution que ne renierait pas un Clint Eastwood en forme avec quelques séquences bien réussies (la scène inaugurale par exemple) et des joutes verbales bien envoyées (le duel père-fils Duvall/Farrell). On n’a en plus droit à un rebondissement bienvenu et étonnant. « Les Veuves » est donc un film de poids sachant être à la fois intelligent et divertissant et porté par une distribution énorme où chaque rôle est porté par un acteur de choix. On regrette peut-être juste que les frères Manning ne soient pas incarnés par des acteurs assez effrayants (Brien Tyree Henry et Daniel Kaluuya) et que certaines sous-intrigues soient trop résorbées à la va-vite. Sinon c’est du beau cinéma à l’ancienne.
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