Le Roi Lion : le remake qui rugit… en sourdine
Jon Favreau, le type qui a foutu un tigre dans un Boeing avec Le Livre de la Jungle, revient pour nous balancer une savane photo-réaliste, mais sans âme. Résultat ? C’est beau comme une carte postale, mais ça manque de mordant. On a Simba en 4K, mais il a l’air plus figé qu’un lion de cire chez Madame Tussauds. À force de chercher le réalisme, ils ont oublié la magie. En gros, c’est un National Geographic avec un karaoké en arrière-plan.
Scar, dans le dessin animé, c’était l’incarnation du fourbe machiavélique, un méchant à la fois classe et terrifiant. Ici, il ressemble à un chat de gouttière qui aurait mal tourné. Même sa voix manque de charisme. On est loin du Shakespeare du Serengeti, on dirait plutôt un méchant de téléfilm de TF1 un dimanche après-midi.
Heureusement que les deux zigotos sont là pour relever le niveau. Leur humour fait mouche, leurs répliques détendent l’atmosphère, et ils arrivent même à dépoussiérer Hakuna Matata. Mais bon, deux surdoués dans une classe de cancres, ça suffit pas pour sauver le film.
Quand L’Histoire de la vie démarre, t’as le poil qui se hérisse… mais ça retombe vite. Les musiques cultes sont là, mais elles manquent de punch. Le pire, c’est Soyez prêtes : une espèce de monologue chantonné qui flingue la tension dramatique. Franchement, ils auraient dû laisser Elton John tranquille et se concentrer sur des nouveautés dignes de ce nom.
Le plus gros problème, c’est l’absence totale d’émotion. La mort de Mufasa, censée te broyer le cœur, passe sans éclat. Tu regardes Simba pleurnicher avec la même intensité que si tu regardais un chat réclamer des croquettes. Ils ont mis tellement de budget dans les effets spéciaux qu’ils ont oublié de rajouter une once de vie.
Le Roi Lion 2019, c’est un coup marketing bien rôdé, mais une œuvre vide de l’essentiel. On y va pour la nostalgie, on ressort frustré. À force de vouloir caresser les spectateurs dans le sens du poil avec du réalisme, Disney a enterré tout ce qui faisait le charme de l’original. Bref, si tu veux te souvenir pourquoi cette histoire te touchait, relance la VHS. Ici, on a juste un animal empaillé avec un bon budget pub.
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