Un micro-générique bondien plus tard, John Wick 3 reprend les choses exactement là où son prédécesseur les avait laissées : sa tête mise à prix, John Wick cavale vers un hypothétique salut tout en se préparant mentalement à devoir à nouveau tuer plein de gens. Alors que le second volet pouvait légitimement être considéré comme un simple succédané du premier, le troisième, budget et expérience aidant, prend une toute autre dimension, et je commence à accepter l’idée que cette série mérite peut-être d’être considérée comme une nouvelle référence du film d’action. Oh, ‘John Wick’ n’est pas subitement devenu une pierre angulaire du 7ème Art mais on sent que le souci d’offrir de la baston au sein de des décors marquants évolue crescendo, que la mise en scène a pris du galon, que ces mêmes combats ne se réduisent plus à simple mélange de prises de judo et de tirs rapprochés dans la tête : en témoigne, par exemple, cette scène hallucinante où Wick, sur un cheval lancé à plein galop dans les rues de New York, affronte des motards. On y perd peut-être en réalisme et dimension humaine - encore qu’on pouvait se demander où Wick planquait ses munitions vu qu’il tire 4 ou 5 balles minimum sur chaque ennemi - mais on y gagne clairement en (grand) spectacle. La principale différence tient surtout au fait qu’au bout de deux films très bien accueillis par le public, auteur et réalisateur ont enfin compris que même s’il s’agissait d’une histoire de vengeance, il n’était pas nécessaire de rester bloqué dans le premier degré. Si le personnage de John Wick reste d’un sérieux marmoréen, les situations qu’il affronte s’avèrent beaucoup plus surréalistes et décalées, comme le duel à cheval cité plus haut ou ce tueur asiatique impitoyable qui, une fois la mission interrompue, se révèle un véritable fanboy de Wick. Les dialogues sont à l’avenant et s’autorisent un peu d’humour à plusieurs reprises. Si on ne peut en aucun cas considérer le film comme une “Comédie d’action”, ce ton plus léger, couplé à des scènes plus originales et décapantes, font de ‘John Wick parabellum’ un spécimen de beaucoup plus agréable et divertissant que ses deux prédécesseurs. Et même l’idée d’un Keanu Reeve promu, via John Wick, au rang de nouvelle référence badass du cinéma d’action, ne semble plus aussi saugrenue.