Cold War
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poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2018
« Ida », son succès ô combien mérité de 2014, a probablement incité le polonais Pawel Pawlikowski à adopter, pour ce nouveau film, les mêmes choix stylistiques : photographie en noir et blanc et format carré de l’image. Des choix qui, cependant, ne donnent pas le sentiment d’une simple redite, loin s’en faut. On comprend, dès les premières scènes, qu’ils sont totalement judicieux, qu’ils conviennent parfaitement à ce film, si parfaitement qu’on a le sentiment, de voir une œuvre qui compte déjà parmi les grands classiques incontournables du cinéma. Formellement, tout, dans « Cold War », est quasi parfait. Les cadres et les mouvements de caméra (quand il y en a) semblent toujours extraordinairement justes. Pas un plan, pas une scène, de ce film ne donnent une impression de banalité. Techniquement, voilà un exemple idéal de ce qui est approprié à l’art cinématographique.
Évidemment, pour qu’un film soit proche de la perfection, il lui faut aussi être séduisant du point de vue du contenu et pas seulement de celui de la technicité. Or, ici, tout est incroyablement fascinant à la fois pour les yeux, pour l’esprit et pour l’intelligence. Le film comble sur tous les plans. Et, bien sûr, comme dans les films les meilleurs, il laisse un grand espace de participation au spectateur, Pawel Pawlikowski misant sur son intelligence et sa puissance d’imagination et ne se croyant pas tenu de tout raconter dans les détails.
spoiler: Au risque de « spoiler » un petit peu, je me dois de mentionner, pour commencer, la superbe épanadiplose que propose le film, l’une des belles qu’on ait vues au cinéma. De quoi s’agit-il ? Eh bien, tout simplement, de la reprise d’une même scène ou d’une scène semblable se déroulant dans un même lieu, au début et à la fin de l’œuvre. Or, dans « Cold War », les deux scènes trouvent leur juste place dans une église à moitié en ruine. Au début du film, le spectateur découvre cette église en se demandant pourquoi le cinéaste a cru bon de la montrer. On y aperçoit la fresque d’un visage (probablement celui du Christ) dont il ne reste que les deux yeux, des yeux qui semblent nous regarder comme ils regardent l’homme qui s’est introduit dans le lieu. On y voit aussi le dôme qui s’est écroulé, laissant au sommet de l’église une grande trouée vers le ciel. À la fin du film, le cinéaste filme à nouveau la même église et tout s’éclaire de façon sublime. Car, cette fois-ci, le bâtiment sert de cadre à un mariage, le plus simple et le plus dépouillé qui soit : rien qu’une bougie sur un autel, une rangée de dragées, et les deux amoureux qui échangent leurs consentements, sans ministre du culte, sans autre témoin que les yeux du Christ fixés sur eux et la bénédiction divine venant de l’infini du ciel au-dessus de leurs têtes. On se croirait dans l’un ou l’autre des films les plus personnels de Frank Borzage (1894-1962), cinéaste génial chez qui les scènes de mariage du même style (sans autre témoin que Dieu) sont récurrentes. C’est d’une beauté à couper le souffle.

Le reste est à l’avenant. Entre ces deux scènes d’église, bien des années se sont écoulées. Le film commence en 1949 et se termine en 1964. Autrement dit, en pleine période de guerre froide. Pawel Pawlikowski s’est inspiré de l’histoire de ses propres parents pour nous raconter celle de ses héros de cinéma, Wiktor (Tomasz Kot) et Zula (Joanna Kulig). Leur rencontre a lieu parce que le premier, musicien et même compositeur, fait partie d’une équipe chargée de collecter et d’enregistrer des chants traditionnels et populaires au fin fond des campagnes polonaises, un peu à la manière de ce que firent, quelques années auparavant, les compositeurs Bela Bartok et Zoltan Kodaly en Hongrie. Cependant, dans la Pologne de ces années-là, le but n’est pas seulement de préserver un patrimoine, mais de le vivifier en sélectionnant une équipe de chanteurs et de danseurs qui se produiront sur scène. C’est à cette occasion que Wiktor fait la connaissance de Zula et que la séduction opère. On a beau prévenir le premier que cette jeune fille n’est guère fréquentable (elle a subi une condamnation pour avoir blessé son père d’un coup de couteau – un père qui, explique-t-elle, a eu la fâcheuse idée « de la confondre avec sa mère), il n’en a cure. Zula non seulement est admise comme membre de la troupe folklorique mais elle en devient rapidement l’une des vedettes.
Du fait du contexte historique de guerre froide, l’histoire d’amour de Wiktor et Zula se complique rapidement. Arrive bientôt, pour la troupe folklorique, l’obligation d’intégrer dans leurs prestations des œuvres vantant la gloire du communisme triomphant et de Staline en personne. Pour Wiktor, le risque de la liberté s’impose. Profitant d’une tournée à Berlin, il parvient à passer de l’autre côté et à rejoindre Paris. Mais, pour Zula, ce n’est pas si simple. Elle a beau aimer Wiktor, elle ne se résout pas à le suivre. Tout n’est pas fini cependant entre les deux amoureux, loin de là. Sans ménager les ellipses, les sauts de plusieurs années (Pawel Pawlikowski n’éprouve pas la nécessité de tout expliquer, fort heureusement), le cinéaste montre, tout particulièrement, les périodes de retrouvailles des deux amants. Pendant un temps, même, Zula parvient non seulement à retrouver Wiktor à Paris mais à demeurer avec lui, sans cependant trouver l’équilibre qu’elle cherchait. Elle est déçue, elle est fantasque, elle se moque d’une poétesse dont s’est entiché Wiktor, elle ne supporte pas de rester à Paris. Mais ni les désillusions ni les emportements ne peuvent rien contre les cœurs et c’est, en fin de compte, Wiktor qui, profitant d’un voyage dans la Yougoslavie de l’époque pour revoir Zula qui s’y produit, revient à son point de départ.
Je ne peux terminer mon éloge de ce film sans en souligner les mérites du point de vue musical. Les musiques et les danses y sont omniprésentes. Bien sûr, de nombreuses scènes font écho au talent de la troupe folklorique polonaise dont fait partie Zula. Mais, Wiktor étant lui-même compositeur et musicien, la musique est présente partout. À Paris, dans les cabarets qui lui sont dédiés, explosent les rythmes du jazz. Une autre scène nous montre Wiktor travaillant à la musique d’un film. Et, surtout, le scénario fait de la place aux séquences les plus sensibles du film, lorsque Zula et Wiktor, s’étant retrouvés pour un temps, la première chante au micro tandis que le second l’accompagne au piano : instant de beauté inoubliable durant lequel on a le sentiment que les deux amants font l’amour par chanson interposée.
Ce film, qui a reçu un Prix de la mise en scène à Cannes, mérite, en vérité, d’être complimenté sur tous les plans. C’est lui, sans nul doute, qui aurait dû être couronné de la Palme d’Or. 10/10
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2018
Noir et blanc de toute beauté. Que ce soit par l’utilisation de la lumière ou le jeu sur les vêtements et les décors pour donner du contraste, le film est de bout en bout véritablement pensé en noir et blanc. On n’a pas affaire à un simple choix esthétique, mais aussi à une façon d’exprimer le contexte binaire : Guerre froide, Occident contre URSS, noir contre blanc, absence de zones de gris à l’image des deux amants qui peinent à être ensemble.
axelle J.
axelle J.

129 abonnés 501 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 octobre 2018
Le sujet est intéressant mais le film souffre d'une froideur certaine et d'un ennui diffus.
Aussi tout s'enchaîne trop vite, les 15 années passent à la vitesse de l'éclair, ce n'est pas approfondi.
On a l'impression d'avoir un résumé vite fait et vite expédié d'une histoire d'amour contrariée sur ces 15 années.
Mais bon, cela reste un film tout à fait regardable parlant d'un amour sincère.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 août 2018
L’histoire (filmée en noir & blanc) débute en 1949 en Pologne : un couple (Wiktor et Irena) enregistre des chanteurs et musiciens des rues. Ils fondent une école de musique (précurseur de la « Star Academy ») et auditionnent les candidats. Parmi eux, une jeune femme blonde, Zula, sort du lot et séduit Wiktor. La suite n'est que chassé croisé entre Wiktor et Zula. Malgré son titre, la guerre froide n’est pas le sujet du film mais sert de décor. C’est bien filmé avec une belle photographie, une séduisante reconstitution du Paris des années 1950’ mais cela manque de souffle [cela n’est pas « Le docteur Jivago » (1965) de David Lean, ni « Le temps d’aimer et le temps de mourir » (1958) de Douglas Sirk], d’autant que le film est un peu long à démarrer (cf. courte durée de 1h24). Malgré toutes ses qualités techniques, le film reste froid et les difficultés rencontrées par ce couple dévoré par une passion mortifère, peine à nous émouvoir. .
Stéphanie L.
Stéphanie L.

3 abonnés 7 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 novembre 2018
Ce film n'a que pour lui son esthétique, mais l'histoire, les dialogues ... sont d'un ennui... d'un plat...
Louis V
Louis V

31 abonnés 198 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 décembre 2018
Outre de très rares scènes très justes (au début), le film s'affadit par sa lourdeur symbolique et scolaire. Après ces quelques scènes, tout espoir est vain: le cadre carré qui paraissait original nous écœure par de trop nombreuses scènes de pseudo-démonstration de cadrage (finalement ratées). Le noir et blanc, qui donne toute son intensité au "premier" film est vite lassant, par un contraste trop chargé et lancinant (l'apparition d'un personnage vêtu de noir précède toujours un autre personnage vêtu de blanc), par une volonté, sans doute, de trop bien faire dans cette description de l'Allemagne (en adoptant une posture critique qui anesthésie l'émotion) et de la France (en caricaturant Paris pour en faire une vitrine du poli et du lustré). Le scénario, quasiment absent, ne relève pas le niveau de dialogues pathétiques, de personnages antipathiques par leur lourdeur et leur naïveté (sans doute vue, sans vouloir lui faire de procès d'intention, par le réalisateur comme juste): après cet élagage, que reste-t-il de ce film?

La bande-son? Déjà vue, mille fois ailleurs et mieux amenée...
Les scènes de danse? oui, mais la symétrie (9 personnages dans le champ lors des plans fixes) les gâchent...
Jeanne Balibar? Oui, mais son personnage, aussi peu creusé que celui du personnage principal, fait tout juste sourire.
Ce qu'il reste, un potentiel immense dans la sensibilité trahi par un manque de justesse mais qui tire sa beauté de certains plans, jamais vus, extraordinaires ( je pense au fabuleux plan séquence sans doute présent dans la bande annonce, ou les premiers plans de Varsovie).
chrismmx
chrismmx

9 abonnés 8 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 octobre 2018
A part les sublimes images et les belles chansons, c'est complètement raté : l'histoire n'est pas convaincante, très creuse, n'est pas émouvante . Dommage pour un sujet si intéressant.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 octobre 2018
Pour une fois le problème majeur d'un film n'est pas sa longueur excessive puisque celui-ci est dans les canons d'1h30. Le film pêche plutôt par ce noir et blanc et ces plans ostensiblement cadrés, parti pris esthétique qui masque mal le vide du scenario. Ca manque de nerf et de chair. On reste assez extérieur au sort de ces deux personnages, même si leur trajectoire qui consiste à revenir en Pologne n'est pas banale. On pourrait même trouver assez moches ces gens qui utilisent les autres pour arriver à leurs fins.
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2018
Une œuvre romanesque éblouissante et totalement désespérée. La mélancolie contemplative : composante constante du film qui ronge irrémédiablement nos deux amants sous l'emprise des griffes du rideau de fer, mais aussi le fait de ne plus pouvoir se rattacher à une appartenance, la dualité des personnages m'ont profondément remémoré une partie de l'œuvre de Kundera... Et que dire de la bande-son - de "L'internationale" au son jazz du Paris des années 50 - qui m'a totalement pris aux tripes... 
Le plus beau film de l'année. (pour l'instant)

velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2018
Réalisateur polonais qui a commencé sa carrière cinématographique par des documentaires, Pawel Pawlikowski, né à Varsovie en 1957, a vécu en Allemagne, en Italie, en Angleterre et à Paris, avant de revenir s’établir en Pologne. En 2013, "Ida" a été son premier film réalisé dans ce pays depuis son retour. Sélectionné dans de nombreux festivals en 2013 et en 2014, sorti dans notre pays en février 2014, ce film en noir et blanc a obtenu, entre autres, l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015, ainsi que le César du meilleur film étranger la même année. Cette année, "Cold War" était en compétition au Festival de Cannes et il en est reparti avec le Prix de la mise en scène.
Pawel Pawlikowski fait partie de ces réalisateurs, aujourd’hui de plus en plus rares, qui sont capables de raconter énormément de choses dans un film dont la durée ne dépasse pas 90 minutes. C’est ainsi que "Cold War" nous plonge dans les tourments d’une histoire d’amour épisodique tout en offrant une belle reconstitution de l’après guerre dans trois pays, sur une durée d’une quinzaine d’années : la Pologne, la France et la Yougoslavie. En effet, après la naissance en Pologne de l’histoire d’amour entre Wiktor et Zula et le départ de Wiktor vers l’ouest, Zula restant en Pologne, les deux amants vont se retrouver et se séparer à plusieurs reprises, en particulier dans le Paris des clubs de jazz des années 50 que fréquente Wiktor avec succès. Par contre, malgré son titre, "Cold War" n’aborde que très marginalement les problématiques de la « guerre froide ».
Après le succès remporté par "Ida", Pawel Pawlikowski reste fidèle au noir et blanc. Même celles et ceux qui avaient trouvé excessif le succès remporté par "Ida" ne pourront pas rester insensibles à "Cold War", un film beaucoup plus abouti, beaucoup plus passionnant et même esthétiquement beaucoup plus beau grâce à un noir et blanc plus contrasté, plus travaillé au niveau de la lumière.
Valérie H
Valérie H

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 novembre 2018
Bel exercice de style. Images sublimes, musique parfaite... mais le scénario est vide et stéréotypé, es personnages sont creux, le jeu des acteurs renforcent l'aspect superficiel, voire vaniteux du film. On se laisse bercer par les images et la musique en baillant d'ennui...
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mai 2018
Après « Ida », Pawel Pawlikowski revient une nouvelle fois au noir et blanc pour « Cold War », l’histoire d’un couple polonais à l’époque stalinienne qui partent s’installer dans le Paris bohème. Wiktor est musicien et cherche à recruter des talents de chants et de danses pour former une troupe qui représentera la Pologne dans tous les pays de l’Est. Il va tomber sous le charme de Zula, au visage magnifique, à la voix nostalgique et aux formes élégantes. Les nombreuses séquences de spectacles pourraient faire penser à la comédie musicale et nous regrettons ce choix de photographie qui atténue l’ambiance folklorique. A l’inverse, le choix de tourner est quatre tiers est judicieux car ressert davantage les émotions des deux brillants comédiens. « Cold War » est une histoire d’amour douloureuse qui tient malgré les pressions politiques qui les poursuivent pendant plus de dix ans. Si le film est en compétition au Festival de Cannes 2018, il risque d’être interdit en Pologne, comme le précédent film, qui dénonce l’appareil judiciaire polonais durant la Guerre Froide avec l’assassinat de nombreux juifs. Film hommage à ses parents, Pawel Pawlikowski signe une œuvre poétique en toute retenue malgré son manque d’allégresse.
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PaulGe G
PaulGe G

124 abonnés 607 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2018
le film peut peut-être déconcerter certain par sa conception, sublime noir et blanc et écran carré mais surtout une histoire simple . comment vivre dans une Pologne d'après guerre avec la monté du stalinisme et son nationalisme exacerbé même dans la chanson. c'est merveilleusement et sobrement mis en scène et las acteurs précis dans le moindre détail , le film est court mais son message nous transporte , une vraie réussite qui vous laisse pantois
Gwen R
Gwen R

54 abonnés 577 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 novembre 2018
La partie histoire d'amour, à Paris, m'a plu, le début moins, je trouve ce noir et blanc trop froid , trop attendu pour dépeindre un pays de l'est. A cause des ellipses, il y a des choses qu'on ne comprend pas donc globalement l’esthétisme prie sur le scénario pourtant servi par deux acteurs prenants.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2018
Un bon film et un magnifique noir et blanc Un bon cadrage de bons acteurs et une bonne musique bref une réussite
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