On ne présente plus Laurent Cantet qui nous avait déjà subjugué avec Entre les Murs ou Foxfire, confessions d’un gang de filles. Il revient en compétition Un Certain Regard 2017 avec son long-métrage le plus subtile entre noirceurs de l’extrémisme et découverte de son moi intérieur. Marina Foïs est une écrivaine parisienne. Elle vient animer un stage d’écriture pour des jeunes en fracture sociale dans une banlieue marseillaise. Les jeunes sont méfiants face à la bourgeoise. Pourtant au fur et à mesure des ateliers, la protagoniste va sonder les jeunes au travers de l’écriture d’un roman noir. La mise en scène place les jeunes au cœur de cette réflexion et l’actrice n’est alors que l’élément déclencheur d’ouverture ou de fermeture sociale face aux préjugés et aux amalgames. D’ailleurs, en creusant un peu, nous découvrons que l’un deux est embrigadé dans une politique de droite très extrême. Le sujet n’est donc plus celui du roman, mais bien de ce jeune solitaire, qui par l’influence de son entourage se voit penser différemment des autres adolescents de son groupe d’écriture. L’Atelier traite donc de la radicalisation, mais le fait avec une telle sérénité, que les mots sont plus forts que ce qui est montré. Marina Foïs nous délivre très certainement son rôle le plus pondéré et honorable de sa carrière. Les autres comédiens sont également remarquables. Un film fort et brillamment dirigé. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44
Marina Foïs incarne une écrivaine animant un atelier d'écriture à La Ciotat auquel participent un groupe de jeunes suivis par la Mission Locale, dans le but qu'ils rédigent un roman noir. Elle est interpellée par l'un d'entre eux, exprimant des idées qui l'interpellent et qui s'intéresse également à elle. J'ai trouvé ce film réussi, il mélange les genres en ayant un important aspect social et en introduisant du suspense dans une moindre mesure. L’interprétation générale est très bonne, les acteurs faisant preuve d'authenticité. J'ai eu l'impression que ce long-métrage décrivait bien une certaine jeunesse, avec un monologue final qui m'a semblé tristement réaliste.
Comme dans « Entre les murs » (Palme d’Or à Cannes en 2008), Laurent Cantet met en scène une confrontation entre des jeunes gens en quête de sens et un adulte qui tente (parfois maladroitement) de les aider à construire une réflexion, à trouver une certaine forme d’apaisement. Dans ce nouveau film, Olivia, une romancière célèbre (Marina Foïs, toujours formidable), anime un atelier d’écriture. Ce dispositif est mis en place par la mission locale de La Ciotat pour permettre à de jeunes adultes en insertion d’écrire un roman, avec pour seule contrainte d’en situer l’action dans leur ville. Olivia rencontre quelques difficultés avec Antoine (Matthieu Lucci, nouvelle recrue de grand talent), un garçon plutôt rétif et assez provocateur dont l’agressivité la trouble et l’intrigue. Une relation ambiguë va naître entre eux, faite de tension, de menace et de défiance… Très ancré dans la réalité de notre époque, le scénario (co-écrit par Robin Campillo) est passionnant. Les thèmes abordés (l’avenir, le désœuvrement, la radicalisation, la montée des extrêmes…) sont le reflet des défis immenses qui s’offrent à la jeunesse aujourd’hui et des angoisses qu’ils font naître. Sans manichéisme, tout en subtilité, le réalisateur déroule un message d’une grande pertinence sur les rapports de classes, tout en instaurant avec beaucoup de dextérité un climat à la fois anxiogène et surprenant. Le casting est parfait (excepté Marina, les acteurs sont tous débutants), et l’environnement (le port de plaisance, les calanques, les ruines du chantier naval) particulièrement bien exploité et au service d’un récit remarquablement construit. Un film lumineux, dans le propos comme dans la forme.