1857 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
168 critiques spectateurs
5
59 critiques
4
83 critiques
3
20 critiques
2
2 critiques
1
2 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 février 2018
Magnifiquement interprété, ce film nous replonge au cœur des années de la guerre du Liban. Les anciennes souffrances on laissé de graves séquelles et il suffit d'un rien pour que le pays s'enflamme à l’occasion d'un fait divers anecdotique. Chacun revendique son appartenance à un camp en raison des crimes passés et l'engrenage vers la violence semble inévitable. Pourtant la reconnaissance de la souffrance de chacun peut conduire à une réconciliation sincère et durable. L'histoire se déroule principalement dans le cadre du procès qui oppose les 2 protagonistes assistés de leurs avocats. Un très bon rythme et des rebondissements subtiles tiennent le spectateur en halène jusqu'à la fin. Un film à ne pas rater.
Ce film contient tout ce que j’aime. Il y a une insulte qui aurait pu être banale. Mais on est au Liban... Cette insulte va devenir une affaire nationale. C’est magistral. Magnifique comédiens et belle mise en scène. On en ressort plus intelligent.
Un incident de voisinage, porté au tribunal et relayé par les médias, rouvre un conflit latent dans une ville toujours instable, des années après la fin de la guerre. Tout, l'intrigue, les dialogues, la montée du fait divers en émeute de clans, l'interprétation des comédiens, tout est si réaliste qu'on se demande si le scénario est une fiction ou le récit d'une histoire vraie. Beyrouth est le décor du film, mais le conflit pourrait exister dans toute société où certaines minorités ne sont pas reconnues. Il évoque le racisme ordinaire, les traumatismes de la guerre, l'importance et la force des mots, leurs conséquences sur la société. Chaque personnage porte le poids du passé, ses souffrances et ses erreurs de jugement. Le réalisateur ose dresser un portrait très dur, non pas sur les religions, mais sur la façon dont elles divisent les hommes; tout en apportant une note d'espoir sur la capacité des hommes à dépasser ces clivages. Un film juste, magnifiquement interprété, qui apporte une belle réflexion.
Chef d’œuvre scénario très riche et concis Super interprètes de premier ordre distribution parfaite Musique intense et langue incisive Le cinéma du moyen orient est très intéressant Genial
On ne s'ennuie pas une seconde,le ton va crescendo jusqu'à l'absurde,une photographie édifiante du Liban d'aujourd'hui.Et une note d'espoir:lors du verdict,les deux groupes ennemis s'inclinent devant la décision du juge.
Après À l’abri des enfants (1998) et L’attentat (2012), Ziad Doueiri poursuit l’étude des maux politico-religieux qui minent le Liban. Il donne un accent sioniste à la partie chrétienne de son film pour interroger, en biais, les relations israélo-palestiniennes. L’insulte s’inscrit ainsi dans la lignée du combat de son auteur contre la minorité anti-israélienne libanaise. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
La note de ce film,c'est l'équilibre et l'on peut dire quand il est question du liban et de la palestine que ce n'est pas chose facile,c'est réussi sur tous les plans,restituer l'atmosphère de cet après-guerre avec des tensions extremes entre les chrétiens libanais et les réfugiés palestiniens à beyrouth;les acteurs sont au rendez-vous,l'esprit est respecté;pas sur qu'il plaise à la majorité des français.Chapeau au réalisateur,on en attend d'autres.....
Un film géopolitique assez surprenant dans sa mise en scène très thriller. On se demande où le film va aller, s’il a un camp... et la bêtise de l’œil pour l’œil !
Étonnant film, où un conflit autour d’une gouttière semble pouvoir raviver la guerre du Liban terminée sur le papier en 1990 mais pas dans les têtes. Un chrétien libanais membre du parti de Samir Geagea s’oppose à un contremaître palestinien. Au départ le point de vue semble biaisé. Le chrétien libanais est montré frustre et le palestinien victime. Certains clichés sur les maronites libanais (intolérants, racistes) sont présents puis le film devient un film de procès où les deux avocats se confrontent aussi en tant que père et fille. Peu à peu la complexité apparaît, les deux semblent victimes et coupables. La mémoire des atrocités commises par les Palestiniens au début de la guerre en 1975 refont surface ainsi que Septembre noir en Jordanie. On a un retour du refoulé car le passé n’a pas été soldé, jugé. Finalement le spectateur est pris par le rythme de la réalisation.
Fabuleux! Un peu hésitante au début ne sachant comment le film allait évoluer, je me suis laissée porter par ces personnages attachants, d’une incroyable justesse pour enfin entrer dans l’histoire, d’une formidable absurdité et profondeur à la fois. Impossible de choisir un camp, il n’y a pas de tort ou raison ici mais juste une difficulté à vivre des histoires d’hommes débarassés de l’Histoire
Ziad Doueiri délaisse les intrigues de cour de la série Baron Noir pour nous entraîner dans celle d’un tribunal beyrouthin où l’on statue sur un fait divers a priori anodin. Le film nous montre avec justesse comment une étincelle devient brasier, comment les mots engendrent les frustrations, comment les rancœurs se transforment en guerres. Radiographie d’une société libanaise fracturée qui n’à jamais pansé les plaies des années sombres, prête à re-basculer dans le chaos. Un film utile et précieux, immensément bien joué, qui nous raconte que la souffrance n’est pas l’apanage d’un seul peuple, que seul le pardon permet d’avancer. Une œuvre qui nous concerne tous.
Voilà un film abouti, prenant, bien joué, brulant comme le soleil du Moyen-Orient. Un film, coup de poings, …qui nous montre une violence extrême hors cadre. Le Liban reste le fantasme toujours vivant de la possibilité de cohabiter entre religions différentes. Une terre de culture, peuplée de gens cultivés et d’agriculteurs, où l’envie de vivre parvient à déplacer les montagnes malgré les avalanches des catastrophes qui se sont abattus sur la population depuis des générations. Ziad Doueiri, dans cette tradition, ne renonce pas et veut encore croire jusqu’à la fin qu’une réconciliation durable sera un jour possible. Cet optimisme inébranlable est mis à mal par tout ce qui précède, à savoir la montée inéluctable de la violence à partir une banale insulte qu’il vient de nous décrire avec une précision diabolique. L’insulte est une fable tragique, celle du Moyen-Orient en général, celle du Liban des années 80, du Rwanda et de la Yougoslavie des années 90, celle de la Syrie d’aujourd’hui, bref de tant de régions où cohabitent des populations montées les unes contre les autres. Doueiri bâtit (et maitrise brillamment) un récit à plusieurs niveaux de lecture : la querelle personnelle proprement dite, les affrontements religieux, le souvenir enfoui des massacres perpétrés dans le passé, la corruption des politiques, les compromis des familles. Le scénario efficace ne laisse pas de répit au spectateur. Personne ne veut ou ne peut éteindre la mèche allumée par inadvertance. Les Incendies de Denis Villeneuve peuvent s’allumer, ce film est de la même veine, celle qui dévoile le possible crépuscule de la condition humaine. Beyrouth, reste un décor tragique et grandiose, creuset symbolique de la renaissance après le chaos. Enfin, les acteurs sont d’une justesse remarquable, en particulier les deux adversaires d’un jour, dans leur capacité à exprimer la palette des sentiments les plus contradictoires qui les habitent, la rage l’amour, le dégout, la fierté et pourquoi pas le pardon. A voir sans réserve. Cinéma 1- février 2018 Depuis que L'insulte est sorti, le port de Beyrouth a sauté, et la corruption a explosé au grand jour, entrainant cette fois-ci le Liban une chute qui pourrait se révéler fatale. La note optimiste du film est basée sur l'évolution des individus, pas des groupes communautaires et encore moins des politiques. Eux seuls peuvent reprendre l'histoire au moment où le dérapage a eu lieu, et la faire bifurquer vers une réconciliation, ou tout au moins une acceptation de l'autre avec ses différences. La caméra de Doueiri saisit excellemment les dilemmes internes des deux acteurs masculins, Kamel al Basha et Adel Kara. Ses dialogues ont parfois à s'allonger sans raison, est-ce une influence de Tarantino avec qui il a travaillé? Ce qu'il a retenu en terme de mise en scène est en revanche très réussi. Revu avec le plus grand plaisir. Cinéclub 2 - avril 2022