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Remi S.
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4,0
Publiée le 14 février 2020
Dans *Le Caire confidentiel*, Tarik Saleh nous immerge dans un polar labyrinthique au cœur du Caire, sous fond d'ébullition révolutionnaire qui touche l'Egypte 2011 dans la lignée des printemps arabes.
A partir d'un pitch partiellement simpliste : L'inspecteur Noureddine Mostafa (Fares Fares) enquête sur le mystérieux meurtre d'une jeune chanteuse; Tarik Saleh ouvre son récit pour toucher toutes les classes d'une Egypte (qui est encore) sous la dictature militaire de Moubarak.
C'est une Egypte à la fois misérable et moderne qui s'ouvre à la caméra de Saleh. Ces nombreux plans en voiture illuminés par les couleurs vives des publicités et nombreux commerces, au cœur d'un Caire nocturne et vivant. Des airs de *Blade Runner*, mais où l'intrigue se déroule bel et bien en 2011. C'est dans cette atmosphère digne des meilleurs films noirs, que déambule l'inspecteur Mostafa à la recherche de réponses sur un effroyable assassinat commis dans les plus hautes sphères d'un luxueux hôtel.
Pour articuler sa surface policière et son fond politique, Saleh à l’intelligence de convoquer ''toutes'' les classes sociales d'une ville empreinte au basculement. Au-delà des flics corrompus qui règnent en maîtres dans les commissariats, ce sont les pauvres yeux et oreilles des femmes de chambres souvent immigrés, qui assistent aux violents règlements de compte des classe aisés. Dans cette course à la vérité, magnat de l’immobilier, garde rapprochée du président Moubarak, femme fatale, et pauvres citoyens se retrouvent mêlés à un crime qui pourrait mettre fin à une certaines hypocrisie ambiante. Mais que devient la réelle justice lorsque la corruption est seule capitaine à bord du bateau coulant égyptien ?
Malgré quelques anecdotiques descentes scénaristiques, Tarik Saleh ouvre fortement son récit pour transporter son spectateur à travers les quatre coins du Caire. On peut aussi regretter le manque de parallèles entre la surface et le fond du récit, qui mène inévitablement à envoyer rapidement l'élan révolutionnaire en fin de récit. Mais il est indéniable que *Le Caire confidentiel* convoque tout les codes du film noir pour une immersion maîtrisée au cœur de la ville corrompue, secrète et misérable du Caire.
Très bien, à regarder absolument en VO! Les acteurs sont au TOP, on se rend compte de l'ambiance, de la corruption, cela pousse à la réflexion, la situation est-elle vraiment différente malgré la révolution ? A voir...
Le principal intérêt de ce film policier est de situer son action au Caire à la veille de la révolution de 2011 qui verra la chute de Moubarak, ce qui fournit en arrière plan une ambiance étrange et souvent fascinante. L'intrigue est mince : une pseudo-artiste, en fait prostituée qui fait du chantage à la photo compromettante vis à vis de ses amis-clients est assassinée dans un hôtel de luxe. une employée émigrée soudanaise a vu des choses...un magnat du BTP qui plus est député est compromis dans ce scandale. L'enqu'ête est menée par un flic taciturne, à la fois corrompu, corrupteur et généreux. L'intérêt du film ne réside pas dans le scénario policier qui est lent confus, plein d'ellipses, et finalement décevant.. Le vrai intérêt est le regard sombre jeté sur la société égyptienne décadente de l'époque, une ambiance de fin de règne où chacun cherche à se faire ou conserver une place en faisant jouer les influences politiques, familiales et les rapports de force basés sur l aviolence.... bizarrement le sujet religieux est à peine évoqué. Tout semble égyptien dans ce film : le lieu (le Caire), le réalisateur et les acteurs qui ont des noms à consonnance arabe, mais c'est du cinéma : le film a été tourné au Maroc, le réalisateur est suédois et l'acteur principal libanais
Si le film a été tourné en langue arabe et en Afrique du nord, le réalisateur, Tarik Saleh, est citoyen suédois, né en Suède, et un observateur avisé aura tôt fait de repérer quelques différences avec les productions purement égyptiennes, comme celles de Mohamed Diab. Quoique pensé comme une plongée dans les entrailles du Caire, on n’y découvre par exemple aucune trace de la religion et des Frères musulmans, que les réalisateurs locaux ont systématiquement le souci de ménager. Le film relate, fut-ce en changeant les noms, l’assassinat de la starlette libanaise Suzanne Tamim, pour lequel un membre haut-placé de l’appareil gouvernemental égyptien fut condamné à une lourde peine de prison en 2009...et ça, aucun réalisateur égyptien n’aurait eu la possibilité ou la liberté de le faire, quand bien même cette affaire criminelle remonte à l’ère Moubarrak. Enfin, la structure du film elle-même diffère des habitudes du cinéma égyptien et s’avère beaucoup plus proche des normes européennes ou américaines, ce qui fait de ‘Le Caire confidentiel’ un parfait spécimen de Film Noir, situé dans un contexte atypique : reprenant à son compte, et très correctement, les figures imposées du genre (le flic torturé, la femme fatale, l’assassin silencieux,...), le réalisateur fait également de la ville, et plus précisément de sa facette nocturne et interlope, un personnage à part entière du récit. On découvre avec intérêt la géographie urbaine de cette métropole tentaculaire, ses avenues animées et ses bidonvilles, ses recoins obscurs et ses quartiers huppés : à vrai dire, on ne soupçonnait pas qu’une ville comme Le Caire, à laquelle on associe plus volontiers les concepts de circulation chaotique, de poussière et de chaleur écrasante, puisse être aussi cinégénique et à l’épreuve d’un polar moderne. Bon, pour être tout à fait précis, il ne s’agit pas exactement du Caire mais de Casablanca, les autorités égyptiennes ayant refusé les autorisations de tournage à un film qui fouinait un peu trop dans les secrets inavouables de la société cairote (mais franchement, on n’y voit que du feu !) : ‘Le Caire confidentiel’ dresse effectivement le portrait d’une société inégalitaire et hypocrite, où la richesse permet de s’affranchir de la morale et surtout, d’une société totalement corrompue, des plus hauts sommets de l’Etat jusqu’à ses plus modestes représentants. Le désarroi exprimé par l’inspecteur de police lorsque ses investigations se heurtent à un plafond de verre est donc assez ironique puisque lui-même, à petite échelle, souscrit pleinement à cette corruption “culturelle”, quelques billets lui permettant de contourner la règle lorsqu’il les offre, ou de fermer les yeux sur celle-ci lorsqu’il les reçoit. Mais après tout, les vices humains qui gangrènent les sociétés sont aussi des caractéristiques du Roman Noir, et sa version orientale, moderne et cinématographique aurait pu être écrite par Raymond Chandler ou Dashiell Hammett en visite aux pyramides.
Un très grand polar qui vous passionne tout du long, vous surprend souvent et vous ouvre les yeux, s’il est possible, sur un régime égyptien totalement vérolé, au summun de la corruption du haut en bas de la société, au temps de la chute de Moubarak (2011). Est-ce changé ? Rien de moins sûr. L’histoire, noire et complexe, est suivie de façon très tonique, sans temps mort ni verbiage, mais aussi interprétée par des acteurs très typés. Un polar qui marque les esprits et qui mérite largement ses prix.
Une claque que ce film ! On pénètre au coeur de la société égyptienne corrompue au moment du printemps arabe, avec un meurtre sordide à résoudre et des personnages véreux à tous les niveaux, dont au plus haut sommet de l'Etat. C'est remarquablement bien fait, et on suit cette histoire avec un véritable appétit. On ne peut s'empêcher de penser à L.A. Confidential : il y a pire référence. Du très bon cinéma, dont on remarque avec amusement que la production est scandinave, le réalisateur, bien que d'origine égyptienne, est scandinave, et que l'acteur principal est libanais.
Sur le fond, rien de très original (corruption des élites, flics ripoux) si ce n'est que l'action se passe en Egypte. Sur la forme, c'est efficace. Bon rythme, narration prenante. On peut regretter que certaines déductions logiques ne soient pas plus limpides et que le lien avec le soulèvement de la place Tahrir ne soit pas plus travaillé. Sinon, pas mal du tout.
On est plongé dans la ville du Caire, avec ce flic solitaire, qui recherche la vérité, dans une société bouillonnante où l'argent est roi, la police corrompue...scenario haletant, musique parfois envoûtante, on suit Nourredine jusqu'au bout sans se relever. Bravo
vu les critiques je m'attendais à mieux et surtout à une histoire policière , alors que le film raconte plus un pays gangréné par la corruption la plus sordide et malsaine qui soit . Le film vaut malgré tout d'être vu parce qu'il est ( trop) rare de découvrir un film sur cette partie du monde , largement oublié par les cinéastes ( ou les distributeurs de films en France ) , et les acteurs sont vrais ( l'acteur principal a une gueule ) . Ce film nous rappelle que l'on est pas aussi mal loti en EUROPE .
Film policier qui vaut surtout pour son ambiance dans la capitale égyptienne secouée par les prémices de la révolution ainsi que par sa peinture d'une société corrompue à tous les niveaux (police, gouvernement..qui avancent au bakchich) et très inégalitaire. L'enquête en elle même ne sort pas forcément du lot mais comme elle est inspirée d'une histoire vraie, le réalisateur s'est peut être concentré sur les faits, sans chercher à faire un film à rebondissements et à twist dans tous les sens.
Un très bon film. Je ne met pas 5 sur 5 car c'est réservé aux grands films hollywoodiens, mais ce film est génial et le contexte et le décors dépaysants. A voir
J’ai trouvé le film intéressant du début jusqu’à la fin. La réalisation est cohérente, assez sombre et soigner à la fois. Le casting général est intéressant avec en tête l’acteur principal. Ce film se situe lors d’un moment important de l’histoire récente et l’on ressent bien la tension assez présente tout au long du film.
Malgré son air de déjà vu et sans surprise ce film se laisse regarder , assez prenant , où l'on voit comment la corruption peu faire-faire beaucoup de chose dans les pays du moyens orient et comment l'Egypte se débrouillait au temps de Moubarak , et même si l'on se doute de l'issue finale voici un polar assez dur avec une découverte intéressante Farès Farès un acteur que l'on reverra certainement.