Derniers Avis : Mademoiselle de Joncquières - Page 18
Mademoiselle de Joncquières
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Anne M.
88 abonnés
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4,5
Publiée le 18 septembre 2018
Je recommande chaudement cet excellent film d’Emmanuel Mouret inspiré par l’oeuvre de Denis Diderot.
Madame de la Pommeraye, jeune veuve aristocrate, se laisse séduire par le libertin marquis des Arcis, qui la courtise depuis de nombreux mois. Mais il finit par la délaisser, le couple rompt et les amants redeviennent amis.
Mme de la Pommeraye ourdit une vengeance contre le marquis, faisant intervenir Mme de Joncquières et sa fille, deux courtisanes.
J’ai réellement tout aimé dans ce film : la limpidité, la richesse et la fluidité du scénario, la grande qualité du texte et de sa diction par les comédiens, la fraîcheur et les détails des décors tant intérieurs qu’extérieurs, le choix des costumes, l’accompagnement musical adéquat à l’action.
L’histoire dans un premier temps sulfureuse est assez jubilatoire, pour qui approuve la vengeance de Mme de Pommeraye. Puis elle prend des virages, se complexifie et la morale n’est pas celle que l’on croyait. Ceci marque une grande différence par rapport à Choderlos de Laclos et ses « liaisons dangereuses ». Une oeuvre de choix dans le paysage cinématographique français.
Les dames de Joncquières, "fruits du péché" de mère en fille, ont dû (bien que de noble extraction toutes les deux) se résoudre à la galanterie (de ruisseau) pour survivre. Quand sa vieille amie de pension l'entretient de cette situation navrante, la marquise de La Pommeraye (Cécile de France), une riche et belle veuve, comprend tout de suite quel parti en tirer, surtout que la fille est ravissante. Sans qu'on puisse la confondre pour autant avec une Merteuil... En effet, son amant le marquis des Arcis (Edouard Baer) s'est lassé d'elle, et la quadragénaire, qui connaît sur le bout des doigts la psychologie de ce libertin (dans le sens 18e, tout autant que dans le sens contemporain du terme, mais un libertin en mode atténué, ni Don Juan, ni Valmont...un modèle inédit...), met alors sur pied une stratégie redoutable, avec la complicité (tarifée) des deux filles de joie (Natalia Dontcheva jouant la mère, Alice Isaaz la fille)... Mais, aux jeux de l'amour et du hasard, il arrive que les meilleurs scénarios se heurtent à d'improbables pierres d'achoppement. Loin des films français habituels, partagés entre misérabilisme social (ou "sociétal"), niaiseries et vulgarités diverses, et sucreries boboïsantes (ces trois "sources d'inspiration" convergeant d'ailleurs souvent), Emmanuel Mouret confirme un talent exquis, délaissant (avec bonheur !) sa veine habituelle "rohmérienne", pour l'adaptation réussie d'un des "récits dans le récit" du "Jacques le Fataliste" de Diderot. C'est un régal de tous les instants de se laisser prendre aux roueries de la marquise... comme de se laisser surprendre par les péripéties en découlant. Un exercice de style séduisant, dans une langue délicieuse, mis en scène avec une fausse simplicité : jubilatoire ! Une distribution idoine - juste un (léger) bémol, Alice Isaaz, moins convaincante.
Enfin un film où les dialogues sont riches de finesse et d esprit. Qui plus est, les comédiens sont au top, bien dans la peau de leur personnage. Cecile de France tient la l une de ses plus belles prestations. Du bel art!
ce film me fait renouer avec le cinéma d’Emmanuel Mouret que je n'apprécie pas du tout habituellement. De beaux dialogues et un jeu d'acteurs dans ce film à costumes plutôt classique du genre. Les liaisons dangereuses et Don Juan dans un épisode de Jacques le fataliste. On passe un bon moment.
Brillant, beau et sublimement bien joué et filmé. A voir pour la finesse des sentiments exprimés et la splendeur des images. Un petit bémol pour le texte parfois dur à jouer.
Ce temps aristocratique d'une grâce et d'une beauté perdue se donne à nous dans sa doucereuse nostalgie. Un parler d'une élégance raffinée qui contraste cruellement avec l'abîme ou s'enfonce chaque jour davantage notre belle langue. Voilà déjà bien des choses pour aimer ce film si bien joué et mis en scène. Enfin et surtout, sous ce somptueux vernis,, ce sont les terribles passions humaines qui s'agitent, celle de Don Juan désespéré de n'être jamais satisfait, celle de la maîtresse trompée qui trouve dans l'organisation de sa vengeance une bien triste amertume. Diderot est un maître et nul mieux que lui n'aura compris son époque et aussi l'homme éternel, éclairé sans doute par la puissance de sa raison mais tout autant égaré par la cruauté de sa nature .
un bon drame historique de la vie d'autrefois de "mademoiselle de jonquières' qui est bien retranscrits, les décors, les costumes, les paysages, et l'intonation etc... un très bon quator d'acteurs avec un plus pour "cécile de France" qui joue magnifiquement bien la femme du marquis en grande vengeresse car délaissée de son mari volage en préparant un plan machiavélique et " édouard baer" aussi est exceptionnel en homme devenu libertin car il est perdu dans ses sentiments amoureux. donc, un bon petit moment cinématographique sans ennuie. le seul petit point positif c'est de comprendre le vocabulaire ancien un peu trop soutenu pour ma part.
Excellente surprise que ce nouveau film d'Emmanuel Mouret, qui s'était un peu perdu au fil du temps dans le radotage libertin et contemporain.
En transposant son goût pour la dialectique subtile et parfois perverse au XVIIIème siècle, Mouret réalise un coup de maître.
Sa langue châtiée et déliée à la fois se marie admirablement avec l'époque et Cécile de France et Edouard Baert, tous deux excellents, semblent se délecter des dialogues, il faut le dire, absolument brillants.
Le scénario est suffisamment subtil pour intriguer, séduire, surprendre et enfin renvoyer chacun à sa conscience quand il s'agira à la fin du film de savoir quel personnage est aimable. Ce n'est d'ailleurs pas le moindre mérite de Mouret de donner à voir des émotions profondes à travers le filtre de propos légers, et d'habiller la cruauté du plus beaux des sourires.
Une franche réussite, de plus très joliment filmée.
Tout est beau : les costumes, les paysages , la langue...surtout la langue...tout en finesse et légèreté, admirablement servie par les acteurs et actrices. Avec une vraie réflexion sur « faut -Il punir les infidèles pour améliorer la condition de la femme ? ».
Retour réussi pour Emmanuel Mouret qui quitte enfin les appartements parisiens pour des espaces plus naturels et une odeur provinciale marquée. Changement d’époque également avec cette histoire librement inspirée de Diderot et que l’on croirait surtout issue de l’œuvre de Choderlos de Laclos, Les Liaisons dangereuses. On y retrouve effectivement ce goût pour les intrigues amoureuses tortueuses, marquées par la dissimulation et la tromperie, ainsi que l’idée d’une vengeance redoutable à double tranchant. Le tout est mis en scène de manière classique, mais avec une belle attention à la qualité de l’interprétation. Le duo formé par Cécile de France et Edouard Baer est tout à fait savoureux et leurs échanges verbaux ne sont jamais verbeux. Progressivement, le film se fait plus grave et d’humeur moins badine, à mesure que la vengeance dessine ses contours. On est alors embarqué dans une mécanique de précision qui a le mérite d’offrir une fin assez inattendue, et bienvenue. Une belle œuvre, assurément.
J'ai été déçue. Certes le jeu d'Edouard BAER et de Cécile de France ne souffre pas de remarque, d'où mes deux étoiles. Mais dès le début on se doute de ce qui va se passer. J'ai trouvé qu'il n'y avait pas d'action tout était lent, trop convenu et le mutisme de la "belle" m'a agacée. Je doute que ce Don Juan n'ait rien vu venir. Quel dommage j'aime tellement ces deux acteurs. Le happy-end ne cadre pas avec le rang et les moqueries dont le Marquis est l'objet... non décidément je n'adhère pas.
Super film, avec des déco et costumes magnifiques Les deux acteurs sont sublimes Bravo au directeur de la photo pour des plans magniques Et félicitation à Mouret pour la réailisation