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DarioFulci
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3,5
Publiée le 17 mars 2019
Comme toujours Robert Guédiguian dresse une chronique familiale marseillaise en adéquation avec son époque. Des liens familiaux compliqués que des migrants vont mettre à l'épreuve. Cinéaste humaniste et engagé, son cinéma ne fait pas la morale mais dit les choses comme il le pense. Ce film est sombre, l'heure n'est pas à la rigolade entre amis. Les fidèles de Guédiguian sont bien là, abimés mais pas désabusés. "La Villa" est un constat et un encouragement. A résister, à s'engager, à espérer. Un très beau film, de très beaux acteurs et un cinéma français indispensable.
Un très beau film de Robert Guédiguian, assurément un des plus réussis. Dans sa Provence marseillaise de prédilection, avec ses acteurs fétiches dont on ne se lasse jamais, l’auteur nous fait voyager entre deux mondes. Celui d’avant qui laisse nostalgique et désabusé et celui de demain, dégueulasse et cruel mais pas forcément sans espoir. Toute la philosophie de la vie y passe, limpide, grise mais pas noire et demeurent tout au long l’amitié et la dignité. Fort et émouvant.
Sur le thème "c'était mieux avant", Guédiguian applique malheureusement le dicton populaire à sa Villa, un film qui part dans plusieurs directions et n'aboutit pas plus loin que le bout de sa terrasse. On aimait Marius, Jeannette, Marie-Jo tiraillée entre deux amours, ou le tube des années 70 autour d'un sommet enneigé. On sait que Guédiguian garde les mêmes acteurs et tourne de préférence à Marseille, sur fond d'anciennes camaraderies syndicales. Admettons. Le style "entre soi" atteint cependant ses limites, ici les différents thèmes sont à peine effleurés, chacun d'entre eux aurait pourtant mérité que l'on développe les vraies questions sociales ouvertes par un scénario faussement prometteur: le bien vieillir ensemble, le conflit entre les générations, la perte d'un enfant, etc… On attend la fin patiemment du récit d'amourettes secondaires qui arrivent un peu comme un cheveu dans la soupe, et on regrette ce qui aurait pu être comme avant. DVD1 - juillet 2019
"La Villa" est un film réussi de Guédiguian où l'on retrouve les thèmes qui lui sont chers et, pourtant, il parvient ici à se renouveler sans pour autant changer. J'ai apprécié sa vision nostalgique bien qu'il montre les désillusions à propos des idées révolutionnaires de principaux membres de cette famille. "La villa" est un film généreux et intelligent. Chose rare dans le cinéma français.
Si l'on retrouve les thèmes chers à Robert Guédiguian, sa bande d'acteurs fétiches et la ville de Marseille, la magie ici n'opère pas. S'il y a des films qui débordent de bons sentiments, celui-ci offre une overdose de nostalgie. Nostalgie du Marseille d'avant bien sûr (un thème récurent dans la filmographie du réalisateur) mais aussi de la vie passée. Et le rétroviseur de la vie devient pesant, pesant, plombant même. Le postulat de départ d'ailleurs a été beaucoup utilisé, une réunion de famille à la suite d'une maladie ou d'un décès. La complaisance dans cette nostalgie finit par peser, et il faut attendre les 3/4 du film pour donner enfin du souffle au film avec l'arrivée de ces enfants migrants. Guédiguian a fait mieux, tellement mieux. "La ville est tranquille" reste celui qui m'a le plus bouleversé. cette "villa" restera un film mineur, sauvé par les deux plus jeune acteurs, solaires, Anaïs Demoustier et Robinson Stevenin.
Drôle d'images où Daroussin, Ascaride, et Meylan se retrouvent dans une voiture près de la mer ; ils ont 20 ans et cette jolie incise dans leur jeunesse est un hommage non dissimulé à l'amitié professionnelle et humaine qui lie les acteurs et le réalisateur. Car "La Villa" est un film souvenir. Souvenir au sens narratif du texte où les frères et sœurs et amis se retrouvent dans cette magnifique calanque de Méjean. Souvenir au sens où le réalisateur réunit une nouvelle fois ses comédiens fétiches et fête avec douceur et poésie ce qu'Anaïs Demoustier nomme le centre du monde, c'est à dire la côte méditerranéenne. Car la mer rutilante, même en hiver, est tout, dirait Marguerite Duras. Pour une fois, Guédiguian ne privilégie pas l'entrée politique dans son film. Il parle d'immigration clandestine certes, mais il raconte surtout une histoire de vies, pour l'une au théâtre, l'autre dans son bateau de pêcheur, d'autres encore dans leur petit restaurant. Il y a ce père, au milieu, arrêté par un coup de cœur, et qui annonce la mort. "La Villa" est un film rempli des propres films de Guédiguian, dont explicitement "Ki Lo Sa ?". On ne peut pas s'empêcher de penser au "Milou en mai" de Louis Malle ou plus récemment "L'heure d'été" d' Olivier Assayas. On s'ennuie un peu, mais c'est un ennui délicat, léger, et tout à la fois profond, mettant en scène des personnages emportés dans une remise en cause existentielle. Il y aussi le conflit des générations, et en fond de toile, un univers marchand, bling bling qui fait oublier la douceur de vivre chère à nos contrées françaises. Les vieux se retirent sur la pointe des pieds, voire se suicident à la façon héroïque de Zweig et sa compagne, et il y a les jeunes, ambitieux, intéressés par l'argent, qui conquièrent le monde. En tout état de cause, Guédiguian a réussi à faire un film dont on pourrait imaginer qu'il soit le dernier, fermant magnifiquement la boucle à sa première œuvre "Le dernier été".
Difficile de mettre une note à ce genre de film. Le spectateur se demande quel est vraiment son sujet. Si les dialogues sont plutôt bons ainsi que le jeu des acteurs, l'intrigue reste vague et le thème de l'immigration est juste esquissé.
« La villa », le nouveau film de Robert Guédiguian est fait comme souvent de sentiments forts, simples et beaux, d’engagements sincères et citoyens, mais aujourd’hui, c’est la grande nouveauté, tout cela est empli d’une grande nostalgie. A l’image de la troupe habituelle d’acteurs de Guédiguian que l’on retrouve vieillis, le film évoque le temps qui passe avec cruauté et lucidité, thème déjà évoqué dans « Les neiges du Kilimandjaro » et bien plus développé ici. Les acteurs de la bande à Guédiguian, une nouvelle fois si parfaits, en totale osmose avec le cinéaste et ses propos. La nostalgie sur un quartier qui se meurt et sur ces êtres qui nous quittent ou qui sont diminués, tout cela est évoqué avec tendresse et délicatesse. Opposés à cette génération vieillissante, les plus jeunes incarnent la réussite, l’appât du gain et sans présenter ses personnages entièrement noirs, Guédiguian les renvoie à une réalité qu’ils refusent de voir. Car, il y a encore beaucoup d’espoirs chez les personnages de Guédiguian. De leurs blessures sortiront un apaisement et un nouveau départ, douloureux peut-être mais toujours là. C’est le plus beau message du film, constamment juste, parfois drôle, toujours émouvant. Bizarrement, si il ne faut retenir qu’une scène, c’est celle où, par la magie du cinéma, on retrouve nos 3 protagonistes du temps de leur jeunesse et de leur insouciance. Le contraste avec l’esprit du film et le physique actuel des acteurs a quelque chose à la fois de cruel et de lumineux. A l’image du film, film nostalgique et engagé, qui offre aussi une intéressante réflexion sur le problème acteur des migrants.
Rien de très neuf, mais tout ceci est dit avec une grande délicatesse, et c'est ce qui sauve ce film ensoleillé. On finit par s'attendrir sur les scènes les plus sucrées et à regarder, nous aussi, le temps passer tout doucement. Il est parfois agréable de s'ennuyer en bonne compagnie.
Le nouvel opus de Robert Guédiguian (2017) est comme un film fort sur des tranches de vie et des personnages forts et abimés par la vie. Très bien interprété notamment par Ariane ASCARIDE, Jean-Pierre DARROUSSIN, Gérard MEYLAN. Vous en ressortirez avec un zeste supplémentaire d'optimisme sur la richesse de la vie . C'est riche d'émotions diverses et empreint d'une certaine légèreté voire de nostalgie.
Du début à la fin le réalisateur déroule une intrigue extrêmement forte aux thématiques multiples. L'une de ces thématiques concerne les nouvelles frontières politiques qui ne peuvent plus seulement être celles de la lutte des classes ( c'est plutôt d'ailleurs une transformation de leurs limites géographiques plus qu'une disparition de celles-ci). Cette prise de position politique revigorée chez le réalisateur est très appréciable car elle se fait assez rare dans le cinéma français. De plus, les sentiments du film sont discrets et beaux, ils ne sont jamais sur-appuyés, cela aussi est la marque d'un grand cinéaste capable de poser dans quelques magnifiques scènes toute une histoire personnelle.
En vieillissant, Guédiguian se pose les questions que nous nous posons tous : qu'est-ce que vieillir ? Qu'est-ce qui nous donne envie de partir ou nous permet de nous raccrocher à la vie ? C'est un peu long et chiant par moment mais la fin justifie les moyens...
Le cinéma de Guédiguian, c'est un peu toujours les mêmes acteurs, la même ville (Marseille), les mêmes thématiques politiques et humanistes, la même façon d'écrire (trop écrire) scénario et dialogues, dans une veine assez démonstrative. La Villa s'inscrit dans ce contexte sans surprise, avec les qualités et les défauts habituels, mais fonctionne bien dans son déroulé. C'est cohérent et ça touche juste.