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Attigus R. Rosh
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2,0
Publiée le 13 janvier 2018
Bof, je n’ai pas trop été séduit par ce film de Guédignan. Les acteurs sont extrêmement convaincants, tous sont impeccables (de Darroussin à Demoustiers), on voit bien qu’ils sont pour la plupart des habitués des films de Guédignan. On ne peut pas reprocher à ce film ces décors absolument sublimes mettant en avant la beauté de la Provence. Par contre, le problème du film est son rythme. Il y a tout de même pas mal de phase assez longue, notamment dans la deuxième moitié, au point que le réalisateur aborde la thématique migratoire pour ne pas que l’on s’ennuie trop sur celle de la mort et du deuil. Malgré sa longueur, l’histoire est tout de même très belle et aborde avec une certaine subtilité des thèmes pas très joyeux. Mais les longueurs sont vraiment là et il est difficile de ne pas s’ennuyer devant le film. C’est un beau film, mais tout de même bien long.
Beau film où Guédiguian oppose de manière caractéristique ancienne et nouvelle génération, passé et présent, idéaux de la jeunesse et contraintes de la réalité. En convoquant ses souvenirs de jeunesse qui se confondent avec les souvenirs de ses premiers films avec son trio d'acteurs fétiches (Meylan, Ascaride, Darroussin), il ravive les couleurs du présent qui se met à ressusciter un père presque mort. Très belle fin. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Ce nouvel opus de R. Guediguian porte les mêmes acteurs fétiches du réalisateur, c'est à dire, A. Ascaride, J.P. Darroussin et G. Meylan sur le thème de la mort, de l'héritage et de la remise en question. Ces trois-là se retrouve pas très loin de Marseille dans un petit port de pèche, une très jolie calanque, lorsque le père fait un AVC et va peut-être mourir. De remise en question, de discussions difficiles, chacun va ressortir de cette histoire changé. Avec une histoire de migrant en plus, les trois personnages vont se renouveler. Chacun a ses problèmes, son vécu et on découvre de façon subtile leur histoire et évolution.
Après une longue parenthèse au cours de laquelle le théâtre lui a permis d’adoucir la perte de sa fille, Angèle revient au pays, au chevet de son père paralysé. Le pays, c’est Marseille, au fond de la calanque de Méjean, dans une villa accrochée à la falaise. C’est là que l’attendent ses frères : Armand qui a repris le Mange-Tout, un petit restaurant sur le port en-dessous et Joseph retraité désabusé, mais resté fidèle aux valeurs du paternel. Ce père, ce pourrait être Guédiguian lui-même, tant sa Villa ressemble à un film testament. La terrasse qui domine l’anse est une scène idéale pour régler les affaires familiales. Dans la lumière douce et rasante de l’hiver, ces retrouvailles prennent la couleur de la nostalgie. Et quand Angèle interroge « qu’est-ce qui a changé ici ? », la réponse fuse : « Nous ! ». Au conformisme d’Armand qui vit « pour faire comme papa et que rien ne change », répond la dérision de Joseph : « c’est horrible tous ces bons souvenirs ! » Ici, les « je me souviens » ont toujours le goût de l’amitié. L’actualité des migrants leur permet même de vérifier la force de leurs engagements. La mer et les bateaux, la valeur famille et la solidarité de classe… L’immuable tableau est en place. Et ceux qui lui donnent vie, sont là aussi. Ariane Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, Jacques Boudet… Des acteurs pas trop bien dirigés, où l’humour du troisième compense la théâtralité de la première et la raideur du second. Tous contrastent avec la fraîcheur des jeunots, notamment la délicate Anaïs Dumoustier. Poncifs et bons sentiments peuvent faire rengaine, mais il faut entendre la petite musique de Guédiguian. Quand il convoque la famille au complet, on agrandit le cercle et c’est comme ça !
A moins d'être un inconditionnel de la nostalgie et de l'utopie fraternelle que Guediguian sait nous servir bien mijotées à chaque fois, on peut se lasser de ce cinoche sympathique mais théâtralisé à l'excès (insupportable la partition rendue par Stevenin). J'ai parfois failli décrocher devant ce travail d'introspection sur les attentes déçues et les blessures de l'âme jusqu'au moment où ont surgi ces mômes (des migrants de cet âge arrivés jusqu'à Marseille !! .. comment ?) qui, eux, ont à s'interroger (et on s'interroge avec eux) sur leur avenir. Mais ça reste du cinéma un tantinet poussif qui amène à se dire .. mais qu'il est dur de se renouveler, n'est-ce pas mon cher Guediguian ? .. Et comment trouver crédible cette relation sans chair entre le "vieux" prof nostalgique (Darroussin) et celle qui sera sous nos yeux sa future jeune ex (la rupture est consommée pendant le film - assez pâle composition de Anaïs Demoustiers).
Très beau film de Robert Guédiguian dans lequel trois frères et sœur (Ariane Ascaride, Jean-pierre Daroussin et Gerard Meylan) se retrouvent autour de leur père (Jacques Boudet) qui est en train de mourir. Des moments du passé reviennent à la surface, dans ce bel endroit des calanques de Marseille. Des moments forts et plein de tendresse. Des acteurs toujours justes.
Guédiguian fait parti de ces réalisateurs rares qui donnent , film après film , une identité , une âme et surtout une logique et un fil conducteur à son oeuvre , sans jamais se perdre , sans rien renier . Un cinéaste d'une sincérité et une fidélité exceptionnelles . Son film "La Villa" n'échappe pas à cette règle . Cette histoire de retrouvaille de 3 frère et sœur dans la maison familiale ( La Villa ) après un accident cérébral du père sur fond de tragédie familiale ( la perte d'un jeune enfant ) devient le centre d'un affrontement et de ressentiments d'une force incroyable . Les acteurs ( tous ) son extraordinaires de justesse et de crédibilité . Mention spéciale à Jacques Boudet, fantastique .On retrouve , encore une fois , tous les thèmes récurrents au cinéma de Guédiguian ( les apparences trompeuses , le bonheur édulcoré , les rapports de force , le racisme , le monde du travail , les valeurs familiales , les amitiés d'enfances , la loyauté ...) .Et bien-sûr l'Estaque , son front de mer et ses calanques comme scène de théâtre . Du grand cinéma .
" la villa " plébiscité par la critique est un film touchant mais surcote. En effet j'ai eu du mal à rentrer dans cette histoire du fait de son côté théâtral et répétitif mais une fois dans l'histoire ce film devient touchant humain sur le temps qui passe et le sort des migrants.
Une histoire blotie dans une splendide calanque du sud de la France, sous le soleil brillant et chaleureux, comme les personnages qu'elle suit. Chacun son parcours, chacun ses difficultés, chacun ses souvenirs. Et puis d'autres les rejoignent au début d'une vie déjà toute cabossée. De l'humanisme mais aussi des longueurs...
Avec une histoire bien simple, Robert Guédiguian livre, une fois de plus, un film riche et surtout attachant. Attachant comme ses personnages, filmés avec empathie, même avec amour. Personne n’a aussi bien transmis l’esprit de ces idéalistes de gauche empreints de culture populaire et humaniste, qui voulaient faire bouger le monde, mais en conservant le mode de vie de l’ancien. Le film recèle des dialogues de haut vol (surtout proférés par Joseph) et quelques moments de grâce, comme la double preuve d’amour, filial et conjugal, donnée par le couple de voisins, ou la séquence de souvenirs de jeunesse, images tournées pour un autre un film plusieurs décennies plus tôt par le même réalisateur avec les mêmes acteurs. Dans ce bain de nostalgie désenchantée, ces personnages marqués par des drames de la vie conservent, même sous des dehors parfois bourrus, humanité, bienveillance et générosité, valeurs chères au réalisateur, comme le montre leur attitude face à un nouveau problème social marquant notre époque. Sans emphase, sans didactisme ni moralisme, mais avec sincérité et délicatesse, on peut faire de bons films avec des bons sentiments.…
"La villa" offre une réflexion tout en douceur sur le temps, la mort, la finitude humaine. A la manière d'Ulysse, des personnages reviennent chez eux à savoir là où ils ont grandi. Leur père a été victime d'une attaque cardiaque et se trouve entre la vie et la mort. Et dès lors des souvenirs vont revenir : le présent va se mélanger avec le passé. Mais n'est-ce pas notre vie ? Le passé est là, dans notre conscience, autant dire qu'il est présent.. Entre nostalgie, fraternité, regrets, le film nous dévoile progressivement l'itinéraire des personnages, et leur volonté de rester fidèle pour la plupart à un héritage, à des valeurs. Le film est à certains moments bouleversants, et généreux. On retrouve les idéaux de Guédiguian : la fraternité, le communauté des biens, la justice sociale, l’accueil des migrants. Mais rester fidèle à ces valeurs demeure difficile dans notre société, et en filigrane c'est bel et bien un film anti-moderne que réalise Guédiguian : en effet il fait l'éloge de ce qui dure, face à notre société liquide où tout passe, et où tout va de plus en plus vite. Peut-être que pour Guédiguian, vivre c'est résister, résister au monde libéral dans lequel nous vivons. Le contraste est fort entre d'un côté les deux jeunes qui travaillent, qui emploient des mots comme "déléguer"..qui se tournent vers l'avenir.. (mais quel avenir ?! : Guédiguian ne souhaite pas celui-ci) tous ces mots qui reflètent le libéralisme ambiant.. et de l'autre côté ceux qui résistent à ce monde, qui sont en rupture totale avec lui, et sont attachés à des valeurs. C'est sur ce dernier point parfois un peu manichéen qu'on peut déceler une limite du film, proche de la caricature à certains moments. Mais cela demeure un très beau film, très humain. La dernière partie du film offre bel et bien un chemin vers l'avenir : c'est celle de la générosité envers les migrants.
Lorsqu'un cinéaste m'emmène dans son univers et que j'oublie que je suis dans une salle de cinéma, que je suis transporté à l'Estaque avec les acteurs habituels de Robert Guédiguian, je me dis que c'est du bon cinéma. Une fratrie se retrouve avec les aigreurs du passé, les drames qui ont conduit à l'éloignement. Un père se meurt, mais cela peut durer longtemps. Le parti communiste a existé, son idéologie a été porteuse, des gens l'ont mise en acte. Aujourd'hui la mondialisation a dévasté tout cela. Londres attire pour ses impôts moindres. Les leurres du capitalisme ont tout emporté. La solidarité n'est plus, la fraternité aujourd'hui n'est plus qu'affaire de religion. Autrefois, la fraternité ouvrière, la fraternité du prolétariat était source de fierté et de dignité. Au milieu de cette nostalgie militante, surgit l'idée qu'on puisse s'aimer amoureusement, même si l'on n'appartient pas à la même génération : on peut être vieille ou vieux et inspirer le désir sans que cela relève d'un rapport tordu ou que cela prête à sourire. Bravo monsieur Guédiguian, votre cinéma n'est pas dépassé ! Continuez encore et encore !
C’est toujours un plaisir de retrouver l’esprit humaniste et la famille d’acteurs chers à Robert Guédiguian.
Dans une calanque magnifique près de Marseille, en hiver, Angèle, Joseph et Armand se retrouvent auprès de leur père qu’un AVC a rendu dépendant. Il tenait un restaurant populaire. Le village, à part des voisins vieillissants, leur fils médecin, un pêcheur poète, des militaires et des migrants naufragés est devenu désert. Angèle n’était pas revenue depuis plus de 20 ans, époque où un drame avait brisé la famille.
Au milieu du film, Robert Guédiguian place une extrait d’un film tourné à cet endroit avec Ariane Ascaride, Gérard Meylan et Jean-Pierre Daroussin, tous trois encore très jeunes. C’est assez touchant.
Pris dans des drames douloureux anciens ou récents, les membres de la famille qui se retrouvent, vont pourtant parvenir à se parler, paisiblement, calmement, dans une atmosphère mélancolique, laissant une place à l’espoir dans une fin de film très ouverte.
Film à voir essentiellement pour son ambiance douce et triste, ses acteurs touchants et les questions qu’il pose, sans être dogmatique. Mon blog : larroseurarrose.com
Courrez voir ce film très chaleureux et très émouvant ! Même si il y a des longueurs par moments, on s'attache à cette histoire de famille. C'est vraiment une histoire chaleureuse, fraternelle et humaine, tout ce dont on a besoin en ce moment. Et puis nous avons droit à de beaux paysages. Une vraie madeleine ce film !
Les bons sentiments ne font pas les bons films. On voit ce qu'a voulu "démontrer" Geguidian, et démontrer est bien le problème... A vouloir brasser tout ce qui lui tient à coeur, il étouffe son film, et le résultat est indigeste. Tous les personnages débordent un peu dans la caricature, à trop charger la barque, elle vacille et coule...gênant dans une calanque. Comédiens impeccables mais figés dans un scénario non maîtrisé. Dommage.