Très bon film égyptien !! Qui à assez bien marché au niveau international, mais peu connu !! L'histoire d'un flic qui enquête sur un meurtre, et son enquête le mène à la corruption d'état. Bien réalisé, ont s'attache vraiment à ce policier de bonne foi, un incorruptible prêt à tout pour résoudre son enquête, un film percutant en plein printemps arabe. Une pépite du cinéma égyptien. Même si les acteurs ne sont pas connu, c'est un très bon film policier que je recommande. À voir.
L'enquête criminelle par une police corrompue alors que la rue gronde, ce sont les bases de ce très bon policier dont les codes sont bousculés comme les principes de son enquêteur. Le réalisateur scotche le spectateur à l'enquête (notamment grâce à un Fares Fares magnétique), tout en prenant le poul du Caire en éruption.
Hier soir j’ai regardé Le Caire confidentiel sur Netflix (Grand Prix du jury à Sundance 2017). Pas une pause, pas un regard au téléphone : j’étais scotché. Un polar noir bien sale comme on n’en fait plus, baigné dans une corruption systémique poisseuse. La réal est mortelle, Le Caire y étouffe à chaque plan, avec ce souffle du printemps arabe qui gronde en arrière-fond. Les images sont sublimes, la mise en scène d’une élégance rare. À voir absolument mais en VOSTFR, le doublage français est atroce.
Bonne surprise que ce long-métrage venu d’Egypte, polar aux accents de film de noir racontant l’enquête d’un inspecteur de police corrompu sur le meurtre d’une chanteuse dans une Egypte en pleine agitation sociale. Plus que l’intrigue, ce qui plait dans « Le Caire Confidentiel » c’est toute les zones d’ombre tapissant le contour où évolue des personnages bien brossés.
Il fait déjà nuit quand le film commence, ou peut-être est-ce simplement que la lumière, ici, ne parvient jamais à éclore. Pas de clarté, pas de ligne droite. Seulement un halo jaune sale sur les vitres poussiéreuses d’un commissariat et la sueur qui colle aux chemises.
Le Caire Confidentiel ne raconte pas une enquête, il l’enraye. Il fait mine d’embrayer le moteur du polar pour mieux révéler ce qu’il en reste quand le genre est dévitalisé, dissous dans une matière politique devenue poisse.
Le meurtre d’une chanteuse, dans un hôtel chic, pourrait être le point de départ. Mais rien ne démarre. Tout est déjà gangrené. Le crime n’est pas une rupture, mais un prolongement naturel du monde qu’il traverse.
Le thriller, ici, n’est qu’un leurre. Une ligne d’apparence dans un espace où tout fléchit. Le spectateur croit suivre des pistes, mais découvre à mesure que rien n’a d’épaisseur : ni les preuves, ni les suspects, ni les institutions. Tout est délavé, ramolli, fondu dans le même marais de compromissions.
Et puis il y a Noredin. Pas un détective, pas un héros. Un flic de routine, mi-dégouté mi-englué, qui avance comme on recule. Il sait. Il a toujours su. Mais il lui faut tout de même suivre le protocole, faire semblant, car on ne vit pas impunément dans une structure sans y jouer son rôle.
Son corps n’est pas celui de l’enquêteur qui perce l’opacité, mais celui d’un homme déjà à demi digéré par le système. Un résidu d’intuition dans une mécanique d’autoprotection.
Ce que Le Caire Confidentiel met en scène, c’est un État qui ne tient debout que par la friction permanente entre ses organes. Une machine qui fonctionne précisément parce que rien ne fonctionne. Le meurtre devient presque un détail. Le véritable objet du film, c’est cette manière que le pouvoir a de se survivre à lui-même en étouffant toute velléité de clarté. La vérité ? Une pièce manquante dans un puzzle qui se satisfait très bien de ses trous.
Il y a, dans la mise en scène, quelque chose d’obstinément terne. Comme si le cinéma lui-même s’interdisait la flamboyance. Les cadres sont serrés, mais jamais expressifs. Les mouvements de caméra sont fluides, mais sans élégance. Saleh refuse l’enjolivement.
Et lorsque l’histoire s’achève mais s’achève-t-elle vraiment ?, rien ne se clôt. Il n’y a ni victoire ni défaite, simplement une recomposition. Le système, c’est cela : sa capacité à absorber même les résistances les plus secrètes, à avaler les révoltes comme de simples variables d’ajustement. Le flic est toujours là, un peu plus seul, un peu plus conscient, mais aussi un peu plus immobile. Il a vu, il sait, il ne peut rien.
Voilà un film coup de poing! En se penchant sur l'histoire vraie initiatrice de ce film, on ne peut s'empêcher de penser que ce film ne fait que retracer la trame réelle de cette histoire. Et c'est ignoble! spoiler: On y apprend que la corruption en Egypte n'est pas étendue à une frange de la police, mais que tous les corps d'état sont corrompus , et que la police en détient le pompon. L'histoire est finement menée, bien construite, et on comprends mieux les blocages lors de l'enquête. C'est palpitant, prenant, absorbant. A voir par les amateurs de film politiquo-policier.
« Le Caire confidentiel » est un polar politique surprenant et inquiétant, sur fond de corruption dans lequel la ville a autant son importance que les acteurs. Elle génère en effet une atmosphère menaçante et peu sécurisée en nous renvoyant des images de décrépitude morale. La grande force de ce film réside dans la description sociale qui est faite de la société et les mécanismes complexes qui annihilent toute forme de liberté et de perspective. L’interprétation impeccable de l’acteur Fares Fares nous emmène dans une capitale gangrénée, avec ses hommes politiques intouchables, ses ripoux machiavéliques, sa crasse et ses laideurs. C’est glauque, engagé, faussement désabusé mais prenant. Si vous avez envie de découvrir et le Caire et ses pyramides, passez votre chemin, vous risqueriez de changer de destination !
Thriller pas mal dans l'ensemble, il est intéressant car l'on peu voir la corruption qui règne dans ce milieu. Après ça reste un polar classique avec une enquête un peu bâclée, mais toutefois j'ai aimé l'atmosphère. Même si il est parfois lent et avec un scénario sans grande surprise, on se laisse entraîner par ce thriller plaisant, avec un bon Farès Farès.
Un film policier qui est en même temps une description de la société égyptienne et de la corruption qui gangrène le pouvoir et la police. Plutôt prenant même si le scénario est parfois tortueux.
Le prix du scénario obtenu à Cannes (2022) avec " la conjuration du Caire" permet de revoir le film précédent du réalisateur T Saleh ( né de père égyptien et de mère suédoise, il vit en Suède).
Le Caire Confidentiel (2017) se déroule pendant le mouvement dit du " printemps arabe" qui toucha plusieurs pays du nord de l'Afrique et se traduisit par la chute d'un certain nombre de régime en place.
A travers l'histoire d'une enquête menée par un officier de police chargé de découvrir le responsable du meurtre d'une chanteuse, survenu dans un hôtel de luxe de la capitale égyptienne, c'est un portrait (pas folichon) du pays que se propose de montrer le réalisateur.
Saleh parvient à nous captiver de bout en bout grâce à une mise en scène qui agit sur le spectateur comme une descente sans fond dans les tréfonds poisseux et immoraux d'une société malade.
Très réussi et palpitant à suivre, malgré un ou deux questionnements d'ordre scénaristique que l'on peut se poser lorsqu'on revoit le film de façon tatillonne, c'est sans doute un des meilleurs films sortis cette année là.
Le cineaste confirmera dans son opus suivant la maîtrise que l'observe déjà ici qui le situe dans la droite ligne des grands films Kafkaïen de Francesco Rosi.
A mes yeux, les deux derniers films de T. Saleh sont de niveau d'interet et d'accomplissement comparables et méritent au combien d'etre vus, tant par le grand public que par l'amateur de cinéma d'auteur.
J'ai beaucoup aimé ce polar cairote très sombre. Un peu trop sombre, parfois, pour bien distinguer les protagonistes. Mais j'ai aimé l'enquêteur qui se bat contre le système corrompu jusqu'au bout et contre sa hiérarchie parfois. Une fin pessimiste sur le pays, mais pouvait-il en être autrement ?
Un bon film policier sur fond de révolution... IL faut bien suivre le film car on se perd parfois entre les protagonistes. Mais la réalisation est convaincante et il fait plaisir de revoir Fares Fares dans un rôle de commissaire.
J'ai été assez déçu par ce film. Je ne sais pas si c'est du au fait que j'ai trouvé que l'intrigue avait un air de déjà vu, ou la mise en scène était un peu cafouillée ou parce que Le Caire est une ville que je connais pas et j'ai eu du mal à me projeter. En tout cas, cela ne donne pas envie de visiter Le Caire. C'est sale, pollué et très corrompu. C'est d'ailleurs ce qui ressort le plus du film. On prend un flic qui enquête sur un meurtre, ce flic est lui-même corrompu et profite du système, il a un profil sombre, il vit seul puisque sa femme est morte et n'hésite pas à trainer la nuit. Pourtant il s'acharne sur son enquête et finalement il comprend que ce système ne peut pas durer. C'est d'ailleurs un parallèle avec la "révolution" de 2011 qui est décrite dans le film, notamment à la fin.