J'étais au départ dubitatif face à ce que je voyais. Très "film d'auteur" sur la forme, les plans à rallonge où il ne se passe rien se succèdent, le montage musical est au départ très... étrange... Ajoutez à cela le changement constant de langue, les personnages parlent anglais, italien, français, parfois même allemand, et le tout dans les même conversations, ça demande du coup une concentration assez forte (les sous-titres disparaissent lorsqu'ils parlent en français, mais on ne comprend pas forcément tout de suite qu'ils parlent français ^^). Tout ça est rattrapé par un excellent casting, pas seulement pour les deux personnages principaux qui sont excellent, mais l'ensemble de la distribution est crédible.
Et puis il y a cette ambiance d'été vraiment très bien retranscrite. Le réalisateur choisi la carte du réalisme, le fait que les personnage soient constamment torse-nu n'est pas qu'un prétexte à l'érotisme. C'est la canicule, les mouches sont omniprésentes dans les plans, la mère tient une conversation totalement sérieuse avec de gigantesques auréoles de transpiration. Ce réalisme se retrouve dans à peu près tous les éléments du film, qui a une approche à la fois pudique et crue, loin des clichés du film romantique.
Le dernier tiers est lui sans aucun défaut Très touchant, plus travaillé musicalement et esthétiquement. J'en sors au final sans trop savoir quoi en penser.
Et puis les jours passent, et ne reste que cette interprétation magnifique, ce couple auquel je me suis attaché. Et les défauts qui m’empêchaient au départ de me plonger dans le film me paraissent alors complètement dérisoires. C'était simple, beau, touchant.
Et à noter que le film s'écarte d'une bonne partie du cinéma LGBT, on ne parle pas d'homophobie, de militantisme. Juste d'amour.
4/5. Pas un chef d'oeuvre, le film n'aurait pas souffert d'être raccourci de 30 minutes, et j'ai vraiment mis longtemps à accrocher sur son esthétisme. Mais sans conteste un très grand film tout de même, qui marquera le cinéma gay, et le cinéma romantique tout court.
Je me lance directement dans le livre.