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Philippe L
1 abonné
25 critiques
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4,5
Publiée le 13 août 2017
Qu'est ce qu'une enquête policière ... quand les destins des peuples, des classes sociales, des folles espérances et des quotidiens individuels sans espoir se télescopent au coeur d'une ville souillée et corrompue ... à la veille des émeutes massives de printemps asséchés ... ?
A quoi sert l'émergence de la vérité quand elle détruit tout ceux qui tournent autour ... ?
Peut-être simplement à croiser le regard du vieux père intègre ... Une impérieuse nécessité, plus forte que la raison.
Un scénario saisissant, une belle réalisation, une interprétation de haut niveau, une ambiance sombre comme on les aiment, rien à redire film à voir sans hésiter
Le Caire confidentiel donne parfois l'étrange impression de se retrouver devant un mélange de film noir et de documentaire, où Tarik Saleh capte les coulisses d'un pays en pleine crise, avec une trame nous emmenant dans une ville rongée par la corruption.
C'est là d'ailleurs que l'oeuvre prend tout son sens, dans la façon dont on est plongé dans cette ville corrompue jusqu'à la moelle, où l'on est embarqué au côté d'un policier pour découvrir en même temps que lui toutes les failles du système, et surtout celles humaines. Tarik Saleh semble insister sur ce point, celui humain où aucun personnage ne s'en sort, pas même le protagoniste, avec une nature néfaste, violente ou bestiale, reprenant souvent le dessus, jusqu'à en devenir un quotidien et une routine.
Si Le Caire confidentiel n'est pas exempt de tout reproche, notamment dans l'écriture et certains aspects de l'intrigue, c'est assez vite oubliable grâce à la plongée dans une ville instable, lourde, malfamée ou encore étouffante, le tout filmée avec une caméra à hauteur d'homme. Il nous emmène de façon réaliste dans cette ville pour nous y perdre et faire la peinture d'un pays en crise où le changement semble primordial et où il est impossible d'y tenter une initiative personnelle pour éclaircir tout cela.
Ce qui marque aussi, c'est la noirceur de l'oeuvre, notamment dans sa dernière partie et que ce soit dans l'enquête, la vision d'un pays ou encore ses traitements envers la femme, parfois bien effrayants. Sachant faire ressortir les sensations et l'aspect étouffant de son oeuvre avec une mise en scène réaliste et humaine, Tarik Saleh sublime aussi son acteur principal Fares Fares, nous emmenant avec lui tout droit dans les abysses corrompues de cette ville.
Souvent sous tension et d'une grande noirceur, Le Caire confidentiel fait oublier ses quelques failles d'écriture grâce à une immersion étouffante dans une ville corrompue jusqu'à la moelle, où il semble bien difficile d'y voir l'ombre d'une justice ou même d'humanisme.
Le flouz toujours le flouz. L'argent corrompt et achète tout le monde. Idée reçue ? Le Caire confidentiel nous présente un tableau sombre de la société cairote et de ses institutions. Pourtant dans cette noirceur, l'inspecteur Nouredidne, flic ripou , chargé d'une enquête pour le meurtre d'une chanteuse, va révéler une autre facette, son humanité. L'histoire rejoint l'Histoire, les évènements du printemps 2011. Cette plongée au coeur de la ville et de ses vivissitudes fait froid dans le dos. Tel les polars scandinaves on suit cet antihéros avec jubilation et intérêt. L'enquête n'est qu'un prétexte pour nous livrer le portrait d'un homme brisé qui finira par se libérer.
Excellent film qui mérité les récompenses au festival du film policier. Pour amateur averti toutefois, ce n'est pas un film facile. 18/20
Bjr magnifique film dans une ambiance orientale à l'aube du printemps arabe totalement prenante. Il faut un peu oublier le synopsis (la mort d'une chanteuse dans un hôtel) qui traîne un peu en longueur, il faut se laisser imprégner par l'ambiance duCaire, de sa population en révolte contre le pouvoir et c'est là la clé du film. A travers la résilience de l'inspecteur, archétype du policier corrompu au début, on assiste à l'érosion et la chute future d'un système de corruption à tous les étages qui vit ses dernières heures dans le chaos et la violence sans que certains en prennent conscience. Les acteurs sont excellents, la musique prenante, la mise en scène impeccable.....un beau film à encourager absolument.
tres bon polar. une plongée au coeur du système égyptien. conaissant bien l'Égypte pour y avoir etait, j'ai ressenti l'atmosphère et l'ambiance pesante de cette ville ainsi que la mentalité égyptienne. au coeur d'une triste réalité. a voir
Franchement c'est assez cool de prendre des places pour "Le Caire confidentiel" et de toiser les incultes prendre leur laisser passer pour un quelconque blockbuster, on passe pour un auditeur de France Culture, un prof de langue arabe ou un parfait abruti... Ce qui l'est un peu oins (cool) c'est de se retrouver dans la plus petite salle du complexe, bon mais bref, un film plein de contrastes, quelques très bons acteurs,surtout une riche idée du contexte spatio temporel qui lui vaudra quelques prix, le reste n'est qu'anecdote une histoire sans surprise Comment il y aurait de la corruption en Egypte ?!! non , incroyable on enfonce des portes ouvertes, Comment au sein même de la police ? On nous apprend donc sur fond de musique new wave que dans cette ville néo moyennageuse tout est corrompu et que la révolution va mettre fin à tout cela ... Ok on est ravi sauf si l'on sait que : Hosni Moubarak, Vice-président de la République arabe d'Égypte au moment de l'assassinat d'Anouar el-Sadate, il lui succède le 14 octobre 1981, après la tenue d'une élection. Hosni Moubarak reste au pouvoir jusqu'à sa démission contrainte, le 11 février 2011, conséquence de la révolution égyptienne. Emprisonné et condamné par la justice égyptienne après son départ du pouvoir, il est libéré en mars 2017. Sauf si l'on sait que Hosni Moubarak est fnalement blanchi de l'accusation d'avoir tiré sur son peuple...
In fine tout cela ne sert à rien un peu comme ce film témoin sans surprise de son époque mais qui pourrait s'appeler "les rouages de la justice pour les nuls en Afrique et au moyen orient" C'est sûr c'est moins vendeur...
Film policier "prétexte" .... en effet l'intrigue des meurtres de deux jeunes chanteuses n'est qu'un alibi pour dénoncer les agissements de mafia liée à la sureté du gouvernement Egyptien, quelques temps avant les évènements de la Place Tahir et la fin de ce régime. De la corruption à tous les niveaux, c'en est même fatiguant, car par ailleurs le triller manque de rythme volontairement sans doute. Malgré cela, le film est plaisant et propose une alternative intéressante aux films à gros budget d'anticipation ou d'animation !! **
L’histoire est, apparemment, simple, à savoir l’enquête policière sur l’assassinat d’une chanteuse, retrouvée égorgée dans une chambre de l’hôtel Nile Hilton au Caire [d’où le titre anglophone plus juste que le titre français qui fait référence, plus pour des raisons commerciales qu’artistiques, au film de Curtis Hanson, « L.A. Confidential » (1997), lui-même tiré du roman éponyme (1990) de James Ellroy]. L’enquête est vite bâclée (spoiler: on conclut à un suicide ! ) mais le policier Noureddine Mostafa (Fares FARES) la continue, malgré l’avis de son supérieur (qui est aussi son oncle) et est entrainé dans une spirale aux implications politico-économiques qui vont le dépasser. La force du film (tourné, non pas en Egypte mais au Maroc pour des raisons qu’on peut imaginer) réside dans le fait qu’il se déroule du 15 au 25 janvier 2011, c’est-à-dire juste avant le début du « printemps arabe égyptien » qui débute le 25 janvier par une manifestation qui a lieu le même jour que la journée de la Police (en souvenir de l’insurrection de cette dernière en 1952 et qui a abouti au départ des britanniques). Les manifestations qui ont suivi, ont conduit au départ du président Hosni Moubarak le 11 février 2011. Cette courte période (18 jours) fut néanmoins marquée par, au moins, 365 morts et 5 500 blessés. Le film met en évidence la corruption généralisée de la police, y compris Noureddine Mostafa (spoiler: qui pratique le racket auprès des commerçants et n’hésite pas à délester la chanteuse égorgée de ses billets, avant l’arrivée de la police scientifique ) et de la Justice aux ordres du pouvoir. Un film noir, poisseux, rappelant, un peu, l’ambiance de « La isla minima » (2014) d’Alberto Rodriguez et dont l’action se déroulait après la mort du général Franco en Andalousie. Tous les personnages sont vils, corrompus, âpres au gain, violents (torture de prisonniers, tirs sur les manifestants) et les seules femmes présentes (2 chanteuses tunisiennes) se prostituent. Malgré 2 récompenses (Grand Prix du jury, fiction étrangère, au festival de Sundance et Grand Prix au festival du film policier de Beaune en 2017), le film est un peu surestimé car non exempt de défauts, certes mineurs : photographie plus proche du reportage (images parfois tremblotantes) que du film noir américain, tel, « La soif du mal » (« Touch of evil ») (1958) d’Orson Welles, psychologie pas assez approfondie du policier (spoiler: veuf, suite à la mort de sa femme dans un accident de voiture et qui n’hésite pas à coucher avec une chanteuse malgré le risque de chantage et ayant un sursaut de probité en menant l’enquête jusqu’au bout, au détriment de sa carrière et même de sa vie ). Seul le personnage de la femme de ménage soudanienne qui a vu l’assassin de la chanteuse mérite l’empathie de la part de spectateur. .
jai été voir ce film après 5 semaines de sortie et des critiques assez bonnes. ben pour ma part pas nul mais pas non plus un chef d'oeuvre. il sera vite oublié. le point positif est la belle mise en scène, de belles images et un bon jeu d'acteur.
Un film noir venu des terres égyptiennes, c'est déjà une originalité en soi. Mais quand ce film est réalisé par un ancien graffeur et qu'il utilise le printemps arabe comme toile de fond, il n'en faut alors pas plus pour attiser la curiosité du cinéphile averti. Dans "Le Caire confidentiel", le cinéaste Tarik Saleh a choisi d'entremêler son intrigue de meurtre dans les plus hautes sphères de l'état à celle d'une révolte qui gronde dans les rues du Caire, réponse massive et virulente à un pouvoir de plus en plus corrompu.Cet aspect, le metteur en scène le détaille à travers le fonctionnement d'une police gangrenée par les pots de vins et faisant office de gang organisé au service d'un pouvoir malhonnête. Noureddine, inspecteur tout aussi mouillé dans ces affaires, va cependant se mettre à douter lorsqu'une jeune chanteuse est retrouvée assassinée dans sa chambre d'hôtel. Le film de Saleh comporte tout les ingrédients du film noir : un titre qui rappelle largement le classique de Curtis Hanson, "L.A. Confidential", un flic solitaire et bourru, une femme fatale et une issue qui semble vouée à l'échec pour ceux qui voudraient rendre la justice. C'est là que le parallèle avec la révolution arabe de 2011 est intéressante car cette contestation semble naître aussi bien dans la réalité que dans l'esprit de l'inspecteur tant la corruption se retrouve à tout les étages de la société égyptienne. Si l'aspect film noir souffre de quelques lenteurs et d'une mise en scène qui se contente de verser dans l'hommage aux classiques hollywoodiens, le contexte du film est intéressant tout comme la ville du Caire qui impose un espace loin des pyramides de cartes postales. La ville est une véritable fourmilière africaine où la poussière et la crasse masque difficilement les stigmates d'un régime décadent. Sans génie mais indispensable pour mieux décrypter les origines du printemps arabe, "Le Caire confidentiel" est une enquête policière captivante qui transforme une bonne idée en ressource essentielle pour comprendre les mécanismes pervers dans lesquels est enchaînée toute une région du globe.
Avec Comancheria et l'Homme Aux 1000 Visages, le meilleur polar que j'ai vu cette année. L'ambiance du film, de déliquescence d'un état, de corruption généralisée, de violence, de déni de justice font froid dans le dos.
Remarquable! A la fois un bon policier et une peinture très réaliste de la société égyptienne, ce comprenant les réfugiés soudanais vivant au caire, pauvres parmi les pauvres
Les bonnes critiques se suffise pour bien noter ce film. La seul qui je retiens en négatif c'est encore une fois la propagande et l'incitation au tabagisme. À croire qu'à chaque scène est une publicité "fumer c'est cool" "fumer aide à réfléchir" "fumer ça donne un style" un bonne manière de ne pas donner 5 étoiles qui les vaux.