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Philippe G.
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4,0
Publiée le 9 juillet 2017
Le film décrit la corruption généralisée dans la police et la justice Egyptienne . Sur fond de révolution naissante , l'interprétation du policier et les actrices féminines donnent un relief inédit à ce film policier de très bonne facture . Plusieurs répliques a noter !
La recette classique d’un polar au cinéma: une grande métropole côté noir, un flic entre deux âges, veuf au grand cœur, corrompu, mais pas plus ni moins que les autres. Les villas de luxe et les squats des bas-fonds, prostitution, meurtres, travail clandestin. Un corbeau, du chantage, un peu d’alcool et de kif, beaucoup de cigarettes. Une intrigue, qui emmène et fait travailler du bonnet, sans être d’une grande originalité toutefois. Sauf que ça se passe en janvier 2011, au Caire, à deux pas de la place Tahrir. La révolution tunisienne est en marche, la révolte populaire égyptienne gronde depuis Alexandrie, mais tout ce que le brave commissaire trouve à y dire c’est que « même quand c’est le bordel chez eux, les tunisiens arrivent encore à nous battre au foot ». Tarik Saleh plonge dans les fumées de son pays d’origine, à une période charnière de son histoire. En Egypte, il y a la police, l’armée et la sureté d’Etat. Un monde bien hiérarchisé, où l’argent circule à flot, et où l’on courbe l’échine servilement devant plus haut que soit dans l’échelle des grades et des influences. Un appareil bien rodé, qui vise d’abord à sa propre survie et celle de ses mécènes, hommes d’argents et de pouvoir.
Film policier, oui. Mais thriller, pas vraiment. Il manque le rythme, une intrigue cachée ou un dénouement moins évident. En toile de fond, on trouve une relative description d'un système policier totalement corrompu où chacun se tient par la barbichette tout en servant de barrière de protection au pouvoir. Mais le problème de ce film c'est que cette description socio-politique n'est qu'un élément d'arrière-plan à cette enquête policière qui reste somme toute assez banale. Dans le montage du scénario, il y a eu manifestement hésitations entre récit policier et message politique. Personnellement, j'en aurais voulu bien davantage sur la pression sociale montante de la cocotte-minute égyptienne et sur les interrogations (éventuelles) et postures face à tout ça des membres de l'appareil policier au service du régime.
Un film tout en ambiances... On est tout de suite pris dedans, une plongée dans le quotidien d'un flic au Caire au moment au Printemps arabe. Bravo!! J'ai passé un excellent moment.
La bonne vieille ambiance du film noir est de retour ! flic paumé et ripoux, costumes crasseux, ville glauque, jolies pépées, meurtres, corruption, clopes sur clopes... grosse différence : tout cela ne se passe pas à LA ou NY, mais dans un Caire surchauffé par une imminente révolution... Yallah !!
Grand prix du jury au festival de Sundance, "Le Caire confidentiel" ne déçoit pas et s’aventure même là où l'on ne l'attends pas. En effet, Tarik Saleh réalise ici un film qui dépasse rapidement son statut de polar pour s'avérer être un film beaucoup plus complexe qui surf entre les genres. On y suit l'enquète d'un policier égyptien qui doit faire face à la corruption. Mais le film ne se résume pas à cette simple enquête et s'en détache pour acquérir une dimension politique. L’enquête est un moyen pour le réalisateur de faire apparaître à l'écran la faillite de la justice et l'omniprésence de la corruption. Avec beaucoup de maîtrise, Tarik Saleh réussit à équilibrer son récit entre sa dimension policière et sa dimension politique. Ce lien est fait par le personnage principal dont l'écriture est d'une profondeur et d'une justesse rare. L'acteur Fares Fares le campe superbement et apporte une interprétation très nuancé qui porte le métrage. Le film refuse de porter une vision manichéenne et ne comporte d’ailleurs aucun "gentil". Cela permet au métrage de se transformer en film noir, révélateur du dysfonctionnement de la société égyptienne. Le réalisateur assume l'aspect sombre de son film et le cultive même pour offrir une fresque sociétal précise et émouvante qui surprend autant qu'elle séduit.
Si vous aimez les films policiers à atmosphère, avec poussière, urbanisme et corruption, « Le Caire confidentiel » qui se déroule sur fond de printemps arabe, ne pourra que vous plaire.
Un commandant de la police égyptienne se démène pour trouver la vérité sur le meurtre, au Hilton, d’une chanteuse très belle. C’est tout autre chose qu’il découvrira au bout du chemin.
L’intrigue, simple et tortueuse à la fois, sur déroule dans une ville fiévreuse et agitée comme une fourmilière, aussi bien de jour que de nuit, superbement filmée.
Placer un polar à l’ancienne dans un tel décor est une belle et sombre réussite.
Pour davantage d'articles, mon blog : larroseurarrose.com
Dur, dur de trouver un bon film l'été. Mais celui-là est non seulement bon, mais très bon. Le héros, Noureddine, flic cairote corrompu et désabusé qui noie son désespoir dans l'alcool et les médicaments, est soudain touché par la grâce et se mue en justicier sans peur et sans reproche lorsqu'il est amené à enquêter sur le meurtre d'une jeune femme. Tandis que sa hiérarchie déploie toute son énergie à étouffer cette affaire impliquant un magnat de l'immobilier tout-puissant, Noureddine risque sa vie pour que justice soit rendue. Cela vaut au spectateur une plongée inquiétante dans une société égyptienne gangrenée par la corruption, le népotisme, la brutalité. Mais au-delà de cette réalité affligeante, il y a chez le héros, veuf et solitaire, comme une sorte de désespoir existentiel. Il serait trop simple de croire qu'il suffit d'une révolution pour changer l'humanité. Ce n'est pas seulement la société, c'est le coeur de l'homme qui est plein d'ordure. Et pourtant, ce constat ne débouche pas dans ce film sur une apathie résignée. Le héros se bat même avec l'énergie du désespoir, comme pour retrouver grâce à ses propres yeux et pouvoir à nouveau se regarder dans une glace. Fares Fares, l'acteur principal, qui traîne sa longue carcasse dégingandée et promène sur le monde son regard mélancolique, est excellent.
Un thriller passionnant. Entre intrigue judiciaire et soulèvement du peuple contre le gouvernement de Hosni Moubarek. Fares fares remarquable dans sa prestation.
Au delà de l'intrigue policière, c'est davantage la mise en lumière de la corruption de la police du Caire et du système politique égyptien amenant à la révolution égyptienne du Printemps Arabe de 2011. Une version politique des événements finement menée avec ce film policier. Un bon résultat.
Thriller à la fois politique et historique, Le Caire Confidentiel nous transporte au temps de la révolution de janvier 2011 et le début du renversement de Moubarak. L'histoire, simple et classique nous raconte le meurtre sauvage d'une chanteuse mêlant un proche du pouvoir et la police corrompue. L'ambiance et l'atmosphère sont remarquablement retranscrit dans cette ville tumultueuse, sale et violente, où la misère cotoie la richesse, la corruption généralisée dans la Police, Les acteurs sont plutôt bons, Fares Fares, sombre et efficace est excellent, l'intrigue prenante. A déplorer une certaine lenteur avec des scènes inutiles et une durée bien trop longue, le dénouement pouvant arriver bien plus vite. Cette impression aussi que le fil de l'histoire n'avance pas par moment. Pas mal mais aurait pu être bien mieux réaliser.
Il y a eu la révolution puis quelques mois plus tard, les révoltes contre le pouvoir militaire. C'est dans ce contexte particulier que "Le Caire Confidentiel" se passe. Un récit policier ? Peut-être ... plutôt une opportunité à raconter un pays au bord de la crise, où la corruption et la violence dominent dans les rapports sociaux. Il faut être courageux pour exercer son métier de policier das un tel environnement, surtout lorsqu'un crime d'une jeune-femme engage la responsabilité d'un homme de pouvoir. C'est tout le but de Noureddine qui s'engage à corps perdu dans une lutte pour la légalité. "Le Caire Confidentiel" aurait pu être un œuvre tapageuse et démonstrative. C'est au contraire un film presque intimiste qui contemple une ville et des habitants perdus dans les contradictions du pouvoir. Le film est souvent noir et il rappelle en ce sens un certain cinéma français des années 80 qui mêlait réflexions politiques, errance du héros policier et poursuite effrénée de criminels à col blanc. L'intrigue policière n'est pas ce qui est de meilleur dans ce film. D'ailleurs, le titre focalise d'abord sur une ville et donc un pays qui a du mal à se reconstruire. Il est question d'immigration irrégulière, de pauvreté, et bien sûr de corruption par les administrations chargées de protéger les citoyens. Le format aurait mérité d'être plus court mais le réalisateur parvient avec brio à tenir en haleine son spectateur jusqu'au générique final. La fin d'ailleurs est excellemment maîtrisée et permet à la fiction d'endosser définitivement son caractère de plaidoyer.
Le film a quelque chose de remarquable.....Derrière un affaire policière, il dévoile les arcanes de la politique égyptienne.....Il le fait même concrètement, puisque les personnages principaux de l'enquête vont se retrouver mêlés à la fin, aux émeutiers du printemps arabe, sous couvert de la présidence de Moubarak....Le film est rythmé plus subtilement qu'un film américain, et avec une certaine grâce nous fait découvrir les rues du Caire, principalement la nuit......Une histoire de crime dans un Hilton, va nous conduire à des personnages intriguants et totalement hypocrites....La bande son a des moments géniaux, travaillés au synthé, et qui procure beaucoup d'émotions deux ou trois fois.......Les acteurs sont riches et expressifs, le scénario sans temps mort, et relativement simple. Nonobstant le côté exotique de l'Egypte avec un plan sur Le Caire, où l'on discerne les pyramides, voilà un excellente façon de s'occuper l'esprit. Je conseille fortement.
Il ne fallait pas bon vivre au temps de Moubarak en Egypte. Une police plus que corrompue, une police sans aucune éthique, qui n'hésite pas à employer des méthodes cruelles pour faire parler des pseudo-coupables, et où l'argent règne en maître même lorsque des policiers sont sur une affaire criminelle. Très bon scénario, avec, pour ma part, un peu de longueur, mais au final avec le repenti du policier, chargé de l'enquête, qui a des remords sur l'affaire étouffée, fait que ce film n'est pas mal. Surtout lorsque Fares Fares (l'acteur principal) est sauvé lors de manifestations très colériques par un citoyen...
Un petit film (suédois /danois /allemand.....) qui risque de passer inaperçu au milieu des nanars de l'été (un policier égyptien....) et qui est pourtant bien intéressant, puisque la star du film de Tarik Saleh, c'est la corruption au sein du régime Moubarak.
A part cela, le héros c'est Noredin, commandant dans la police (au cours du film il passera colonel....), protégé par son oncle, Kamal (Yasser Ali Maher) général dans cette même police.... C'est (ce sont) des ripoux parfaits. Ils rançonnent les commerçants, et les biftons passent de main en main à chaque occasion. Même entre les polices de différents quartiers du Caire, tout coup de main, tout échange de renseignement se monnaye....
Noredin est interprété par l'excellent acteur libanais Fares Fares, au physique atypique. Vu de face, il est pas mal; vu de profil, c'est le sosie de Gru.... Il a beau palper, il vit dans un appartement miteux (il est veuf), et ne peut même pas payer quelqu'un pour s'occuper de son vieux père invalide. Ripou il est donc, mais quand une très jolie jeune femme, vaguement chanteuse (elle travaille pour un maître chanteur spécialisé dans les photos intimes très compromettantes de personnages importants) est assassinée, il veut la vérité.
Face à lui, le personnage important est particulièrement important: c'est un promoteur immobilier richissime, ami de surcroît du fils Moubarak.
Il faut préciser que le film se déroule au cours des semaines qui ont précédé le soulèvement de la place Tahrir, auquel le réalisateur rend, à la fin, un vibrant hommage....
Je n'ai jamais vu pellicule aussi moche, grisâtre, terne, elle contribue à créer ce climat sinistre, désespérant du film. Triste aspect aussi du Caire, ville sale, encombrée, moche.... On est loin du cliché touristique!
Bon policier, par ailleurs, où l'on meurt beaucoup -les services secrets ne reculent devant rien- mais doublé par un contrat sociétal implacable. Vaut donc le voyage!