Excellent thriller doublé d'un sévère pamphlet politique ! A voir absolument ! La réalisation est soignée, la reconstitution de la vie au Caire est d'une grande justesse et l'interprétation de l'acteur principal est absolument remarquable. L'enquête du policier, qui se situe en fin de règne de Moubarak, nous permet de descendre au tréfonds d'une société égyptienne gangrenée par la corruption à tout niveau, du plus bas au plus haut. L'histoire se déroule dans le contexte de la révolution de 2011 ce qui ajoute encore à la dimension sociétale du film. Malheureusement pour les égyptiens cette révolution n'a pas changé grand chose à la situation puisque seul le dictateur a changé de nom, le système en place, quant à lui, a à peine tremblé sur ses fondations. Ceux qui ont voyagé en Égypte en ayant la chance de rencontrer la population, de la côtoyer au jour le jour, retrouveront l'ambiance du Caire (bien que le film ait été tourné ailleurs) , son atmosphère poussiéreuse, polluée, avec ses rues sales et populeuses. On y croise l'égyptien de base qui pour survivre cumule 2 ou 3 métiers, ou celui qui se débrouille à la marge de la légalité. La corruption des plus modestes leur permet de joindre les 2 bouts et celle des nantis nourrit les liens sur lesquels repose leur pouvoir.
Un des meilleurs film de l'été ou même de l'année. Un polar qui, dans le fond, n'est pas un film policier. Mais plus un regard sur une société en complète décrépitude morale. De très bons acteurs. Une très belle réalisation de style "naturaliste". Du très très bon cinéma.
Un film qui mélange la petite et la grande histoire, qui se déroule juste avant la destitution du président Mubarak; l'intrigue policière est tout de même assez légère, mais j'ai surtout suivi ce film comme un documentaire en voyant les rues du Caire, la saleté, la poussière, la corruption de la police. L'acteur qui joue le rôle de Nourredine Mostafa est excellent et a beaucoup de présence..
Très grand film qui n'est pas sans rappeler L.A. Confidentiel pour son côté sulfureux et glauque. Ici, tout est gris et sale. L.A. était une sorte de far West urbain de stupre et de lucre mais inondé de lumière ou de nuit alors que le Caire baigne dans le smog et la fumée des cigarettes à toute heure, sans même le scintillement du miroir aux alouettes d'Hollywood pour nourrir quelque espoir. Les personnages sont tous veuls et leur misère sociale, intellectuelle ou sexuelle ne semble pas leur donner d'excuse. Même les plus en proie au doute ne parviennent pas a une rédemption finale . Si le scenario est finalement pas très surprenant, la tension monte graduellement et ne se résout qu'avec l'explosion populaire de la place Tahir. Acteurs excellents (Fares Fares est eblouissant). Réalisation de grande qualité. A ne manquer sous aucun prétexte.
Tres bon thriller qui se déroule dans l'ambiance des commissariats du Caire réellement gouvernés par la corruptions endémiques. Formidable dans l'intrigue et tous les seconds rôles.
Convaincu par les critiques dithyrambiques je suis satisfait d'avoir vu ce film même si je ne l'ai pas apprécié autant que prévu. L'aspect pédagogique et immersif est indéniable. La réalisation, les acteurs et l'image sont irréprochables. Mais tout cela repose sur un scénario qui n'est pas au diapason autour duquel le film brode, certes avec talent mais sans arriver pour ma part à me captiver. L'histoire semble secondaire et uniquement prétexte à dénoncer le système, la corruption et l'immoralité.
Une atmosphère très pesante enveloppe ce voyage au sein de l'Egypte corrompue de la fin de règne de Moubarak. Des personnages ciselés évoluent dans cette pourriture, toute bonté ou beauté éliminées sans scrupule. Ajouter une intrigue bien ficelée et vous avez un vrai bon polar série noire.....
Ce polar suédois est remarquable pour sa maîtrise scénaristique d'un sujet passionnant (mêlant intrigue policière à drame politique contemporain) et pour son ambiance générale salement tendue et réaliste. Le cinéaste Tarik Saleh dépeint une Egypte noire et chaotique où le système politique est littéralement corrompu et les droits de l'homme non garantis. Dans "Le Caire Confidentiel", les flics magouillent, les billets sales passent de poche en poche, la justice est au service des politiques qui n'hésitent jamais à éliminer les témoins gênants.. Tout ceci est renforcé par la réalisation très sèche et l'image sale et terne. Le talentueux acteur libanais Fares Fares porte littéralement le film en incarnant un flic qui cherche à remettre un peu d'ordre dans tout ce chaos. On a l'impression que tous les personnages sont pourris de l'intérieur, comme si ce monde était perdu. C'est d'autant plus dramatique que le réalisateur a choisi d'intégrer son scénario aux évènements du Printemps Arabe de 2011.. La fin du film est une véritable apothéose de noirceur, mêlant la voix réclamatrice du peuple à la violence étatique répressive. Bref, du grand polar bien noir.
Excellent film ! Un meurtre dans un hôtel du Caire suscite l'indifférence de la police locale, de connivence avec le pouvoir politique, largement corrompu. Une atmosphère de mystère règne alors, car tous les coups sont possibles. L'acteur principal joue sur l'ambiguïté de ses interlocuteurs, mais mène l'enquête alors que toute la société égyptienne crie sa colère. A la fois thriller et sociologie du "printemps" égyptien, Le Caire confidentiel est tendu par un rythme constant, on n'y perd pas une miette. La photographie est très belle, notamment dans les moments de souffrance exprimés par les parias de la société égyptienne. Polar et drame politique finissent de terminer le film d'une pierre deux coups.
Film policier de bonne facture, original car on n'a pas l'habitude de voir énormément de films égyptiens. Révélateur de toute la corruption qui régnait, le film en profite pour nous partager tous les problèmes sociaux et politiques de cette societe. Cependant le film souffre assez souvent, sauf vers la fin, d'une trop grande lenteur.
Bon thriller, bien construit et palpitant, avec un arrière-fond politique courageux. Sans doute une date dans l'histoire du cinéma égyptien, même si le film est une production européenne pour des raisons que l'on devine aisément.