J’avais vraiment envie d’aimer Fonzo. Le casting m’attirait (Tom Hardy en Al Capone, c’était prometteur). Et puis un biopic centré sur les dernières années du célèbre gangster, c’était une idée originale, loin des clichés habituels de la montée en puissance mafieuse. Mais malheureusement, le film n’a pas réussi à me convaincre, et j'ai fini le film avec un goût amer, celui d’un potentiel gâché.
Le plus gros problème pour moi, c’est l’approche narrative. Josh Trank choisit de se focaliser sur un Capone diminué, rongé par la démence et la syphilis, ce qui aurait pu donner lieu à un drame intime et poignant. Mais à force de vouloir illustrer la déchéance mentale du personnage à travers des hallucinations et des scènes étranges, le film devient confus, presque expérimental par moments, au détriment de l’émotion. Je ne suis jamais vraiment parvenu à m’attacher à ce Capone crépusculaire, ni à ressentir quoi que ce soit de fort face à son destin.
Tom Hardy, de son côté, livre une performance… déroutante. Il est à fond dans son personnage, comme souvent, mais ici j’ai trouvé son jeu trop excessif, trop grimé, presque caricatural. La voix rocailleuse, les grognements, les regards perdus (ça finit par devenir plus gênant qu’émouvant). C’est d’autant plus dommage qu’on sait de quoi Hardy est capable, et qu’un jeu plus en retenue aurait peut-être permis au film de gagner en subtilité.
Visuellement, le film ne manque pas d’ambition. Il y a quelques plans marquants, une ambiance pesante parfois réussie, et une direction artistique qui sort du lot. Mais tout ça reste en surface. J’ai eu l’impression que Fonzo ne savait pas trop ce qu’il voulait être : un drame psychologique ? Un portrait halluciné ? Un film de gangster à l’envers ? En voulant tout faire, il finit par ne vraiment réussir rien.
Bref, une vraie déception. Il y avait une idée intéressante à la base, un acteur capable de prouesses, et un sujet fort. Mais au final, Fonzo m’a laissé sur le bord de la route, sans émotion, sans attachement, avec seulement une étrange impression de malaise. Un film qui voulait être audacieux, mais qui passe à côté de l’essentiel.