Un polar bien fichu, sur fond de corruption, à l'interprétation solide et à la réalisation efficace. Dommage que le scénario manque un peu de surprise et que l'enquête passe finalement au second plan.
Un excellent polar sur fond de printemps arabe, c’est ce que propose ce Le Caire Confidential. C’est un plongée dans une société corrompue ou les puissants peuvent acheter leur tranquillité et où la vérité ne peut sortir au grand jour. C’est extrêmement bien mis en scène et interprété, cela peut faire penser un peu à Memories of Mutder, c’est un film formidable à découvrir.
Beau et mélancolique, un portrait au vitriol d'une société en déperdition, qui se fissure de jour en jour jusqu'à exploser. Un faux film noir en fait, jalonné de personnages fort bien interprétés. Il dégage un charme atmosphérique de cette production à la photo soignée.
Un thriller mené sur fond de crise politique et de corruption des flics ripoux. Un mélange des genres croisé avec l'histoire récente de l'Égypte font de ce film un pamphlet contre le régime en place à l'époque. Un peu lent par moment, plus d'action n'aurait pas été de trop pour rythmer un peu plus l'ensemble. Les adeptes du genre apprécieront.
Ce film vaut à la fois par son contexte politico-social et ses interprètes très crédibles dont Fares Fares en policier semi ripoux, mais tout de même déterminé. Il nous fait visiter le Caire en passant d'un univers sordide à un monde de luxe. Le scénario est classique mais laisse un peu sur sa faim, le principe qui consiste à faire tout expliquer par un personnage à la fin n'est pas très bon. On peut regretter aussi une bande son assez fatigante. Peut-être le réalisateur a-t-il voulu nous faire comprendre que Le Caire est une ville bruyante vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en quelque lieu qu'on se trouve, sauf en de rares palaces réservés aux privilégiés. Si c'est le cas, c'est réussi mais pénible. Le meilleur reste donc le tableau sans complaisance de la corruption qui gangrène toute la société égyptienne. Au point qu'on se demande si ce film peut être aujourd'hui projeté en Egypte, alors que la dictature du général Sissi a succèdè à celle de Moubarak après un assez bref intermède.
Le Caire, janvier 2011. Quelques jours avant que le printemps arabe ne déferle sur l'Egypte, une chanteuse est retrouvée morte dans une chambre d'hôtel de luxe. Un inspecteur va mener l'enquête, et s'embourber dans une histoire de chantage et de connexions politiques. La trame de "The Nile Hilton Incident" est très classique, faisant écho aux films noirs à l'ancienne. L'intérêt du film est plutôt le portrait qu'il tisse en toile de fond du régime de Moubarak : corruption généralisée, police brutale et à la botte du gouvernement, misère de la population, et personnes de pouvoir s'intéressant davantage à leurs intérêts qu'à celui d'une cocotte minute prête à exploser. Un sujet original, traité avec réalisme par ce film suédois (!) tourné à Casablanca (les autorités post printemps arabe ayant refusé le tournage en Egypte). Malgré quelques longueurs dans l'intrigue, Fares Fares est très convaincant dans ce rôle de policier qui fait partie intégrante du système, et qui va prendre du recul dessus. La réalisation de Tarik Saleh est très professionnelle, mais vu le thème abordé on aurait espéré quelque chose d'un peu plus percutant. Intéressant néanmoins.
Le Caire Confidentiel est un polar noir à la Jean-Pierre Melville des années 70, plus qu'un thriller comme on peut s'y attendre. L'enquête policière est classique mais l'intérêt du film est ailleurs, dans sa résonance politique en mettant en lumière la corruption policière et le système politique égyptien. Ce n'est pas pour rien que le réalisateur a choisi le printemps arabe en arrière plan. Farès Farès déjà vu dans les excellentes enquêtes du département V, joue parfaitement ce flic emporté par l'enquête et ses convictions profondes. Un bon polar malgré une histoire déjà vu.
Ce film nous présente une histoire de corruption à tous les étages, entre magouilles, arrangements, règlements de compte, trafic... De la police à l'état, tout est noir et malsain, tout s'achète... Au milieu de ce chaos, un flic corrompu va peu à peu prendre conscience de la situation et tenter de sauver le peu qui reste à sauver... Une "brillante" mais très sombre radiographie de l'Egypte...
Inspire d’une histoire vrai en Egypte, ce très bon polar va vous tenir en haleine tout le long. L’acteur principal est parfait. Mélange de thriller, d’enquête policière et de révolution : ne laissez pas passer ce film
Fares Fares s'est fait remarquer en 2013 après avoir pris part à la trilogie policière scandinave "Enquêtes du département V" où il campait l'adjoint d'un inspecteur mis au rencart suite à une dépression dans un département chargé d'étudier les dossiers concernant de vieilles enquêtes jamais résolues afin d'apurer les statistiques d'un commissariat central. Le voici sous la houlette de Tarik Saleh, flic au Caire à la veille des évènements de janvier 2011 qui poussèrent Moubarak vers la sortie. Le scénario écrit par Tarik Saleh est inspiré du meurtre de la chanteuse libanaise Suzanne Tamim en 2008 à Dubaï par un dignitaire du régime égyptien. Saleh a sans aucun doute très correctement étudié tous les classiques du genre pour se les approprier et en retranscrire le meilleur au sein du contexte très particulier de la mégalopole du Caire où s'entassent près de 10 millions d'habitants dans des conditions souvent précaires. La corruption y est un mode de fonctionnement quasi institutionnalisé qui concerne comme souvent au premier chef la police. Dans le commissariat où travaille Nourredine (Fares Fares) c'est son oncle Kammal le chef de brigade qui orchestre les affaires et notamment le partage des gains du racket quotidien . Le meurtre d'une jeune chanteuse dans un complexe hôtelier de luxe va réveiller la conscience chloroformée de Nourredine qui va progressivement s'isoler pour mener son enquête. La confrontation avec un riche industriel mêlé au pouvoir va très vite ramener Nourredine dans son propre commissariat. On l'a dit Tarik Saleh respecte tous les codes du film noir qu'il inscrit dans un contexte politique un peu à la manière de Sidney Lumet. Ainsi Nourredine déambule dans la grande cité surpeuplée au son de la musique envoûtante de Krister Linder. Mais là où Humphrey Bogart, Frank Sinatra ou Paul Newman levaient le voile sur les mœurs dissolues de la jet set désabusée de New York ou de Los Angeles, Fares Fares doit se colleter avec tous les trafics qui minent une ville où beaucoup de migrants tentent de survivre. Un œil acéré est aussi porté sur la petite minorité qui vit luxueusement aux dépends d'une misère ambiante largement entretenue. Face aux dangers multiples qui résultent de ce chaos organisé, Nourredine n'a que sa froide détermination et sa connaissance du milieu pour se frayer un chemin jusqu'aux cimes qui agissent en toute impunité à coups de bakchichs et d'exécutions sommaires. Si la lucidité dont fait preuve Tarik Saleh ne constitue pas le meilleur dépliant touristique pour un pays déjà en proie à la défiance de la clientèle européenne, elle contribue à travers un film de genre respectant tous les canons à éveiller les consciences.
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3,0
Publiée le 26 février 2018
Il ne fait pas bon d'être un flic intègre dans certaines parties du monde... Noredin Mostafa ne l'est pas totalement, mais si on le compare avec ses collègues, c'est presque un modèle. Avec son troisième film, Tarik Saleh nous fait vivre une enquête de police avec une question qui reste en suspens tout le long à savoir si une justice est possible ou pas ? Le commandant va défier sa hiérarchie, mais aussi tout un système judiciaire à deux vitesses et corrompu pour tenter d'élucider cette affaire et surtout que justice soit faite. L'enquête en question est assez simple, il n'y a ni suspens ni rebondissement, on a rapidement tous les éléments en main pour comprendre le gros de l'histoire. Avec cette histoire qui rejoint l'Histoire, le réalisateur dresse le portrait de l'Égypte juste avant le Printemps arabe. Une immersion dans une ville rongée par le cancer de la corruption au cœur d'une société moralement hypocrite dans laquelle certaines personnes sont délaissées et d'autres, utilisées ou exploitées. Je n'ai pas été totalement pris par cette enquête trop simple par contre le film pour tout ce qu'il montre est intéressant et bien fait.
Une petite déception au sujet de ce qui était annoncé comme "Le polar de l'année" L'ambiance du Caire pendant la révolution (qui accouchera d'une sourie, comme on le voit) est très bien restituée, mais l'intrigue en elle même est décevante et le scénario (trop) convenu. De plus,les personnage sont peu attachant.