Malgré le fait que je ne kiffe pas la nouvelle tendance de Disney, qui consiste à capitaliser à fond sur ses réussites passées plutôt que d’en tenter des nouvelles sans la blinder de messages opportunistes, je me suis décidé à tenter le Roi Lion.
Faut dire que s’il y en avait un à refaire c’était celui-là, pas qu’il soit mauvais au départ mais vu qu’il était destiné à être une œuvre mineure la revoir avec de plus grandes ambitions ça pouvait donner… et dès le début c’est bon, on est transporté en Afrique. Faut dire qu’avec la meilleure intro de Disney (Circle of life) ça ne pouvait que donner, tant qu’on ne s’éloigne pas trop de l’original c’était qualité assurée. Si on ajoute les décors, les textures, les détails, les animaux, leurs comportements et leurs cris, ainsi que le soin apporté aux visuels on est quasi sur un documentaire et c’est le top. On sent que les équipes sont allé en Afrique et pas pour rien. Ah et je l’ai vu en VO (bonnes voix) et je trouve une certaine ressemblance entre Rafiki et Yoda…
Si les petits défauts du dessin animé sont corrigés (Rafiki qui s’assoie, Mufasa et Scar se ressemblent davantage, le côté shakespearien est accentué) en augmentant le réalisme, sauf quand Mufasa se chope toutes les hyènes, ça dessert l’ensemble également. En effet, c’est beaucoup moins marrant, Zazu est devenu une mascotte banale limite présent que pour s’en amuser, puis Timon et Pumbaa sont plutôt des paumés déjantés. Si on échappe au message végan on aura le couplet féministe à la mode avec les lionnes, mais comme c’est court ça passe encore. Si la musique est bonne (Hans Zimmer c’est sur) ça reste en deçà de son modèle. Quant aux chansons, si importantes et de qualité car Elton John aux commandes, elles ont toutes des défauts, hormis l’intemporel Hakuna Matata et le Lion est mort ce soir. Déjà elles sont moins longues, et donc perdent de leurs propos mais Je voudrais déjà être un roi est moins coloré et vivant, Be prepared est moins chantée et perd son côté nazi, Can you feel the love tonight est moins harmonieux car Beyonce veut montrer qu’elle est là donc on l’entend trop, surtout qu’elle a sa chanson originale à sa gloire rien que pour elle et le CD…
Au final Favreau se rattrape de son Livre de la Jungle mais sans sortir un chef d’œuvre pour autant. C’est en ça que la nouvelle politique Disney n’est que mercantile : le renouveau n’amène rien de bon, au contraire. Au mieux ils font juste moins bien, comme là, l’œuvre d’origine restant au-dessus et les comparaisons font mal. Surtout qu’en tentant d’actualiser le propos et le visuel ils perdent les messages importants et le fun qui faisaient leur marque de fabrique sympathique, puis ça rend tout trop artificiel, donc barbant. En tout cas c’est leur meilleure production d’animé en film, et ils n’ont pas gâché l’original en ne modifiant que peu de choses, c’est déjà ça.