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Bertie Quincampoix
142 abonnés
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4,5
Publiée le 23 janvier 2021
En nous plongeant au cœur d’une communauté d’anciens toxicomanes se guérissant par la prière, Cédric Kahn sonde avec une grande maîtrise la naissance de la foi. Très documenté, ce film aux paysages de montagne magnifiques nous fait suivre le parcours de Thomas – Anthony Bajon extraordinaire, dans un rôle qui lui valut un Ours d’argent du meilleur acteur plus que mérité à Berlin – à partir de son arrivée jusqu’à son départ de ce foyer fraternel aux rituels stricts et bien établis. On assiste à sa transformation intérieure, sa reconstruction personnelle, on y observe ses doutes, une magnifique histoire d’amour et finalement le réconfort qu’il va trouver dans les forces de l’esprit. Un film étonnant, impressionnant de maîtrise, superbement interprété par une troupe d’acteurs éblouissants, qui nous embarque sur des sentiers ouvertement mystiques que le cinéma français a trop peu exploré ces dernières années. Brillant.
Ce film est fort, et puissant. On découvre A. Barjon dans le rôle principal: comme dans Au nom de la terre, il impose son image à l'écran sans forcer mais tout en simplicité. C'est comme ça que je le ressens. C'est un jeune toxicomane qui se retrouve dans une communauté dans la montagne où on y vit un peu comme des reclus, entre garçons et selon des règles strictes. Et tout ça autour de la prière et de Dieu. Depuis l'extérieur on imagine mal comment des jeunes peuvent vivre ensemble si longtemps en respectant ces règles strictes et ces moments de prières mais cela semble fonctionner. Les débuts sont durs néanmoins pour tous les nouveaux. Le film ne s'attarde pas sur une évolution graduelle du personnage principal. Il y a une scène difficile où il craque et ensuite ça va tout de suite mieux, il aide lui même un nouveau et s'immerge dans la prière rapidement. Tout va très vite dans un sens mais cela fonctionne. Un beau film à recommander.
22 ans, le visage juvénile, mais un peu amoché et buté… On ne sait rien d’autre de Thomas, lorsqu’il débarque dans un centre au cœur des Alpes. Sauf que le lieu abrite d’anciens drogués venus se délivrer du mal par la prière ! Le cadre est magnifique et incite à la méditation. Mais les règles de vie en commun, de respect mutuel et de travail aident aussi les toxicos à retrouver estime de soi et paix intérieure. Et leur foi - en eux autant qu’en Dieu - les fait avancer sur le chemin de la rédemption. Cédric Kahn a choisi de suivre cette reconstruction par la religion à travers le parcours de Thomas, mélange de violence contenue et de candeur enfantine. Ses compagnons d’infortune et d’espérance n’ont pas l’air aussi pressés que lui de redescendre dans la vallée. On dira que la grâce leur est tombée dessus, par le même enchantement que le héros est touché par un ersatz de miracle. Même si dans son cheminement intérieur, on ne voit ni sa transformation mystique s’opérer, ni surgir ses interrogations existentielles. On peut faire au film un procès en authenticité. Trouver le scénario trop classique et son récit convenu. Regretter que la montagne ne soit pas davantage filmée, ne serait-ce que pour mieux faire ressentir le sentiment d’isolement et d’éternité. Il n’empêche, La Prière offre quelques jolis moments de chaleur et de solidarité. Avec une caméra qui saisit l’émotion au plus près des visages. C’est le cas notamment avec le jeune Antony Bajon qui habite son personnage avec une impressionnante sincérité. Il n'a pas volé son ours à Berlin...
Un film magnifique ! L'histoire poignante, touchante, entraînante. Les paysages sont d'une grande beauté ! Et l'acteur Anthony Bajon mérite amplement son prix d'ours d'argent du meilleur acteur ! Pour sa sensibilité, son énergie, sa finesse.... ! Bravo ! Grand film !
J’ai été assez surpris en découvrant l’histoire car en me fiant à l’affiche je pensais que Thomas était prêtre. Et non, c’est tout le contraire si on peut dire. On voit d’ailleurs que le film se construit en deux parties. Celle où Thomas va se battre pour ne plus être addict à l’héroïne. Cette partie sera d’ailleurs assez dur. Elle dégage une véritable force tant on sent sa souffrance. Puis la seconde, qui sera vraiment centré sur la recherche de spiritualité d’un jeune homme voulant un nouveau départ dans sa vie. Ce parcours sur ce chemin spirituel va être vraiment intéressant à découvrir. D’autant plus que l’interprétation de Anthony Bajon est vraiment touchante. Son Ours d'Argent du Meilleur acteur au Berlinale 2018 pour son premier rôle important est amplement mérité. Ce qui est appréciable, c’est que nous ne sommes pas devant un film prosélytiste. Il y a une vraie nuance dans le déroulé des actions même si un moment donné se déroule un « miracle » un peu gros. On reste dans un ton assez neutre pour au finale que Thomas trouve sa véritable voie et enfin le bonheur. En nous confrontant à une dure réalité qu’est le sevrage d’un toxicomane, LA PRIÈRE parvient à nous apaiser spirituellement.
Avec pudeur et sobriété, Cédrick Kahn nous dépeint le quotidien de jeunes toxicomanes en voie de rédemption. Pas de pathos, juste la réalité brute d'une vie retirée loin du monde, dans la montagne. L'exigence d'être en vérité avec soi même pour s'en sortir.... ce film est réaliste et sans excès, presque documentaire. Les personnages ont une belle densité. bravo encore à Anthony Barjon. a voir.
Avis mitigé. J'ai balancé entre le pour et le contre, et le contre a remporté, d'où seulement 2 étoiles. L'histoire se focalise trop sur Thomas, les autres acteurs sont toujours en retrait. On sait à peine qui est qui. Images beaucoup trop sombres, noiratres, voire invisibles (sauf lorsque que l'on voit les scènes extérieures en plein jour dans ce magnifique coin de l'Isère). Des scènes ont l'air d'avoir été coupées ou pas finies spoiler: (Thomas se retrouve seul dans la montagne dans la nuit et le brouillard, fait une grave chute, se blesse, et ?? Scène suivante, il est assis tranquilou face au prêtre). La scène de sexe avec Sybille est beaucoup trop longue et n'amène rien. Quand ils s'allongent sur le lit, on aurait compris... Pourquoi la Soeur, qui parait si douce, lui colle deux grosses claques alors qu'il lui dit être enfin heureux ??? . Thomas est jeunot, joufflu, pas très beau. Etonnante cette histoire d'amour avec Sibylle. Erreur de casting. Si l'idée de départ était bonne, tout le déroulement est gâché par cette noirceur de l'image, des erreurs de casting, des choses incompréhensibles.
Je mets 5 étoiles Excellente surprise Excellent tempo, rythme, lumière, profondeur On a du mal à croire que Cédric Kahn est un agnostique :) Bravo pour un excellent moment
Ce film est prenant un peu minimaliste et relativement complexe. Son sujet est important, c'est la guérison des addictions à la drogue. Et celle-ci se fait à travers des soutiens qui ont une expérience de la compréhension, de la compassion et de la discipline.C'est une retraite en collectivité d'œuvre chrétienne fondée par une religieuse spoiler: qui apparaît et a un rôle conséquent dans l'histoire. C'est en même temps une histoire d'amour, et une confrontation entre une vocation à Dieu et une attirance pour une personne du sexe opposé partagée et sans noirceur. La fin ne dit pas que ce choix soit déterminant et exclusif, il n'y a pas de raison qu'il perde la foi découverte par une expérience particulière et vécue. La bible n'impose pas aux religieux de rester célibataire. Le film montre les difficultés que traverse le personnage, c'est réaliste et cherche à bien montrer le soutient apporté et de quel façon, en cela c'est un film bien utile. Je dirais cependant qu'il fait ses choix, assez contextués et assez sombres et peu explicites par moments. La foi, l'amitié et la compassion sont présents mais pas précisément l'amour spoiler: qui ne l'est que dans sa relation avec celle qu'il rencontre et non venant de Dieu, on ne ressent pas celui-ci dans le cheminement du film c'est en cela que je ne le note pas au-delà de bien. Il défend des idées du monde en définitive autant que des idées issues de son expérience chrétienne.
"C'est un film sur le choix (...) seule la grâce ne se choisit pas" dit Cedric Kahn en interview, pour parler de son film avec une grande pudeur. S'il ne l'a pas choisie, la grâce accompagne son film de la première à la dernière seconde. Il y a peu à dire ou rien à dire quand tout est là, c'est un film qu'il faut voir car il transmet une révélation qui ne passe pas par les mots. Anthony Bajon a une densité humaine à la hauteur du parcours spirituel que son personnage effectue sous nos yeux, il incarne le jeune Thomas incandescent, puissant et infiniment fragile, aux prises avec lui-même et avec la joie et le tourment de la vocation. Bist du bei mir, tube planétaire de Jean-Sébastien Bach, nous accompagne longtemps après avoir vu ce film. La grâce ne se choisit pas en effet, mais Cédric Kahn a sans aucun doute été choisi pour nous donner à entrevoir le grand mystère. Un grand film, merci.
Le film est comme une fenêtre sur un morceau de vie. Mais pas n’importe quel morceau de la vie de ce jeune homme : le moment charnière où tout se joue, où le cours des jours s’oriente inéluctablement. Le film s’ouvre alors que nous ne savons rien du passé de Thomas, si ce n’est que c’est un toxicomane. Et de même il s’interrompt sans rien nous dévoiler de ce que sera le futur de Thomas. Seulement, dans cet entre-deux, il y a cette communauté, ces êtres qui tentent de se reconstruire en se soutenant, autant que faire se peut. Un très beau film auquel j’aurais demandé un peu plus de temps pour suivre le cheminement de Thomas vers le sevrage, puis l’apaisement et, peut-être, la foi. Je regrette quelques raccourcis qui nous font aller un peu vite dans ce parcours initiatique. Mais par ailleurs, le film retranscrit bien la foi comme un lent balancement entre certitude et doute, entre joie ineffable et tristesse.
Film assez dur dans l'ensemble même si le cheminement de Thomas le mène à la rédemption. Anthony Bajon joue très bien mais je l'ai trouvé encore plus impressionnant dans Chien de la casse avec Raphaël Quenard.